Chapitre 1 :
-Wouah. Belle bête. Il a été forgé en Val-Boisé pas vrai ?
-Comment le savez-vous ?
-Chaque forgeron possède des façons de faire différentes, selon les régions. Des sortes de signature. Quand on a une certaine expérience dans le domaine, on peut, d’un coup d’œil, déterminer le lieu où a été forgée l’arme ou l’armure. Moi, je peux même vous dire la ville et le forgeron.
-Allez-y. Quinze septim que vous n’y arrivez pas.
-Tenu.
Le forgeron fit tourner l’arc dans tous les sens, en inspectant les moindres recoins.
-Cette façon de tendre la corde… Pas de doute, celui qui l’a forgé est né et a été formé dans le Nord de Val-Boisé. A la frontière de Cyrodil, je dirais. Typique des Elfes de là-bas. Et regardez ces nervures, dans le bois. Cette qualité de matériau, on ne la trouve que dans les environs de Silvenar.
Le forgeron eut un sourire.
-Remarquez ces courbes subtiles aux deux extrémités, pour que la corde soit plus flexible et que la flèche parte plus loin, et les légères encoches au niveau où l’on pose ses doigts… Pour un meilleur confort, une pièce en cuir a été ajoutée pour y poser la paume. Je ne connais que deux forgerons qui procèdent de cette manière. Le premier c’est moi, et le second, celui qui a fabriqué et assemblé votre arc… Foligor ? Foligor de Silvenar ?
L’homme qui faisait face au forgeron éclata de rire et posa une poignée de pièces sur le comptoir.
-Impressionnant. Vous n’avez pas volé votre réputation.
L’homme passa son regard dans la boutique.
-J’ai beaucoup entendu parler de votre archerie. J’ai toujours voulu m’y rendre, et je ne suis pas déçu. Oh, ce ne serait pas des flèches d’ébonites, là-bas ?
-Avec des pointes en verre. Taillées sur mesure. C’est un noble de la cour du Palais Bleu qui me les a commandées pour son fils.
-Du beau travail.
Le forgeron se racla la gorge.
-Bon… Vous voulez que je retende la corde c’est ça ? Et que je rajoute une couche de vernis au bois pour retarder la pourriture ?
-Exactement. J’aimerais aussi refaire mon stock de flèches.
-J’ai de tout. Flèche de verre, flèche elfiques, flèches orques, flèches d’ébonites… J’ai reçu une cargaison de métal dwemer hier. Je peux vous fabriquer des flèches dwemer pour demain, si vous y mettez le prix. J’ai aussi des…
-Une cinquantaine de flèches en acier me suffirait. Avec des pointes neuves.
-Vous êtes sûr ? Elles sont de qualité mais… Enfin généralement, les archers qui passent dans ma boutique ne viennent pas pour de simples flèches qu’on pourrait acheter chez n’importe quel marchand itinérant.
Le client fit un clin d’œil au forgeron.
-Mais ce ne serait pas la même qualité, pas vrai ?
-Bon, si c’est que vous voulez… Repassez ce soir, votre arc sera prêt. Je vous mets des flèches en acier de côté.
L’homme hocha la tête.
Le forgeron en profita pour le dévisager. C’était un Bréton, la vingtaine. Ses longs cheveux noirs étaient noués en queue de cheval qui retombait sur sa nuque. Il ne portait qu’une tunique en coton ainsi que de protections en cuir aux avant-bras, une méthode courante des archers de Hauteroche pour se protéger du retour de la corde après le tir.
Le forgeron eut beau examiner son client de la tête aux pieds, il ne vit aucune arme sur lui, excepté son arc, bien sûr, et le carquois dans son dos.
Sûrement un chasseur.
Son arc était très simple, en bois solide, léger, de petite taille. Les arcs comme ceux-ci étaient très prisés chez les Elfes des Bois. C’était une arme pour la chasse ou… l’assassinat. Les arcs des soldats étaient beaucoup plus imposants, souvent lourds, et la corde tendue à l’extrême afin de privilégier la puissance de la flèche au détriment de la précision.
