Bon, ben pour les rares que ça intéresse, voici la fin du chapitre 2 qui vous présente d´autres protagonistes. Bonne lecture.
Quel boucan ! Les élèves s’en donnaient à cœur joie. La grande salle illuminée de mille feux bruissait mieux qu’une ruche peuplée d’abeilles en folie. Pourtant, lorsque l’homme aux cheveux de neige apparut dans sa robe bleu foncé, un silence pesant s’installa. Les murmures s’élevèrent à la fois inquiets et surpris. Tentant de contrôler sa nervosité sous cet examen attentif de sa personne, Harry se dirigea vers les autres professeurs déjà attablés où le sourire rassurant de Neville le réchauffa, moins cependant que les yeux de velours azur dont Miss Baddream le couva. Heureusement la curiosité des étudiants céda aux joies des retrouvailles et, très vite, le brouhaha reprit gaiement.
Le professeur de DCFM, engoncé dans une robe verte à paillettes argentées rejoignit l’estrade, la moustache frémissante :
« Ça s’est bien passé, pas de noyés, rit-il. Ils vont arriver. »
Effectivement, la double porte s’ouvrit, livrant le passage au petit troupeau apeuré conduit par Hermione flanquée de la future retraitée. Le cortège s’émaillait de la présence translucide des quatre fantômes de Poudlard, de quoi en effrayer plus d’un. La première idée qui vint à l’esprit de Harry fut que ces novices étaient vraiment très jeunes ! Lui aussi avait-il eut cette allure timide, cette expression anxieuse sur un visage pâle ? Regroupés au centre de la pièce, ils ne payaient pas de mine, ces sorciers ! Les plantant sur place, leurs accompagnatrices poursuivirent leur route jusqu’à leurs collègues. Mrs McGonagall, d’un signe de tête, accorda à Hermione d’installer un tabouret sur lequel trônait un vieux chapeau rapiécé, peu reluisant. Brusquement, le couvre-chef s’anima, une déchirure se forma ; un chant retentit :
« Les uns vont, d’autres reviennent
Toujours ils se souviennent
Qu’unis est de rester
Pour notre plus grand intérêt.
Gryffondor, Poufsouffle, Serdaigle, Serpentard,
Vous êtes tous de Poudlard.
Dans quatre maisons vous répartirai
C’est mon rôle, m’y conformerai.
Nous vivons une période de paix,
Ne tient qu’à nous que d’y rester.
Une aube nouvelle se dessine,
Sombre, cruelle, voire assassine.
C’est pourquoi je vous engage de tout cœur,
À fêter notre bien-aimé directeur ! »
Les paroles sibyllines jetèrent un froid que dissipa très vite Mrs McGonagall qui applaudit vivement, imitée par les autres. Le Choixpeau magique salua la ronde. La répartition commença. Hermione déroula un rouleau de parchemin :
« Quand j’appellerai votre nom, mettez le chapeau sur votre tête et asseyez-vous sur le tabouret. Je commence : Boot Tatiana ! »
Une blondinette rougissante s’avança. Le chapeau l’effleura et annonça :
« Poufsouffle ! »
Ovationnée comme il se devait, la demoiselle partit telle une flèche rejoindre ses condisciples.
Un à un les enfants se présentèrent. Harry ne s’étonna pas trop de la similitude des patronymes entendus. Dean, Dubois, Finch-Fletchey… Incroyable. C’était réellement l’ancienne génération de Poudlard qui revenait en force, cette année !
Quand un Goyle Michael aborda le tabouret, le directeur crut être victime d’une hallucination devant ce garçonnet gras et lourdaud qui fut envoyé à Serpentard. Son père, à n’en pas douter ne pouvait être que Grégory Goyle !
Le nom suivant le fit sursauter :
« Lupin John ! »
Quel garçon extraordinaire ! Cheveux tirant sur le gris fauve, des traits indéfinissables comme s’ils changeaient à volonté, il se dégageait de cette physionomie un curieux alliage de grâce et de… sauvagerie !
Ardent, le gamin enfila le chapeau :
« Gryffondor ! »
Ému, un œil à Hermione lui confirma ses soupçons : ce Lupin était le ou l’un des fils de Tonks et de Remus.
