Chapitre 7 : l’exil
Cette annonce avait jeté un froid dans la pièce, pourtant déjà bien délabrée, elle, n’en paraissait que plus chaotique, gagné par l’ombre, le soleil mourant au dessus d’eux. Gin s’était rassis sur le sol crasseux, tandis que sa sœur et Alex le regardaient perplexes. Un soupir s’échappa de la bouche de cylia, et une expression de résignation vint imprégner ses traits désormais anxieux. Elle s’agrippa à son tour au rebord de la fenêtre.
Cylia : je..je l’avais envisagé. Mais j’ai toujours gardé espoir. Je ne pensais pas que la rébellion pourrait nous pousser aussi loin.
Alex : l’état mène une politique bien étrange… il n’est pas dans ses habitudes de s’acharner tant sur nous…
Gin : ça cache quelque chose.
Cylia : ce jour est donc venu. Nous allons… partir ?
Gin : c’est bien ça, nous enfuir, c’est la seule alternative.
Elle s’immobilisa quelques secondes et plongea ses fins doigts dans l’intérieur de sa veste. Elle en dégagea ses deux armes rayées d’usure, pour les serrer contre son torse Sali de sang. Son frère la contemplait, tout en tirant les dernières bouffées de nicotine du mégot agrippé à ses lèvres, qu’il attrapa entre ses doigts pour le jeter devant lui et l’écraser du pied.
Gin : tu y penses encore…
Cylia : comment oublier… Maman s’est faite tuer par le gouvernement. Avant de partir, elle m’a fait jurer sur ses dagues de poursuivre la résistance pour nous libérer…
Alex : … Isa était réellement une femme admirable…
Cylia : je.. Abandonner la ville, c’est comme trahir ma parole ! !
Un soupçon de chagrin s’était fait percevoir quand celle-ci avait haussé la voix. Quand elle remarqua qu’Alex et Gin l’avaient remarqué, elle porta sa main devant son visage pour cacher de longues larmes dégoulinantes de ses yeux. Gin se leva et se dirigea lentement vers elle. La saisissant par les épaules, il l’enlaça tendrement, les larmes de Cylia, redoublant d’intensité.
Gin : ne crois pas… ne crois pas que j’abandonne…
Cylia : je…
Gin : je comprends ce que tu ressens, moi-même, je dois dire que je porte mon attention à notre cause et à maman tous les jours. C’est sûr que cette ville est en détresse. Il n’y a qu’à porter le regard par la fenêtre pour voir ce dont il a besoin… un nouvel état renaîtra je te le promet…
Cylia : Gin… m..merci.
Gin : nous partons aujourd’hui, mais nous reviendrons tôt ou tard, plus fort.
Il prit sa sœur par l’épaule droite et la mit à coté de lui, pour se positionner face à la fenêtre démolie. Il braqua alors son doigt droit devant, pointant l’horizon.
Gin : regarde, regarde comme le monde est beau. A l’échelle humanitaire, nos petites querelles ne sont rien. Les étoiles nous observent de leur piédestal sans jamais prononcer un seul mot. L’humain doit se commander lui-même. Il faut se ressaisir et prendre notre avenir en main.
Cylia : tu.. Tu as raison.
Elle jeta un dernier regard à ses armes et les rangea soigneusement à l’endroit d’où elle les avait délogées. Les paroles de son frère l’avaient rassurée, et avaient redirigées sa conscience.
Alex : bon et bien… je n’ai plus qu’à vous souhaiter bonne chance.
Gin : …
Cylia : tu ne viens pas ?
Alex : je dois diriger la résistance pendant votre absence, nous perdons des alliés de taille, il leur faut au moins un chef. Mais je ne me fait pas de soucis vous concernant.
Il leur adressa un sourire, mais il ne pouvait cacher que celui-ci était quelque peu forcé. De toute évidence, il s’inquiétait pour eux. Il baissa le regard au sol, et se mit à rire nerveusement.
Alex : ha ha ha. Moi qui voulais le cacher on dirait que c’est raté.