Il fallait des muscles de fer pour manier ce genre d’arc mais il n’y avait pas plus puissant.
L’arme avait été fabriquée de façon à pouvoir être facilement désassemblée en trois morceaux et transportée facilement dans un sac.
Oui, le Bréton devait être un voyageur de passage dans la région, utilisant son arc pour la chasse.
Bah, après tout ça ne le regardait pas.
-Qu’est-ce que vous faites à Solitude, messire, ne put s’empêcher de demander le marchand de flèche.
-Je suis là pour participer.
-Participer ? A quoi ?
-Au tournoi des arts guerriers bien sûr.
Le forgeron lâcha un léger cri de surprise. Avec toute agitation en ville, ces derniers temps, à cause de la guerre civile, il en avait oublié ce stupide concours.
Ayant lieu une fois tous les cinq ans, sur la grande place de Solitude, il attirait tous les combattants de Bordeciel et d’ailleurs. La récompense était pourtant une simple bourse et une coupe en verre, mais le vainqueur du tournoi était sûr de voir son nom chanté par les bardes pendant plusieurs années.
Le tournoi était composé de six épreuves. Escrime, lancer de poids, combat à cheval, lutte à mains nues, tir à l’arc et duel magique. Les participants pouvaient s’inscrire à une, deux, ou trois épreuves. Personne n’avait jamais remporté les six.
-Ah, je vois. Vous vous êtes inscrit pour la cinquième épreuve ? L’archerie ?
Le Bréton hocha la tête. Le forgeron rit intérieurement.
Il avait déjà aperçu plusieurs participants. Des archers renommés dans tout le continent, des vétérans de la guerre, des maîtres chasseurs, des célébrités du milieu du tir. Il avait même entendu dire que le grand archer Helleniste, le Dunmer qui avait remporté les trois derniers tournois dans sa catégorie, était arrivé ce matin à l’auberge du Ragnard Pervers.
L’étranger faisait pâle figure. Il n’avait aucune chance, avec son arc minable et son air de voyageur égaré. Le forgeron avait presque pitié de lui.
-Elle aura lieu demain c’est ça ?
-Exactement, répondit le Bréton. J’espère que ce sera amusant.
Il sourit et se dirigea vers la sortie d’un pas souple.
-A ce soir.
-Hein ?
-Pour récupérer mon arc.
-Ah, euh, oui.
L’homme ouvrit la porte.
-Eh !
-Oui ?
-C’est quoi votre nom ?
Le Bréton passa sa main dans ses cheveux.
-Roderick. Roderick Lustwick.
suite mec,j'adore bien ta fic ![]()
Pas mal, c'est un bon début. ![]()
C'est toi Bilbo ? ![]()
Roch : Ouais
La deuxième partie arrive.
C'est marrant comme dans UN SEUL chapitre on peut se rendre compte d'à quel point les différences sont énormes d'une personne à une autre ! Je peux déjà te dire que j'attend la suite avec impatience, je la sens bien cette fic. Mais l'abandonne pas surtout ! ![]()
Il y a un MP pour toi sur un jeu RP semblable à l'ère des assassins. Si tu ne l'as pas reçu, tu veux qu'on te le réenvoie via le pseudo " peil "? ![]()
Chapitre 2 :
La grande place grouillait de monde. Elle avait été spécialement aménagée pour ce jour. Des gradins entouraient la place, place qu’arpentaient des écuyers, des combattants, des bardes, des jongleurs, des spectateurs cherchant leurs places…
Elisif la Juste, entourée de sa cour, se trouvait dans une loge luxueuse, abritée par une toile en tissu pour la protéger du soleil. Elle semblait morose.
