Narshad retourna le plus discrètement possible vers le feu de camp, tentant vainement d'effacer de son esprit sa rencontre avec Léna. Il remarqua une jeune femme en train de fixer du regard , en lançant des regards rapides vers le drow qu'ils avaient rencontrés peu de temps auparavant. Ce dernier le fixait intensément du regard, comme si il cherchait à déchiffrer quelque chose de profondément ancré en son esprit. Il s'assit à côté de lui, et resta ainsi, muet, à regarder les flammes. Il sortit de son sac une bouteille de vin ( sans doute un vin calimshite ), en but une généreuse rasade, avant de déposer la bouteille au sol, à la portée du drow. Il prit ensuite l'un de ses instruments qui l'accompagnaient dans ses voyages, en l'occurence une flûte d'ébène. Il n'était pas d'humeur à chanter, les seuls chants lui venant à l'esprit étant des chants funéraires, le groupe n'aurait pas besoin de ça. Il prit sa respiration, puis souffla les premières notes de sa mélodie. Pour lui plus que pour les morts.
Lorsqu'il eut fini, la nature reprit son cours. Il perçut le regard un peu embué du drow, avant de remarquer que le contenu de la bouteille de vin avait diminué de trois-quarts.
* Tu n'as pas joué ainsi depuis bien longtemps, Narshad * , dit la voix de la sirène.
Le symbole emettait une douce vibration dans son poignet, répandant une douce chaleur le long de son bras.
La nuit était belle, les étoiles luisaient dans le ciel. Narshad se tenait toujours assis, à la lueur des flammes, presque deconnecté de la réalité. Il ne revint à lui même que lorsqu'il vit l'homme qu'il avait bousculé dans le temple aggriper l'épaule de Machalune, qui ne s'en préoccupait guère, tous ses sens obnubilés par un collier qu'elle tenait entre ses mains, vibrant de magie.
Des images, des sons, des sensations nouvelles... Voila ce que Machalune voyait a travers le collier. Un petit sourire eclaira son visage quand elle entendit la voix de sa grand mêre l'appeller. Soudain, la jeune fille eut un flash qui dechira sa memoire et des souvenirs douloureux l'envahirent. Du feu, des morts... Elle se voyait pleurant les cadavres de ses parents...Elle se voyait pourchassant ceux qui avaient commis cette atrocité pour ne retrouver que son petit frere ensanglanté...
NONNNNN !
Elle revint a la realité. Ses yeux etaient devenus completement verts et elle tremblait de rage. La jeune fille aperçut enfin Roland qui la regardait et lui tenait l'epaule.A bout de forces, elle tenta de parler, pour dire une chose qu'elle ne disait presque jamais :
-"Ro..land...Aidez...moi...je..."
Elle ne su pas ce qui se passa ensuite car ce fut le noir...
Thyrro vit l'homme s'asseoir à ses côté, sortant une bouteille de vin et une flûte. L'homme avait commencé à jouer une mélodie triste, aux intonations presques envoûtantes, et le drow sentit des larmes lui monter aux yeux. Cette mélodie était une mélodie funèbre chantée par le peuple des sirènes à la mort d'une personne de grande noblesse. Il entreprit de goûter au vin de l'homme, au goût fruité et procurant une agréable sensation de chaleur. Lorsque les dernières notes se furent échappées de l'instrument, Thyrro se tourna vers l'homme, et lui murmura d'ne voix à peine audible:
"D'où connaissez-vous cette chanson? D'où venez-vous? Qui êtes-vous, où qu'êtes-vous?"
L'homme paraissait songeur, et dit:
"Je vous parlerai de cela plus tard. Quand nous serons à l'abri de toute oreille indiscrète"
Le drow se rendit alors compte que, pendant que l'homme jouait, il était arrivé quelque-chose à la jeune fille. Il demanda au paladin:
"Que s'est-il passé?"
