Allez, j'inaugure !
L'histoire de cet texte est un peu particulière, en fait je manquais singulièrement d'inspiration. J'écrivais le nouveau chapitre de ma fic, et ce que je faisais me plaisait tellement (sans fausse modestie, comme d'habitude
) que j'ai voulu prolonger un peu plus l'ambiance. Donc ce que vous allez lire est en quelque sorte le prolongement de ma fic, même si le style change quand même beaucoup de l'un à l'autre.
Petite précision avant de vous laisser commencer : c'est de la fanfic Harry Potter, si vous n'avez pas lu les livres ça risque d'être dur. Pour situer, la scène se passe dans le Manoir Malfoy où Voldemort a réuni ses Mangemorts, quelque part pendant le 6ème tome.
Sans plus attendre et en exclusivité pour vous ce soir...
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Voluptueux Trépas
Whilelma se tenait devant les battants fermés, debout sur les dalles de marbre glacées. Silencieuse, les genoux tremblants. Ses bras fléchissaient sous le poids du monumental plateau d’argent qu’elle maintenait difficilement au-dessus de sa tête. Elle pouvait entendre les tasses tinter contre les délicates soucoupes ouvragées lorsque, dans un tremblement plus violent que les autres, le plateau oscillait dangereusement.
Bientôt cinq minutes qu’Il avait commandé sa collation. On se faisait pas attendre le Seigneur des Ténèbres.
Le dernier mot d’esprit en vogue parmi le personnel du Manoir fit frémir Whilelma, comme à chaque fois. Au vu des récents événements, beaucoup chuchotaient qu’il serait plus judicieux de l’appeler Saigneur...
La vieille servante en était à ce point de ces tergiversations macabres quand la porte s’ouvrit brusquement. Un Mangemort au visage couvert de cicatrices manqua de la percuter, mais arrêta son mouvement en la découvrant sur le pas de la porte. Il baissa les yeux sur elle avec un air surpris, presque étonné de découvrir un être vivant en-dessous du plateau.
Sans un mot et avec une légère expression de dédain, il franchit le seuil et s’éloigna avec un bruissement de robes.
Whilelma poussa un long soupir, comme pour chasser sa panique en même temps que l’air de ses minuscules poumons. Elle avança machinalement ses petits pieds l’un après l’autre, le plateau et son support se mirent en branle. La servante pénétra dans la pièce, ses grands yeux écarquillés luisant dans la pénombre qui régnait à l’intérieur.
La bibliothèque était entièrement lambrissée d’acajou, et des imposants rayonnages occultaient la majeure partie des cloisons. Les lourds rideaux de velours rouge étaient tirés, et une semi-obscurité empêchait de discerner parfaitement la haute silhouette qui se tenait au centre de la pièce. Autour de Lui, un cercle de fauteuils de cuir à haut dossier, la plupart dos à la porte.
Whilelma s’avança dans le silence de la pièce, seulement troublé par les tintements des tasses sur son plateau et par les susurrements sifflants de Lord Voldemort.
Ses pieds nus ne produisaient aucun son en se posant sur l’épaisse moquette.
— ... veillerez à soumettre la nouvelle Classification des Rangs du Sang au Ministre, Rookwood...
Les tremblements incontrôlables agitaient ses bras, les tasses carillonnaient de plus belle à mesure que ses pas la rapprochaient du cercle des fauteuils.
— ... renouveler l’Impérium sur les Beckett, Goyle. Mmh, il serait préférable d’emmener Gregory avec vous, qu’il apprenne que sa baguette peut aussi lui être utile, parfois...
Les tremblements avaient à présent gagné ses genoux, et Whilelma avait l’impression que son corps tout entier n’était plus que spasme. Ses pas la portaient toujours en avant, vers la sinistre assemblée, presque mécaniquement.
— ... échec est lamentable. Pensez un instant aux conséquences de vos erreurs sur votre fille, en sécurité à Durmstrang... Un accident est si vite arrivé... sifflait la voix douloureusement aiguë.
