Bonjour/Bonsoir,
Je vous présente ma fiction se déroulant en parallèle des pérégrinations de notre cher Shepard dans ME3
Voici les premiers chapitres
Enjoy ![]()
Pas mal le chapitre! ![]()
Chapitre 1 : Un après-midi (presque) tranquille
- Docteur, croyez-vous que je suis en train de devenir fou ?
- Non, je ne pense pas Jorah... Cependant, vous avez été gravement traumatisé par l'expérience que vous devenez de subir... C'était votre première fois ?
- J'ai traqué des criminels infâmes, mais même l'être humain le plus abject ne commet pas ce genre de crimes...
* * * * * * * * * *
Octobre 2187. Je patrouillais tranquillement en voiture de police accompagné de mon coéquipier Michael DiPardozzo, un rookie qui venait de débarquer dans la NYPD, le long de Central Park. Il faisait un grand soleil, les enfants étaient de sortie, de même que les badauds qui flânaient entre les arbres séculaires. Un agréable après-midi d'automne en somme. Nous allions rentrer au commissariat quand la radio se mit à crachoter.
- Voiture 14-32, nous avons une agression en cours dans les toilettes publiques de Central Park Sud.
- Très bien Central, on y va. Terminé. Mike, assure-toi que ton arme de service est prête à l'emploi... On ne sait jamais ce qui peut arriver.
- Oui sergent !
- Laisse tomber le "sergent", tu veux ? Moi, c'est Jorah.
- Oui serg... Jorah.
Je me mis à rire, tandis que je mettai en route gyrophare et sirène. Les voitures s'écartaient sur notre passage, ce qui nous permit d'arriver rapidement sur le lieu du délit. A notre arrivée sur place, l'agresseur était parti. Restait la victime, une femme d'une trentaine d'années, visiblement secouée et assise par terre.
- Mike, appelle une ambulance, elle a peut-être besoin de soins médicaux.
- Ok... Jorah.
Tandis que Mike retournait à la voiture pour demander une ambulance, je m'approchai de la victime et m'assis à côté d'elle.
- Mademoiselle ? Je suis le sergent Jorah Ryan. Comment vous appelez-vous ?
- Julie... Julie Ross.
- Comment vous sentez-vous Julie ? Votre agresseur vous a-t'il frappé ?
- Non... Non, il m'a menacé d'un couteau, et m'a demandé mon sac à main...
C'est à ce moment que je vis Mike revenir en courant.
- Que se passe-t'il ? Pourquoi tu...
Je n'ai pas eu le temps de finir ma phrase qu'un son strident me vrilla les tympans. Je me relevai prestement, et me dirigeai vers la sortie. C'est alors que j'eus une vision d'horreur : un vaisseau spatial immense, plus grand que n'importe lequel des croiseurs humains, était en train d'atterrir... Et venait dans sa descente de détruire un des joyaux de New York, l'Empire State Building, d'un seul coup de canon à faisceau...
- Oh mon Dieu... Mike, appelle le central sur le champ, je vais essayer de faire se réfugier tous ces gens dans le métro !
Mais je n'eus pas le temps de leur dire de se rendre vers la bouche de métro. Quand le bruit de l'explosion de l'Empire State Building nous atteint, les badauds terrifiés paniquèrent et se dispersèrent en courant dans tous les sens. Je fis de mon mieux pour leur indiquer de se rendre dans le métro avec force de mouvements des bras et des cris désespérés, mais chacun en faisait à sa tête, terrorisé par des évènements qu'il pouvait à peine concevoir... Je me retournai, et vis que Julie était à côté de moi, son état de choc encore aggravé par la vision du croiseur posé à quelques kilomètres de nous, et de son compagnon encore plus proche. C'était désormais une véritable pluie de météores qui tombait sur la ville.
- Julie ! Julie, vous m'entendez ?
- Ou... Oui !
- Ecoutez-moi bien ! Si vous voulez survivre, suivez mes consignes à la lettre ! Comprenez-vous ce que je raconte ?
- Oui sergent... Mon Dieu, tous ces gens, morts...
- Nous ne pouvons malheureusement plus rien pour eux ! Venez avec moi. Mike, sors ton arme, on sait jamais.
Si Michael était doté d'un Predator, le pistolet standard de la police, j'étais pour ma part armé un Carnifex modifié pour avoir une cadence de tir améliorée. Je pris le pistolet dans ma main gauche et Julie par le bras droit. Je nous dirigeai vers la station de métro la plus proche, à deux cents mètres à peine.
Voici les premiers chapitres
lol ils sont où ?
en tout cas je suis partant pour la lire ![]()
Chapitre 2 : Les tunnels
Une fois dans les tunnels plongés dans l'obscurité, nous soufflâmes un peu. Nous étions quinze mètres sous terre, rien ne pouvait nous arriver ici... Comment j'allais vite perdre mes illusions... Bref, après deux cents mètres de sprint, j'étais essoufflé. Je dois avouer que ça faisait quelques années que je patrouillais en voiture, et que je faisais juste le minimum d'exercice requis pour me permettre de passer les validations annuelles... Je me collai contre un mur, et essayai de reprendre mon souffle.
- Sergent, ça va aller ? Vous êtes tout rouge.
- Oui, oui, t'inquiètes pas... Dis à ces gens que nous allons aller au siège de l'Alliance par les tunnels... Le métro est H.S., donc on craint pas le troisième rail, ni de se prendre une rame dans la gueule...
- Ok, pas de soucis chef.
Mike commença à rassembler le petit groupe de personnes qui avaient eu la présence d'esprit de se réfugier sous terre. Vingt, trente personnes, peut-être ? Je ne me souviens pas... C'était juste une fraction infime de ceux qui étaient avec nous dans le parc... Je me tournai ensuite vers Julie.
