Vu l´enthousiasme général
je poste la suite.
Quand, au matin, Harry gagna la cuisine, il se sentit un peu gêné d’être le dernier à être descendu. Mrs Weasley se précipita aussitôt sur lui :
« Assieds-toi, mon chéri ! As-tu bien dormi ? Que désires-tu, des œufs, des flakes, des toasts ? »
Harry optant pour des œufs, il s’assit à la table où les autres papotaient avec animation.
« Tu seras ravissante en or pâle ! insistait Fleur devant une Ginny fermée. Bien sûr, Gabrielle aurait désiré du rose, mais…
- Avec mes cheveux carotte, cela aurait fait tache, je suppose ! Pourquoi pas du bleu ? Sa tignasse blonde s’en accordera autant que la mienne, non ?
- Du bleu… réfléchit Fleur en papillonnant de ses longs cils, pourquoi pas ? C’est une excellente idée ! Je vais immédiatement communiquer le changement à ma mère, elle sera ravie. »
Fleur se leva précipitamment pour s’éclipser vers l’étage, suivie de l’œil attendri de Molly.
« Cette Fleur… Comment ai-je pu… »
Mrs Weasley secoua brièvement la tête, et revint poser son regard sur Harry pour, très vite, d’un coup de baguette, commander aux œufs de se briser au dessus de la poêle chauffée.
« Leurs noces seront célébrées dans trois jours ! soupira Molly. Je ne sais pas où je vais trouver le temps de planifier les derniers détails. Tous ces invités et…
- Les parents de Fleur se sont montrés d’une extrême générosité, releva le père de Ron. Si tu consentais à…
- Comment veux-tu que je leur délègue ces formalités ? Heureusement que nos lois imposent aux filles de suivre leur mari, autrement nous aurions été obligés de transplaner jusque-là ; Tu nous imagines, tous, en France ? »
Harry s’évada de ces considérations protocolaires lorsqu’il croisa le regard de Ginny. Le pincement désagréable qu’il ressentit au creux de la poitrine le contraignit à se plonger vivement dans le bol de café que lui avait servi machinalement Mrs Weasley. Il engloutit son petit déjeuner, emmuré dans le chaos de ses idées, ne prêtant qu’une oreille éteinte au ronronnement des autres convives. Ce ne fut qu’au coup de pied que lui décrocha Hermione que Harry sortit de ses tumultes internes :
« Hein ? Que…
- Mrs Weasley te demande si, oui ou non, tu rentres au Terrier avec les autres, murmura très vite la jeune fille.
- Je… Je ne crois pas, non ! J’aimerais…
- Rester seul un moment ! compléta Molly, compatissante. Il est vrai qu’avec les préparatifs de mariage, nous allons tous être débordés, et toi… chamboulé ! Il vaut mieux que tu restes ici, au calme. C’est ce que nous avions prévu, n’est-ce pas, Arthur. »
Mr Weasley, absorbé jusqu’alors par la Gazette du Sorcier, releva brusquement la tête pour approuver vivement, malgré un air de profonde incompréhension.
« Néanmoins, poursuivit sa femme, nous avons pensé qu’un peu de compagnie te serait salutaire. Aussi, si Hermione le désire, elle pourra rester avec toi jusqu’à ce que nous venions vous chercher pour les noces. Qu’en dites-vous ? »
Cette déclaration ne passa pas sans effet : Hermione sursauta, Ron tourna un visage ahuri vers sa mère et Ginny fronça méchamment les sourcils. Harry, lui, se tassa sur son siège :
« Je crois pouvoir me débrouiller sans l’aide de personne.
- Molly n’a pas tord, Harry. Cette maison est si pleine de souvenirs ! À deux, ce sera plus facile à supporter. Vous êtes des adultes, à présent ; donc, suffisamment mûrs pour connaître… »
Hermione et Harry échangèrent un bref regard embarrassé puis Harry toussota :
« À moins que cela ne t’ennuie, Hermione, je serai content que tu restes. »
D’un même mouvement, Ron et Ginny se repoussèrent leur chaise pour rapidement quitter les lieux, la mine aussi boudeuse l’un que l’autre.
« Qu’est-ce qui leur prend ? souffla Harry, médusé. »
Un petit sourire flotta sur les lèvres d’Hermione qui reprit la lecture de sa propre édition de la Gazette du Sorcier.
Lorsque la porte du hall se referma sur le dernier Weasley, Hermione se tourna vers Harry.
« J’espère que tu as compris ?
- Euh… Que Ron et Ginny nous font la tête parce que nous n’allons pas avec eux ?
- C’est ça, rit le jeune fille, et autre chose aussi : nous ne pouvions pas les accompagner ; c’est une histoire de famille ! Molly est très diplomate, elle n’a pas voulu nous le dire directement, mais elle va avoir suffisamment de travail sans deux hôtes supplémentaires qui…
- Ne sont pas de leur famille ! opina Harry, à moitié satisfait. Mais pourquoi… »
Ils avaient rejoint la cuisine où Hermione s’empressa de lui fourrer sous le nez un article qui lui coupa sa question.
« La librairie Fleury et Bott ravagée par les flammes ! Un feu résistant à lAguamenti a complètement détruit cette librairie bien connue du chemin de Traverse. Heureusement, aucune victime n’est à déplorer mais la perte matérielle est telle que l’on se demande où nos chers étudiants vont pouvoir se procurer les livres nécessaires à leur instruction. Des mesures exceptionnelles seront mises en place a assuré le ministre Scrimgeour afin que la rentrée scolaire se passe au mieux. Suite en page 5 »
Harry feuilleta le journal pour y lire avidement la suite, puis le referma .
« Pas un mot sur l’enquête ! J’ai épluché tous les articles depuis le début des vacances et je n’y ai relevé que de très vagues allusions à la poursuite de Rogue. Tu crois qu’ils le cherchent vraiment ?
- Oui ! Un crime pareil ne peut rester impuni. Malheureusement… Tu étais le seul témoin, et tout le monde connaît ton aversion pour Rogue, donc…
- On ne me croit pas ? s’étrangla Harry. C’est ça que tu essaies de me dire ? Ils ont pourtant eu la preuve que j’ai toujours, toujours, dit la vérité ! Déjà au retour de Voldemort, on m’a fait passer pour un menteur ; j’aurais cru obtenir plus de crédit cette fois. Et puis, s’il n’avait rien à se reprocher, pourquoi a-t-il disparu de la circulation ?
- Cela prouve que ton témoignage a quand même du poids ! Il n’a certainement pas envie de voir Azkaban de plus près.
- Il y serait pourtant en excellente compagnie, d’autant que la plupart des détraqueurs ont déserté les rangs. »
Rageur, Harry expédia le journal dans un coin. Hermione, voyant son humeur, se mordit la lèvre à la recherche d’une diversion :
« Nous sommes très contents de ta décision de terminer tes études. Tu y reprendras les cours de l’A.D, n’est-ce pas ? Je suis persuadée que de nombreux élèves voudront y participer, surtout après ce combat qui… »
La jeune fille, navrée, constata sa maladresse : Harry paraissait encore plus furieux. D’un haussement d’épaules, il sortit sans un mot.