Le Drow, Thyrro disait-il se nommer, s'approcha de Roland :
"Que s'est-il passé ?
- Je répondrai à tes questions quand tu répondras aux miennes.
- Je...
- Tant que nous n'en saurons pas plus sur toi et sur tes intentions, je te conseille très fortement de rester loin d'elle !"
Tournant les talons, Roland s'accroupit auprès du feu, regardant danser les flammes, ses yeux topazes semblant miroiter à la lumière du brasier.
• La jeune fille ne savait pas trop ce qui se passait dans le monde réel. Sa seule certitude était que Roland ne l'aurait pas laissée sans défenses. Son esprit était occupé a batailler contre l'entité du joyau et bien que Dédé ai réussi à le calmer, celui çi revenait a la charge. Elle s'agita dans son sommeil, semblant donner des coups à un ennemi invisible.
Par reflexe, sa dague fendait l'air, et des incantations s'échappaient de ses lèvres.
"Va t'en laisse moi, laisse moi..."
"Laisse moi libre de tes mouvements et tu pourras te venger"...disait la voix.
"Je veux pouvoir choisir mon destin et je ne te le confirai pas!"
"Souviens toi d'Azulis et d'Etan...Souviens toi de ton maitre Zyh'lah... avec mes pouvoirs tu pourras venger leurs morts !
"Tu mens ! Va t'en !"
"C'est ma puissance qui te fait vivre. Ne me repousse pas!"
"Et toi ne me force pas ! A ce jour je suis la seule a pouvoir manier ce joyau."
"Très bien...Mais des que tu aura un instant d'inattention ou que tu sera en danger Machalune j'en profiterai..."
L'entité se refoula dans un coin de la tête de la jeune fille qui se calma. Elle ne savait pas que ses compagnons avaient entendus ce qu'elle avait dit, ni les conséquences que cela pourrai avoir...
Léna avait laissée Narshad aussi méditatif qu'elle l'était elle même à présent.
A force d'observations et après quelques rencontres elle s'interrogeait sur certaines personnes du groupe qu'elle trouvait plutôt hors du commun.
D'abord, il y avait cette jeune magicienne et son artefact si particulier. Son passé de sorcière lui permettait de se rendre compte du lien qui les unissaient. Une relation si étrange qu'elle en était inquiètante.
Il y avait aussi cet homme et son animal, un duo bien surprenant. Un paladin et une...belette des glaces ? Un animal si peu commun qu'elle n'en avait jamais vu autre part que sur des gravures pendant ses études.
Puis il y avait Narshad. Une vraie surprise de le trouver là. Elle le connaissait bien, même si, il l'avait dit lui même, c'était il y a tellement longtemps. Elle savait très bien ce qui lui était arrivé, ce qu'elle ne savait pas c'est ce qu'il avait fait entre le moment où elle même avait disparu et il y a quelques instants. Et ce pouvait être déterminant pour découvrir quel type d'homme il était devenu.
Elle s'interrogeait encore sur les buts du groupe, où les menaient donc ce paladin, cet Efria ?
Mais pour l'instant ce qu'il l'interessait était de se joindre à des gens aptes à se défendre, ce qu'elle ne pourrait sans doute bientôt plus assumer elle même. On verrait plus tard pour le reste.
Un craquement la fit sursauter. Avec une dextérité impressionante elle se retourna et sorti sa lame, scrutant les bois alentours.
Si ils la trouvaient là, au fond de cette forêt, elle était fini. Il ne referait plus l'erreur de lui envoyer un ou deux tueurs, cette fois ils seraient beaucoup plus, et là...
Il semblait n'y avoir rien, ni personne. Par acquis de conscience elle fit quelques pas prudents vers l'endroit duquel était parti le bruit, mais rien, juste des centaines de formes de vie insignifiantes.
"-Il est temps."
Sa propre voix la surprit, mais en effet il était temps.