Le petit guéridon n’était plus qu’à quelques mètres, tout proche. Inaccessible.
Poser le plateau et s’en aller.
— ... déchiqueté ces Moldus...
Poser le plateau et s’en aller.
— ... réfrénez vos envies, Fenrir...
Poser le...
Les tasses explosèrent lorsque le plateau se renversa sur la table. La porcelaine délicate vola en éclats en se fracassant sur le bois précieux, les présentoirs de scones roulèrent au sol en projetant leurs biscuits dans toutes les directions. Le thé brûlant aspergea un Mangemort chétif qui se leva en hurlant et en lançant un Doloris à l’aveuglette en direction de Whilelma.
Le sort ricocha sur le plateau d’argent et alla frapper les rayonnages, d’où les livres chutèrent lourdement en soulevant des volutes de poussière. Certains d’entre eux, en s’ouvrant dans leur chute, se mirent à pousser des cris stridents.
Whilelma s’était figée, le plateau maintenant vide entre ses mains, debout devant le guéridon aspergé et au milieu des gâteaux émiettés.
Sifflement du Saigneur. Silence instantané.
En quelques pas seulement il surplombe la petite silhouette tremblante qui lui fait face. Ses long doigts blafards s’agitent dans le vide, tels des araignées cireuses. Se glissent sous sa robe, faisant doucement bruire le tissu. Lorsque les arachnides réapparaissent, elles se sont emparées de la baguette d’if.
Caressée presque amoureusement, elle s’abaisse lentement. Les grands yeux de Whilelma louchent plus que d’habitude. Les respirations sont suspendues.
Quelques mots chuchotés résonnent douloureusement dans le silence.
Le rayon vert fuse et la lueur éclaire brièvement la pièce.
Avada Kedavra.
Une étincelle de volupté scintille dans les yeux rouges du Lord.
Le corps sans vie d’une vieille elfe de maison s’écroule sur le tapis.
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Alors, verdict ? ![]()
Pas mal !
Connaissant bien Harry Poter, ton texte me plaît mais c'est le seul pour l'instant. Attendons d'autres textes.
![]()
Argh ! Je connais tres peu Harry Potter, alors...je suis un peu a coté de la plaque. Bon, allez, j'essaye de faire quelque chose.
Pourquoi j'ai zappé ce topic, j'aurais voulu faire un truc sur les maths. ![]()
Allez les enfants, on se bouge !! ![]()
On attend tous vo textes... ![]()
vos*
T'es drole, toi, c'est dur de trouver une idée. ^^
T'as vraiment pas d'idée ? ![]()
J'ai trouvé une idée
Après vous dire quand je vais poster, c'est une autre histoire...
Disons que mon problème, moi, c'est que quand je cherche des idées, elles ne viennent pas ou sont bien pourries. Mes meilleures idées arrivent comme ça, paf, sans que je les attendent.
Enfin, je pense que je peux trouver quelque chose, la.
J'aurais pu écrire la même chose. On souffre du même mal.^^ mais je suis sûre que tu vas nous trouver quelque chose de très bien.
d-(^_^)-b
Je vous envoie une cyber dose de motivation ![]()
Hop, je me lance !
L'histoire de cet texte est aussi un peu particulière. En fait je manquais singulièrement d'inspiration (je sais, vous avez une impression de déjà-lu mais ça va passer
) et aujourd'hui j'ai fini par trouver en puisant dans un vieux, très vieux souvenir. Cette histoire est donc en partie autobiographique (plus ou moins, dirons-nous). J'ai pris plaisir à l'écrire même si le temps m'a quand même un peu manqué ! Il n'est pas impossible d'ailleurs qu'à un moment donné ou à un autre, je la ressorte de mes tiroirs pour en faire une nouvelle beaucoup plus longue.
Sur ce bonne lecture !
