A la suite de l´égalisation ajaccienne, un membre des Winners s´en est pris directement aux joueurs et au président de l´OM par le biais de la puissante sono du groupe. Un dérapage qui a provoqué l´ire de José Anigo.
Nous jouons la 73e minute, l´OM mène d´un petit but face à Ajaccio mais les Corses obtiennent un corner sur le côté gauche. A la suite d´un grand cafouillage dans la surface, Mamadou Seck égalise pour les Ajacciens. Stupeur au stade Vélodrome. Au milieu des sifflets, un membre des Winners prend le micro de la puissante sono du groupe. Les dérapages verbaux vont commencer. Les insultes fusent. Après avoir demandé la démission de Bouchet et mis plus bas que terre les joueurs ajacciens, l´individu s´en prend directement et gratuitement à Steve Marlet. Tout y passe. Son salaire, ses blessures, ses sélections en équipe de France…
L´attaquant marseillais, imperturbable, ne prête aucune attention aux injures et continue son match. Un quart d´heure plus tard, Steve Marlet récupère le ballon à l´entrée de la surface, dribble trois défenseurs et s´en va marquer dans un angle impossible. José Anigo, furieux envers cette partie du public, se lève de son banc rageur. Il faudra l´aide de tout le staff marseillais et des arbitres assistants pour calmer l´entraîneur olympien.
Selon Christophe Bouchet ce mouvement d´humeur des Winners n´a rien d´anodin. Il n´est pas non plus lié aux résultats sportifs : " Il y a certaines personnes qui veulent faire croire que leurs intérêts particuliers sont les intérêts des supporters et du club. Ils ont usé et abusé des instruments qui sont mis à leur disposition. En fait, s´ils ne sont pas contents c´est parce que j´ai licencié cette semaine Rachid Zéroual".
Cette figure emblématique du groupe du Virage Sud était également salarié de l´OM pour lequel il assurait une mission de liaison avec les supporters. Le 8 décembre, il avait été condamné à 12 mois de prison dont 8 avec sursis et interdit de stade pour trois ans après des échauffourées à la sortie du Vélodrome. Une faute qui a conduit à son licenciement. " J´ai fait le travail que j´avais à faire. Mais je ne peux accepter de tels débordements qui donnent une mauvaise image de Marseille, de l´OM et de ses supporters, alors que l´immense majorité d´entre eux ne méritent pas cela. Quand je vois José ( Anigo) qui a les larmes aux yeux parce qu´il est né à Marseille, cela me fait de la peine", poursuit Bouchet.
Le discours de l´entraîneur olympien est, lui, sans appel : " Je suis en colère. Mais il faut faire la part des choses. Ce n´est pas tous les supporters qui sont concernés. Mais ceux qui se permettent de dire autant de conneries et de saloperies dans un stade de football devraient prendre conscience qu´ils ne supportent pas le club en faisant cela. C´est vrai que l´on n´a pas été bons ce soir…Mais ces gens-là n´ont plus. L´OM, c´est mon club. Je suis autant Marseillais qu´eux, sinon plus. Moi je l´ai foulé cette pelouse et pas eux. Alors s´ils ne sont pas contents, ils n´ont qu´à supporter un autre club. On a pas le droit de dire autant de choses immondes à ses propres joueurs. Ce soir je suis partagé entre l´envie de hurler et le dégoût profond. Je ne reprocherais jamais au public de siffler. C´est tout à fait son droit. Mais là, c´est honteux ! "
( source : olympiquedemarseille.com)