And now, ladies und gentlemen, this is the fucking séries of Providence.
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Une heure après, nous sommes comme prévu dans le parking souterrain ouvert grâce au trousseau de Sarah. J’aide David qui, avec son dos en miettes a vraiment du mal à se déplacer, tandis que Sarah passe devant pour repérer les trois piliers soutenant le bâtiment. C’est là que nous allons placer les explosifs de façon à détruire cette entreprise. Les explosifs en question sont placés dans des sacs à dos et le tout peut être amorcé par un détonateur que j’ai personnellement installé sur le dessus. Sarah repère le pilier. Nous la rejoignons et ma recrue se débarrasse de son sac en le mettant au pied de ce premier pilier. Sarah lui demande alors d’appuyer sur le bouton rouge du détonateur. Il se penche et avance alors sa main, l’index tendu. Il s’apprête à presser la commande, il veut le faire, mais bizarrement, son doigt reste suspendu en l’air, et son bras est braqué. Je m’accroupis à côté de lui et le regarde.
_Qu’est ce que tu as? Ne me dis pas que tu abandonnes ta quête de vengeance.
On dirait qu’il se bat contre lui-même, comme si son corps ne lui obéissait plus. Vraiment pas normal ce mec. Si ça se trouve, il est schizophrène et deux personnalités s’affrontent en lui. Une voulant appuyer sur le bouton, l’autre désirant être loin d’ici.
_Qu’est ce que tu as?
Ou alors il a peur, tout simplement. Il veut abandonner ici, louper son rite d’initiation. Dans ce cas, il ne mérite pas de travailler pour moi, mais pourtant, j’ai besoin de lui.
_Pense à tout ce qu’Interflora t’as fait subir, l’altercation des mots qui t’a conduit à la démission.
La seule façon de réussir à lui faire appuyer sur ce bouton, c’est de lui injecter de la haine à l’état liquide dans ses veines. La vengeance, l’idéal pour manipuler un homme. Il faut que de la vengeance coule dans son sang.
_Venge toi, ne laisse pas cette occasion s’envoler ou tu le regretteras.
Canalise ta putain de haine et pousse ton doigt à appuyer sur cette saloperie de bouton. Il hésite encore, il ne mérite pas sa place… A moins que… il lui reste encore un espoir. Je fais un clin d’œil à Sarah et celle-ci prononce alors la phrase magique. Le sésame ouvre toi qui permet de manipuler David.
_Fais le pour moi.
Et là, l’amour, comme une arme oeuvrant à mon profit frappe et permet ainsi l’activation du premier minuteur. Cinq minutes après, le sac d’explosifs de Sarah est également amorcé. Puis tout se déroule comme prévu. Au troisième pilier, je jette un coup d’œil sur ma montre. Encore dix minutes et tout explosera. J’amorce donc mon paquet et nous allons vers la sortie, marchant le plus rapidement possible avec le fardeau qu’est David, qui nous ralentissait à cause de son mal de dos.
Alors que nous sommes tout près de notre voiture, quelque chose me vient à l’esprit. Et si l’explosion se propageait? Nous montons tout les trois dans la caisse et là, je leur explique mon soucis.
_Le problème c’est que l’explosion n’est pas contenue, elle peut aussi bien se répandre dans le parking et détruire la cage d’escalier au lieu de faire exploser la cible voulue.
Je leur explique après ce qu’on aurait dû faire si on avait eu un peu plus de temps, et si j’y avais pensé avant, c’est à dire, mettre des sacs de sable pour contenir l’explosion contre les piliers. Et sur cette explication que l’explosion du premier sac eut lieu. En regardant dans le rétroviseur, je vois la partie Est du bâtiment s’écrouler dans un nuage de fumée noirâtre et de poussière. Puis après, c’est au tour de la façade avant de tomber en miettes, ne laissant paraître que des blocs de béton armé au milieu des cendres rougeoyantes. Puis la troisième et dernière détonation se répand, elle ne fait pas exploser le pilier, mais fait voler la cage d’ascenseur en éclat et projetant le sus-ci dit ascenseur à pas mal de mètres du bâtiment. Le résultat était une entreprise Interflora éventré en deux et avec l’aile droite réduite de moitié. Les sirènes résonnent déjà au loin. Rite d’initiation accompli.