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"Les Contesses de Médan"
Sur son visage, une profonde stupeur avait chassé la moue méprisante. Sa bouche ouverte n’arrivait pas à articuler un son audible. Elle pouvait tout juste se permettre de contempler les yeux écarquillés d’horreur la lame flambant d’un rouge sombre sous le clair de lune, enfoncée une fraction de seconde plus tôt en elle. Puis la douleur vorace s’empara d’elle tout entière, la faisant se plier en deux. Ses mains fébriles pressaient son ventre, rempart dérisoire contre l’écume de sang qui éclaboussait sa robe, inondait l’asphalte par vagues successives, au même rythme que son souffle haletant s’échappait de ses poumons. Ses jambes ne la portaient plus et elle bascula en arrière, tombant sur les fesses. Le mur derrière stoppa sa chute mais elle ne parut pas s’apercevoir que sa tête avait heurté durement le ciment. Son attention se porta sur moi et je soutins son regard où la souffrance habitait chaque larme, la peur, chaque frémissement. Son rimmel avait débordé des cils et hachuré de traînées noires les joues livides sous le blush tapageur. Je comptais religieusement les convulsions qui faisaient trembler son menton, le moindre vibrato de sa gorge lorsqu’elle s’efforçait d’ouvrir la bouche à la recherche d’un souffle agonisant. Un fuchsia criard marbrait encore ses lèvres d’une vitalité artificielle comme une rose en plastique à la boutonnière d’un moribond. Ses traits se crispèrent, tendus par l’effort de m’adresser une supplication muette lorsque je ramassai le poignard. La fille arrogante que j’avais toujours connue haineuse à mon encontre n’était plus désormais qu’humilité, désespoir, une poupée grotesque peinturlurée dont je tirerais les ficelles jusqu’à les entendre claquer dans un bruit sec et définitif.
Wapata ! Cette image me ferait presque danser de joie sur le lit en hurlant à me faire éclater les cordes vocales. Presque…Je me sens mieux, enfin presque… Mais j’ai toujours envie de la tuer. J’ai encore besoin d’imaginer ce que je lui ferais pour me calmer, d’écrire pour extirper ce venin qui m’asphyxie dès que je songe à Elle. Je hais ce qu’Elle a fait de moi, j’abhorre le fait qu’Elle partage ma vie, ma chambre, qu’Elle m’ait rabaissée au rang de monstre assoiffé de sang et comble de l’ironie, aussi impuissant qu’un ver de terre, condamné à se leurrer de cauchemars sordides. Ce carnet lui-même est contaminé. Elle suinte à chaque ligne, pervertit chaque mot, pourtant je n’arrive pas à m’en passer. Il est mon unique garde-fou et je l’emporte partout avec moi comme un talisman. Voilà à quoi j’en suis réduite. Mais je sais que viendra un jour prochain où ce rempart n’existera plus. J’éprouve une peur sans nom à cette idée et une impatience sans bornes tout à la fois. Pour tout le monde nous sommes de la même famille mais à mes yeux, Elle a définitivement perdu ce droit. Oui, je sais que viendra une minute où je franchirai la limite, viendra un jour prochain où je tuerai ma sœur de mes propres mains.
Je n’ai pas pu me retenir. Une minute de plus à cogiter et j’aurais sûrement explosé. Le carrelage glacé sous mes pieds m’a rendu un peu de mon sang-froid, suffisamment pour me glisser hors de la chambre sans bruit. Mathilde n’a pas bougé un cil sous ses couvertures. Je sais pourtant qu’elle ne dort pas, par trop surexcitée avec le pavé dans la mare qu’elle a jeté ce soir. Bien lui en a pris car voir une fois de plus le vice trôner sur sa face de truie aurait été au-dessus de mes forces. Le monstre en moi qui meurt d’envie de la tuer, est toujours là tapi dans l’ombre, à l’affût d’une occasion propice pour passer à l’action. D’aucuns diraient que je délire comme le font tous les enfants un jour ou l’autre, en proie à une violente colère, et j’abonderais volontiers dans leur sens si le motif en était une querelle qui fait se crêper les chignons une minute durant, puis se termine sur l’oreiller avec de bons gros pleurs réparateurs. Oh, Mathilde a été coutumière du fait bien sur. J’ai eu droit aux affaires empruntées sans permission ou saccagées, aux réflexions désagréables et autres douceurs que s’échangent frères et sœurs. Seulement Mathilde a dépassé ce stade depuis longtemps déjà, un simple palier obligatoire dans la plongée de la méchanceté la concernant.
