Pourquoi pas? J´ai assez bien travaillé dessus, donc rien ne s´y oppose.
Suites selon les pages: 463; 466; 469; 471; 473; 475
Chapitre 4 : Une journée mouvementée.
Au matin, Adrien Weasley s’éveilla sous les secousses répétitives dont l’assaillait un de ses compagnons de chambrée.
« Qu’est-ce que tu me veux, John ?
- Il fait jour !
- Ben oui, et alors ?
- Il paraît que la nuit a été mouvementée, c’est Derrick Thomas qui me l’a dit !
- Qu’est-ce qui s’est passé ? » baya Adrien en se relevant.
Son ami lui récita l’histoire incroyable du saccage du couloir.
« On a arrêté le coupable ?
- Non ! Mais je suis très inquiet.
- De quoi ? s’étonna le jeune Weasley.
- Te rappelles-tu ce que tu as fait cette nuit ?
- Je dormais, patate ! Et toi aussi.
- Avec le boucan déclenché, tous les autres sont allés voir… Nous pas !
- On dormait !
- Ce n’est pas normal, on aurait dû se réveiller d’autant que… »
Sous le regard appuyé de John, Adrien baissa la tête et constata…
« Je suis habillé ? J’ai dormi tout habillé ?
- Je l’étais aussi. De deux choses l’une : ou nous nous sommes écroulés sur nos lits, ou… nous avons baladé cette nuit sans nous en souvenir ! »
Effaré, le jeune Weasley comprit l’ampleur de ce dilemme : sorti ou pas ?
Comme il s’y attendait, la grande salle commentait bruyamment l’aventure nocturne. Des rumeurs plus farfelues les unes que les autres circulaient. On parlait d’une invasion de trolls, de vampires et de… loups-garous au point que Harry n’y tint plus. Se levant, il frappa son bol d’un couteau et réclama :
« SILENCE ! Silence, j’aimerais que vous m’écoutiez. »
Le brouhaha cessa mieux que s’il avait prononcé un « bloclang ».
Calmement, il exposa les faits réels :
« Oui, il y a eu un incident la nuit dernière. Nos indices tentent à prouver qu’une créature, encore inconnue, s’est promenée dans le couloir du septième étage où elle a disparu. Les échantillons prélevés ont été expédiés par hibou spécial au département de la justice magique. Des mesures de sécurités seront mises en place au contrôle des corridors. Des rondes seront assurées afin de veiller à ce que nul ne subisse de dommages. Vous pouvez poursuivre votre petit déjeuner. Merci de votre attention. »
Timides, les murmures reprirent puis s’amplifièrent. Manifestement, le discours avait eu l’impact désiré, des sourires fleurissaient de partout.
« Vous avez le mot juste, roucoula Miss Baddream en s’installant près de lui.
- Merci ! dit-il, glacial. Bon appétit !
- Vous partez déjà ? Je finirai par croire que vous m’évitez !
- Absolument pas, mais j’ai d’importantes choses à régler. Excusez-moi ! »
Harry s’éloigna en tentant de donner à son allure une désinvolture qu’il était loin de ressentir.
Lorsqu’il fut à l’abri des regards, il courut se réfugier dans son bureau :
« Cette femme ! clama-t-il en claquant la porte. Un véritable poison !
- Pris à petites doses, certains toxiques s’avèrent souvent de parfaits remèdes, pouffa Dumbledore.
- Je me passerai de celui-là ! soupira Harry en s’enfonçant dans son fauteuil. Que pensez-vous qu’il se soit passé dans ce couloir ?
- J’éprouve les mêmes réticences que toi ! Ces gamins…
- Je les ai vu à l’instant : ils avaient des mines de chiens battus.
- Les chiens ne sont pas des loups ! Tant que tu n’as pas de preuves formelles, tu ne peux les chasser.
- Je m’en garderai bien, mais s’il le faut… »
Maussade, Harry commença à travailler. Des rapports en tout genre s’empilaient sur sa table. Vérifications, décisions, sanctions… On réclamait son avis sur une foule de postes auxquels il n’entendait rien ou si peu.
Quand le tas fut diminué de moitié, il s’octroya une pause en se plongeant dans son journal intime.
Dans le cachot froid et lugubre traditionnel, Miss Baddream passait entre les tables sur lesquelles les chaudrons fumaient. Elle félicita Dragona Malefoy qui avait réussi à donner la couleur orange désirée à sa potion de pousse-cheveux. Par contre, dès qu’elle aborda le récipient de Lou-Anne Weasley, une grimace d’écoeurement déforma ses traits admirables :
« Vous le faites exprès, Miss Weasley ! Ceci ressemble curieusement à de la bouse de dragon. C’est un engrais, certes, mais aucun sorcier doté de raison n’accepterait d’avaler ça. EVANESCO ! »
Le contenu du chaudron s’évapora laissant la rouquine au bord des larmes.