- Ca va ? Je sais que vous êtes secouée, mais gardez vos forces, physiques et mentales, vous en aurez sûrement besoin...
- Je... Merci.
- Ne me remerciez pas trop vite, on est pas encore sortis d'affaire...
A ces mots, son teint blanchit encore un peu plus.
- Désolé, c'est pas ce que je voulais dire... On va s'en sortir, croyez-moi !
- Qu'est-ce que c'est que ces... ces... trucs ?!?
- Ne vous occupez pas de ça, l'important, c'est de rester en vie. Mike ! Mike, viens là !
- Oui, chef ?
- Tu vois ce placard là-bas ? Ouvre-le, il y a des lampes torche dedans.
- Oui, chef !
Mike essaya d'ouvrir le placard, mais celui-ci était fermé à clé. Il perdit patience, et fit sauter la serrure d'une balle. Il distribua ensuite une torche à chaque personne coincée ici.
- Bien, maintenant que vous avez une torche, nous allons pouvoir partir. Nous avons quelques kilomètres à faire avant d'arriver au QG de l'Alliance. Pour cela, nous allons suivre les tunnels du métro. Ne vous inquiétez pas, rien ne peut nous arriver ici.
Je descendis sur la voie, prenant la tête du petit groupe, Mike fermant la marche. J'aidai une vieille dame à descendre, et une jeune maman avec son nourrisson dans une poussette. Nous nous dirigeâmes plein sud, direction South Manhattan, puis Brooklyn. Je ne saurai dire combien de temps nous marchâmes dans le noir, le silence seulement coupé par le bruit de nos pas et les sanglots des enfants. Soudain, un bruit étrange attira mon attention. Je fis couper la lumière des civils, leur demanda de se réfugier dans une station de secours et me dirigeai vers ces espèces de... râles ? Ouais, c'est ça. Comment aurais-je pu imaginer ce que je vis ?
Des espèces de monstres difformes, tas de chairs boursouflées, en train de se repaître du cadavre d'un employé du métro... J'armai précautionneusement mon Carnifex, et alignai la tête du monstre le plus proche. Lorsque j'appuyai sur la détente, la "tête" du monstre se transforma en bouillie sanguinolente. Le bruit alerta le deuxième, qui eut à peine le temps de se relver avant de subir le même sort que son congénère. Je m'approchai prudemment de ceux-ci, vérifiant qu'ils étaient bien morts. Une fois la vérification faite, je retournai vers les civils.
- Qu'est-ce que c'était ?
- Mieux vaut que vous ne le sachiez pas. Dans environ soixante mètres, je vous demanderai d'éteindre vos lampes, et de continuer de marcher. Il se passe des choses horribles, et je ne veux pas vous rajouter un trauma supplémentaire...
Tout le monde acquiesça, et se remit en marche. Arrivé devant le lieu de la fusillade, tous respectèrent mon ordre, et marchèrent dans le noir pendant une centaine de mètres, où je fis rallumer les lampes. Nous marchâmes encore un peu, puis je décidai de faire une petite pause quand nous traversâmes une station vide.
- Nous allons faire une pause de quelques minutes. Cassez les distributeurs automatiques pour prendre quelque chose à grignoter et à boire. Nous sommes presque arrivés.
Les survivants soufflèrent à l'annonce de cette nouvelle, et s'assirent ou défoncèrent un distributeur pour avaler sodas et barres chocolatées. Je m'assis à côté de Mike, et entrepris de lui parler de ce que j'avais vu tout à l'heure. Lorsque je lui expliquai que ces monstres bouffaient les cadavres, il se leva pour aller vomir dans les toilettes. C'est alors que je vis que Julie espionnait notre conversation.
- Vous m'avez entendu hein ?
- Oui, en effet... De grands vaisseaux capables de destructions massives, des zombies cannibales... Vous voulez dire qu'on affronte des Moissonneurs ?!?
- Hmpf... Oui, en effet... Si l'Alliance interstellaire n'a pas pris les avertissements du commandant Shepard très au sérieux, ce n'est pas le cas de nombreux services de secours...
- On a aucun espoir alors...
- Tant qu'on vit, il y a de l'espoir. Baissez pas les bras, on y est presque. C'est quoi votre métier ?
- Avocate... Mais je crains d'avoir perdu cette affaire...
- Quand vous recevez un dossier qui vous semble perdu d'avance, vous l'accepetez quand même non ? Car il y a toujours une petite chance de gagner le procès... Et bah là, c'est pareil, on gagnera cette guerre ! Bon, allez, on se remet en route.
Je me relevai, et me dirigeai vers les toilettes pour voir comment mon coéquipier allait. En ouvrant la porte, je sus que quelque chose n'allait pas : une odeur puissante n'envahit les narines... Pas l'odeur acide du vomi non... Quelque chose de bien plus douceâtre... L'odeur de la mort... Je dégainai aussitôt mon Carnifex, mais n'eus pas le temps d'esquiver le coup que me lança un assaillant inconnu. Jeté au sol, je tentai de récupérer mes esprits, mais mon adversaire était déjà sur moi. Ce qui suivit fut une lutte pour ma survie : coups de poings, de pieds, de genoux, je me débattis tant bien que mal avant de mettre la main sur mon arme qui avait glissé lors du premier choc. J'appuyai alors sur la gâchette par pur réflexe, arrachant la moitié de la cage thoracique de mon ennemi. En sueur, je me relevai tant bien que mal, et regardai la chose qui m'avait attaqué. Ca ressemblait à un être humain, mais profondément transformé à l'aide d'implants. Je me dirigeai prudemment vers le fond des toilettes, où je découvris le corps mutilé de mon collègue. Je m'agenouillai pour vérifier son pouls, mais n'en trouvai pas. C'est alors que des hurlements se firent entendre de l'autre côté de la porte.