Elle a cessé de s’en prendre à moi directement pour mieux me manipuler avec, je dois le reconnaître, une certaine maestria. Je la surpasse dans de nombreux domaines bien qu’elle soit mon aînée de deux ans mais je n’en demeure pas moins une pauvre écervelée d’avoir cru la hache de guerre enterrée, qu’elle pouvait s’amender. Avec toute la naïveté qui me caractérise, j’ai sauté à pieds joints dans ses manigances, faisant de moi ma pire ennemie à mon insu. Lorsque j’ai réalisé mon erreur plusieurs déboires plus tard, je me suis mise à la haïr réellement, persuadée que rien ne saurait être plus cruel. J’avais tort. C’était juste la brûlure du mors dans la bouche avant d’être écorchée vive dans la fosse aux ours. Dans la balance cette fois, elle a mis des adultes, les seuls à détenir l’autorité nécessaire pour briser ma vie. Quel terme grandiloquent pour une fillette de dix ans à peine ! Et pourtant que dire d’autre alors qu’au milieu de la nuit, recroquevillée sur moi-même, l’angoisse me tordant le ventre, j’espionne ceux auxquels Mathilde a prêté le rôle d’adversaires, ces prétendus parents aimants qui discutent de mon sort, se disputent gentiment pour déterminer si oui ou non, leur fille est dérangée ? Je ne sais comment elle a su être si persuasive mais tous deux sont maintenant convaincus que se raconter des histoires à voix haute ne reflète pas un esprit sain. A la réflexion, je préfère ne pas le savoir.
N’était-ce donc qu’un rêve ? Ai-je enjolivé ce souvenir au point d’y représenter une connivence qui n’a jamais existé ? Non, il m’est impossible de l’avoir inventé, de même qu’elle ait feint à un tel degré…ce silence recueilli pour m’écouter, cette lumière dans ses yeux qui ne me lâchaient pas, ce respect mutuel simple et naturel qui ponctuait nos paroles sans aucune barrière, d’égal à égal. Trois ans se sont écoulés mais les images toujours aussi vivaces dans ma tête me narguent...
Maman était demeurée malade longtemps et cette scène s’était reproduite des mois durant. Jour après jour, je m’efforçais d’éclairer la grisaille de sa chambre par un récit de mon cru. De fil en aiguille, je m’étais prise au jeu et ce qui n’était que quelques phases maladroites au départ s’était enrichi, densifié au point que l’indulgence amusée de maman s’était muée en véritable intérêt. L’écoute passive du début avait cédé la place à des conseils de lecture, des remarques de ci de là sur la faiblesse de certains rebondissements. Nous débattions sans fin des intrigues, oubliant pour des heures entières ce qui existait par ailleurs, les raisons qui la clouaient au lit. Ces quatre murs devenaient le temps d’une après midi notre sanctuaire. Immanquablement Papa venait me rappeler à l’ordre dès la nuit tombée, et si je rechignais à la quitter, Maman se résignait à clore la séance avec tout autant de réticence.