Se dirigeant vers son léger sac de voyage elle sortit quelques racines de sa poche et tout en les réduisant en poussière d'une main, elle sortit une gourde qu'elle débouchona de l'autre. Elle plongea la poudre dans le liquide et but le tout d'un trait.
Aussitôt des contractions la saisirent, la jettèrent par terre et l'y clouèrent. Elle ne pensait plus qu'à une chose, une chose salvatrice : ne pas crier, ne pas crier, ne pas crier...
Léna trouva la paix sous forme d'un profond sommeil quelques minutes plus tard.
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Après une nuit tumultueuse, le soleil reprenait peu à peu sa place aux alentours de la triste ruine. Un ciel empli de bleu, une forêt nourrit de chants de merles noir, et un groupe qui s'éveillait doucement mais sûrement.
La nuit ne fut pas de tout repos pour nos aventuriers, ils ont cependant le privilège d'être en sécurité pour le moment.
Le premier levé fut Roland, comme à son habitude, il ne laissait rien au hasard et savait garder un œil sur ce qui l'entourait et surtout sur ceux qui l'accompagnaient. Après avoir recherché et trouvé sa belette, il se mit à observer tout autour de lui, manquait il quelqu'un? évidemment que oui. Cependant, le plus étonnant était qu'il s'agissait d'Efria lui même. Etait-il parti durant la nuit? aurait il déserté les rangs?... quel idée...
De son côté, dans un même environnement boisé, le paladin de Tyr s'activait à se balader dans les environs de Bérégost. Il était inquiet, il était évident qu'une nuit de sommeil pouvait apporter force et conseil mais le temps jouait à présent contre lui et le groupe, et plus particulièrement pour le prêtre dont peu semblait encore se soucier. Les événements se sont succédés à une vitesse quelque peu déroutante pour le jeune homme, qui profitait du calme qu'offrait le bois de Lars pour se ressourcer et s'entretenir avec son dieu.
-Je ne pourrais pas supporter l'idée que Keldath ne soit plus de ce monde, son temple en ruine, les sirènes et les prêtres mis à mort, il n'y a pas de temps à perdre...
Un vent se leva d'un seul coup sur le paladin...
-Je... je ne me précipiterais pas, mais... je ne laisserais pas Keldath et la ville de Bérégost en proie à un tel dessin. Nous devons agir vite et bien, la nuit porte soit disant conseil, pour ma part c'est en ayant les yeux ouvert que je trouve les solutions...
... s'en suit une odeur de fumée...
-... et nous devons impérativement aller... "hannn" non ce n'est pas vrai!
D'un coup d'un seul, Efria couru précipitamment en direction du groupe, heureusement pour lui qu'il avait eut l'intelligence de se repérer. Une fois arrivée, il s'écria:
-Levez vous!!! immédiatement, vite!!!!
-Hein?
-Quoi?? qu'est-ce qui se passe?
-Hein? c'est quoi c'bordel?
-Hum??
-Habillez vous tout de suite, il n'y a pas de temps à perdre, allez allez allez allez!!!
Bérégost a été attaquée!!!
Macha se reveilla avec un mal de crane terrible. Elle remarqua tout de suite que ça n'allait pas mais n'arrivait pas a se souvenir de ce qui s'etait passé juste avant qu'elle ne s'endorme. Son collier etait dans la main, ce qui etait etrange car elle ne l'enlever que pour s'exercer avec. De même, sa dague était pres d'elle et non pas a se ceinture.
Elle se leva. Roland etait deja debout, elle lui sourit et alla cherchez de quoi manger. La jeune elfe vit que l'arbre au pied duquel elle avait dormi etait carbonisé suite a un des sorts qu'elle avait murmuré dans son sommeil.
- Bonjour Roland, dit elle poliment. Et bonjour aussi Dédé.
Dites moi, que s'est il passé hier soir ?
