voila le debut d´un ouveau chapitre, vous verrez comment harry va revivre malgré les traces psychologiques qu´il à recu ! bon voila bonne lecture !
chapitre IV : Le réveil
Ginny sentit la main de Harry se crisper autour de la sienne.
"NOON !! !", hurla-t-il.
Ginny redressa et le regarda. Il avait ouvert les yeux, et une fois de plus, elle se retrouva plongée dans le regard émeraude. Malgré le désespoir qu´elle y lut et qu´elle venait de partager, elle ne puit s´empêcher de soupirer de soulagement. Il était vivant !
Mais déjà, il a refermé les yeux et a détourné la tête. Brisée par les émotions, Ginny se laissa aller sur le lit. Elle eut vaguement conscience que les guérisseurs s´affairaient autour d´elle.
"Dormez, fit la voix de Sylvia à son oreille. Il est près de minuit"
Trois jours avaient passé.
Trois jours pendant lesquels Harry semblait parfaitement indifférent à ce qui se passait autour de lui. D´après Sylvia, il allait physiquement très bien et son cerveau ne semblait pas endommagé. Il refusait de parler et de les regarder, c´est tout. Ginny avait plusieurs fois essayé d´engager la conversation avec lui, mais il avait fermé les yeux à chaque fois et finalement, elle avait abandonné. D´ailleurs, le médicomage lui avait conseillé d´écourter ses visites, et de laisser faire le temps et les potions pendant quelques jours.
La jeune fille en avait profité pour passer du temps avec Ron qui se remettait lentement. Il ne pouvait toujours pas se lever, mais arrivait s´asseoir, lire, parler. Elle était également retournée voir Malefoy, plus caustique que jamais. Elle avait même croisé le professeur Rogue claudiquant maladroitement dans un couloir, soutenu par le professeur McGonagall.
Mais finalement, c´est toujours devant la chambre de Harry que ses pas la menaient. C´était plus fort qu´elle. Elle se sentait responsable de son réveil, et sa place était auprès de lui. Une fois de plus, elle poussa la porte de la buanderie pour pénétrer dans la petite chambre.
A son habitude, il fixait le plafond. Mais cette fois, elle était bien décidée à aller jusqu´au bout :
"Harry. Je sais que tu te détestes pour ce que tu as fait. Et que tu penses que je dois te détester aussi pour cela. Tu te penses directement responsable de la mort de Dumbledore, Lupin et mon père. Peut-être l´es-tu. Mais c´est ce qui nous a tous sauvés et c´est cela qui compte. Tu as vaincu Voldemort, et grâce à toi, des milliers de gens vont pouvoir vivre en paix."
Il ne bougea pas. Aucun signe ne permettant de savoir s´il l´a entendue ou pas. Elle poursuivit cependant :
"Tu sais Harry, pendant six ans je t´ai aimé sans espoir. J´aurai bien aimé t´oublier, tu sais. J´ai essayé de le faire. Je suis sortie avec d´autres garçons. J´ai essayé de ne voir que tes défauts. Mais j´ai continué de t´aimer. A chaque fois que tu passais à proximité, tous mes sentiments me poussaient vers toi. Aujourd´hui, tu as renoncé à moi. Mais moi, je t´aime toujours."
Quand elle s´interrompit, elle s´aperçut que, pour la première fois depuis trois jours, elle a réussi à capter son regard. Cela ne dure qu´un moment. Mais suffisamment pour qu´elle ait la certitude qu´il avait entendu ce qu´elle venait de lui dire. Quand il détourna les yeux, elle quitta la chambre sans rien ajouter.
Quand elle retourna dans celle de Ron, toute sa famille et Hermione s´y trouvaient. Ils étaient tous en train de rire d´une blague des jumeaux. Elle les regarda tous. Elle les aimait tellement. Sa mère s´approcha d´elle et la serra contre elle :
"Tu as l´air épuisée, ma chérie. Tu devrais nous laisser t´aider."
Bill, George et Fred échangèrent un regard entendu.
"Ginny, demanda George avec un sérieux qui ne lui est pas coutumier, qu´est ce qui se passe avec Harry ? Qu´est ce que Voldemort lui a fait ?"
Ginny hésita. Mais elle se rendait bien compte qu´elle ne pourrait pas y arriver toute seule. Mais tout leur dire... Elle demanda à Bill de mettre autour de la chambre une bulle de silence et elle entreprit d´expliquer brièvement de quoi il retournait. Que lors de son duel avec Voldemort, Harry avait dû faire des choix qui avaient affaibli leurs rangs et causé les pertes qu´ils avaient eu à déplorer. Et qu´aujourd´hui, il se sentait tellement coupable qu´il ne désirait plus vivre.