« Le cours est terminé, remplissez les éprouvettes étiquetées à votre nom puis rangez vos affaires et sortez, en silence, bien sûr ! »
Impériale, Miss Baddream évacua le cachot où les élèves obéirent aux ordres. Tristement, Lou-Anne rinça son chaudron. La main secourable de John se posa sur son épaule :
« Ce n’est pas si grave, elle…
- Je ne comprends pas ! Je me suis appliquée ! J’ai coupé et pesé les ingrédients comme il fallait, j’en suis sûre. »
Son cousin cessa ses rangements et s’approcha :
« Tu es certaine de ce que tu dis ?
- Oui ! affirma sèchement la gamine. Je ne suis pas idiote au point de ma vanter inutilement. »
Cette réplique donna une idée au jeune Weasley dont les traits s’éclairèrent :
« Montre-moi ta balance et ta réglette ! exigea-t-il.
- Pou… Pourquoi ?
- Montre ! »
Avec humeur, Lou-Anne exposa ses affaires sous l’œil attentif d’Adrien qui sortit également les siennes.
« Comparons, dit-il. Je place ce, euh… »
Il s’empara d’une plume qu’il posa sur le plateau de sa balance :
« Elle pèse 5grammes et 10 centigrammes. Voyons chez toi ce que cela donne. »
L’objet changea de place…
« Six grammes et 20 milligrammes ! s’écria John. Ta balance est faussée.
- La latte, maintenant. Le penne mesure 5 centimètres et cinq millimètres avec la mienne. Toi, c’est… 4 centimètres et 7 millimètres ! Elle est fausse également ! Où as-tu acheté ces fournitures ?
- Ben, sur le chemin de Tarverse, comme vous !
- Pas étonnant que tu rates tout avec des instruments mal étalonnés. Il faut les réparer. »
Un puissant « Reparo » fut appliqué avant de recommencer les mesures.
« C’est parfait ! s’exclama John, réjoui. Tu ne devrais plus subir ce genre de mésaventures.
- Cela dépend, dit lugubrement Adrien, de qui vient l’arnaque !
- Que suspectes-tu ? s’emporta Lou-Anne.
- J’ai… l’impression que tes instruments ont été faussés… volontairement.
- Par qui ? Pourquoi ? s’étonna Lupin.
- C’est ce que j’aimerais savoir. » conclut le jeune Weasley.
Rassemblant ses effets, le trio quitta la salle, pensif.
Le cours suivant était celui de métamorphose. Arrivés bons deniers, les enfants ne subirent aucune remarque désobligeante de leur professeur, Miss Granger. Celle-ci, selon l’ordinaire, referma simplement la porte derrière eux et enchaîna ses directives :
« Pour ce cours, je ne vous demanderai que de la concentration. Transformer la couleur d’un objet en une autre ne devrait pas vous poser de problème. »
Hermione détailla ce qu’elle attendait de ses élèves. Elle commanda des exercices et ausculta les résultats.
« Tu ne trouves pas que tati est trop cool avec nous, souffla Adrien à l’oreille de sa cousine.
- Tu rigoles ! Elle vient de me mettre un A alors que ce n’était pas si mauvais que ça. Ça ne m’étonne pas que mon père l’ait quittée, elle sait être une parfaite peau de…
- Miss Weasley, cessez vos bavardages ou il en coûtera des points à votre Maison ! » trancha sèchement Hermione.
Nez baissé, la rouquine lança une grimace sans équivoque à son voisin.
Les deux heures suivantes s’égrenèrent dans l’enchaînement des exercices et le grattement des plumes sur les parchemins.
Lupin était incontestablement doué, à chaque coup de sa baguette d’orme, ses pots viraient au coloris désirés. Lou-Anne se débrouillait honorablement, Adrien beaucoup moins mais, quand l’œil sévère du professeur s’attardait sur lui, son sourire désarmant aurait attendri un caillou si bien qu’il ne subit pas de blâmes.
« C’est terminé pour aujourd’hui ! déclara Hermione en entendant la sonnerie. Rangez vos effets sauf le dernier écrit demandé. À demain. Ah… Gryffondor, n’oubliez pas l’entraînement de Quidditch à 17 heures, s’il vous plaît. »
Les élèves se dispersèrent, le professeur de métamorphose rassembla les copies traînant sur les bancs. Elle s’attarda sur celle de Lou-Anne qu’elle dévora des yeux :
« Elle est excellente ! » s’émut-elle brièvement.
Froide soudain, elle appliqua un grand T sur le feuillet. Elle allait le classer parmi les autres annotés quand la porte s’ouvrit à la volée sur une Miss Weasley échevelée :
« Je… Oh ! Excusez-moi, professeur. J’ai oublié… »
Elle visa la latte abandonnée sur son banc et tourna la tête vers la liasse de documents tenus par Hermione. Les yeux de la gamine s’arrondirent de stupeur devant le grand trait rouge qui barrait sa copie que s’empressa de retourner son professeur :
« Inutile de le cacher, siffla la gamine devenue cramoisie. Un T ! Vous avez osé me mettre un T comme si je n’étais qu’un troll ! Vous n’êtes qu’une… Une…
- Allez-y ! cracha Hermione. Aggravez donc votre cas en m’insultant. Je me ferai un plaisir de…
- VOUS N’ÊTES QU’UNE… PAUVRE FEMME DÉLAISSÉE ! » hurla Lou-Anne en s’enfuyant à toutes jambes.