Je me ruai dehors (en ramassant au passage le Predator de mon coéquipier décédé), pour voir des zombies s'en prendre au groupe de survivants. Je me débarassai rapidement du zombie le plus proche, et courus aider mes compagnons d'infortune. Je tuai deux autres zombies dans ma course, assommai un autre d'un coup de crosse, et aidai Julie à se relever. Je lui tendis le Predator, lui expliquai comment s'en servir rapidement tandis que je changeai de cartouche thermique. Avant même d'avoir fini mes explications, elle abattit un zombie d'un tir précis dans la tête.
- Je fais du tir sportif...
Je hochai de la tête, quelque peu surpris par ce qui venait de se passer. Comment pouvais-je être surpris de voir une jeune avocate blonde tirer parfaitement au pistolet quand des zombies m'attaquaient et que des vaisseaux géants détruisaient ma ville ?
Bref, nous réussîmes à repousser les assaillants, mais nous avions subis de lourdes pertes... Sur la trentaine de rescapés partis de Sud Central Park, il n'en restait à peine une dizaine...
Nous continuâmes à marcher pendant deux ou trois kilomètres, avant d'arriver à une porte coupe-feu blindée. Je savais que le QG de l'Alliance pouvait fermer l'accès à sa station de métro intérieure. Nous étions enfin arrivés... Mais à quel prix ? Et qu'allions-nous trouver au-delà de cette porte imposante ?
Chapitre 3 : Fuite en avant
Je m'approchai de cette porte coupe-feu. Je cherchai du regard quelque chose qui ressemblait à un terminal d'accès. Malheureusement, le seul que je pus discerner était arraché du mur et gisait sur le sol telle un méduse échouée sur la plage. Ayant envisager toutes les autres possibilités, c'est alors que je pris la lourde décision de remonter à la surface grâce à une échelle de maintenance située à quelques pas. Je mis alors mes compagnons au courant de mon plan.
- Bon, j'ai cherché un terminal d'accès pour tenter d'ouvrir la porte, mais il n'y en a pas... La seule solution est de remonter à la surface, et de passer par la porte principale.
- C'est de la folie ! Qui sait ce qui nous attend à l'extérieur ?
- Monsieur, je sais que vous êtes paniqué, mais nous n'avons pas le choix... Vous m'avez fait confiance jusque là, pourquoi s'arrêter maintenant ?
- Regardez où ça nous a conduit ! Nous sommes coincés ici, sous terre, comme des rats, et ma femme... Oh, Elicia, je t'aimais tellement...
L'homme fondit en sanglots. C'est alors que je pris conscience que c'était de ma faute si ces gens étaient morts... Je n'avais pas su les protéger...
- On a pas le temps de pleurer nos morts ! Nous devons survivre, pour que leur sacrifice ait servi à quelque chose !
Je me tournai alors vers Julie. Décidément, ce p'tit bout de femme m'impressionnait de plus en plus... Je hochai la tête en sa direction, puis entrepris l'ascension de cette échelle vers l'Enfer...
Une fois arrivé en haut, je poussai de toutes mes forces cette putain de plaque en métal. Pourquoi faut-il qu'ils les fassent aussi lourdes bordel ? Ayant réussi à la dégager, je sortis précautionneusement la tête du conduit. Et là, je me crus dans un vieux film retraçant la Seconde Guerre Mondiale (Il Faut Sauver le Soldat Ryan... Vous connaissez pas ? ). Des gerbes de terre étaient propulsées à plusieurs mètres de haut suite à l'explosion de grenades et d'obus, des tirs fusaient dans tous les sens, des morceaux entiers d'immeubles s'écrasaient sur les rues en contrebas, enterrant sous des tonnes de gravats les malheureux soldats de l'Alliance qui combattaient des forces bien supérieures en nombre... Mais le pire, c'était la poussière qui cachait le soleil, plongeant un champ de bataille déjà bien sinistre dans un pénombre encore plus glauqe. Une poussière lourde, qui vous prend à la gorge et vous fait tousser. Une poussière composée de béton, de cendres et de métal vaporisé par le rayon à faisceau du Moissonneur... Qui surplombait la scène à vingt mètres à peine.
En voyant cela, j'eus un haut-le-coeur. Il était plus grand que la majorité des immeubles environnants, tirant à intervalles réguliers des faisceaux d'énergie meurtriers. Je sortis du conduit de maintenance et aidai les autres à se réfugier sous le porche du QG de l'Alliance. Les portes étaient arrachées de leurs gonds, et un silence sinistre occupait le hall d'entrée. Les platons et les réceptionnistes étaient portés disparus, sauf une, qui était allongée derrière le standard, son bras gauche traînant à deux mètres.
Je tournai la tête quand j'entendis un vrombissement sourd se rapprocher petit à petit : c'était le croiseur Sydney qui approchait le Moissonneur. Le croiseur eut à peine le temps de tirer avec son canon principal que le Moissonneur avait déjà acquis sa cible. Trente petites secondes. C'est le temps qu'il fallut au Moissonneur pour rayer de la carte le Sydney, et annihiler quatre cents vies humaines.
L'onde de choc conséquente à la destruction du croiseur fut le plus grand coup que j'avais jamais reçu de toute ma vie. Je fus projeté contre le mur opposé à l'entrée comme une pauvre loque, et m'écrasai face contre terre. Je n'entendai plus rien, la violente surpression m'ayant rendu provisoirement sourd. Je me relevai tant bien que mal (plutôt mal d'ailleurs), et passai voir comment les autres avaient surmonté cette épreuve. Tout le monde était dans le même état que moi, sauf l'homme qui avait perdu sa femme. Lui n'avait pas eu la "chance" d'être projeté contre un mur, il avait été s'empaler contre une armature en métal qui dépassait d'un tour dans un mur.