Gin : ne t’inquiète pas, nous reviendrons…
Alex : …
Ils se dirigèrent vers la porte, sous l’œil d’Alex, calme et reposé, il murmura :
Alex : depuis le début… tout repose sur vous.
Ils sortirent de la pièce, avec l’impression d’avoir un nouveau cap, un nouveau départ s’offrait à eux. Il s’arrêtèrent au milieu du couloir et s’entre aperçurent dans la pénombre naissante.
Cylia : je ne suis jamais sortie de la ville.
Gin : moi non plus, mais il faut un début à tout.
Ils se mirent à marcher vers la sortie, seul point de lumière dans l’obscurité croissante du bâtiment. Une fois dehors, une fine pellicule d’eau vint toucher leur visage. Le ciel se faisait de plus en plus menaçant et la brise glaciale qui parcourait les rues, leur avait perforé la chair jusqu’à leur glacer les os. Après avoir jeté un regard aux alentours, ils prirent la rue de gauche. Tout semblait terminé à présent et les choses avaient prit une toute autre tournure en seulement quelques jours. Les nuages se disputaient dans un grondement largement audible, presque insupportable. La ville commençait à s’endormir, dans cette paix nocturne. Une personne était appuyé contre un mur un peu plus loin, un homme habillé de plusieurs foulards noués les uns sur les autres et déchirés de toute part. son visage restait caché sous une large capuche verte foncée, accrochée à un manteau de même couleur, ouvert sur son torse ensanglanté. Il s’avança au milieu de la rue pour leur faire face, et se défit de son habit, laissant apparaître un jeune visage, remplit de malice et de ruse. Il esquissait un large sourire aux deux frères, qui restaient face à lui sur leurs gardes.
Homme : vous êtes les Strife n’est ce pas ?
Ces derniers ne répondirent pas, mais continuèrent de le fixer suspicieusement. Cylia s’approcha de l’oreille de Gin
Cylia : tu crois… que c’est un membre du gouvernement ?
Gin : je ne crois pas non. Rien qu’à voir ses vêtements, il doit lui aussi habiter les taudis.
Homme : je vous cherchais, j’ai appris que vous partiez… les nouvelles vont vite dans les réseaux de résistance.
Cylia : … et alors ?
Homme : oh excusez moi, j’ai oublié de me présenter. Je m’appelle selenn. Je suis venu pour vous aider.
Gin : nous aider ? … pourquoi ?
Le jeune homme lui adressa une nouvelle fois un grand sourire.
Selenn : j’ai mes raisons. Je viens de la zone E de midgar, je suis un résistant renommé dans ces environs. Je voudrais vous appuyer pour la libération de la ville.
Cylia : … c’est très dangereux, nous somme poursuivis par l’état en personne. Nous ne savons même pas si nous pourrons sortir d’ici vivants…
Selenn : … moi aussi je suis poursuivi. C’est plutot si nous ne sortons pas d’ici que nous mourrons inévitablement.
Gin : tu es poursuivi ?
Selenn : je vous ai dit que j’avais mes raisons.
Gin : … … bien. Nous partons tout de suite.
Cylia : hein ? mais enfin, nous ne le connaissons même pas ! !
Gin : je sais, mais quelque chose me dit que nous pouvons lui faire confiance. Il est comme nous.
Cylia jeta un regard à Selenn, ses vêtements trempés par la pluie, de multiples coupures, fractures, lui parcouraient le corps, salit de boue et de poussière.
Gin : il ne m’a l’air… sincère.
Cylia : tu as raison.
Selenn : ! ! ATTENTION BAISSEZ VOUS ! !
Gin et Cylia sursautèrent à ces mots, et se jetèrent aussitôt au sol. Une boule massive de glace passa au dessus de leurs têtes, pour aller percuter un autre immeuble plus loin, qui se recouvrit d’une épaisse couche bleutée dans un bourdonnement incroyable. Ils se relevèrent, et aperçurent un autre homme vétu d’un long manteau propre et parfaitement lisse, le bras tendu vers eux.
Agent : hé hé je les ai trouvés.