La jeune fille revenait, les bras chargés de potions qu'elle avait trouvée sur des etagères du temple. Quoiqu'avais pu dire Roland, elle ne s'abbaisait pas a piller les temples, d'autant plus qu'une vie était en danger.
Une silouhette encapuchonnée s'eloignait, et Macha se mit a courir vers Roland.
- Roland... qui est ce ? Que voulait il ? Et la sirene que...
La jeune fille regarda la sirene et vit qu'elle était passée dans l'autre monde. Elle faillit lacher les flacons en s'agenouillant pres d'elle. La silouette n'etait presque plus visible et l'air grave du paladin la dissuada de poser d'autres questions. Elle murmura quelque chose pour la vie qui s'etait eteinte et regarda les autres.
- En fouillant j'ai vu le cadavre d'un homme avec les mêmes blessures. Je craint qu'ils ne se soient fait attaquer... Quand a Javier, il est parti avec moi mais je ne sait pas ou il est allé.
Ils étaient en danger immediat ici et au fond du temple quelque chose les mennacait...d'ailleurs l'homme a la hache qu'elle avait vue se dirigait vers cette menace.
Elle se releva d'un bond, ses flacons roulerent sur le sol sans se casser. Sa tête recommençait a lui faire mal et ses yeux scuptaient les moindres mouvements...
Attentif depuis l'avertissement de son homologue, Efria se déplaça vers le second cadavre qu'avait mentionné la roublarde. Le sang près de l'un des piliers donnait le premier aperçu du massacre. Quelque pas de plus, il voyait ce corps inanimé et immaculé.
Sous ce tapis de sang, le paladin apercevait des couleurs bleuâtres sur la robe, sans nul doute un des prêtres du temple.
-Tuer dans l'enceinte même de ce temple c'est châtier les vertus les plus belles que nous puissions défendre, offrir la mort à ces gens n'apportera que malheur... et ce malheur...
Avant d'en terminer avec sa phrase, le paladin aperçu une chose sur la victime, elle semblait tenir quelque chose, un objet... il s'en approcha et retira de la main un caillou.
Il prit un tissu de lin dissimulé dans son sac et nettoya sa découverte. Ne cherchant pas à être bête il cru comprendre d'après les motifs qu'il ne s'agissait pas d'une simple pierre. Il rangea le tout dans son sac et examina de plus près l'homme au sol, puis le sol, et tout ce sang.
-Roland viens voir ici je te pris, vite quelque chose m'échappe!
-Qui a-t-il? oh, il n'a pas eut le même traitement de faveur.
-Oui, c'est ignoble mais, regarde ici [pointant le sang près du cadavre].
-On dirait une...
-Trace de patte oui, mais en regardant de plus près le prêtre, on peut s'interroger surtout sur la manière dont il a été tué. Regarde ses habits, couvert de sang certes, mais presque intactes, je veux dire pas déchirés à tout va. Plutôt étrange pour la théorie d'un loup garou.
Ah tiens regardes, il tenait ça dans sa main gauche [il sort la pierre de son sac].
A l'appel d'Efria, Roland se rapprocha du corps inanimé, s'accroupit et commença l'examen de la dépouille.
"Tu as parfaitement raison Efria, cet homme n'a pas été déchiqueté, ses vêtements son intacts. Par contre je n'en dirai pas autant de sa gorge. Regarde."
Roland désigne le cou du prêtre, il en manquait une bonne partie, visiblement arrachée par des crocs très puissants.
"La créature qui l'a attaqué lui a vraisemblablement arraché la gorge, ce qui pourrait expliquer la grande quantité de sang perdue. De plus, cet homme ne porte pas de traces de lutte.
- Et donc ?
- Donc il na pas vu venir le danger. Je suppose que l'animal qui l'a attaqué a surgi par derrière.
- Exact, mais quant à la nature de cet animal ?
- Et bien, les traces de pattes me feraient penser à un loup de très grande taille.
- Un loup, tu penses qu'un simple loup aurait pu infliger de tels dégâts !?!
- Sans doute pas un loup ordinaire; Cort, mon vieil instructeur, m'a parlé d'une espèce de loup très rare, doté d'une force colossale et d'une immunité à la magie. Il nommait ces animaux, loups vampiriques.