Les premières épreuves étaient terminées, et le ciel avait pris une teinte orangée. Il ne restait que le tir à l’arc et les duels magiques, cette dernière épreuve étant destinée pour la soirée, quand la lune serait haute.
L’escrime avait été remportée, comme d’habitude, par un Rougegarde. C’était un gladiateur de l’arène de Cyrodil. Il avait facilement vaincu son adversaire. Les lames s’étaient entrechoquées à une vitesse telle que les spectateurs avaient eu du mal à suivre les passes et les bottes.
Le finaliste perdant s’était fait désarmer au troisième assaut, à cause d’une erreur de débutant.
Le lancer de poids avait été serré, dominé par un Orque et un Nordique bien bâti. L’Orque avait finit par l’emporter.
La finale du combat à cheval s’était terminée par une joute entre deux frères, deux chevaliers errants. Personne n’avait pu identifier le gagnant car les deux hommes avaient fait vœux de ne jamais ôter leur heaume, mais le combat avait été violent. Ils avaient tous deux brisés leur lance.
Lors de la quatrième épreuve de lutte, l’après-midi, un lutteur Nordique couvert de cicatrices avait écrasé tous ses adversaires, haut la main, avant d’être maîtrisé par un moine Khajiit. Celui-ci l’avait battu avec la facilité qu’un ours déchiquette un enfant. Le Nordique s’était fait déboité les articulations en une fraction de seconde.
Finalement, il y avait eu une pause de quelques heures durant lesquelles les spectateurs avaient vaqués à leurs occupations, mangés à un banquet, et où des acrobates venus de l’Archipel de l’Automne avaient occupés la scène.
Elisif avait fait un discours pour féliciter les vainqueurs des épreuves précédentes. Celui-ci venait de se terminer.
Les gradins se remplissaient de nouveau. La place avait été dégagée pour laisser les participants se placer.
L’épreuve se déroulerait en cinq étapes : Tir couché, tir sur une cible mouvante, tir derrière un bouclier, tir à cheval, et enfin, tir debout, sur une cible très lointaine. La partie la plus difficile, basée sur la précision pure.
Les concurrents entrèrent dans « l’arène », en fil indienne, et se placèrent face à la jarl de la cité. Ils étaient une vingtaine. La majorité était composée d’Elfes des Bois. Tous étaient vêtus de la même façon, une tenue de cuir légère prêtée par les organisateurs du concours. En revanche, la règle était claire :
Les participants concourraient avec leur propre arc et leurs propres flèches.
Dans les gradins, les spectateurs acclamèrent leurs favoris. Trois noms retentissaient particulièrement forts : Gaelyo le « Perce-Cœur », un jeune Bosmer qui arpentait les concours d’archerie à travers Tamriel depuis quelques années et qui avaient accomplis quelques fameux exploits. Il s’était fait un nom dans le Sud du continent et était maintenant célèbre un peu partout.
Le deuxième nom était celui de Zwee-Toï, un mercenaire Argonien dont le passé d’assassin était connu de tous. Il était venu avec un magnifique arc long en verre et son carquois débordait de flèches. Il était particulièrement bien équipé et semblait motivé pour détrôner le champion en titre de l’épreuve.
Celui-ci se trouvait au centre des participants. C’était le favori du tournoi. Un Dunmer au regard profond, les cheveux nattés. Il portait un ruban rouge autours du front et tenait dans sa main gauche la dernière coupe qu’il avait remportée, trois ans plus tôt, sur la même place. Helleniste, le maître archer qui avait tué douze brigands à l’Est de Morrowind, et ce, avec une seule flèche.
Une légende dans le milieu. Il était pourtant assez vieux. Une rumeur disait qu’il aurait bientôt trois-cent ans. Il était rare, même pour un Elfe, de vivre aussi longtemps, surtout pour quelqu’un comme Helleniste qui avait parcouru Tamriel de long en large et affronté des dangers incommensurables.
