Merci à tous pour vos encouragements. Voici une petite suite.
« J’aimerais vérifier si tes progrès en danse sont à la hauteur de ceux que tu as développés contre les Forces du Mal, pouffa Hermione en lui saisissant le bras. »
Contraint, Harry valsa avec son amie qui ne cessait de lui donner des conseils :
« Plus souple, Harry ! Attention à tes pieds… et aux miens ! Tu as vu la tête de Ron ? Il a invité Gabrielle ; elle est minuscule par rapport à lui !
- Il ne digère pas que nous ayons résolu le problème du médaillon, sans lui.
- Ça lui passera ! Au fait, toi et Ginny…
- Peine perdue ! Je ne peux me permettre de l’exposer, tu comprends ?
- Le tout est de voir si tu es plus heureux avec ou sans elle. Réfléchis, Harry ! Pèse le pour et le contre.
- Je n’ai pas arrêté de me torturer l’esprit avec ça ! Elle sera plus heureuse sans moi. Si Voldemort a vent de ma faiblesse pour elle, Ginny sera en danger : je ne peux supporter cette idée.
- Pour les autres Horcruxes, tu penses t’y prendre comment ? La coupe de Poussoufle, sais-tu où elle est ?
- Oui… et non. J’aurais aimé que Hagrid soit ici. Il pourrait s’avérer utile pour cette quête-là.
- Hagrid ? Tu m’étonnes. Je… »
La musique s’arrêtant, les cavaliers raccompagnèrent galamment leur cavalière à leur place. À peine Hermione assise, Ron bouscula Harry.
« Pardon, je ne t’avais pas vu. Hermione, viens danser avec moi !
- Je ne sais pas si Harry acceptera… Il m’a réservé l’exclusivité. »
Ron, furibond, tourna les talons, percuta l’épaule de Harry avant de fendre la foule vers le buffet des boissons.
« Pourquoi lui as-tu dis ça ? C’est complètement faux !
- Tu as encore beaucoup à apprendre sur la psychologie féminine ! ricana derrière lui une voix futée »
Harry pivota, plongeant son regard dans celui de Ginny. Ils se contemplèrent ainsi, en silence, comme si le reste du monde s’était effacé.
« Tu… Tu es très en beauté, s’étrangla le jeune homme.
- Tu n’es pas trop mal, non plus ! » répliqua la rousse demoiselle qui, riant, prit le coude d’Hermione pour s’éloigner avec elle en direction des jeunes mariés.
« Un souci, Harry ? »
Harry tomba nez à nez avec Scrimgeour, le récent ministre de la Magie. Il s’affrontèrent dans le blanc des yeux, puis le ministre sourit :
« Qu’envisages-tu comme carrière, mon garçon ? J’ai cru comprendre que tu rentrais en classe ? C’est une excellente décision, je t’en félicite.
- Pas de quoi ! se renfrogna Harry. Vous n’êtes pas sans savoir que je désire devenir Auror.
- La même voie que tes parents ? Je t’approuve. Si tu as besoin d’aide pour y parvenir, n’hésite pas. »
Harry grommela rapidement une vague réponse, histoire de ne pas paraître impoli, puis se faufila à la recherche de ses amis.
Comme Fleur rayonnait ! Parée du diadème de la grand-tante Muriel des Weasley, son ascendance Vélane en était encore rehaussée, si possible. Bill, selon le profil observé, ne dépareillait pas trop. Qui aurait supposé que ce mariage se fît après l’affreuse mutilation infligée par le loup-garou Greyback ?
« Finalement, l’amour est plus fort que tout, songea Harry bouleversé. Dumbledore avait, une fois de plus, raison.
- Sauf en ce qui concerne Rogue ! objecta une petite voix insidieuse sous son crâne. »
Harry freina ses pensées pour les fixer sur Ron. Coûte que coûte, il devait clarifier la situation avec son meilleur ami car, sans le soutien de ses proches, Harry avait l’impression qu’il n’atteindrait jamais l’objectif visé.
« Ron, je dois te parler ! attaqua-t-il aussitôt qu’il le débusqua en train de s’enfiler une bièraubeurre.
- Et de quoi pourrais-je bien avoir envie de discuter avec l’illustrissime Harry Potter ? Celui qui rafle tous les honneurs, les trophées de Quidditch, et les copines de ses potes ? »
Inutile d’être devin pour saisir que Ron avait abusé d’alcool.
« Ce n’est ni le lieu ni le moment d’une esclandre, Ron ! Accompagne-moi, là-bas, nous pourrons…
- Ne me touche pas ! se dégagea le rouquin en titubant. Je t’ai toujours considéré comme un frère, tu n’es qu’un traître ! »
Ces mots atteignirent Harry, mieux qu’un coup de poing. Il tressaillit, mâchoires crispées, la main droite saisissant déjà sa baguette, sous sa cape d’apparat. L’altercation ne passait pas inaperçue et, déjà, Hermione et Ginny s’interposaient.
« Suffit, vous deux ! cria la plus jeune. Ron, présente immédiatement des excuses à Harry, si tu ne veux pas que notre mère s’en mêle !
- Tu n’as pas toute ta tête, renchérit Hermione. Et c’est… je crois, en partie de ma faute. J’ai menti, tout à l’heure ! Harry ne m’a réservé aucune danse, et…
- Je m’en moque éperdument ! cria Ron, déchaîné. Danse sur l’air que tu veux avec qui tu veux, je m’en contrefiche ! »
Les divers assistants de la scène en restèrent bouche bée. Ron, furieux, s’enfonça dans la foule qu’il bouscula sans ménagement avant de se perdre dans l’obscurité.
« Il est ivre, Harry ! Ne tient pas compte de ce qu’il a dit. Demain, il regrettera…
- Merci Ginny, mais ça m’étonnerait. »
La soirée se termina dans un immense feu d’artifices concocté par les jumeaux Weasley. Ron ne reparut pas, et Harry s’inquiéta sérieusement à son sujet. Dès que les nouveaux époux s’envolèrent sur un balai blanc dont les brindilles scintillaient d’étincelles roses, tous se dispersèrent. La famille de Fleur logerait sous une vaste tente aménagée dans le jardin alors que la majorité des invités transplana vers ses propres quartiers. Harry, maussade, grimpa l’escalier menant à la chambre de Ron. Une longue veille s’installa. Étendu tout habillé sur son lit, les secondes, minutes, heures, s’écoulèrent sans changement, puis…il s’endormit.