Je me détournai rapidement de cette vision, et priai rapidement pour son âme. Où qu'il soit maintenant, il avait rejoint sa femme... Je secouai la tête, puis fis signe aux autres de me suivre. Je confiai à Julie la fermeture de la marche, et repris la tête. Nous passâmes devant de nombreux bureaux, tous vides. Je piratai une serrure récalcitrante, et nous pénétrâmes dans ce qui semblait être le poste de commandement. Là aussi, pas âme qui vive... Je déléguai à Julie la responsabilité de s'occuper des survivants pendant que je pianotai sur un clavier. Je tombai rapidement sur un message vidéo.
- Ici l'amiral Morris, commandant de la base astroportée de New-York. A tous les personnels Alliance, veuillez vous rendre à la base astroportée de Newark, dans le New Jersey. Une ligne de métro directe vous y conduira. Le périmètre de la base est assez incertain. Les personnels Aliiance doivent donc être équipés en conséquence. L'accès aux armureries est autorisé à tous les personnels Alliance, ainsi qu'à tout civil en faisant la demande. Toute main-d'oeuvre est bonne à prendre, donc essayez d'évacuer des civils. CEPENDANT, le sauvetage des civils n'est pas la priorité n°1, nous avons besoin de soldats entraînés, ne risquez pas votre vie inutilement. Morris, terminé.
J'étais assez abasourdi par ce dernier ordre. La mission d'un soldat est toujours de protéger des civils. Comment peut-on ordonner de faire le contraire ? La réaction des hommes en temps de crise me surprendra toujours... Mais les soldats n'avaient pas appliqué cet ordre, en témoigniait les violents combats qui faisaient rage à l'extérieur du bâtiment.
Bon, j'avais cependant capté une information capitale : les armureries étaient ouvertes aux civils. Je rejoignis alors le petit groupe, et leur expliquai ce que je venais d'apprendre. Une fois qu'ils eurent connaissance de notre nouvelle destination, nous nous dirigeâmes vers le deuxième sous-sol, où nous attendait une véritable caverne d'Ali Baba : fusils d'assaut Avenger, fusils semi-automatiques Mattock, fusils-mitrailleurs Revenant, mitraillettes Tempête, pistolets Phalanx, fusils à pompe Cimeterre... Le rêve de tout soldat.
Je m'équipai d'une armure de combat tandis que les autres choisissaient leur arme. Julie fut la seule à prendre un fusil de précision Viper, les autres privilégiant les Avenger ou les Tempête. Une fois tout le monde vêtu d'une armure de combat, nous nous rendîmes alors à la rame de métro dont Morris parlait. Pour une fois, j'avais espoir : nous étions bien équipés, et nous nous rendions vers une zone "sûre".
Chapitre 5 : Tenir le coup
Quelques jours plus tard...
Le convoi blindé se dirigeait vers Washington D.C. . Des rapports faisaient état d'une petite garnison de soldats expérimentés retranchée dans les ruines de la capitale. Maintenant que j'étais de retour dans l'active, je devais obéir aux ordres... Et mes ordres étaient d'aller aider cette garnison. Nous mîmes quatre jours pour faire les 350 kilomètres entre Newark et Washington. Quatre jours (ou plutôt, nuits) éprouvants, à rouler phares éteints, évitant les grands axes routiers qui étaient sûrement surveillés par l'envahisseur... Quatre jours à traverser des ruines fumantes, sinistres vestiges des combats qui eurent lieu dans toute la mégalopole nord-américaine... Quatre jours à espérer rencontrer des survivants, en vain...
Je repensais à cette journée de malheur, quand Julie me tapota le bras. En quelques jours, elle s'était métamorphosée : fini le petit tailleur bleu marine qu'elle portait dans le métro. Maintenant, elle était accoutrée d'une armure de combat dotée d'un module de camouflage dernier cri... Pratique pour rejoindre sa position de tir en toute sécurité et faire un carnage dans les rangs ennemis avec son Veuve. Ses cheveux d'or étaient coiffés en un chignon serré, et un Phalanx pendait à sa cuisse gauche. Je regrettais la visière qui cachait ses magnifiques yeux gris.
- Jorah, tu crois qu'ils sont encore vivants ?
- J'espère, que je ne me sois pas cassé le cul sur ces sièges pourris pendant quatre jours pour rien !
- J'ai entendu dire que les Turiens ramassaient sévère sur Palaven...
- J'ai aussi entendu dire que Shepard était sur Ménaé... Il arrivera à trouver une solution. Et les Turiens viendront nous aider.
- Mouais... Pour l'instant, j'ai l'impression que nous sommes livrés à nous-mêmes.
- Patience Julie, patience... On va leur rendre la monnaie de leur pièce, à ces Moissonneurs...
Le Mako s'arrêta brusquement, propulsant Julie dans mes bras. Ses joues prirent une ravissante couleur rosée. Je l'aidai à se redresser, puis allai parler au pilote. Celui-ci m'apprit que la route que nous suivions depuis deux ou trois heures était coupée. Je pris alors la décision de faire les trois kilomètres restants à pied, et ordonnai à l'escouade de sortir des véhicules blindés. Ceux-ci reçurent pour consignes de trouver un passage, puis de nous attendre à trois blocks du Capitole, là où la garnison était retranchée.
Une fois dehors, nous nous rendîmes compte que la mission n'allait pas être aisée : la ville n'était plus qu'un champ de ruine. Les immeubles effondrés rendaient la progression périlleuse, du fait des gravats instables. La poussière était encore plus suffocante qu'à South Manhattan. Nous marchions en douceur, prenant notre temps pour traverser les rues parallèles. Je chargeai le sergent Reagan de prendre la tête avec deux éclaireurs. Si des troupes Moissonneurs nous tombaient dessus à cet instant, ce serait une catastrophe.
