Chapitre 5 : le second officier.
L’imposante statue de pierre s’était scindée en deux parties pour venir s’écraser bruyamment sur le pavé vieillit de la place. Cela avait alerté tout le secteur et les habitants de cette zone s’amassaient autour des combattants, en gardant une bonne marge de distance. Le regard de Gin avait subitement changé et ne laissait à présent s’échapper que de la rage, violente, animale. L’officier lui, semblait peu se préoccuper de la situation, et continuait de les défier des yeux.
Cylia : comme mon frère est, il va tout détruire, c’est mauvais. il risque de tuer des gens par maladresse.
Alex : tu..tu crois ?
Cylia : j’en ai bien peur. Je ne l’ai jamais vu dans un tel état de fureur…
Gin saisit la poignée de sa lame, coincée sous sa ceinture faite de foulards déchirés, et la tira lentement. L’agent le regardait faire, un sourire accroché au coin des lèvres.
Officier : ha ha ha… alors tu comptes réellement te battre ? C’est ridicule.
Gin : même si la défaite est envisageable, je ne peux pas rester les bras croisés après ce que tu viens de dire.
Officier : un homme d’honneur ? Cette vertu chimérique ne te sera d’aucun secours. Quand tu en prendras conscience il sera malheureusement trop tard. En une seconde, l’agent avait disparu, soulevant un épais nuage de poussière. Cylia et Alex , alertés,le cherchaient des yeux.
Cylia : mais où est-il passé ? !
Gin : …
Son frère se retourna brusquement, pour bloquer le poing dévastateur de son adversaire, subitement apparu dans son dos, avec le plat de la lame.
Officier : oh oh.
Cylia : il a réussi à suivre le mouvement ? !
L’agent lui enfonça alors sa deuxième main dans l’estomac, dans un coup fulgurant. Gin n’avait cependant pas bougé d’un centimètre, il restait debout devant lui, le regardant toujours droit dans les yeux. Il se mordait fortement la lèvre, pour tenter d’oublier la douleur, et un mince filet de sang découlait à présent de sa bouche.
Officier : ( ce regard… c’est celui d’un homme qui va tout tenter pour arriver à ses fins. Il est dangereux. Si je ne le tue pas…)
Gin : eh bien ? Tu as l’air perdu…
Officier : peuh ! Tu crois avoir gagné ?
Bloqué des deux mains, il enfonça violemment son genou dans les côtes du rebelle qui lâcha prise finalement. L’agent prit quelques pas de recul, comme pour assurer sa défense cette fois ci. Sans perdre une seconde, il se lança une nouvelle fois vers lui, et défonça sa lame du poing pour lui frapper la mâchoire de l’autre main et le projeter au loin, accompagné des cris de la foule rassemblée. Gin se releva rapidement, prenant appui sur son genou.
Gin : bon j’ai assez joué…
Officier : ne prends pas tes rêves pour des réalités.
Gin se lança vers son adversaire, courrant à toute vitesse. Son adversaire dressa ses poings devant lui, pour contenir l’attaque. Le rebelle fit une roulade à terre, se décalant ainsi sur la gauche. Il contourna la garde dressée devant lui, et saisit l’agent par derrière, pour lui poser le tranchant de la lame sur sa gorge dénudée.
Gin : ce ne sont pas mes propres rêves, mais tout ceux des gens amassés ici… tu les vois ? Regarde les. REGARDE LES ! !
Il lui enfonça légèrement le tranchant aiguisé dans la gorge, pour faire couler un mince filet rouge. Sursautant, l’officier abaissa son regard au niveau des habitants du secteur autour d’eux. Ils étaient habillés de haillons déchirés, le visage sale, les pieds nus raclant sur le pavé froid. Gin lui retira l’épée apposée contre son cou, et en une fraction de seconde, la fit traverser le dos de l’agent, pour la voir ressortir à l’opposé trempée de sang.
Officier : aaah…
Gin : ta souffrance est dérisoire comparée à la leur.
Il lui retira l’arme du corps pour le voir s’étaler à terre d’un œil triste. Gin s’éloigna du cadavre et alla rejoindre sa sœur pour tomber dans ses bras, de fatigue. Alex s’avança au milieu de la place et hurla aux gens de partir, car leur vie était menacée en ces lieux. Tous jetèrent un dernier regard à Gin et se dispersèrent dans les rues serpentant dans la ville.
Gin : v..vraiment… ça ne peut pas continuer. Il faut que je saches…
Cylia : qu..quoi donc ?
Gin : ce projet 0. n.. nous sommes gênants pour l’état dirait-on…
Cylia : … repose toi, nous verrons plus tard.
Sur ces paroles et face au sourire angélique de sa sœur, son regard se brouilla et il s’évanoui en posant sa confiance sur ses épaules.