Et fondu dans la masse, Roderick, paraissant bien faible face aux autres concurrents avec son arc de chasse et ses flèches d’acier. Pourtant, il n’avait pas l’air inquiet. Pour l’occasion, et contre toute logique, il avait détaché ses cheveux et ceux-ci tombaient sur ses épaules. Une erreur de débutant, sans doute, car il était bien connu qu’un archer qui avait ses cheveux dans les yeux en pleine bataille était un archer mort.
Elisif salua les participants et l’épreuve débuta.
Le tir en position couché, d’abord. Les vingt archers s’allongèrent au sol, à une quinzaine de mètre de leurs cibles respectives, et orientèrent leurs arcs horizontalement. Ils encochèrent chacun leur flèche et bandèrent leur arc. La règle était très stricte sur ce point, chaque participant devait tirer au même moment, du moins pour la première étape.
L’arbitre donna le signal et vingt traits fusèrent dans les airs et se fichèrent dans les cibles. Personne ne rata sa cible mais les cinq concurrents qui étaient le plus éloignés du centre furent éliminés. C’était une épreuve simple. La difficulté irait croissante.
Sous les encouragements du public, la seconde étape débuta. Chaque archer fut placé en face d’une pendule, à la même distance que précédemment. La cible, un sac bourré de paille, se balançait à un rythme régulier.
Les quinze concurrents bandèrent de nouveau leurs arcs et lâchèrent la corde, au moment où le cri de l’arbitre retentissait. Là encore, aucune cible ne fut manquée. L’étape recommença six fois avant qu’un concurrent ne se déconcentre et manque le sac de paille. Les archers durent réitérer leurs tirs jusqu’à ce que cinq concurrents soient éliminés.
Le soleil disparaissait à l’horizon quand la troisième étape débuta. On distribua des boucliers à bande, large et lourds. Les participants, maintenant dix, les plantèrent dans le sol avant de s’agenouiller derrière.
Le tir était compliqué. D’abord, le bouclier gênait considérablement la vision. Ensuite, la cible était maintenant éloignée de trente mètres. Enfin, les spectateurs surexcités déconcentraient les tireurs à cause du vacarme. Cependant, Helleniste, le champion, n’avait l’air nullement inquiet. Il se contenta d’encocher sa flèche et d’attendre tranquillement.
L’arbitre donna le signal.
Quatre cibles furent manquées. L’étape recommença, comme le voulait la règle, pour qu’au moins cinq participants soient éliminés. L’arbitre leva la main avant de l’abaisser en criant.
A la grande surprise de tous, ce fut Gaelyo qui craqua sous la pression et qui rata son but. Gêné par le bouclier, il ne s’était plus concentré sur le vent et sa flèche avait dévié pour ricocher sur la cible et se perdre au loin.
L’Elfe des Bois se leva, très digne, et félicita ses adversaires avant de s’éloigner.
Il ne restait plus que cinq archers en lice, dont Roderick, qui avait remporté toutes les étapes précédentes, haut la main, sans jamais se départir de son sourire.
Les quatre autres étaient Helleniste, bien entendu, Zwee-Toï, l’Argonien, un Impérial musclé et un Bosmer anonyme encore plus jeune que Gaelyo.
Le tir à cheval, une épreuve particulièrement complexe, allait commencer. Cette fois, les tireurs passeraient tour à tour. A dos de cheval, ils devraient tourner en rond autours d’un poteau en bois surmonté d’une pomme. Au signal, ils devaient simplement décocher une flèche et déloger la pomme de son perchoir.
Le forgeron qui avait réparé l’arc de Roderick était dans les gradins. Il avait misé deux-cent septims sur Helleniste et était sûr de son coup. Le Dunmer était propriétaire d’une écurie en Morrowind, dans sa jeunesse, avant de partir sur les routes avec son arc. A dos de cheval, c’était le meilleur.