Elle fut la première à suggérer qu’il nous fallait baptiser ces entrevues. Heureuse, j’avais souri pour toute réponse. Au bout de deux jours de conciliabules acharnés, mon jeu de mots sur « Contesse » dédié à la Comtesse de Ségur et « les nouveaux contes des fées », longtemps vedette sur ma table de chevet, avait enchanté Maman qui l’adopta dans l’instant. Elle protesta pourtant peu après en déclarant qu’il s’agissait là d’un nom trop court, trop léger pour ce qu’il signifiait. Le pli songeur avait pris sa place habituelle sur son front et après bien des tergiversations, elle me narra longuement comment Zola, lors de dîners donnés dans sa demeure de Médan, avait poussé ses convives, les sieurs Maupassant, Huysmans, Céard, Hennique et Alexis, à s’improviser raconteurs de vive voix. Elle suggéra d’emprunter le « de » pour la noblesse qu’il apportait et enfin « Médan », avait-elle ajouté un rire dans la voix, car mes histoires tendaient déjà à verser dans l’horreur et témoignaient d’une profondeur qui valaient certainement les leurs.
Tous m’étaient inconnus et j’étais loin d’être convaincue mais lorsque je lançai à voix haute le nom en entier pour la première fois, étrangement il sonna à mes oreilles comme une incantation oubliée dans un grimoire poussiéreux et j’eus la curieuse sensation d’avoir déchiffré la combinaison d’un secret que j’ignorais posséder. Peut-être était-ce aussi l’étincelle d’excitation qui s’alluma dans ses yeux, la faisant paraître plus proche de l’enfant que de la mère, qui renforça ce sentiment mais je sus d’emblée que ce nom nous appartenait et serait notre pour toujours. Ainsi naquit « le cercle des Contesses de Médan » par une belle journée d’automne, et si la fin de l’hiver avec le rétablissement de Maman avait sonné son glas, son pouvoir demeura ancré en moi, marquant à jamais mon existence.
Papa vient tout juste de prononcer le mot « psy », trois petites lettres qui s’enroulent en spirales au fond de ma gorge. Maman n’a pas répondu. Son silence par tout ce qu’il sous-entend est intolérable ; plus supportable néanmoins que ce regard qu’elle m’a lancé tout à l’heure. Au milieu de cette inquisition, j’escomptais qu’elle prendrait fait et cause pour moi. Je n’en espérais pas tant de Papa qui est bien trop rationnel mais je sais Maman sensible à l’imaginaire. C’est une part d’elle dont j’ai probablement hérité du reste.
Aussi, acculée par mes détracteurs, j’ai cherché refuge dans ces yeux qui avaient dévoilé aux miens un horizon de mers d’aventures - ce même horizon qui valait à ma raison désormais d’être jetée en pâture à la conjecture. A la seconde où je les avais croisés, plus rien n'a existé. le temps d'un battement de cils, la rage contre Mathilde, la peur de ce qui s’ensuivrait, mes certitudes les plus profondes se sont délitées avec la fragilité d’un château de sable, laminées par le soupçon qui s’érigeait déjà en juge et bourreau. L'eau sombre des prunelles a frémi, ébranlée ; les commissures des lèvres se sont relevées pour esquisser un pâle sourire qui se voulait apaisant. Un bien pauvre placebo. Sans crier gare, mes sensations ont refait surface à ce moment là, brutalement et la douleur m'a happée toute entière, âpre. Brûlante comme un feu de brousse qui rase tout sur son passage, ne laissant qu'une traînée de cendres froides dans son sillage. Le cœur au point mort, mes jambes ont pris le relais. Un seul objectif, une seule urgence : partir, fuir, loin du bruit insoutenable de leurs sentiments palpables – La réserve de Papa teintée d’agacement – Immonde : l’allégresse sournoise de Mathilde – Pire que tout : l’inquiétude entachée de la… trahison de Maman.
Papa a fini par éteindre la lumière, excédé que Maman se refuse toujours à lui répondre. Je suis soulagée, du moins pour ce soir même si quelque part, cela n’a plus aucune espèce d’importance. Qu’elle me ménage une porte de sortie sans emprunter la case « psy » ou épouse le point de vue de Papa en me croyant sincèrement folle à lier ne changera rien. Rien du tout et c’est ce qui fait si mal. Je le réalise à présent. Oui, j’ignore ce que me réserve demain et cela m’est égal. Mathilde a brisé ma vitrine de Noël et rien ne saurait la réparer. Je ne pourrai plus regarder Maman comme avant. Jamais.