- Donc selon toi, un loup vampirique aurait agressé ce prêtre et la sirène ?
- Non, sans doute pas un loup seul; ces animaux se déplacent en meute et je pense que ce loup vampirique est venu accompagné de sa suite; des loups "normaux" je veux dire; et ce seraient ces loups qui ont mis la sirène en pièce.
- Ca se tient comme hypothèse.
- Oui mais cela reste une hypothèse. D'autre part...
- D'autre part ?
- Quelqu'un accompagnait probablement ces animaux. Cette pierre gravée que tu viens de me montrer n'est pas apparue toute seule.
- Et tu sais ce qu'elle représente ?
- Parfaitement. Elle représente un avertissement. Elle indique aux prêtres et au clergé de cette région de se mêler de leurs histoires. Une puissante organisation maléfique règne sur cette région, je ne sais pas qui ils sont, ni quels sont leurs objectifs, mais une chose est sûre.
- Laquelle ?
- Qu'ils vont nous trouver en travers de leur route et que moi, Roland d'Eauprofonde, leur ferait regretter d'avoir fait couler le sang dans un temple sacré !"
Le drow fulminait dans son antre. Il avait ordonné à l'assassin de prendre le bijou, sans faire aucun mal à son possesseur. Il avait horreur des assassins de l'Ombre, mais c'étaient les seules entités assez puissantes pour arracher aux mains de son possesseur un tel artefact. Toutefois, ce carreau sorti du néant le troublait. Les Ombres sont censés être insensibles à toute arme non magique, et ce carreau était ordinaire. A moins qu'il n'ait été projeté par magie...Oui, c'était cela. Le carreau avait été lancé par le joyau. Tout concordait. Il avait pourtant besoin à tout prix de l'artefact pour sauver le peuple drow. Il fallait que le possesseur du bijou le lui remette en main propre. Il allait se rendre à la surface pour trouver cette jeune fille, jusqu'à sa propre mort s'il le fallait.
Au moment où il arrivait sur la Côte des Epées, il sentit un mauvais présage. Il était entouré d'entités puissantes, qui lui étaient hostiles. Il les reconnut pour être des sirènes. Il répugnait à tuer ces créatures si proches de lui par l'esprit, et si lointaines par le corps. Le jeune drow allait devoir s'éclipser.
Il sentit soudain, loin de là, un cri silencieux, que seules les sirènes du Temple du Matin pouvaient émettre lorsqu'elles mouraient. Il sentit aussi dans cette direction une grande puissance magique. Un sourire éclaira alors son visage. Il l'avait trouvée.
-Je te comprend mon ami, et je suis d'avis que l'on remette notre virée vers Amn à plus tard. Si ce prêtre a subi un tel sort, je crains le pire pour Keldath. Mais si l'on suit l'éventualité qu'une personne soit derrière cette horreur, il nous reste une chance de retrouver Keldath vivant, en combien de temps je ne saurais le dire...
Des informations sur la sirène?
-Nous sommes arrivé trop tard, elle vient de succomber à ses blessures. Il n'y avait pas autant de sang mais bien plus d'écorchures et de mutilations que ce prêtre. Son amant est parti là-bas.
-Et personne ne l'a accompagné? je ne crois pas qu'il soit bon de laisser son cœur guider ses pas... un mal rôde autour de ce temple depuis que nous y sommes entré, nous dev...
"GGGGrrrrrrruuuuuuuuaaaaaaaaaaa"
Un nouveau rugissement terrible résonna dans l'enceinte, plus rauque encore que les précédents, de quoi faire frémir la mort elle-même.
-Nous nous occuperons des victimes tout à l'heure si tu le veux bien.
"Grrrrsssssshhhh Shhhhorrrrrr"
-Hiiiiiiiiiiiiiiiiiiii.....
-Roland, occupes toi de l'amant, je m'occupe de les calmer
-AHhhhhhh mais c'est quoi cette horreur?
-Ahhhh y a même pas de tables pour se cacher
-Hola hola, du calme, ce n'est rien, ne paniquons pas, c'est ce qu'ils veulent
-Mais qui? [reprirent Machalune et Javier en cœur]
-Ceux qui goûteront de notre justice!
