C´est à l´aube que nous les repérions. Ils étaient encore loin, à plus d´un kilomètre de notre château prit précédemment dans une de nos plus belles réussites. Si nos informations étaient exactes, ils seraient en nombre deux fois plus, équipés d´une dizaine de catapultes et sans doute un bélier. Pour couronner le tout, ils étaient accompagnés d´une dizaine de magiciens. Je n´avais cependant pas peur ; j´étais plus fort que jamais ; désormais, je n´aurais plus à avoir peur de ces chiens de magiciens soumis à un peuple de traîtres.
J´étais un Ombre, et un Ombre n´a peur de personne. Mes capacités avaient décuplé : maintenant, je possédais une force et une agilité très largement supérieur à un elfe. Mes sorts devenaient de plus en plus puissants, et je m´épuisai de moins en moins vite. Le nouvel anneau, que je portais à l´index m´assurait une maîtrise presque totale d´un élément, celui du feu. Mes futurs conquêtes me permettraient peut-être d´acquérir d´autres anneaux. Mon apparence physique avait aussi été modifiée : j´étais plus musclé, d´où ma force supérieur à celle que je possédais il y a quelques temps. Ce qui me rassura, c´est la fidélité nouvelle de mes hommes ; je ne leur inspirait pas de crainte, et c´est ce qui comptait le plus.
Quelqu´un toqua à la porte, et apparut Calendula, l´elfe qui m´avait sauvé la vie dans notre dernière mission.
- Maître, nos ennemis arrivent. Dois-je ordonner l´exécution de vos ordres ? dit-il.
- Faites. Que nos archers se positionnent, que les Kulls préparent leurs armes et leur armure, que les elfes aillent chercher les stocks de flèches pour que nos ennemis n´ont aucun temps de répit. Le débit de flèches doit être continuel, sans interruption.
- Bien, maître.
- Cesse de m´appeler ainsi, car tu m´as aussi bien appris.
Calendula acquiesça et sortit de la chambre. Soupirant une dernière fois, je sorti à sa suite et montai jusqu´à l´intérieur du château. J´y trouvai une belle pagaille : des archers courraient partout, certains cherchant leurs arcs, d´autres ne se rappelant plus quelle position ils devaient prendre. Après une demi heure de remue ménage, la poussière retomba sur le sol et chacun des archers étaient prêt.
Avec mes propres hommes et les renforts de l´Empire, les archers étaient au nombre de deux cents. Les magiciens adversaires auraient bien du mal à détourner nos volées de flèches. Nous devions continuellement les bombarder pour qu´ils faillissent et laissent des volées de flèches tomber sur ces insolents.
Deux cents Kulls se tenaient devant l´entrée, armés jusqu´aux dents et prêts comme jamais. Mais le gros de mes troupes se trouvaient chez les elfes noirs, au nombre de cent.
Je dirigeai les opérations, et tout se passait pour le mieux, pour l´instant. Cependant, je ne comptai pas rester là, cloîtré dans ce château, pendant la durée du combat. Je sortirai voir l´étendue totale de mes pouvoirs, en compagnie de mes fidèles elfes. Je montai l´escalier qui menait à la tour principale, et j´observai les troupes adverses se rapprochant. Estimant qu´avec ma nouvelle force et ma précision je pouvais déjà les atteindre de là, je sorti mon arc, et préparai un tir. Je visai dans le tas, et la flèche siffla dans le ciel. Elle finit sa course sur un nain, en plein milieu de leurs troupes. Je perçu la panique dans les rangs, et je fus très satisfait ; un avantage psychologique de gagné.
Je descendis au centre du château, et criai à mes hommes :
- Ces sales traîtres approchent, commençai-je en désignant les troupes ennemies. Nous sommes chez nous ! Pas question de perdre !
J´attendis que les hurlements de motivations cessèrent pour continuer :
- Nous devons tenir cette position. Beaucoup d´entre vous étaient là quand nous avions prit le contrôle de ce château au prix de nombreuses vies ; pas question de le perdre maintenant ! Battons nous, au nom de l´Empire et de nos peuples ! A moi, mes frères !
Des cris pleines de rage et d´envie de se battre viennent accueillir ces dernières paroles.
" Nous gagnerons " me rassurai-je.
Cinq minutes passèrent avant que les troupes soient à portées de tirs. Des volées de flèches s´envolèrent dans les airs, mais se heurtèrent à la protection des magiciens ennemis. Pas le moins du monde étonnés, les archers rechargèrent et recommencèrent ; en vain de nouveau. Cela dura une vingtaine de minutes avant d´avoir un résultat satisfaisant. Les magiciens ennemis, débordés, commettaient des incohérences et des bataillons entiers mourraient sous nos traits mortels. L´armée de nains n´étaient plus qu´à deux cents mètres de nos remparts ; les Vardens suivaient, quelques centaines de mètres plus loin.
- Ouvrez les portes ! Kulls, chargezzzzzz ! Que vos lames brillent du sang de vos ennemis ! Ordonnai-je.
Je reçu comme réponses des mugissements graves. Les portes s´ouvrirent, et les Kulls se précipitèrent à l´extérieur. Je ressentis un pincement au coeur en les voyant partir sans moi, mais il passa rapidement : on avait besoin de mes ordres ici.
Je montai à nouveau à la tour, dans l´optique cette fois-ci de voir comment mes Kulls se débrouillaient. Ils étaient à l´abri d´une attaque magicienne, nous les protégions à distance. La collision ne se fit pas attendre ; c´était impressionnant d´observer la différence de gabarit entre les Kulls, ces grands guerriers ayant deux têtes de plus qu´un homme de taille normale, ces Kulls également dotés d´une puissante musculature capable d´abattre à elle seule un ours. Puis les nains, faisant la moitié d´un homme mais ayant une force physique presque égale à celle des Kulls. Cependant, les Kulls dominaient les nains, malgré que ces derniers soient une centaine de guerriers de plus. Le combat fit rage est dura toute la matinée. Au final, ce fut les nains qui l´emportèrent, mais leur armée était détruite.