Nous marchâmes durant une bonne heure, le silence de plomb uniquement troublé par le bruit de nos pas. Soudain, le sergent me signala qu'un groupe de Cannibales commandés par deux Maraudeurs se trouvaient à la prochaine intersection. J'évaluai alors rapidement la situation : deux immeubles à demi écroulés de chaque côté de la rue feraient de parfaits spots pour mes deux franc-tireurs... Et ce bloc de béton en travers sera parfait pour l'appui-feu et sa mitrailleuse... Je donnai rapidement mes instructions, et chacun prit sa position. L'escouade manquait d'un biotique, mais j'avais deux ingénieurs... A mon signal, ces derniers surchargèrent les boucliers des Maraudeurs. Ils eurent à peine le temps de se retourner que leurs têtes explosèrent, accompagnées du bruit assourdissant consécutif au tir simultané de deux Veuve. Le staccato rapide de la mitrailleuse Revenant prit alors le relais, faisant des ravages parmi les Cannibales qui venaient juste de réaliser qu'ils se faisaient attaquer. Le reste de l'escouade se mit aussi à tirer, changeant le silence de mort en cacophonie digne du meilleur concert de death metal... Trente secondes plus tard, tout était déjà fini. Aucun soldat n'était touché, à part un bleu qui s'était brûlé en éjectant une cartouche thermique. Tout le monde se regroupa, puis nous repartîmes en direction du Capitole. Nous allions devoir traverser le Mall, et personne n'était pressé de couper à travers un no man's land...
Chapitre 6 : Le calme avant la tempête
Avant de pénétrer sur le Mall, je tenais à ce que l'équipe soit le plus en forme possible. Nul doute que l'ennemi avait fortifié sa position, et je ne voulais pas qu'un homme soit blessé ou tué car il était fatigué. Je décidai alors de monter un bivouac dans une entrée de bouche de métro, histoire de se reposer quelques heures. Je chargeai les lieutenants Jones et Mills d'installer des tourelles de défense le long du périmètre. Les deux ingénieurs placèrent également des mines et un drone. Une partie de l'équipe sera chargée de surveiller les accès tandis que les autres dormiront, avant d'échanger leurs postes.
Je pris la responsabilité du premier tour de garde, accompagné de deux soldats et de Julie. Les cinq autres membres de l'escouade pourront alors profiter d'un sommeil réparateur. Qui sait ce que ces choses nous ont prévu comme obstacles ? Les deux bleusailles avaient la charge de surveiller ce qui pouvait arriver du tunnel, tandis que Julie et moi guettaient tout signe d'activité provenant de la rue.
Je vérifiai la qualité des rations qu'on m'avait donné sur la base astroportée. Je fis une grimace en voyant qu'il ne restait plus que des rations type C... Du corned-beef déshydraté avec de la purée protéinée lyophilisée... De quoi vous couper l'envie de manger, mais niveau gustatif, c'est pas vraiment ça... Je jetai un coup d'oeil à Julie. Elle était bien plus intelligente que moi, elle avait mangé en premier les rations C. Du coup, elle pouvait se targuer de manger un tournedos Rossini avec des tagliatelles. Elle se mit à rire quand elle remarqua mon expression.
- Dommage que vous ne pouvez pas goûter à cette merveille...
- Rôh, ça va hein... J'ai toujours aimé le corned-beef...
- Je vois ça !
J'avalai difficilement une bouchée compacte de viande, tandis que la jeune femme me narguai en savourant son morceau tendre de boeuf. Je détournai le regard, avant de devenir fou. Nous continuâmes à manger en silence, profitant d'un calme qu'on savait éphémère. Une fois nos rations terminées, nous discutâmes du fabuleux tir qu'elle avait fait une heure plus tôt, avant d'enchaîner sur nos vies privées.
- T'es marié Jorah ?
- Divorcé. La vie de militaire est pas réputée pour permettre d'avoir une situation familiale stable. Ma femme et ma fille vivent à Londres.
- Ah...
- Et toi ? Pas de petit copain ?
- Non. Mon boulot me laisse peu de temps pour sortir rencontrer des gens.
- Je connais ça... C'est quand même dommage qu'une aussi jolie fille que toi soit seule.
Elle se mit à rougir de nouveau. Un silence embarrassé s'abattit alors sur nous. Je regardai ma montre, et me rendis compte que ça faisait déjà trois heures que nous montions la garde. Je me relevai, aidai Julie à faire de même, puis allai réveiller les autres pour nous remplacer. Je me couchai à même le sol, et m'endormis presque aussitôt.
Je fus réveillé d'un coup de pied dans les côtes. J'ouvrai les yeux, et vis Julie penchée sur moi, me disant de me lever. Après un rapide apport de caféine (j'ai bu un café quoi), nous nous mîmes de nouveau en route. Le soleil commençait à se lever, et je ne tenais pas à ce que nous traversions le Mall en pleine journée.
Quelques rues plus loin, ce fut le choc : le Mall, connu pour sa verdure, était grisâtre. L'obélisque du Capitole gisait par terre, soufflée par l'explosion de ce qui ressemblait à une frégate de l'Alliance. Des cratères rendaient la progression difficile, et les troupes Moissonneurs avaient creusé des tranchées à travers le parc. Mais le pire, c'était le Sénat : sa coupole était éventrée, son aile nord avait disparu. Le soleil levant rendait encore plus sinistre cette vue apocalyptique. Je me croyais dans un de ces films à gros budget montrant une civilisation extraterrestre détruisant l'humanité. Tout le monde restait bouche bée devant la profanation d'un des symboles des Etats-Unis. Je repris mes esprits, et sautai dans la tranchée la plus proche. Personne. Les autres me suivirent, et nous nous préparâmes à nous battre en combat rapproché.