Alors que Roland s'était hâté de ramener Narshad, le groupe, resté dans le grand hall du temple, reprit ses esprits avant que ne soit aperçu...
-... hey regardez!!! [s'écria Javier] de la fumée, sous la porte.
Guidé par l'appel silencieux de la sirène mourante, le drow volait presque, sentant une terreur sans pareille envahir son corps.Il avait jusque là évité toute créature vivante, mais approchait d'un village.il n'aurait pas le temps de le contourner.Il rabattit le capuchon de sa cape noire sur sa tête. Le jeune guerrier voyait de minces volutes de fumée au loin.
Il était devant le temple. Un modeste édifice se consumait à côté du Temple, et les flammes rejoignaient déjà la cour de l'imposant bâtiment. Il entendait un grondement terrifiant. Il ouvrit la porte brusquement, emporté par l'élan de sa course. Les flammes atteignaient maintenant les murs du Temple. A l'intérieur se trouvait un groupe d'aventuriers. Le regard du drow croisa celui d'une jeune fille, entourée d'un aura de puissance. C'était elle, sans aucun doute, qu'il cherchait, mais il remettrai cette affaire à plus tard.
Il hurla :
"Sortez d'ici, vite ! Le Temple brûle !"
Au moment où il disait cela, une énorme poutre enflammée se décrocha du plafond du temple et manqua de s'abattre sur un homme à l'allure fière. Au même instant, tandis que tous se hâtaient d'échapper au brasier, le guerrier drow reçut un choc d'une violence inouïe qui lui fit lâcher son marteau de guerre. Il sentait une haleine brûlante et nauséabonde sur sa joue. A l'instant où la créature allait l'égorger, le drow se sentit gelé. Il était pourtant certain de n'avoir vu aucun mage dans le temple. Le groupe l'encercla alors. Il était impuissant, et si le groupe décidait de le tuer, il n'aurait aucun secours...
Alors que le temple s'embrasait, un inconnu - un drow d'après son teint sombre - fit irruption dans l'édifice. Son regard se porta rapidement sur Machalune avant qu'il ne crie au groupe :
"Sortez d'ici, vite ! Le Temple brûle !"
Roland et les autres se ruèrent alors vers la sortie sous un déluge de débris enflammés. Sentant que les flammes gagnaient rapidement du terrain, le paladin s'adressa à la belette des glaces qui l'accompagnait :
"Ralentis ces flammes Dédé, ou nous allons tous brûler vif"
L'animal se figea quasi instantanément tandis qu'une aura glaciale emplissait le temple, les flammes semblaient reculer devant la petite boule de poils.
Tout comme l'incendie, le drow semblait paralyser par le froid et le petit groupe l'encercla rapidement. Efria fit un pas vers lui :
"Qui es-tu ? Que fais-tu ici ? Sais-tu qui s'en est pris au temple ?
- ...
- Parles !!!"
Roland posa la main sur l'épaule de son jeune compagnon.
"Plus tard, il nous faut sortir d'ici rapidement, Dédé ne tiendra pas très longtemps s'il continue à maintenir son souffle glacial à une telle intensité. Nous discuterons dehors."
Sur ces mots, Roland attrapa Dédé qui commençait à chanceler, l'animal semblait épuisé.
"Beau travail mon ami"
Se retournant vers le reste du groupe :
"En avant compagnon, sortons de là avant qu'il ne soit trop tard"
Une fois dehors, les aventuriers entourèrent de nouveau le nouvel arrivant qui reprenait progressivement ses esprits.
"Nous avons très probablement des choses à nous dire, alors palabrons"
...
Ce nouveau venu...Il lui disait quelque chose... Une fois eloignés de l'incendie, la jeune fille fit appel a ses souvenirs. Sa grand mere lui avait parlé de son peuple, et l'etranger lui ressemblait un peu. "Un drow surement"pensa elle. Soudain elle fut tirée de ses pensées par une autre plus urgente.
- Ou est l'homme de tout a l'heure ? Celui qui semblait aimer la sirene ? Il va griller dans l'incendie !