Au moment ou le paladin allait lui repondre, Efria arriva en courant :
-Levez vous!!! immédiatement, vite!!!!
Les protestations des autres qui dormaient se firent entendre. Mais Efria avait l'air affolé.
-Habillez vous tout de suite, il n'y a pas de temps à perdre, allez allez allez allez!!! Bérégost a été attaquée!!!
- Quoi ?
En un eclair, Macha fut prete, le collier a son cou, l'armure elfique enfilée et la besace sur l'epaule.
-Attaquée par qui? Combien sont ils? demanda elle.
Roland s'équipa rapidement et couru rapidement à la rencontre d'Efria, Dédé ne le quittant pas d'une semelle.
"Mon ami, à voir ta tête la situation à l'air des plus urgentes.
Allons y, nous te suivons, tu nous informeras durant le trajet"
Se retournant vers le drow et le musicien éploré :
"Comptez-vous nous apporter votre aide ?"
Le drow, qui ne faisait que somnoler, entendit tout à coup une voix qui leur ordonnait à tous de se lever.
Le paladin, se retournant vers Thyrro et vers l'homme, leur dit:
"Comptez-vous nous apporter votre aide?"
Thyrro répondit:
"Je n'ai nulle part ailleurs où aller, je vous suivrai donc. Considérez-moi comme à votre service."
La visite de Léna avait laissé le barde méditatif et plus perdu qu'il ne l'était avant qu'elle ne vienne. Adossé contre un arbre, il avait vu le drow se faire sèchement renvoyer par Roland. Il n'avait rien dit, trop absorbé dans ses pensées. Ou était-elle partie ? Qu'était-elle devenue ?
" Te rappelles-tu ... de nous, Narshad ? "
Il éprouvait une forme de culpabilité. Elle avait ... disparue, lors de l'attaque, il y a bien des années de cela. Il se disait un homme de courage et d'honneur. Et pourtant, il l'avait laissée aux griffes de ses assaillants, s'enfuyant ventre à terre. Il avait fui la réalité, l'évidence de la lacheté.
Puis il avait rencontré cette femme, cette sirène , se dit-il en observant le symbole argenté sur son poignet. Cette femme, dont le nom s'était gravé dans son souvenir, dans son esprit. Un nom imprononçable par les humains, semblable à un chant merveilleux, semblable à l'étreinte même de l'aube. Et elle était partie. Il l'avait abandonnée, elle aussi.
Léna ... Où es-tu allée ?
* Tu ne m'as jamais parlé d'elle *
" Tu ne m'as jamais demandé ", dit-il presque pour lui-même, avant de sombrer dans les volutes du sommeil.
Il laissa ses yeux se fermer lentement.
Quelques secondes plus tard, lorsqu'il les rouvrit, on était le lendemain.
" Levez vous!!! immédiatement, vite!!!! Habillez vous tout de suite, il n'y a pas de temps à perdre, allez allez allez allez!!! Bérégost a été attaquée!!! "
- Attaquée par qui? Combien sont ils ? , interrogea Machalune, déjà prête, tandis que le reste du groupe s'affairait précipitament.
- Allons y, nous te suivons, tu nous informeras durant le trajet ", dit Roland, avant de demander au drow et au barde s'ils comptaient venir à leur aide. Le drow, répondant au nom de Thyrro, répondit crânement que n'ayant nulle part où aller, il viendrait avec eux, et qu'ils pourraient dorénavant le considérer à leur service. Roland attendit quelques instants la réponse de Narshad.
Ce dernier alla chercher sa hache, dernier vestige d'une époque qu'il croyait révolue. Il noua sa cape vert feuille autour de son cou, avant de mettre sa capuche. Lorsqu'il croisa à nouveau le regard de Roland et de Thyrro, une lueur nouvelle brillait dans ses yeux. Une lueur emplie de fureur.