Chap. 5 ![]()
Chapitre 7 : Voyage au bout de l'enfer
Je pris la tête de l'escouade, suivi de Julie. Le plus dangereux étaient les croisements de tranchées. En effet, une escouade Moissonneur pouvait se trouver à chaque coin de mur. Nous traversâmes une bonne dizaine de tranchées sans voir le moindre ennemi. Je commençai à me poser des questions sur les forces stationnées ici : y'avait-il encore vraiment des Moissonneurs ? Un silence pesant étouffait le Mall, instaurant un sentiment d'oppression insupportable.
Soudain, un bruit retentit. Ce bruit ne ressmblait pas aux bruits des Cannibales ou des Maraudeurs. Un frisson me traversa l'échine quand la chose cria de nouveau. J'eus un mauvais pressentiment. Je demandai à mon escouade de redoubler de prudence. Julie m'indiqua que tout allait bien. Nous nous enfonçâmes encore davantage dans le réseau de galeries creusées par les Moissonneurs. Nous arrivâmes alors dans une zone plutôt dégagée, résultat d'un impact de tir d'un croiseur. La chose cria de nouveau... beaucoup plus proche cette fois. Je donnai rapidement l'ordre à l'équipe de se disperser, me préparant au pire. Je regardai le niveau de charge de mon bouclier cinétique. Je pouvais me faire toucher par une dizaine de balles. Je rechargeai mon Avenger, et attendit. Je n'eus pas à patienter longtemps.
La chose arriva du côté opposé. Hideux résultat de la fusion entre un Turien et un Krogan, la chose faisait dans les trois mètres de haut, se déplaçait un peu à la manière d'un gorille et semblait être recouverte d'une épaisse peau métallo-osseuse... Je fis signe à mon commando de laisser la bête s'approcher avant d'ouvrir le feu. La créature se dressa sur ses pattes arrières, huma l'air, puis se laissa retomber lourdement en poussant une nouvelle fois son cri abominable. Elle se mit soudain à charger en direction du bleu qui s'était brûlé un peu plus tôt... Le temps que j'hurlai de tirer sur ce monstre, le soldat Kagin avait été balayé d'un revers de patte. La bête se tourna en direction des tirs quand ceux-ci l'atteignirent. Je vis Julie prendre son temps de viser la minuscule tête qui dépassait de la carapace. Le Veuve cracha une langue de flammes longue d'un mêtre, le canon se releva de quarante bons centimètres, Julie recula de trois pas... et la bestiole secoua la tête, comme si elle venait d'être titillée par un moustique.
Abasourdi par ce que je venais de voir, je m'équipai de balles incendiaires. La première rafale eut beaucoup plus d'effet sur la Brute que les nombreux chargeurs vidés par toute l'escouade. J'hurlai alors d'opter pour des munitions incendiaires ou perforantes... Sous les nombreux impacts, le monstre rugit de douleur. Je vis nettement la mitrailleuse Revenant creuser un profond sillon dans la plaque d'épaule. La bête, folle de rage et de douleur, se mit alors à me charger. Je vidai mon chargeur en direction de sa tête, mais elle semblait être poussée par une force surnaturelle... Je lâchai mon fusil et commençai à courir... J'entendis alors un bourdonnement sourd me vriller les tympans, suivi d'un bruit mat et du son caractéristique d'un Veuve. Je me retournai, et je vis la Brute à terre, sa tête ridicule réduite à un magma de bouillie grisâtre. Julie s'approcha en souriant, tenant son Veuve d'une seule main.
- C'est la deuxième fois que je te sauve la vie !
- Merci... J'ai cru que j'allais être son quatre-heures !
- Faut dire que t'es plutôt appétissant...
Nous nous dirigeâmes alors vers les autres. Le doc était accroupi près de Kagin. Il m'apprit que ce dernier avait eu la colonne brisée au premier coup de patte, et que son crâne avait explosé contre le mur sur lequel il avait été projeté. Je fixai le visage du mort. Je n'aimais pas perdre des hommes (qui aime ça d'ailleurs ?), mais je me faisais un devoir d'écrire personnellement à la famille du disparu. Je regardais ce visage, afin de le graver dans ma mémoire... Il allait rejoindre les visages de cinq autres soldats, tous tombés sous mes ordres... C'est qu'à ce moment que je me rendis compte à quel point il était jeune : dix-sept, dix-huit ans, pas plus. Julie me tapa sur l'épaule, me disant que je n'avais pas à m'infliger ça. J'arrachai les plaques d'identification du gamin, et les mis dans une poche. Je ramassai mon fusil, et ordonnai de reprendre la route.
Le reste du trajet fut plutôt calme, à part un petit accrochage avec un Cannibale et un Maraudeur, rapidement mis hors d'état de nuire. Nous sortîmes enfin des galeries, et montâmes les escaliers de marbre blanc du Capitole. D'après le rapport le plus récent, la brigade s'était réfugiée dans l'aile sud. Je me renseignai sur la position de mes deux Mako et de mon Hammerhead, qui m'apprirent qu'ils étaient à six cents mètres au nord de notre position actuelle. Une fois mes ordres donnés, j'ouvris la porte de ce lieu mythique. A peine avais-je fait un pas à l'intérieur que je me fis tirer dessus.
- Cessez-le-feu ! Vous voyez bien que c'est pas des zombies bande d'abrutis !
Je me relevai difficlement, sonné par l'impact. Un homme s'avançait vers moi.
- Ca va, rien d'cassé ? Putain, mais quelle bande de... Oh, désolé lieutenant !
- Ce n'est rien sergent. Vous faites partie de la brigade 23-6 ?
- Sergent Müller, compagnie Bravo, brigade 43-8, lieutenant. Les survivants d'une dizaine de compagnies se sont regroupées sous le commandement du colonel Johnson. Ils sont dans la Chambre des Représentants. Vous savez lieutenant, on commençait à croire que les renforts n'arriveraient jamais. Des difficultés pour arriver jusqu'ici ?
- Accrochage avec une escouade Moissonneur, et avec un espèce de tank sur pattes...