Elle regarda le temple en flamme. Il n'avait que tres peu de chance de s'echapper. Avec un soupir, elle se tourna vers le drow. Elle avait clairement vue son regard dans le temple mais il lui semblait que celui çi etait rempli d'espoir. Sa tête lui faisait mal, mais la jeune fille ignora sa migraine.
- Qui es tu ? demanda elle. Pourquoi es tu sorti de l'Ombreterre ? Ce n'est pas tres courant pour un elfe noir de se promener a la surface.
Soudain elle chancela et du se retenir a un arbre... elle commençait a trembler...
Efria se rapprocha de Machalune et posa sa main sur l'épaule de la roublarde.
- Que se passe-t-il? c'est encore de médaillon n'est-ce pas...
Il prit sa main et tenta de la calmer.
-Tout va bien Macha, on est là.
Puis, quelque peu sonné par la fugueuse aventure sous les flammes, il réalisa tout de même la puissance de la p'tite belette.
- Tu lui diras merci de ma part [dit il à Roland]
Il observa ensuite le temple en ruine et réfléchit sur le pourquoi et le comment. Qui pouvait en avoir à des prêtres et Keldath. Le fait de ne pas l'avoir trouvé à l'intérieur révélait une partie de l'histoire. Le paladin connaissait un peu le personnage, et mise de côté sa piété, c'était un homme qui se tournait très peu les pouces. Et pourquoi avoir laissé brûlé ce temple, assez loin certes mais tout de même. Bérégost avait l'obligation de faire quelque chose. Aucun garde n'est venu, personne si ce n'est cet elfe-noir...
-C'est tout de même très étrange tout ce qui vient de nous arrivé. C'est comme si ce temple n'était plus à côté de Bérégost mais isolé de la ville. Des flammes de cette hauteur ne peuvent pas ne pas être remarqués.
Et pourquoi ce drow se trouve sur les lieux hein?
Il serait temps qu'il nous dise ce qu'il faisait là!
C'est d'un air remontée qu'il s'approcha de lui, lui attrapant le bras et le mettant sur ses jambes.
-Tu vas nous expliquer ce que tu faisais là, je te préviens, ma patience ne me permet plus de tolérance! alors je t'écoute.
Roland étendit sa besace au sol, à l'ombre d'un rocher, et y déposa la belette des glaces qui l'accompagnait. L'animal tomba rapidement dans un profond sommeil réparateur.
"Reposes toi mon ami. Tu nous as tiré d'une situation périlleuse en consumant toutes tes forces et au nom de tous, je t'en remercie."
Dédé ouvrit brièvement ses yeux pleins d'intelligence et de bonté et se rendormit quasi instantanément.
Roland balaya des yeux la petite troupe. Javier, Vinmole, Efria et Machalune, bien que chancelante, entouraient le drow. Jetant un coup d'oeil vers le bâtiment en flamme, le paladin se demanda si l'inconnu qu'il y avait rencontré s'en était sorti. Cet homme semblait bon et désespéré de la mort de la sirène, Roland pria Helm pour qu'il en réchappe vivant.
Roland se rapprocha alors du groupe entourant le Drow.
"Et bien, je pense que tu as les réponses à bon nombre de nos question"
Une main la rattrapa par l'epaule et une autre lui prit la sienne.
-Tout va bien Macha, on est là.
La jeune fille eut un petit sourire pour Efria. Elle si solitaire d'habitude se sentait presque en securité avec ce groupe. Elle respirait mieux mais son collier ne cessait de lui drainer son energie depuis l'apparition du drow et cela l'inquietait. Pourtant, sa grand mère Erebe du clan Nyx, lui avait affirmée qu'il serai son protecteur...
A bien y reflechir, c'etait peut etre pour cela qu'elle n'avait pas pu reagir dans le temple. Macha pensait que ses maux de tête l'avertissaient du danger mais peut etre que c'etait le drow qui les avaient déchanchés dans le temple et non l'animal qu'ils avaient affrontés...
Il fallait qu'elle soit sure.
- Tiens, bois ça, dit elle au drow en tendant une potion. ça devrait te soigner.
L'inconnu tendit la main pour la prendre et lorsque leurs doigts s'effleurerent, Macha sentit un residu de magie comme celle du parchemin de l'ombre.
