Résigné, Harry suivit Hermione qui poussa résolument la porte délabrée. Tout était exactement dans le même état détestable qu’ils avaient entrevu le jour où Hermione avait décidé d’offrir un cadeau à l’elfe de maison. Le sac-poubelle brandi d’une main, l’autre agitant sa baguette, Hermione commença à débarrasser. Harry, l’imitant, sortit sa baguette, commandant aux rognures de fromage pourri et autres détritus de se loger dans le sac. Un étrange ballet d’immondices dansa dans cette petite pièce qui, peu à peu, s’assainit au grand plaisir de Pattenrond, le chat orange d’Hermione, qui ne cessait de sauter après ces étranges jouets mobiles. Soudain, un objet déplacé par Hermione, attira l’attention de Harry qui l’attrapa au passage, mieux que du vif d’or d’un match de Quidditch. Il le prit et le manipula sous tous les angles alors que la jeune fille l’observait, la mine intriguée.
« Qu’est-ce qu’il y a, Harry ? Nous avons déjà vu ce médaillon, il refusait de s’ouvrir, rappelle-toi !
-Je m’en souviens ! Mais, à l’époque, je n’y avais pas prêté attention. Regarde ! La marque des Serpentards ! »
Hermione cessa d’agiter sa baguette pour se précipiter sur le médaillon, provoquant la chute des nombreux objets en suspension qui faillirent assommer le pauvre Pattenrond.
« Oui, dit-elle d’une petite voix, c’est bien un serpent, ce qui ne signifie pas nécessairement que…
- Mais si ! C’était tellement évident : Regulus Alphard Black ! R.A.B ! C’est lui qui a volé l’Horcruxe. Dire qu’on l’avait vu ; si je m’en étais souvenu quand Dumbledore a émis la possibilité que le médaillon renfermait ce fragment d’âme, rien ne serait arrivé. Il serait encore vivant, et…
- Nous ne savions pas, Harry ! Dumbledore lui-même, ne le savait probablement pas.
- J’aurais dû m’en souvenir quand il m’en a parlé. J’aurais dû ! C’est tellement bête ! »
Mâchoires crispées, Harry tenta de contrôler la fureur mêlée de chagrin qui l’envahissait. Il serrait tellement fort le médaillon qu’Hermione craignit qu’il ne se blesse. D’un geste de baguette au-dessus de la tête du garçon, elle l’apaisa.
« Merci, souffla Harry plus détendu, c’est quoi, ce sort ?
─ Stressout ! pouffa Hermione. Je l’ai étudié spécialement pour des cas semblables. Que vas-tu faire de ce truc ? Je suppose qu’il est illusoire d’essayer de l’ouvrir, à qui pourrions-nous le confier pour le détruire ?
- À personne. Dumbledore m’a stipulé de ne parler à personne – en dehors de mes amis – de ce qu’il avait découvert au sujet des Horcruxes.
- La situation est… différente ! Il est mort, Harry ; ta promesse…
- Tient toujours ! répliqua-t-il en force. S’il désirait conserver le secret… C’est qu’il avait ses raisons. Je n’ai pas la moindre idée de ce que nous devons faire de ce médaillon ; j’espère qu’une conversation avec son tableau m’éclairera. »
Là-dessus, Harry empocha le bijou, et reprit l’assainissement des lieux. Hermione, lui coulant un œil en coin, le seconda dans ces travaux.
Ils passèrent plus d’une heure dans l’ancien antre de Kreattur avant de se décider à explorer d’autres recoins insalubres. La pièce où Sirius avait caché Buck, l’hippogriffe, avait aussi grand besoin d’un récurage en profondeur. Sacs-poubelles et baguettes entrèrent à nouveau en lice. Tête et nez protégés de foulards, les deux amis parvinrent à redonner à cet endroit un semblant de netteté.
Pénétrant le grenier, le chat en tête, Harry se figea immédiatement en remarquant le manège de l’animal. Dos hérissé, babines retroussées, Pattenrond fixait un amas de couvertures en crachant de fureur.
« Qu’est-ce quez c’est que ça ? »
Harry désigna les couvertures emmêlées.
« Quelqu’un a dormi ici ! s’effara Hermione en secouant la tête d’incompréhension.
- Malefoy ! rugit Harry en récoltant un cheveu blond très pâle. Il est venu, il a dormi là ! Ce traître de Rogue l’a introduit ici pour le cacher des Aurors. Nom de nom ! Pourquoi n’a-t-on pas bouclé cette maison en sachant que Rogue en connaissait la formule ?
- L’Ordre du Phénix ayant déménagé, personne n’aura eu l’idée de modifier le mot de passe. Ils se sont installés puis…
- Ils ont fui, tout lâche qu’ils sont ! »
Hermione lui saisit brutalement la manche et le tira en arrière.
« Il… Il faut partir, Harry ! S’ils sont venus, ils peuvent revenir.
- Qu’ils viennent ! cria Harry, les traits illuminés d’une joie sauvage. Je les