L’Argonien risquait d’être tout de même dangereux pour la finale, car il ne faisait aucun doute pour le forgeron que celle-ci serait disputée par les deux favoris. Zwee-Toï, en tant que mercenaire, avait l’habitude de combattre sur une monture lancée au galop. Il ne perdrait pas cette épreuve.
Le forgeron était tout de même surpris que son client, le Bréton, dont il avait oublié le nom, ne soit toujours pas éliminé. Dire qu’il avait prévu de le voir quitter l’épreuve dès le tir sur cible mouvante…
L’étranger se débrouillait bien. Il avait des appuis sûrs, des gestes précis et solides, et un équilibre parfait. Le forgeron avait été impressionné par ses tirs, derrière le bouclier.
Le forgeron avait été formateur pour l’armée Impériale, dans le temps, pour les jeunes archers. Il avait une certaine expérience. Et son œil acéré avait repéré le talent, dans ce jeune homme.
Mais ce qui le surprenait, c’était le sourire de Roderick, qu’il affichait depuis le début de l’épreuve.
Le sourire de celui qui était certains de gagner.
Roch : Je vais aller voir.
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Nul, nul nul! ![]()
sa me donne envie d'avoire la suite.
Petite faute de tas part. Un elf(surtout les hauts elfs) peuvent vivre près de 1000 ans. Il est donc relativement jeune s'il a 300 ans. Mise a pars sa je me demande si rodecrick va gagner. Je pence que oui.
Je t'arrete là. Les Elfes peuvent vivre jusqu'à mille ans s'ils sont en TRES bonne santé ( peu de maladies contracté, mental et physiques robustes ) et s'ils survivent jusque là, ce qui est extremement rare.
Un Elfe de 300 ans est tout a fait acceptable.
bon après, précison que ses un exploi en bordeciel.
J'hésite à vous poster le chapitre trois tout de suite.
Poste un chap un par un jour par jour et attends demain. ![]()
Post en 2 demain pour le nouvelle ans(non ses pas parce que je veux absolument la suite sous peine de planté une de mes 5000 dague de fer dans le coeur de l'auteur)
5000 dague de fer: nombre aproximatif de dague a obetenir avant d'atteindre le niveau 80 90 en forge.
Chapitre 3 :
L’Impérial musclé était le premier à passer. Il monta sur son cheval, un étalon noir, d’un bond gracieux, malgré sa carrure, et saisit les rennes. Il talonna sa monture, la lançant à toute vitesse autours de la poutre de bois.
Les yeux plissés, il fixa la pomme à son sommet.
Chaque participant avait trois essais. Il n’y avait pas de nombre d’éliminé obligatoire pour cette étape. Il se pouvait même que la finale se déroule à cinq.
L’Impérial tira deux traits. Le premier rata largement la cible, le second se planta dans la poutre avec un bruit mât. Il fit une grimace et décocha sa troisième flèche. Celle-ci frôla la pomme et alla se ficher au pied des gradins.
L’Impérial stoppa son cheval et descendit avec rage.
Le forgeron ricana. L’Impérial avait du potentiel mais il avait gâché son premier essai en étant pas assez concentré. Moins sûr de lui, il aurait pu se qualifier. Dommage.
Zwee-Toï passa en deuxième. Il lécha ses lèvres écailleuses et lança sa monture. Une seule flèche lui suffit, décochée à la volée. Elle pulvérisa la pomme et la coupa en deux.
Les spectateurs se levèrent, dans les tribunes, et hurlèrent de joie.
Le mercenaire leva le poing en l’air avec un air triomphant. La victoire lui semblait acquise. Le forgeron se mit à douter et regretta de ne pas avoir mis au moins quelques septims sur le guerrier lézard.
Le Bosmer anonyme passa en troisième. Sa prestation fut médiocre. A cause de la pression ou de son manque d’expérience, ou tout simplement du fait qu’il ne savait pas monter, donc de son manque de préparation, aucune de ses flèches ne toucha ne serait-ce que la poutre en bois.