- Ah, les Brutes ? On en a descendu trois ou quatre depuis hier... Saloperies ça. En même temps, à voir la gueule d'un Krogan et d'un Turien... Extraction ?
- On a deux Mako à six cents mètres d'ici.
- Ca devrait suffire, on est une petite trentaine... Voilà, on y est.
La Chambre des Représentants... J'étais venu ici quand j'étais en primaire. Mais les lieux étaient maintenant méconnaissables. Une partie de la Coupole s'était effondré, ce qui faisait que la moitié de la salle était inaccessible. Le colonel était penché sur une table à carte, entouré d'un capitaine et d'un lieutenant. Je remerciai le sergent, et donnai quartier libre à l'escouade. Je saluai le colonel. Celui-ci leva les yeux, et je vis le soulagement s'afficher sur son visage. Il me serra la main avec vigueur.
- Vous êtes les renforts ?
- Oui colonel. L'amiral Morris m'a demandé de venir vous chercher.
- Morris hein ? Et Keane ?
- Porté disparu. L'amiral Anderson a nommé Morris commandant en chef de la Résistance sur la côte Est.
- Désolé lieutenant, on a pas eu beaucoup de nouvelles depuis deux semaines... On peut partir maintenant si vous voulez.
- Ok, plus vite on sera partis, moins on sera exposé dans les tanks....
Le colonel se dirigea vers un radio, et ordonnai à tous les hommes de se rassembler à la porte principale. Je fis signe à mon escouade, et nous partîmes en direction de la porte. Le capitaine enroula les cartes tactiques, et brûla le reste des renseignements qu'il ne pouvait emmener. Une fois tous rassemblés dans le hall, Johnson me laissa le commandement. Nous redescendîmes les marches, et nous nous dirigeâmes vers les chars. Une fois de plus, la ville était aussi silencieuse qu'une tombe... Et le mauvais pressentiment réapparut. Nous arrivâmes sans encombres aux transporteurs de troupe. Je montai avec le colonel dans le Mako de tête, afin de faire un rapport à l'amiral Morris.
Chapitre 8 : La Route
- Amiral Morris, ici le commandant Ryan. J'ai trouvé ce qui reste de la 23-6. On est en route vers le QG...
- Bien reçu commandant. On a dû abandonner le QG de New-York. On s'est replié dans les terres. Voici les coordonnées.
- Ok, on fait aussi vite qu'on peut. Faut compter deux ou trois jours de route, à condition que les Moissonneurs nous foutent la paix...
- Mettez le temps qu'il faut, mais soyez prudents. On a besoin de ces ingénieurs. Bien, passez-moi le colonel Johnson, je veux un débrief' sur la situation dans la capitale.
- A vos ordres chef.
Je passai le transmetteur au colonel, et pus enfin me détendre un peu. Je me débarrassai de mon casque, et fermai les yeux. Je ne mis pas longtemps avant de m'enfoncer dans un sommeil réparateur, bercé par le ronronnement sourd du moteur du Mako.
La nuit tombant, nous fîmes escale à environ trois cents kilomètres au nord-ouest de Washington, dans un motel miteux que ses propriétaires avaient abandonné précipitamment. Avec le colonel Johnson, nous mîmes quelques sentinelles équipées de lunettes amplificatrices aux abords du camp, toutes équipées d'un transmetteur radio et d'un équipier armé d'une Revenant. Une fois les tours de garde mis en place, je me dirigeai vers la réception, où le colonel étudiait (encore) ses cartes. Je me penchai également sur celles-ci.
- Nous sommes ici... à Saville. Le GQG s'est replié dans un camp secret-défense dans les forêts près de Kingston. Ca nous fait... environ trois cents miles. Tablons sur une progression journalière de cent miles, on peut être là-bas dans trois jours. Si on tombe pas sur un os.
- On a six Mako et trois Hammerhead, faudra un sacré os pour qu'on arrive pas à le ronger.
- Mouais, vous avez vu comme moi ce que ces saloperies ont fait à ma ville, commandant...
- M'en parlez pas, j'ai vu l'Empire State Building se faire vaporiser d'un coup.
- On le reconstruira commandant.
- Si je peux me permettre colonel, pourquoi est-ce que j'ai perdu un homme et risqué la vie de quinze autres, à part pour sauver votre cul ?
- L'amiral vous a rien dit ? On a récupéré le plan de défense de Londres.
- Londres ? Qu'est-ce que...
- Disons que les Moissonneurs semblent être très intéressés par la capitale britannique, on ne sait pas pourquoi.
- Ok... Merci de m'avoir répondu.
- Pas de souci commandant. J'oublie pas que sans vous, on serait sans doute dans l'estomac d'un Cannibale.
Je saluai le colonel, et allai m'asseoir dans un sofa rembourré. Six soldats jouaient aux cartes sur la table basse, la bière coulant à foison. Je souriai. A les regarder, on aurait pu se croire dans n'importe quel mess, profitant d'un moment de détente entre deux entraînements. Puis je revis cet employé du métro en train de se faire bouffer par des Cannibales... La tête du premier explosant sous l'impact de la balle de Carnifex, rouge gelée visqueuse jaillissant tel un geyser de l'arrière du crâne... Une présence me sortit de mes pensées morbides. Je tournai la tête, et je vis Julie assise à côté de moi.
- Ca va ?
- Ouais...
Nous restâmes ici assis en silence, regardant les soldats continuer leur partie de poker. Je m'assoupis au bout d'un moment, car je fus réveillé par les premiers rayons du soleil levant. J'ouvris péniblement les yeux, et vis que Julie avait posé sa tête sur mes jambes. Je la secouai doucement afin de la réveiller. Elle se redressa en s'étirant et en baillant. Je me rendis dans la cuisine, où je trouvai du café en poudre. Je ramenai le café dans le hall, où des grognements approbatifs accueillirent le pot. Après trois cafetières et une vérification approfondie des armes et des véhicules, nous reprîmes la route vers le nord-est, évitant les axes principaux et les grandes agglomérations.
