Chapitre 6 : le songe…
L’espace, infini, sombre et inquiétant. Gin flottait à présent dans cet endroit, seul au milieu du vide. Il jeta un bref regard sur ses vêtements, et il ne lui apparut aucune blessure, coupure, ni brûlures, qui avaient pourtant marquée sa chair lors du combat qu’il venait de mener. Son corps innocent et incontrôlé se laissait porter par un flux astral de brume, qui avait envahit toute la zone. L’esprit vague, le rebelle contemplait ce qui l’entourait, étrangement, sans grandes questions. En portant son regard devant lui, il pouvait distinguer une silhouette, apparaissant petit à petit derrière la fumée. Elle devenait de plus en plus nette au fur et à mesure que les secondes passaient. Le brouillard se dissipa d’une traite, pour laisser apparaître un homme, vaillamment habillé. Un lourd plastron enveloppait son corps. Ses longs cheveux blonds nageaient eux aussi dans les airs, par-dessus ses yeux d’un bleu profond et bienveillant. A la vue de ce personnage, la respiration de Gin se stoppa, ressentant juste ses battements de cœur à travers son épiderme.
Gin : p..papa ? !
Il n’eu pour réponse qu’un long silence de la part de l’inconnu. Ce dernier esquissa un sourire, il leva un bras et le pointa vers la droite. Gin ne comprenait pas ce qui se passait, et tourna la tête dans la direction indiquée, hébété. Une salle sombre s’était dessinée dans la fumée, une pièce étrange, un sol recouvert de plaques froides de métal. En son unique centre, un large tube transparent dans lequel était stocké un produit vert opale, qui s’imprégnait sur tous les murs de la salle par projection de sa lumière inquiétante.
Gin : hein ? que.. ?
Il se retourna vers l’homme, celui-ci s’effaçait petit à petit, ses vêtements et son visage partaient peu à peu en fine poussière pour se disperser dans l’espace environnant.
Gin : ha ? papa ! !
Il porta la main vers lui, dispersant ce qu’il restait de poussière une fois sa main contre l’inconnu.
Gin : hein ? Mais je…
Des voix à sa droite portèrent à ses oreilles, le rappelant à cette mystérieuse pièce. Il tourna de nouveau la tête et reprit la scène en cours. Quelques scientifiques habillés de blouses froissées s’affairaient à présent autour du tube, frappant vivement leurs feuilles des pointes de leurs stylos.
Scientifique : eh bien. Quel est le rapport miry ?
Miry : 267e jour, les cellules se développent et ne semblent entraîner aucune malformation monsieur zelel
Zelel : bien. Nous pouvons donc poursuivre. Il faut accélérer le processus. Ordre du président.
Miry : mais enfin, vous n’y pensez pas monsieur, cela pourrait être fatal pour le projet.
Zelel : si on ne le fait pas, cela pourrait nous être fatal miry.
Miry : je… bien…
Gin contemplait la scène, silencieux, invisible à leurs yeux. L’ouverture vers la salle commença alors à se refermer petit à petit, pour laisser les deux scientifiques disparaître derrière ce rideau de fumée. Une fois de nouveau tout seul, sans savoir pourquoi, ses lèvres tremblaient de peur.
Gin : qu..qu’est ce qui m’arrive ?
Il saisit son poignet pour stopper cette frayeur, et entendit alors une voix, résonnante, forte, qui faisait vibrer toute son âme. Le bruit devenait insoutenable, et Gin se saisit la tête entre ses paumes de mains, assaillit par ce son démentiel. Quand il rouvrit les yeux, il lui apparut sa sœur, prononçant tendrement son nom.
Cylia : ah il est enfin réveillé.
Un large sourire s’accrocha au visage de la jeune fille, une fois que son frère avait rouvert les yeux. Il était allongé par terre dans un des immeuble démoli des taudis, un parmi tant d’autres abandonnés pendant cette période de crise. Après un long soupir, il amena ses mains sur son visage et se redressa. En jetant un coup d’œil autour de lui il aperçut Alex, resté lui aussi à son chevet durant son sommeil.
Alex : est ce que ça va ?
Gin : oui. Enfin… non je ne sais pas.
Cylia : qu’est ce qui se passe ?
Tout deux s’étaient tournés vers lui, inquiets à son sujet, ils étaient accrochés à ses lèvres.
Gin : … j’ai fait un rêve. Et j’ai cru voir… non c’est stupide.
Il se leva et fit face à la fenêtre qui projetait dans la pièce sa lumière anesthésiée par les sombres nuages au dessus de la ville. Sa sœur vint à ses cotés et posa sa main sur son épaule.
Cylia : raconte nous.
Alex : …
Gin : … …j’ai cru voir… notre père.
Cylia : ? ! Notre père ? Mais… nous ne l’avons jamais connu…
Alex : ton père ?
Gin : je sais bien… mais j’ai ressentit une présence, je… je le savais au fond de moi… c’était bien lui.
Cylia : … c’est étrange.
Gin : tu lui ressembles tellement…
Cylia : gin…
Le rebelle défit la main de sa sœur de son épaule, et alla s’appuyer contre le mur d’à coté. Il sortit une nouvelle cigarette pliée de son étui cartonné trempé, et se l’accrocha aux lèvres, pour jeter ensuite le cadavre du paquet au sol.
Gin : ( j’ai également vu autre chose mais…)
Alex : Désolé de vous interrompre mais… Gin.
Gin : quoi ?
Alex : la situation est grave maintenant. Les agents redoublent d’efforts pour vous retrouver. Il y en a une cinquantaine qui sillonnent la ville à notre recherche selon nos sources.
Gin : u..une cinquantaine ? !
Cylia : en effet c’est inquiétant.
Le jeune homme, enfonça son poing dans le mur le plus proche, faisant s’effondrer un pan de celui ci au sol.
Gin : fait chier ! Pourquoi nous recherchent-ils ? !
Cylia : Gin…
Alex : calme toi.
Gin : non je ne peux pas ! je ne peux pas leur pardonner ! !
Il se décolla du mur sur lequel il était adossé, et s’élança vers la sortie de la pièce. Mais avant de l’avoir atteinte, il trébucha et s’écroula à terre suite à un bruyant craquement. Sa sœur accourut vers lui.
Cylia : arrête ! Tu as gardé des fractures du combat. Tu n’es pas en état… … … … ? !
Elle se figea lorsqu’elle aperçut sur son visage de longues larmes qui parcouraient toute la surface de ses joues.
Gin : c’est… ridicule… je ne suis… même pas capable de venger un ami…
Cylia : Gin…
Alex : …
Gin : je ne sais plus quoi faire, il se passe des choses étranges depuis quelques temps… je ne vois qu’une seule solution.
Cylia : une solution ?
Gin : pour préserver la vie des gens ici, nous devons nous exiler…