On pourrait résumer les Maths à un plus un plus un plus un et ce serait bien plus simple de compter sur ses doigts qu'avec des théorèmes. N'empêche que pour toucher le ciel des idéaux, avoir un chiffre en tête, une règle à aiguiller, et la chair des concepts à coucher sur le blanc du papier de l'esprit, ça touche à l'essentiel. Derrière le chiffre neuf, voici la perfection des Muses qui t'inspirent, toi qui attend peut-être ton salut par les mots et par l'imaginaire. Sous les dessous du huit, c'est l'infini qui pointe son compas sans limites et d'une verticale fait le tour de ce monde dont tu ignores le sens, la fin, et la mesure. Ce n'est pas le réel que les mathématiques, ni la recette cadrée d'un bonheur objectif, c'est la trace d'un savoir qui te fait surhumain, l'arme du rationnel et de l'irraisonné, le socle créatif de nouveaux paradis, dont les mots sont cousins, frères, et amants. Parce que tout n'est que signe et que les abstractions n'ont de goût qu'à l'épreuve des corps du quotidien, qu'il faut faire d'une droite la ligne d'horizon d'un chemin aborné, déguster la culture à coups de cuillèrette dans la crème brûlée de la géométrie, les liqueurs de Thalès et les fruits pittoresques du Pythagore gourmand, n'aimez surtout pas la Lady Mathématique. Embrassez-la seulement, devinez son parfum, effleurez sa dentelle, ses collants, cette peau sur laquelle vos doigts feront renaître des frissons inédits, agréables au centuple mais jamais déchiffrables qu'au prisme de ce coeur qui vous centre en la vie, ce cercle épouvantable inondé de promesses. Cette leçon vaut bien un gramme de maladresse et c'est dans la rature, d'un mot ou d'une formule, qu'on découvre la recette du plaisir de l'erreur. Errez en conséquence. Tout est pour votre mieux.