Il sortit de l’arène avec un regard abattu.
« Bah, pensa le forgeron, il est jeune, il a toute la vie devant lui pour s’améliorer. A son âge, il est déjà incroyable d’avoir atteint l’avant-dernière étape de l’épreuve. On le reverra à coup sûr dans trois ans. »
Roderick monta sur son cheval en quatrième. Il caressa son arc et sourit de plus belle.
Le forgeron se surprit à retenir sa respiration.
Le Bréton talonna son cheval et se mit à tourner autours du poteau. A la surprise du public, il décocha sa flèche par terre, intentionnellement. La deuxième aussi.
-Il est fou ! fit un bourgeois assis à côté du forgeron. Ce jeune prétentieux a gâché ses deux premiers essais ! Il est si sûr de lui ?!
-J’espère qu’il va échouer, lança un autre. Ca lui apprendra.
-Eh, fais dégonfler tes chevilles ! hurla un homme ivre à une dizaine de mètre, à l’intention du Bréton.
-Attendez, dit le forgeron. Il a l’air confiant.
-Il va la rater, dit une grosse Nordique en se frottant les mains.
-Il va réussir, répliqua quelqu’un.
-Non
-Si.
Les paris fusèrent.
Roderick souriait toujours.
« Mais quel est donc son nom ? se demanda le forgeron. Je ne m’en souviens plus. »
Le Bréton encocha une flèche, leva son arc, ferma un œil et tendit sa corde au maximum. Les spectateurs se turent. La tension était à son comble.
Roderick ouvrit les doigts. La flèche quitta son arc et traversa l’arène avant de se ficher dans le sol.
La pomme tomba de la poutre et roula sur les pavés.
Un trou au milieu.
Les spectateurs se levèrent comme ils l’avaient fait avec l’Argonien. Les hurlements retentirent longtemps. Roderick remit son arc en bandoulière, vérifia que son carquois tenait dans son dos et sauta de son cheval.
Il se rangea aux côtés de Zwee-Toï. Celui-ci lui serra la main.
-Toi tu sais faire le spectacle, dit le mercenaire.
-Ha ! Ha ! fit le Bréton.
Le calme revint.
Le dernier concurrent s’avança. Helleniste, le Dunmer. Il flatta l’encolure de son cheval et lui souffla quelques mots à l’oreille avant de s’installer sur la selle. Il prit son arc et, comme ses rivaux, fit s’élancer son destrier.
La scène se déroula très rapidement.
Helleniste attendit de se trouver dans l’angle idéal. Il se dressa sur ses étriers et tira. Son cheval ralentit et se stoppa. La pomme avait été clouée à l’autre bout de l’arène par la flèche de l’Elfe Noir. Le forgeron en avait le souffle coupé.
-Du grand art, murmura-t-il. Du grand art. Son tir était parfait.
Les trois vainqueurs de l’épreuve se réunirent au centre de la place. Elisif leur souhaita bonne chance pour la dernière épreuve, le tir de précision, mais annonça qu’une petite pause allait avoir lieu afin de laisser le temps aux concurrents de se préparer et les organisateurs du tournoi de distribuer de chopes d’hydromel gratuites dans le public.
-De la part du Ragnard Pevers !
Zwee-Toï alla rejoindre son écurie, une petite tente verte à l’écart de la place. Là, ses collègues lui donnèrent des conseils, lui parlèrent, le conseillèrent. Helleniste fit de même dans sa propre tente mais préféra méditer plutôt que de discuter. Roderick était le seul des trois à ne pas avoir d’équipe.
Il alla s’asseoir dans un coin et écouta les bardes chanter.
Finalement, Elisif se leva.
-Les trois participants sont priés de se réunir au centre de l’arène. La dernière partie de l’épreuve va débuter.
C'est juste génial bien jouer
Juste une chose, il y aura combien de chapitre ?
Je vois mal un forgeron forger un arc m'enfin...