Jolie petite critique Dvdramienne :
Après le bide de Big Trouble in Little China, Carpenter se réfugie ( à nouveau) dans les films à petit budget. Première oeuvre du maître à naître de son deal avec Alive Films, Prince des ténèbres est un diamant horrifique qui n´a cessé de prendre de la valeur au fil des années. Avec une science du tempo exceptionnelle ( le pré-générique et générique sur plus de dix minutes constitue à ce jour la meilleure intro du cinéaste), Carpenter fait se recontrer presque tous les courants du cinéma d´horreur d´hier et d´aujourd´hui. En regardant bien calé dans son fauteuil un récit de plus en plus désespéré ( le film fait toujours peur même après de multiples visions), on a l´impression d´assister à l´impossible rencontre et mariage de l´univers de Wise ( La maison du diable), Tourneur ( Rendez-vous avec la peur), des giallo ( Bava et Argento en tête), Fulci et bien d´autres.
Huit-clos totalement étouffant ponctué par un tempo musical auquel il est impossible d´échapper ( on réagit et respire en adéquation avec chaque note musicale), Prince des ténèbres s´avère de plus incroyablement puissant dans sa science du cadre et de l´espace ( le 2.35 maîtrisé à ce point, c´est sublimement beau). Quant au final ébouriffant et gonflé ( Carpenter n´a pas son pareil pour terminer un récit), il nous achève littéralement, faisant de Prince des ténèbres un des chefs d´oeuvre du cinéma d´horreur.
Laurent Pécha