-2-
Mon adolescence quelque peu mouvementée m’avait permis de m’entourer de personnes qui aujourd’hui ne sont plus de simples délinquants, mais des truands, voir même des terroristes. C’était avec un de ces anciens amis qui m’avait contacté. J’ignore comment il m’avait retrouvé. Mais bon, quoiqu’il en soit, il avait besoin de moi. Je ne pouvais pas refuser, car j’avais une dette envers lui, il avait payé ma caution lors de mon emprissonement. Cette emprissonement avait eu lieu après avoir cambriolé un magasin de jardinage. Les flics ont fait une descente chez nous en cherchant, au départ, de la drogue. Au final, ils ont trouvé les outils volés.
C’était donc cet ami répondant au nom de Vincent qui voulait mon aide. Il était devenu une sorte de mafieux, avec la classe italienne en moins… Vincent me demanda d’accomplir une mission pour lui. Une mission valant beaucoup d’argent: 150 000$. J’avais honte à le dire, mais si j’ai accepté le contrat, c’était bien pour l’argent. Il me donna un plan. Je n’en crus pas mes yeux. Comment pourrais-je faire exploser ce truc?
_Il me faut composer une équipe.
Il ne broncha pas, connaissant mes méthodes qui n’avaient guère changé depuis le temps. Vincent avait une entière confiance en moi. Je n’allais pas le décevoir.
_Je te donne quatre mois, et un délai si nécessaire.
_De combien de temps ce délai?
_Tu me contacteras si nécessaire.
Il me tendit une carte.
_Voici le téléphone et l’adresse d’un ami. En plus d’être l’homme à qui tu dois t’adresser pour me contacter, il est aussi policier. Donc si tu as besoin de lui, n’hésite pas à le joindre.
Je pris la carte et la mis précieusement dans ma poche.
_Tu sais ce qu’il te reste à faire.
J’acquiesçai. Il s’en alla. La mission s’annonçait extrêmement dure, mais pas impossible. Premier objectif, recruter. Il y avait déjà Sarah qui me sera très utile vu les talents qu’elle possède. Elle a un don inné pour fabriquer des explosifs et a beaucoup de charme et de charisme, ce qui lui permet d’avoir certains privilèges. Il y avait aussi Bob, bien que ne participant pas personnellement, il pourrait fournir les matériaux nécessaires pour fabriquer la nitroglycérine.
Lorsque je rencontrai Max pour la première fois, il me donna un Beretta. Je le pris et vidai le chargeur sous ses yeux.
_Sans les balles, tu au auras du mal à tuer quelqu’un.
Je ne veux tuer personne, je ne veux pas que du sang coule. Cette arme ne servira qu’à intimider, pas à tuer. Le fait d’avoir le canon d’un flingue collé contre la tempe fait parler beaucoup de monde. Et puis, sans s’en rendre contre, un pistolet est un objet réconfortant quand on le porte sur soi ou qu’il est à notre portée. Un revolver, c’est beau. Le seul problème, c’est que n’importe quel idiot peut en avoir un et assassiner des gens avec. Dans ce cas, un flingue, c’est moche. La beauté de l’arme varie selon son utilisateur. Il y a une différence entre un jeune prépubaire se prenant pour un caïd et un fidèle homme de main en chemise blanche et veste noire. Ce contraste déteint sur l’arme.
_Ce n’est pas mon but.
_Tu comptes vraiment accomplir ta mission sans tuer personne?
_Ouais.
Du moins, je l’espérais. Je ne veux faire que des dégâts matériels, pas des pertes humaines. Mais il me faut une équipe. Une équipe de gens qui doivent avoir entièrement confiance et m’obéir au doigt et à l’œil.
_Bonne chance.
La chance, c’est pour les minables. Ceux qui pensent pouvoir réussir que si ce facteur compte.
_La chance n’a rien à voir là-dedans. Seul le professionalisme compte.
Max hocha la tête. Il était d’accord avec moi. Je le quittai en promettant de revenir si besoin est. Je rejoignis donc Sarah qui avait pris place dans le grenier de la chambre funéraire de Bob.