Avec un sursaut elle recula d'un pas et posa sa main sur sa dague...
http://fr.youtube.com/watch?v=dH_lwQrlyk8
Narshad se tenait à l'écart du groupe, appuyé contre un arbre, contemplant les ruines calcinées du temple de la Lumière, dont les fumées s'élevaient jusqu'au ciel. Il avait pu la revoir ... mais dans quelles circonstances ... Les pulsations du symbole argenté continuaient de se répandre dans son corps, passant dans toutes ses veines et ses fibres , le dernier cadeau de celle qui avait été, pendant un si court instant, la femme de sa vie. L'absurdité de la situation le ravageait, le dévastait. Le sens de son existence, sa muse, n'était plus.
Il avait pu apercevoir la silhouette monstrueuse de la chose qui avait pris la vie de son amour, avant que les flammes n'engloutissent le bâtiment. Il avait vu ses yeux, remplis d'une infinie tristesse. Lorsqu'il avait levé son arme pour pourfendre cette horreur, quelque chose était arrivé. Il n'avait plus été maître de lui-même, on avait pris possession de lui ; il était en dehors de son corps, les sensations ne lui parvenaient que diffuses, avec un petit temps de retard. Il n'avait pu ressentir qu'une main lourde l'aggripant par l'épaule avant de sombrer dans un sommeil éveillé. Il n'avait émergé que quelques minutes plus tard, appuyé contre cet arbre duquel il n'avait pas bougé. Quelque chose le taraudait, le poussait à retourner vers les ruines fumantes du temple.
Au bout d'une trentaine de secondes, il se décida à se lever, mû par une force mystérieuse qui l'incitait pas à pas, à retourner vers le temple, vers la dépouille de son aimée. Il se dirigea lentement, comme une vulgaire marionette, enchaînant péniblement les pas vers la porte calcinée de l'édifice. Il avait la désagréable impression que le symbole agissait pour lui, réduisant en loques sa volonté propre.
Il aperçut le drow, encerclé par les aventuriers qu'il avait rencontré en ces funestes circonstances. C'était lui qui avait crié, dans le temple ... " Sortez d'ici, vite ! Le Temple brûle !" Leurs regards se rencontrèrent brièvement. Il eut le souvenir de l'avoir déjà vu quelque part, non, le symbole lui implanta ce souvenir, il en était certain. Ses réflexions furent brutalement interrompues lorsqu'il manqua buter contre une jeune femme - sans doute une elfe - aux cheveux d'un noir de jais. Il l'avait vue dans le temple ... " Machalune " ... Elle le regarda fixement, sa main posée sur sa dague. Il voulut ouvrir la bouche pour lui parler, mais aucun son n'en sortit. Une autre volonté guidait ses actes. Il se contenta simplement de la regarder tristement avant de retirer sa main de son épaule et de fixer à nouveau le drow. Il ne quitta son regard que lorsqu'il s'engouffra dans les ruines du temple ; à la recherche de quoi, il n'en était pas vraiment sûr.
Il fouilla les débris, écarta les poutres et les fondations carbonisées par les flammes. Une abominable odeur de brûlé régnait dans cet endroit. C'est alors qu'il "vit" le corps de la sirène.
Intact, sans plus aucune trace de brûlures ou de coups. Elle était là, allongée par terre, baignée dans une sorte de halo blanc, mais elle était absence de cette réalité également.
* Narshad *
Ce mot retentit dans son esprit, vrillant sa cervelle, paraissant lui faire éclater le crâne. Une succession fulgurantes d'images lui parvint alors. Elle lui parlait. Il vit une falaise, un bord de mer, un vieux phare. Et il vit, par-delà la les flots, un roc, acérée comme la griffe d'une créature gigantesque. Sur ce roc battu par l'océan, d'autres sirènes.
* Narshad, amènes-moi là-bas *
" Comment veux-tu que je ... Comment ?! Où es-tu ? "
* Je suis en toi à présent, Narshad. Je suis toi . C'est mon dernier cadeau, je m'offre totalement à toi . Lorsque j'ai déposé mon glyphe sur ton poignet, nos essences, nos existences mêmes se sont ... entremélées. A présent, Narshad, nous ne faisons ... qu'un ... *
" Ce n'est pas possible, pas possible ! , cria-t'il sans se rendre compte qu'il était le seul à pouvoir entendre ce que la sirène lui disait. Tu es ... tu ... "
Le flot cessa aussi abruptement qu'il avait cessé, laissant Narshad prostré sur le sol, pleurant tel un nouveau-né , à l'endroit ou aurait du se trouver son amour.