"Il est hors de question que nous le laissions dépérir, s´écria Molly. Il faut absolument le faire sortir d´ici. Après tout, ils n´ont aucune raison de le garder puisqu´il n´est pas blessé.
- Ce n´est pas si simple, précisa Ginny. J´en ai déjà parlé au Dr Baker. Même si l´hôpital signe son autorisation de sortie, les Aurors qui le gardent, sous prétexte de le protéger et assurer sa tranquillité, ont pour consigne de ne pas le laisser sortir ni rencontrer du monde. Moi-même, j´ai eu beaucoup de chance que Kingsley Shacklebolt m´obtienne un laissez-passer le premier jour.
- C´est une manœuvre de Fudge, intervint Percy. Il veut le garder sous la main pour asseoir sa popularité. Cette dernière est en chute libre depuis un an et les élections approchent.
- Percy, tu ne connais personne dans tes relations pouvant persuader Fudge de le laisser venir chez nous ? Lui demanda sa mère.
- Non, je n´ai plus tellement de contacts avec son Cabinet.
- Tu ne soutiens plus Fudge ? S’enquit Hermione.
- Et bien, je ne pense pas qu´il ait la moindre chance d´être réélu", expliqua le jeune fonctionnaire.
Toute la famille comprit ce que cela signifiait dans la bouche d´un carriériste comme Percy.
"Mais qui soutiens-tu maintenant, demanda Fred
- Les prochaines élections sont dans un an seulement. Tous les candidats ne sont pas déclarés, éluda son frère
- Tu ne vas quand même pas te présenter, plaisanta George.
- Non, pas pour ces élections-là, admit Percy.
- En attendant, comment faire pour convaincre Fudge de le laisser partir ? reprit Molly.
- Une campagne de presse, proposa Bill en regardant Hermione.
- Impossible. Pour cela il faudrait promettre une interview de Harry. Or il n´est manifestement pas en état d´en donner une. On l´a assez fait passer pour un déséquilibré ! Par contre, un adversaire politique de Fudge pourrait avoir intérêt à l´empêcher d´utiliser Harry et menacer de faire un scandale s´il ne le laisse pas tranquille. Tu pourrais nous indiquer un nom Percy ? demanda Hermione.
- Peut-être Amos Diggory, finit par énoncer Percy. Il n´a toujours pas avalé que Fudge ait nié le retour de Vous-Savez-Qui après la mort de Cédric et il a énormément de relations. Mais je ne sais pas s´il acceptera de m´écouter", conclut-il d´un air gêné.
Cette allusion au différend qui avait séparé Percy de sa famille pendant un an fut suivie d´un silence pesant que Molly interrompit :
"J´irais moi-même le voir dès demain matin. Votre père lui a rendu service à plusieurs reprises dans le passé. Je pense qu´il est temps de le lui rappeler."
Ginny se sentit soulagée. Elle s´était sentie très seule les jours précédents malgré l´intervention de Sylvia et d´Abelforth. Savoir que sa famille prenait les choses en main lui redonnait courage. Elle réalisa soudain que le fait qu´elle soit devenue adulte ne changeait rien. Elle pourrait toujours compter sur les siens. Chez les Weasley, le mot "famille" n´était pas un vain mot.
Alors que toute la famille se levait et se préparait à partir, Ron intervint :
"Ginny, tu restes encore un moment ? Je ne t´ai pas tellement vue aujourd´hui."
La jeune fille se rassit, résignée. Bien sûr, Ron et Hermione n´étaient pas dupes. Ils avaient bien compris qu´il y avait autre chose.
Une fois qu´ils ne furent plus que tous les trois, Hermione rétablit la bulle de silence. Ginny leur lança un bref coup d´œil. Ils la fixaient tous les deux d´un regard impitoyable.
En soupirant, elle entreprit de révéler tout ce que le legilimens lui avait expliqué : le cheminement affectif de Harry depuis son enfance, et ce qui s´était exactement passé pendant la bataille. Elle conclut en relatant la méthode utilisée pour le faire revenir. Un long silence suivit ces révélations.
- Pourquoi est-ce Papa qui est mort, et pas moi ? demanda Ron à voix basse.
- Je pense, répondit lentement Ginny, que pour Harry, chacun des membres de notre famille représentait une forme d´amour différente : amour filial, fraternel, amical, conjugal. Or c´est Papa qui symbolisait pour lui la famille dans son entier.
- Mais c´est moi qui étais le plus proche de lui !
- Ron, répondit doucement Ginny, tu n´es pas plus responsable de la mort de papa qu´Harry ne l´est."