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That's all folks ! ![]()
J'ai lu !!
Je ne vais pas faire un commentaire détaillé pour ne pas influencer le jury (hinhin), mais j'ai bien aimé. La situation est bien posée, les détails sur la petite fille s'enchaînent agréablement.
Elle me fait un peu penser à Paloma dans L'Élégance du Hérisson, d'ailleurs.
Bref, un bon texte ![]()
Merci Hic !
Je n'ai pas lu le livre mais je vais peut être y jeter un coup d'oeil, dans ce cas.
Tu fais bien de rappeler de ne pas faire de commentaire détaillé. J'étais partie pour en faire un dans la foulée ! J'ai du mal à poser seulement deux, trois phrases. Je vais donc m'abstenir de commenter pour l'instant mais ce n'est que partie remise. Je dirais juste que j'ai apprécié la lecture, d'autant que je suis fan de HP aussi.^^
Your turn, Say ![]()
Owi, une fan de HP !! ![]()
Merde, merde...j'essaye demain, mais me mettez pas la pression. J'ai une petite idée, c'est déja ça.
Toutefois, je trouve le sujet difficile. Parce que pour moi, pour avoir pitié d'un personnage, il faut le connaitre, et donc dans un court texte ou on le découvre...c'est pas évident.
Et aussi éviter de tomber dans le cliché et dans le prévisible...
Bien sûr que c'est difficile, comme sujet ! Tu as complètement raison quand tu dis que pour prendre en pitié, il faut d'abord s'attacher.
Mais c'est tout l'enjeu de l'exercice... ![]()
Salut
Je post ma participation si vous le permettez =)
Souffrance
Je trouve enfin une petite maison dans l’ombre totale. Elle est située au bord d’un petit village, à des kilomètres de la grande vie citadine. Je survole les dernières habitations trop illuminées par les lueurs blanchâtres des lampadaires puis je tournois autour de la maisonnette pendant quelques secondes. Je plonge dans la cheminée noire, je me sens chez moi, enfin. Les Humains construisent rarement de tels villages, de telles maisons. Il est dur de trouver un coin isolé, froid, humide peut-être, mais surtout hostile à l’Humain. Enfin, toujours est-il que j’ai trouvé, même si pour cela j’ai dû chercher des nuits durant… Cela fait un siècle que je cherche à travers le monde : tout est vert, tout est beau, tout est clair, même la nuit. La Lune et les étoiles me gênaient. Là c’est bon : je suis bien accueilli par une cheminée presque aussi noire que chez notre Père ; dehors le ciel est couvert d'un voile de nuages au moins aussi sombres et il n’y a qu’un jeune Humain en bas. La Lune ne perce pas cet épais brouillard. Je ne sais si nous ne sommes d’ailleurs pas le jour… Peu importe, je descends.
Le jeune Humain est dans un lit avec des draps foncés, pour mon plaisir. Je le regarde quelques instants, écoute ce qu’il pense. Non, c’est bien cela : il ne pense pas, il ne rêve pas et n’a pas rêvé de la nuit. C’est un comportement bizarre chez un Humain mais c’est ce que j’aime, je suis tombé là où il fallait, j’ai bien fait de chercher si longtemps. Tiens, il ne respire pas non plus.. Je regarde son cœur, il n’a aucune pulsation, il ne bat pas. C’est encore mieux. J’entre en lui et le réveille horriblement. J’adore cela, je sens tout ce qu’il ressent : je suis lui.
A l’instant précis où il ouvert les yeux il pousse un cri déchirant, tout le village doit s'être réveillé. C’est un cri que je voudrais voir durer éternellement, un cri suraigu, surpuissant, un cri qui doit avoir glacé les os de tous les villageois. Je me régale !