Vidé.
Observant d'un côté un drow muet sous les questions de Roland, et d'un autre qui s'apitoyait sur son sort, le paladin semblait agacé, et il n'en cacha rien malgré l'apparition de son homologue.
-Bon, tout cela commence sérieusement à me déplaire, je n'ai pas pour habitude d'attendre que les réponses me tombent du ciel, alors tu vas m'expliquer à présent ce que tu faisais ici et ce que tu y as vu. Hâtes-toi!
Le drow avait accepté avec gratitude la potion de soins que la jeune fille lui avait offert. Une étincelle magique était passée entre eux, et, tout de suite, il la vit vaciller. L'artefact devait ne pas aimer sa magie, mais peu importe.
Il se tourna enfin vers l'homme qui l'avait interrogé. Il lui dit:
-Pardonnez-moi, mais personne ne peut rester insensible à une poutre tombée sur sa tête. Je suis Thyrro Nal'Andin, mais je ne sers pas de divinité maléfique, quelle qu'elle soit. En fait, ma seule divinité est ma raison. Vous vous interrogez sûrement sur le pourquoi de ma venue, qui plus est à un moment où le Temple de Lathandre s'effodre, rongé par les flammes, mais mon histoire est bien longue, et le soleil pourrait se coucher plusieurs fois sur mon récit, tant il est long. En outre, vous semblez avoir fait un long voyage, et moi aussi. Nous sommes tous, j'en suis sur, profondément ébranlés par l'incendie de ce temple, mais je vous laisserai en décider vous-mêmes.
Le paladin qui lui avait adressé la parole le premier lui répondit alors:
-Tu parles sagement, et tu sembles nous connaître mieux qu'il n'y paraît, car mon confrère ci présent *coup d'oeil rapide à Efria* est...disons...peu eclin à écouter un long récit, si prenant soit-il. Il est vrai que nous avons été très secoués ces derniers jours, et, comme on dit, la nuit porte conseil. Allons donc nous reposer, et reportons cette sombre affaire à demain. Viens donc partager notre nourriture, Thyrro, et, ensuite, abandonnons nous au sommeil.
Machalune plissa les yeux et ecouta avec attention le drow. Il disait ne pas etre malefique, pourtant elle ne pouvait s'empecher de se mefier de lui. Sa main toujours posée sur sa dague, elle fouilla son sac et retrouva le parchemin que l'Ombre avait fait tomber et qui lui était déstiné. Pas de doute, la même magie se faisait sentir.
- Tres bien, reposons nous dit elle.
Pendant que le groupe se preparait, elle s'approcha du drow et lui dit de maniere a ce que lui seul entende :
- Sache que je me mefie de toi. J'ai une petite idée de ce qui te pousse a me chasser, ton assassin n'ayant pas reussi son boulot...
La jeune fille s'eloigna de Thyrro et se dirigea vers les autres. Une fois instalée contre un arbre pres du feu de camp, elle verifia l'etat de ses armes et commença a les nettoyer avec soin tout en jetant des regards noirs et discrets au drow.
Roland s'accroupit près du feu, non loin de Machalune et, tout comme elle, entreprit de nettoyer ses armes, opérant à gestes rapides et sûrs.
Le paladin restait silencieux, jetant de rapides coup d'œil à ses compagnons et à son ami qui dormait non loin de là.
La nuit tombait, et le ciel prenait progressivement des teintes sombres. Les environs n'étaient à présent éclairés que par un petit feu de camp installé dans une clairière avoisinante. Officielement, il n'était pas dans le groupe d'aventuriers qui s'affairaient autour du feu. Il se tenait donc légèrement à l'écart, à l'ombre d'un arbre au feuillage le cachant légèrement à leur vue. La douleur s'était légèrement estompée, ainsi que les pulsations du symbole, le laissant seul avec sa culpabilité.