Ron ne répondit pas, se contentant de fixer ses mains posées sur ses genoux. Ginny s´assit sur le lit et le serra dans ses bras.
" Pendant toutes ces années, il pensait que nous ne l´aimions pas vraiment ? finit par énoncer Hermione, les larmes aux yeux.
- Vous étiez les personnes qui comptaient le plus pour lui.
- Mais il pensait que nous serions capables de l´arrêter de l´aimer du jour du lendemain !
- Hermione, ce n´est pas votre faute, on l´avait persuadé qu´il était tellement mauvais que personne ne pourrait jamais l´aimer.
- Tu as bien réussi à le persuader, toi !
- C´était complètement par hasard ! C´est juste qu´il m’ait tellement énervée que je lui aie dit des horreurs. Je n’en revenais pas quand il m´a dit que cela lui avait fait du bien. Alors après j´ai continué, parce que c´était le seul moyen d´attirer son attention. Mais tu sais, même après qu´on ait commencé à sortir ensemble, cela a pris encore des mois avant qu´il admette que je l´aimais vraiment et qu´il tombe enfin amoureux de moi.
- Pourquoi il t´a demandé de sortir avec lui, alors ? demanda Ron.
- D´abord, c´est moi qui lui ai demandé. Et s´il a accepté, c´est parce qu´il avait envie de coucher avec moi, c´est tout ! répondit Ginny, qui ne s´était toujours pas remise des appréciations très crues la concernant qu´elle avait découvertes dans les pensées de Harry.
- QUOI !!
- Ce n´est pas vrai, intervint Hermione. Il appréciait vraiment vos rendez-vous, avant même que vous en arriviez là. Dès le début il s´est mis à faire moins de cauchemars et était beaucoup plus détendu. Tu te rappelles, Ron, tu m´avais fait remarquer qu´il réagissait étonnamment bien aux premières actions de Voldemort, après Halloween !
- C´est pas une raison ! Mais qu´est ce qui t’a pris de sortir avec lui, Ginny ?
- Moi aussi j´avais envie de lui, admit Ginny. Tu n´as jamais remarqué qu´il est super sexy ?
- Ça va pas non !
- Moi, je l´avais remarqué, signala Hermione, sur le ton de la conversation
- Hein !! "
Le ton indigné de Ron fit pouffer les deux jeunes filles. Peu à peu, les gloussements se transformèrent en rire, puis en fou rire, la pression des derniers jours se faisant sentir. D´abord outré, Ron se détendit, puis se mit à rire à son tour.
Une fois les jeunes gens calmés, ils se regardèrent. Ils se sentaient un peu mieux. Cela faisait une semaine qu´ils n´avaient pas eu l´occasion de rire et qu´ils tentaient de surmonter les pertes consécutives à la bataille. Cette conversation stupide leur avait fait du bien.
Après être restée un long moment songeuse, Hermione reprit :
"Cet affrontement me fait penser à l´utilisation du miroir du Risèd pour cacher la Pierre philosophale.
- Quel est le rapport, s´étonna Ron
- Et bien, l´astuce imaginée par le professeur Dumbledore reposait sur le fait qu´il fallait avoir une certaine vision des choses pour voir la pierre. Du coup, Harry pouvait la voir, mais pas Voldemort. Car ce qui les différencie, c´est leur conception du monde, qui est fondamentalement opposée. Pour Voldemort, seule compte sa propre ambition et les autres ne sont que des outils. Il n´agit qu´en fonction de lui-même. Harry, lui, se définit par rapport aux autres, et il agit donc dans un cadre beaucoup plus large, presque universel. Pour en revenir au combat, si Harry a pu gagner, c´est qu´il s´est battu dans une logique tellement différente de celle de Voldemort que ce dernier est passé complètement à côté de ce qui constitue la force de Harry.
- C´est à dire ? Interrogea Ginny.
- A partir du moment où tu veux obtenir quelque chose pour toi seul, il faut bien que tu te protèges toi-même pour être en mesure d´en profiter. Cela constitue une limite à ne pas dépasser. Harry n´avait pas cette limite lui, puisque c´est pour les autres qu´il se bat. C´est le premier point.
Le second, c´est que Voldemort pense que le don de soi est une faiblesse. La magie qu´il a initiée est imprégnée de cette conviction. C´est comme cela qu´il espère gagner : la magie est conçue pour renforcer sa propre puissance et celle de ses Mangemorts quand il exprime sa volonté de vaincre, et affaiblir Harry en tuant ses alliés à chaque fois que celui-ci exprimera son dévouement pour les autres.