L´affrontement de deux deux soldats allemands sur le front russe, le pire, en 1943: un caporal désabusé mais rude combattant et un officier prussien qui s´est porté volontaire mais uniquement dans le but de décrocher la récompense militaire la plus prestigieuse: la croix de fer.
Rarement la guerre avait été montrée de manière aussi crue. Les deux tiers du film sont des scènes de combat. Lorsque les protagonistes font évoluer l´intrigue en discutant dans leurs tranchées, c´est toujours pour une durée limitée par un obus qui finit par leur tomber sur la gueule et relance aussitôt l´action. A tel point que ça en devient lassant. Mais de cettte manière, Peckinpah nous fait entrer dans le quotidien de ces hommes qui ne connaissaient aucun répit, noyés dans ce déluge d´acier et de sang. De plus, son fameux style, à base de gros jets d´hémoglobine et de corps qui s´effondrent au ralenti fait ici merveille: jamais la guerre avait été montrée de manière aussi violente ( !) en 1976, date de sortie du film. Aujourd´hui, même si on peut trouver ça maniéré, force est de constater que la réalisation de " bloody Sam" est toujours aussi efficace. Ainsi, bien que le cinéaste n´ait rien perdu de son nihilisme habituel, certaies scènes sont réellement poignantes tel le massacre du peloton, accompagné par une musique terrible.
Mais la dénonciation de la guerre dans le film le plus antimilitariste de tous les temps, selon Orson Welles, ne se limite pas à la violence choquante de l´image. C´est surtout à travers l´histoire de cet aristocrate, qui ne connaît finalement pas grand chose au combat, prêt à tout pour décrocher sa croix de fer que l´absurdité de la guerre est montrée. C´est aussi à travers ce vieux soldat, superbement incarné par James Coburn, dégoûté par son état-major, mais dont le front est finalement devenu la raison de vivre.
Ajoutons à cela les meilleurs génériques d´ouverture et de fin que j´ai jamais vus ( décidément, Peckinpah soigne ses génériques, on se souvient de celui de la Horde Sauvage avec le scorpion) et Croix de fer entre définitivement dans mon panthéon personnel des meilleurs films de guerre.
Un film âpre, dur, violent et très pessimiste.