Une main douce mais puissante redressa Narshad et vint l'appuyer contre une épaule chaleureuse. Cette brêve étreinte, ce parfum, le ramena des années en arrière. La silhouette dissimulée dans une cape noire, prit la parole, en parcourant son visage de sa main d'une fraicheur inégalée et pourtant si agréable, lui procurant des frissons dans tout le corps.
"Tu sais Narshad, commença une voix tout aussi douce, il est parfois nécessaire de revenir sur ses pas pour attenuer l'amertume. Viens avec moi.
- .... Tu es morte . Tu devrais être morte.
- Et pourtant ... "
La silhouette au parfum léger et entêtant à la fois dévoila son cou, d'une paleur quasi-surnaturelle. On y voyait deux petites marques, à l'ouverture de la gorge.
" Un vampire ....
- C'est ... plus compliqué que ça. Je t'expliquerai", répondit-elle, avant de se rajuster. Après une petite hésitation, elle reprit la parole :
" Te rappelle-tu de moi, Narshad ? Te rappelle-tu ... de nous ?, dit-elle, chuchotant presque, en s'approchant de lui, le laissant respirer plus encore sa saveur, sa respiration.
- L ... Léna ?
- Tu devines rapidement, Narshad. Le temps presse. Je te laisse réfléchir à ma proposition. Regardes-les, autour de leur feu. Je sais tout de toi, Narshad, je te connais tellement plus qu'eux... s'ils savent, si il leur arrive de savoir ce que moi je sais, Narshad, ils ne t'accepteront pas dans leur rang ... Réfléchis-y , Narshad. Je reviendrai te voir. "
Elle lui sourit, dévoilant ses dents anormalement pointues à la clarté de la lune. Puis elle disparut dans un mouvement de sa cape noire, ne laissant dans l'atmosphère que son parfum lourd de souvenirs funestes. Il se retourna, vers le reste du groupe, toujours rassemblé autour du feu de camp. Personne n'avait remarqué son entrevue.
Une fois ses armes en bon état, la jeune fille se leva tout en surveillant le drow. Celui çi était assit prés du feu et ne bougait pas. Elle s'eloigna un peu du groupe tout en indiquant par un geste qu'elle reviendrait.
Ses sens étaient en alerte, mais aucun ennemis ne semblaient approchés. Elle sentit toutefois une presence etrange mais trés diffuse. Mais constatant qu'elle n'etait pas en danger immediat, elle s'adossa contre un arbre et s'agenouilla.
Macha detacha son collier et entra en contact avec lui. Immediatement, celui çi commença à lui draner son energie. Macha tenait bon malgré les eclairs verts qui sortaient de ses mains. De nouvelles images et de nouvelles connaissances sur l'art de la magie se gravaient dans sa tête..."L'esprit" du joyau lui parlait enfin...
Le drow était amusé par la méfiance que le groupe éprouvait à son égard, surtout la jeune fille. Après tout, les circonstances de son apparition étaient...plus que suspectes. Il l'observait du coin de l'oeil, et la vit nettoyer ses armes avec soin. Il remarqua que ces armes là étaient de fabrication elfique, peut-être même drow. Soudain, il sentit la présence d'une entité, présence qui effleura tout juste son esprit, mais qui le marqua au plus haut point. Les yeux du guerrier, habitués à l'obscurité, voyaient que l'entité se tenait près d'un homme se tenant à l'écart. Il se souvint alors du cri de la sirène, et constata avec stupéfaction que l'aura qui s'en dégageait était exactement la même, à cela près que celle qui avait poussé le cri était exempte de tout mal, tandis que l'esprit de la sirène était entouré de brumes maléfiques. Le plus étrange, c'était que seul l'homme semblait la voir. Le drow était perplexe...
Ses armes nettoyées et affutées, le paladin entreprit de se rouler une cigarette. Tandis que les volutes de fumée s'échappaient de son nez et ses lèvres, il se rendit compte que Dédé ne dormait plus et s'était rapproché de Machalune.
Cette dernière n'avait vraisemblablement pas détecté la présence du petit animal, tous ses sens semblaient se concentrer sur le collier qu'elle avait détaché de son cou.