" Résultat mitigé... " pensai-je.
L´armée des Vardens étaient à leur tour à quelques trois cents mètres de nos remparts ; mais ceux ci étaient plus de deux fois supérieurs en nombre, regorgeaient d´une dizaine de magiciens et étaient équipés d´une dizaine de catapultes accompagnées d´un énorme bélier.
" La bataille commence vraiment... "
- Archers, montrez leur ce que vos flèches ont comme puissance ! A l´attaque !
De nouveau, des séries de volée de flèches émanèrent du château pour, soit se briser contre les remparts de magiciens, soit pour percer les défenses de ceux ci et abattent des Vardens. Mais bientôt nous furent à court de munitions ; le résultat fut néanmoins satisfaisant. Une centaine de Vardens avaient péri. Sûrement que les magiciens voulaient économiser une partie de leur énergie pour le combat final.
" Cent elfes et moi même, contre six cents Vardens et dix magiciens. La tâche s´annonce ardue, voire irréalisable... Nos renforts n´arriveront que ce soir, au coucher du soleil... Nos archers ne possédaient plus assez de munitions pour les bombarder continuellement, aussi décidions nous de les conserver pour plus tard... Allons nous battre, guerriers, et que la chance soit avec nous... "
- Rouvrez les portes !! A moi, elfes ! Battons nous ! Montrons leur qu´ici c´est chez nous ! En avant !
Et je sortis, le premier d´une longue et redoutable armée qui suivait derrière moi.
Ils arrivèrent. Moins de vingt mètres nous séparaient. Je décidai d´utiliser du pouvoir de mon anneau.
- Knifr Brisingr ! [ Traduction : Épée de feu ]
C´est avec une grande satisfaction que ma lame s´enflamma, sans lui causer aucun dommage. J´étais protégé par mon anneau des flammes, donc je ne risquais pas de me brûler.
- A l´attaque !
Je chargeai le premier ; un grand soldat maigrelet fit les frais de mon premier coup : sa tête s´envola et brûla un peu plus loin. Certains soldats, horrifiés, eurent un mouvement de recul qui leur fut fatal : j´en profitai pour les attaquer en compagnie de deux autres elfes. Malgré que des dizaines de soldats étaient par terre, sans vie, la tâche paraissait désespéré. A chaque duel gagné face à un soldat, un autre prenait et sa place. Nous reculions au fur et à mesure. Sans était trop : je me mis derrière mon armée, et recherchai des magiciens. J´en localisai un premier au bout de quelques minutes. Je perçai violemment ses défenses, et avant de le tuer je découvris quels hommes ils protégeaient. Je l´achevai avec un des douze sorts fatals, et tuai avec le même sort la cinquantaine d´hommes qu´ils protégeaient. Ce fut impressionnant de voir autant d´hommes tomber d´un coup, sans vie. Mes elfes crièrent de joie et repartirent combattre de plus belle. Fatigué par l´effort, je me régénérai avec l´énergie stockée par ma ceinture et repartais combattre. Nous prenions enfin un avantage, mais d´un coup d´énormes pierres tombèrent du ciel et s´abattirent sur mes hommes. Les dégâts furent conséquents, dix elfes périrent n´ayant eut le temps de se protéger. Enragé, je cherchai la source de ses armes lourdes et envoyai cinq elfes les détruire. Cette attaque nous avaient prit au dépourvu et nous reperdirent le terrain durement gagné. Le soleil commençait à finir sa course dans le ciel, et nos effectifs diminuaient de minutes en minutes...
Nous n´étions plus qu´une trentaine contre trois cents hommes déchaînés par l´envie de vaincre pour la première fois de l´histoire une armée d´elfes.
Thrysta Vindr ! Criai-je.
Une boule d´air compressée, très largement supérieur en volume que mes dernières tentatives, s´éleva dans les airs et vint heurter nos ennemis qui s´envolèrent pour retomber inconscient plus loin. En tout, cinquante hommes avaient été touchés par le sort, mais celui ci avait utilisé plus d´énergie que prévu. Je tombai contre le sol, haletant. Mes elfes, remotivés mais fatigués, reprennaient tant bien que mal le combat. Nous étions épuisés. Certains elfes s´écroulaient de fatigue sur le sol, à la limite de l´inconscience. Nous étions perdus.
Décidé de laisser échapper un dernier sort, je me concentrai sur le plus puissant que je pouvais composer. Celui-ci enfin trouvé, je commençai la formule quand la panique prirent les rangs ennemis. Ils étaient prit à revers !
" Les renforts ! Comment avais-je pu les oublier ?! ".
Épuisé, je me contentai de regarder : quelques centaines de cavaliers affluaient et repoussaient nos ennemis. Nous allions enfin gagner. Continuant nos efforts, nous réduisions considérablement leur nombre. Certains soldats essayèrent même de fuir, en vain. Nos cavaliers étaient mobiles, ne restaient jamais à la même position, et réduisaient en poussière les derniers espoirs des soldats. Bientôt, il ne restait plus que leur corps qui gisaient sur le sol. Nous avions vaincu, mais c´était tout juste. Il ne restait plus qu´une dizaine d´elfes et cent cavaliers. S´ils avaient été ne serais-ce qu´une centaine d´hommes de plus, nous étions perdus. Mais la victoire était là, il fallait s´en contenter.