Tout en courant au côté d'Efria et de Machalune, Roland aperçut le drow et le mélomane qui les rejoignaient, armes à la main.
Bien, se dit-il, tout renfort est le bienvenu, surtout quand on ne sait pas dans quoi on s'engage. Quant aux aptitudes de combat d'un drow en plein jour et d'un joueur de flûte troquant son instrument contre une hache, seul l'avenir y répondra.
"Dis moi Efria, aurais-tu quelques informations concernant les assaillants de la cité ? Considérant notre nombre, un plan de bataille ne serait sans doute pas superflu..."
-Je vous expliquerais une fois là bas!
La troupe se hâta pour arriver près de ce qui restait de Bérégost. Le paladin qui demanda à tous de s'arrêter, prit la peine d'informer ses compagnons sur le peu qu'il avait pu voir.
-Je me promenais dans les bois ce matin pendant vous vous reposiez, à dire vrai je ne faisais que très peu attention à la direction que j'eut emprunté mais il semblerait que mes prières ne sont pas tomber dans l'oreille d'un sourd si je puis dire. Je suis tombé nez à nez avec ça! Je pense pouvoir être en mesure à présent de trouver des réponses à certaines de mes questions.
Se dressait devant eux les restes d'une fumante conté autrefois reconnue comme une charmante bourgade planté au milieu de la Côte des Epées. Il n'en restait que ruine, noirceur et fumée crasseuse, tout fut mis à mal.
-Bérégost n'est pas attaqué, elle l'a été.
[Continuant son discours en marchant entre cendres et planches cramoisies]
-J'ai bien peur que nous nous soyons embarqués dans un conflit bien plus grand que nous puissions l'imaginer... regardez moi ce gâchis, j'ai l'impression que les gens ont préférés fuir que de défendre leur ville... j'espère que personne d'entre vous n'avait de la famille ici.
Il laissa le "plaisir" à ses camarades de découvrir le reste des horreurs.
Le drow, nullement ébloui de l'éclat du soleil, avait été horrifié de découvrir les ruines du village qu'il avait contourné auparavant. Ce qui l'étonna le plus, c'était un énorme amoncellement de ruines, qui aurait dû provenir d'un bâtiment gigantesque; or, le village n'était composé que de petites maisons biscornues.
Thyrro s'approcha lentement des ruines, les sourcils froncés. Arrivé sous l'immense empilement de décombres, il entreprit de l'escalader, sous les regards étonnés du groupe.
Arrivé en haut, son visage sombre devint horriblement pâle: ce tas n'était pas un tas de ruines, mais un passage menant aux catacombes de la Terre, un passage par lequel des monstres dévastateurs pouvaient sortir. Un reflet attira soudain son regard. En s'en approchant, il vit que c'était une goutte d'un liquide inconnu. Il approcha sa courte épée de la goutte, qui, au contact de l'acier , fut entièrement absorbée. A l'instant même, la lame commenca à luire d'une douce lueur verte. Le visage du drow devint alors blanc comme de la craie. Il avait compris. Le monstre était un dieu araignée.
Machalune erra parmi les decombres, regardant le sol et les environs afin de trouver l'origine de l'attaque. Arrivée devant ce qu'avait été une maison, elle vit que le drow etait au sommet d'une ruine. Il avait un comportement bizzare. Elle le vit se pencher puis devenir livide. Elle escalada agilement les decombres et s'approcha de lui:
-Un probleme ? Tu es bien pâle pour un elfe noir, dit elle avec un leger sarcasme.
C'est alors qu'elle vit l'epée sintillante et l'enorme trou.
- Que...Qu'est ce qui a pu faire ça ?
Roland avançait parmi les décombres jonchés de cadavres. De nombreux villageois avaient péris, écrasés sous les décombres ou brulés par les incendies qui avaient ravagé la cité.
Cependant l'attention du paladin fut attirée par plusieurs victimes. Ces gens n'avaient pas été tués durant les incendies, leurs corps présentaient des traces de luttes et de coups.