Mais les surprises n’étaient pas terminées. Quand retentit le nom de :
« Malefoy Dragona ! »
Harry dût secouer la tête face à la petite demoiselle pincée qui s’avança sans battre de ses cils incolores. Immédiatement expédiée à Serpentard, lui succéda :
« Malefoy Sirius ! »
Le directeur fut heureux d’être assis, il en serait tombé de saisissement : des jumeaux ! Sacré Drago ! Le rejeton mâle était l’opposé complet de sa sœur. Grand, un peu timide sous sa toison d’or pâle, il sourit franchement quand le verdict tomba :
« Serdaigle ! »
Divers candidats se répartirent encore. Avec un pincement au cœur, Harry réalisa qu’aucun Potter n’avait été cité. La branche était sciée… irrémédiablement. Le ton étranglé de Hermione l’obligea à sortir de ses sombres pensées :
« Weasley Adrien ! »
Interloqué, Harry admira le fier produit de l’union de Bill et Fleur. Extraordinaire ! D’allure léonine, un pur profil, ce garçon ne laisserait pas indifférent les filles de l’établissement.
« Notre dernière étudiante : Weasley Lou-Anne ! »
Un second Weasley ? Chamboulé, Harry s’attendrit en contemplant la joyeuse gamine bondissant sur le siège.
« Gryffondor ! » accorda le Choixpeau au plus grand plaisir de la demoiselle aux longs cheveux roux qui se précipita à sa table.
La tâche de Hermione s’achevait, la sienne débutait. Il se leva ouvrant les bras comme pour étreindre l’ensemble des attablés :
« Bienvenue, chers enfants ! Bienvenue à tous ! Ce jour est celui d’une grande joie puisqu’il nous réunit sous ces voûtes mémorables. Il est aussi celui d’un peu de tristesse car notre chère directrice nous quitte pour une retraite amplement méritée. En son honneur, j’aimerais que nous lui témoignions notre profonde reconnaissance pour tout ce qu’elle nous a apporté ! »
L’assistance se mit debout et, à tout rompre, applaudit une Mrs McGonagall en pleurs. Elle se redressa, s’épongea les yeux :
« Merci ! dit-elle simplement. Ces années en votre compagnie ont été riches d’expériences. Celles à venir, sont entre de bonnes mains, j’en suis certaine. ! »
Harry et Minerva échangèrent une ultime accolade qui clôtura la passation de pouvoirs. Un denier salut, l’ex-directrice s’en fut.
« Sur ce, je n’ai que deux mots à vous dire : bon appétit ! »
Harry s’installa devant la table garnie magiquement.
« Les elfes travaillent toujours aussi bien ! souffla-t-il à Hermione en se servant copieusement. J’ai vu Dobby, aujourd’hui. Merci de me l’avoir envoyé.
- Je n’allais pas te laisser mourir de faim ! rit-elle. D’après ton assiette, ça suffisait à peine. Que penses-tu de nos recrues ? Surprenantes, n’est-ce pas ?
- Je pensais vivre à rebours ! Ce sont réellement les enfants de…
- Les Malefoy c’est clair, non ? Le fils que Remus et Tonks ont fini par procréer après trois avortements spontanés, tu te rends comptes ! Son dossier comporte des annotations à considérer sérieusement.
- Il serait… ? s’effara Harry.
- Pas complet… Tout comme Adrien ! Nous devrons surveiller ces deux-là.
- Pas la fillette ?
- Ce n’est pas sa sœur, mais… sa cousine, regarde les dates de naissance.
- Ne me dis pas… Fred ? Georges ?
- Non, s’assombrit Hermione. Les renseignements la désignent comme étant la fille de… Ron. »
Sous le choc de la révélation, Harry compatit pleinement à ce que ressentait Hermione. Cette petite fille aurait pu être… la leur, et le fait qu’elle était née quelques mois à peine après Adrien, prouvait que Ron n’avait pas perdu de temps à remplacer son épouse, voire anticipé son départ. D’un élan de tendresse vers cette jeune femme meurtrie, il lui prit la main où il posa ses lèvres. Hermione se mordit les siennes, les yeux embrumés :
« Ça va aller ! J’ai mal, mais ça ira. »
Noyés dans leurs propres émotions, ils ne remarquèrent pas les regards lancés dans leur direction. Si la plupart reflétaient de la sympathie, ils étaient loin d’obtenir l’unanimité.
Le repas s’acheva, Harry rendossa ses fonctions directoriales pour clôturer les agapes et inviter la jeunesse à monter aux dortoirs sous le contrôle des préfets. La journée avait été longue, il n’avait pas dérapé, mais se sentait vanné. D’un pas lourd, il gagna sa chambre.