Les routes étaient jonchées de voitures abandonnées, vestiges d'un exode massif des citadins vers les zones rurales. Le soleil était entouré d'un halo, résultat de la cendre qui tombait en pluie fine sans discontinuer. Cette cendre recouvrait tout, faisant disparaître les champs et les forêts du nord-est des Etats-Unis sous une couche volatile grisâtre. Les Hammerhead étaient partis en éclaireurs, précédant d'un kilomètre les Mako en formation serrée. J'étais dans le Hammerhead de commandement, Fox-Six.
- Wolfpack de Fox-Six.
- Fox-Six, ici Wolf-Six. Situation ?
- La frontière de l'Etat a l'air claire. Je recommande néanmoins qu'on passe par la forêt au nord-ouest de Hancock, on sait jamais.
- Bien pris. Partez devant et tenez-nous informés. Wolf-Six, terminé.
- Fox-Un, avec moi. Fox-Deux, suis-nous deux cents mètres derrière. Ouvrez les yeux les gars, ça fait deux jours qu'on roule sans rencontrer de résistance, et ça m'étonnerait qu'ils aient pas prévu quelque chose pour la frontière inter-Etats...
- Roger, on vous suit Fox-Six.
Je fis signe au chauffeur de redémarrer doucement, et de se diriger vers cette forêt. La cendre, et le temps gris, plongeaient la forêt dans une pénombre menaçante. Je dis à mes hommes de passer en vision de nuit. Nous avancions lentement, à peine plus de dix kilomètres-heure. Après avoir fait cinq cents mètres, je descendis du blindé léger. Les feuilles crissaient légèrement sous mes pas, mais j'avais l'impression de faire autant de bruit que si je me baladais avec une fanfare derrière moi. Mon Mattock levé, je marchais lentement, vérifiant sans arrêt le positionnement de mes hommes.
Soudain, quelque chose m'interpella. Une espèce de gros champignon. Quoi de plus banal dans une forêt ? Si on fait abstraction des fines rainures luisantes... Je fis signe à l'escouade de s'arrêter.
- Wolfpack de Fox-Six.
- Fox-Six, Wolf-Six.
- Wolf-Six, le terrain est miné. Impossible de dire la puissance des engins.
- Merde ! Bon, je vous envoie un ingénieur, il a appris pas mal de trucs sur les explosifs Moissonneurs.
- Roger. Fox-Six, terminé.
Je demandai au Hammerhead de queue de retourner à la lisière du bois, afin d'attendre le démineur. Ce dernier arriva au bout d'un quart d'heure interminable.
- Caporal Obolensky. C'est ça ?
J'opinai du chef, et il se mit aussitôt au travail. Pendant une bonne vingtaine de minutes, il ne fit rien d'autre que observer la mine. Il sortit enfin son Omnitech, et se mit à pianoter. Encore vingt minutes, et la mine s'éteignit.
-Ok, j'crois que c'est bon...
Je retournai au Hammerhead, le laissant emballer la mine pour analyses au GQG. J'étais à moins de vingt pas du char qu'une onde de choc me propulsa face la première contre le blindage. La douleur me submergea quand mon nez se cassa contre l'uranium appauvri de la coque. Je me retournai, et vis... Rien. Là où se trouvait deux minutes avant une vingtaine d'arbres et un démineur se trouvait maintenant un cratère d'une trentaine de mètres de diamètre et profond d'une bonne dizaine. Le plus gros point de singularité que j'avais jamais vu flottait au-dessus. Il commençait cependant à faiblir. Abasourid, je demandai si quelqu'un avait vu ce qui s'était passé. Un soldat me répondit que le caporal Obolensky avait voulu prendre la mine, et que c'est là qu'elle avait explosé.
- Foxhound de Wolf-Six. On vient d'entendre une explosion, qu'est-ce qui se passe bordel ?!?
- Wolf-Six, ici Fox-Six. La mine a explosé. Le démineur a réussi à la désamorcer, mais il n'avait pas prévu une espèce de système de sécurité. Il... Il est mort colonel.
- Bordel ! Repliez-vous, faut que je réfléchisse à un autre itinéraire.
- Bien pris. Préparez aussi une antenne médicale, on a quelques blessés légers.
- Ok. Ramenez-vous le plus vite possible, ça m'étonnerait que les Moissonneurs ne vous aient pas repérés.
- Roger, Foxhound en repli. Fox-Six, terminé. Ok, tout le monde dans les chars, et que ça saute !
A peine avais-je lancé cette dernière phrase que je me rendis compte du mauvais goût de celle-ci...
sa va trop vite
je lirais sa plus tard
Il y a une bonne raison à ça, que certains comprendront
![]()
J'ai pas encore tout lu, mais c'est déjà pas mal!
Par contre... 2187?? ME3 se passe en 2186! ^^
J'l'ai écrit avant qu'on sache exactement la timeline
Désolé ![]()
Ok ok, en tout cas c'est très bien écrit, j'aime beaucoup, j'attends la suite!
jette un oeil à ma fic si ça te tente, mon aventure se passe après ME3!
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-20237-358146-1-0-1-0-fan-fic-kayle-tennyson.htm
je peux aussi le faire please ![]()
https://www.jeuxvideo.com/forums/1-20237-357352-1-0-1-0-fic-souvenir-perdu.htm
Merci
Breaker, j'lirai ça tout à l'heure
Blood, j'suis pas fan de la tienne ![]()
c'est pas grave
Kevin8686: bah ! qu'est ce que tu fais avec cette cor...
-...de
Yeah, la fic de kevin est de retour !
Mais dis, tu peux me rappeler où tu t'étais arrêté la dernière fois ? ![]()