Foot- C1- Chelsea tombe de haut
Chelsea ne réalisera pas de triplé historique l´année de son centenaire. Liverpool a éliminé l´équipe de José Mourinho, toute fraîche championne d´Angleterre mais loin de son meilleur niveau, grâce à un but inscrit très tôt par Luis Garcia ( 1-0, 0-0 à l´aller).
Une énorme surprise
Liverpool - Chelsea fait partie de ces matches très oubliables par leur contenu, mais truffés d´images fortes et de souvenirs qui défieront le temps. L´Angleterre, où Manchester restait avant ce match le dernier finaliste britannique d´une C1 ( 1999), n´est pas prête d´oublier ce duel fratricide, remporté par les Reds après trois défaites cette saison sur la scène nationale. Gallas en larmes, Drogba défait, Mourinho soutenant le poids des millions d´Abramovich sur ses épaules, tout ça dans un stade d´Anfield renversé d´émotion comme jamais depuis les années 80, c´est ce qui restera de cette première demi-finale de la Ligue des champions, avant tout car elle fut chiche en but.
Liverpool l´a emporté 1-0, après le score vierge de l´aller. Personne ne peut même jurer que le ballon désespéré de Luis Garcia a bien franchi la ligne avant le dégagement de Gallas. Les deux équipes jouaient seulement depuis deux centaines de secondes quand M. Michel a validé la reprise de l´Espagnol, juste après une charge de Cech sur Baros qui aurait de toute façon coûté un penalty aux Blues, pris de vitesse par la superbe déviation de Gerrard. Voilà comment Liverpool, obligé de marquer, ruinait d´un coup l´ambition sans limite du Chelsea de José Mourinho, qui s´était préparé à prendre son adversaire de vitesse en jouant sur ses qualités de contre. Chelsea éliminé trois mois après sa victoire en Coupe de la Ligue anglaise et quatre jours après son titre de champion, c´est objectivement une énorme surprise, comparable à celle créée par les Reds en quart de finale contre la Juventus ( 2-1, 0-0).
Vingt ans après le Heysel
Il se sera presque passé plus de choses au cours des six minutes de temps additionnel que lors des quatre-vingt-dix précédentes. Djibril Cissé eut une énorme occasion de doubler la mise pour Liverpool à la 93e suite à un ballon mal négocié par Gallas, mais Cech sauva les meubles. C´est surtout Gudjohnsen, à Chelsea, qui ne se remettra jamais de ces derniers instants. A la 96e, il héritait d´un ballon à droite du but de Dudek. Il l´a trop croisé, foudroyant de rage tous ses équipiers, déjà accables par leur échec prévisible, tant ils restèrent loin de leur meilleur niveau. En dehors d´un premier quart d´heure maîtrisé par Liverpool grâce à un pressing d´enfer, intenable plus longtemps, Chelsea dut se contenter d´une domination longtemps maladroite et finalement stérile. Trop pressée ou pas assez précise, souvent les deux, l´équipe londonienne dut attendre la 67e minute pour cadrer un ballon dangereux. Lampard claquait un très bon coup franc que Dudek alla dévier du bout du gant. Sans une série de mauvais choix ( Drogba 39e, Cole 24e) ou de maladresses ( Robben 75e, Drogba encore, de la tête à la 83e), le sort du match aurait été différent. « La meilleure équipe a perdu, tout le monde l´a vu » a déclaré Mourinho après la rencontre. Le Portugais omettait de relever que les meilleures individualités portaient mardi le maillot de Liverpool. Elles s´appelaient Riise, Hyppia, Baros ou Luis Garcia.
Pour Chelsea, cette rencontre coïncide pratiquement avec la fin de la saison. Il reste bien trois journées de Championnat d´Angleterre à disputer, mais Lampard et les siens, exténués par une année par ailleurs exceptionnelle, n´ont plus rien à décrocher hormis quelques records dont ils se moquent éperdument. Liverpool, distancé à 33 points en Championnat, fait mieux que sauver sa saison grâce à ce parcours inespéré. Les hommes de Benitez s´apprêtent à laisser la 4e place à leur grand rival, Everton, et reviennent de très loin sur la scène continentale. Il faut se souvenir qu´à quelques minutes de la fin de la dernière journée de la phase de poules, ils étaient éliminés. Gerrard sauva les siens d´une frappe monumentale contre l´Olympiakos ( 3-1). Avec le recul, ce fut l´acte fondateur d´une épopée imprévisible. Symboliquement, cette qualification pour la finale intervient vingt ans après le drame du Heysel. Quelle qu´en soit l´issue, quel qu´en soit l´adversaire, la soirée devra être belle à Istanbul le 25 mai.