Puis à ce cri succède une douleur tout aussi stridente, une douleur insupportable pour un être vivant. Le jeune Humain a l’impression que chaque cellule de son corps s’enflamme d’un coup, puis s’évapore dans l’instant suivant avant de lui être restituée très vite, comme clouées une part une, les unes aux autres. Puis le garçon sans vie se met à transpirer : l’eau répare les trous de sa peau puis s’enflamme à son tour. Mon jeune Humain crie de nouveau, de plus en plus fort, de plus en plus aigu. J’aimerais que cet instant dure longtemps, longtemps.
Ca y est, le garçon n’a plus d'épiderme, on voit toute sa chair, on apperçoit son cœur qui s’est remis à battre. Le jeune homme respire la bouche ouverte, il regarde ses mains tremblantes, dégoulinantes de sang. Il souffre. Le sol sous ses pieds cuit à des milliers de degrés. Il sent que bientôt il va se passer autre chose, qu’il n’est pas encore à la moitié de sa souffrance, il sent que bientôt il connaîtra l’enfer, avec moi comme spectateur admiratif.
Ah, le voilà ce moment qu’on attendait tout les deux avec une appréhension totalement différente, voilà l’apothéose de la souffrance. Cela fait un siècle que je la cherche, je la trouve enfin : le cœur de mon ami se met à trembler épouvantablement, il est agité de spasmes horribles. Ce cœur chauffe, extrêmement vite, il va s’enflammer, je le sens, je le vois. Oui, il s’enflamme mais cela ne dure qu’un millième de seconde, un instant pendant lequel le garçon cri encore et encore, plus fort, plus aigu, mortellement strident. J’aime. Même la maison souffre de ce cri, elle a les mêmes spasmes que le cœur du jeune Humain. Ce cœur qui d’un coup se gèle, il tombe à la plus froide des températures. Le cri du garçon s’arrête net, il suffoque. Il vit toujours mais ne peut pas respirer : c’est atroce pour lui parce qu’il ne peut pas mourir tant que je suis là. J’aime. J’aime maintenant voir les deux yeux jusqu’alors restés intacts se geler aussi vite que le cœur et le cri. J’aime les voir exploser en millions de grains de glace. J’aime voir cet Humain souffrir ainsi, j’aime voir tout son corps se glacer cellule par cellule. J’aime maintenant le voir gonfler de l’intérieur puis éclater avec la maison.
Le garçon vit toujours, mais il ne peut pas crier sa douleur : tous ses membres sont en d'innombrables et minuscules morceaux, il n’y a que le cerveau qui demeure intact, flottant là. Il n’est pas gelé, lui. Puis je l’aide à remettre le corps en place, toujours avec de petits martèlements sur chaque cellule pour les ressouder. Ca y est, tout est en ordre, le garçon ne sait même plus s’il a mal, il ne sait même pas s’il est vivant. C’est la première fois que j’ai autant aimé. Mon père m’avait pourtant bien dit que c’était un instant magique, qu’on ne pouvait vivre qu’une fois, mais je ne pensais pas trouver ceci. La souffrance est belle, j’en ai des frissons, moi, un esprit…
Et bien voilà, mon bonheur est fait, je peux partir en paix, comme mes frères et sœurs. Mon jeune ami Humain, je te souhaite d’autant te régaler que moi dans ta dernière vie. Je te promets que tu ne souffriras pas ta troisième mort, je te promets que la prochaine sera la dernière mort horrible que tu connaîtras. Puis tu verras, tu pourras faire comme moi et mes frères et sœurs, tu pourras faire souffrir, et en jouir comme nous avant de t'en aller définitivement. Adieux.
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Ha, je croyais que c'était Say qui avait posté !
J'ai l'impression que tu vas avoir de quoi lire cette fois-ci, Hugo
Bonne chance à toi Archive ! ![]()