"Etrange" se dit-il
Concentrant tous ses sens, Roland ne ressentit aucune aura malfaisante en ces lieux. Se tournant alors vers Efria :
"Je ne ressens aucune aura maléfique autour de nous. Quels que soient les êtres qui aient attaqué la cité, ils ne sont plus dans les parages. Sauf s'ils sont capables de masquer leur présence... Et toi, perçois-tu quelque chose ?"
-Absolument rien, tout à l'heure non plus d'ailleurs. Il semblerait que tout ce qui peut avoir un lien avec Bérégost a totalement été rasé, le temple, la ville, les habitants... est-ce pour cela que les gardes sont venus nous parlé de quarantaine? le temple fut il la première cible? je t'avoue que je n'y comprend plus grand chose.
Penses-tu que nous devons continuer notre route? ne devrions-nous pas retourner à la Porte de Baldur avertir les autorités? ou prévenir Brasamical. Cette "chose" nous dépasse et.... attend mais qu'est-ce que je dis...
Réfléchissant à voix haute, le paladin semblait surtout se convaincre de ne pas faire les erreurs de ses anciens frères, après tout ce qui lui a permis de se hisser là où il est, d'être encore en vie fut d'avoir été assez courageux pour prendre le temps de réfléchir à la situation, et de ne pas se précipiter vers une solution hâtive et simpliste.
-Roland, viens avec moi je te prie
Se mettant à l'écart, laissant par la même occasion Machalune et le drow seuls, il entama une discussion plus discrète.
-La situation devient critique mon ami, je ne sais pas s'il me met à l'épreuve ou si je me fais des idées, mais j'ai la nette impression que Tyr ne souhaite pas m'éclaircir sur ce qui se passe autour de nous. Tu te rend compte, une ville entière vidée de ses habitants, après tout ce qui s'est passé avec...
Alors que les deux paladins reparlaient du passé ayant chamboulé toute la région, un clairon familier retentit au loin, s'en suivi une quarantaine de gardes extrêmement bien armés portant fièrement les couleurs de la Porte de Baldur. D'une rapidité hors du commun, plusieurs tentes furent montés à l'entrée nord de ce qui restait de la ville.
Cinq cavaliers s'approchèrent alors des deux paladins l'un d'eux d'un ton hautain et autoritaire s'adressa aux aventuriers.
-Gardes, arrêtez ces deux individus.
Je vous conseil de rester tranquille si vous tenez à la vie, vous êtes dès à présent considérés comme ennemis. Vous serez emmenés et interrogés sur votre présence ici et vos activités. Etes-vous seul?
-Comme vous pouvez le voir, nous ne sommes que deux!!! [répondit très fortement Efria]
Le plus vieux des deux frappa d'un coup de coude son homologue en l'avertissant:
-Ne joues pas avec eux, ce n'est pas des tendres!
Nous sommes bel et bien seul messire, et tient à vous dire que nous sommes à la rech...
-Taisez-vous, je me contrefou de ce que vous faites là où si vous habitiez ici, dégagez de ma vue avant que je ne rougisse le sol de votre sang!
Les gardes emmenèrent les deux paladins sous les nouvelles tentes...
Tandis que Roland était mené manu militari vers les tentes, le paladin jeta un rapide coup d'oeil vers le petit animal qui n'avait pas attiré l'attention des gardes. Au moment ou le regard des deux amis se croisèrent, Roland envoya ses recommandations par la pensée : "Fais toi discret, suis nous et n'intervient qu'à ma demande ou si la situation devient critique".
Le corps de la belette des glaces se mit à miroiter faiblement, à devenir translucide pour enfin disparaître totalement.
"Nous sommes disposés à vous suivre messieurs, il est inutile de nous menacer de vos armes.
- La ferme, vous parlerez quand on vous en donnera l'ordre.
- Mais enfin, nous sommes des paladins, défenseurs de la liberté et de..."
Un des cavaliers porta un coup puissant dans le dos de Roland
"On t'a dit de la fermer"
Serrant les dents et tentant de conserver son calme, le paladin de Helm acquiesça d'un hochement de tête. Très bien, il allait les suivre et palabrer avec leurs dirigeants en espérant que ces derniers soient plus locaces et intelligents que leurs sous-fifres en armure.
Lorqu'elle entendit le bruit du clairon et des paires de bottes martellant le sol, Macha ne fit plus aucun bruit et se cacha. Son ouie fine lui permit d'entendre la convertation des gardes et des deux paladins. Elle assista a leurs arrestation.
"Comme vous pouvez le voir, nous ne sommes que deux!!!" "Nous sommes bel et bien seul" avait dit Efria et Roland. Ca voulait dire qu'ils comptaient sur mon aide, celle du musicien et celle du drow, pensa elle.
Avec une discretion hors du commun, la jeune fille fit signe à Thyrro qu'elle allait les suivre. Le musicien restait introuvable par contre. Elle remarqua que Dédé n'avait pas attiré l'attention et que celui çi avait la même idée qu'elle.
Elle se fondit dans les ombres et, rasant les murs et les decombres, suivit les gardes et leurs deux risonniers vers les tentes...
Narshad déambulait dans les ruines, les dents serrées, complètement enfermé dans sa colère...qui avait pu oser perpétrer un massacre pareil ?
Il s'arrêta net au son d'une petite flûte. Deux secondes se passèrent avant que son passé lui reviennent en bloc.
Il écouta quelques instants le chant du petit instrument, leva la tête et plongea brusquement vers un buisson.
Une voix douce mais un brin moqueuse retentit.
"-Au moins une chose que tu n'as pas oublié."
Puis, sans tergiverser :
" Bon, voilà comme la chose se présente. J'ai été voir un peu plus haut sur la route venant de la porte de Baldur, et c'est une véritable armée qui vient de débarquer. Visiblement ils ont été averti très vite de la situation et n'ont pas lésiné sur les moyens.
Les deux paladins avec lesquels tu voyageais ont été appréhendés assez...violemment.
- Et telle que je te connais tu vas vouloir découvrir ce qu'ils savent ?"
- Oui c'est un peu ça, même si j'en ai une idée. Puis je pense délivrer tes deux amis, ils me seront sans doute un peu utils plus tard."
Narshad se retourna pour enfin regarder son interlocutrice. Mise à part une certaine maturité dans le regard en plus, elle était telle qu'il l'avait connue ; belle, le regard determiné, imperturbable, et cependant, dans les yeux une pointe de malice que seul un regard exercé pouvait déceler et qui ne se manifestait par des actes que dans de rares occasions.
Elle avait retirée sa grande cape noire, l'avait cachée dans un fourré alentours avec son sac et portait une tunique discrète et passe partout, ses cheveux qui d'habitude encadraient son visage étaient soigneusement attachés.
Dans cette tenue Narshad la savait prête à l'action.
"- Je vois...tu n'as pas changée, au fond tu es restée une aventurière prête à tout... commença-t-il d'une voix aux accents déçus.
- Tu te trompes Narshad, j'ai énormement changé, et cette marque que tu fixes sur mon coup n'est qu'un aspect de ce changement, répondit Léna d'une voix douce.
- Tu es devenue...
- Non ! Non ! Regardes le jour! Regardes moi ! Suis-je en train de partir en fumée ? Suis-je en train de me préparer à te sauter dessus pour calmer une soif inextinguible ? Comment peux tu ... chut ! fit-elle d'une voix beaucoup plus basse d'un coup."
En effet, Narshad l'avait entendu aussi, un légionnaire, alerté par les échos de la discution s'approchait.
"-Qui va là ?! Identifiez vous ?!"