Phoenix Wright : Ace Attorney
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Phoenix Wright : Ace Attorney
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L'avis de Killy
MP
Journaliste jeuxvideo.com
31 mars 2006 à 18:00:00
17/20

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L'avis des lecteurs (369)
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Nombre de séries américaines, et de plus en plus françaises à cause d'un syndrome de copie en place depuis quelques années, nous narrent la vie trépidante des avocats en marge de celle des policiers. Si cela peut augurer du meilleur, comme dans le cas de New York Unité Spéciale, cette mode peut également aboutir à des choses bien moins réjouissantes du côté de l'hexagone. Ce n'est pas la peine de donner le nom des "oeuvres" accusées, elles se rendront d'elles-mêmes dans leurs cellules. Néanmoins, le jeu vidéo n'avait approché ce domaine qu'en de rares occasions, par le biais d'adaptations de séries justement, ou encore grâce à la saga Gyakutensaiban initiée au Japon. C'est donc dans la continuité de cette dernière que surgit chez nous l'ombre du Phoenix, bien décidée à nous montrer ce qu'est un homme de loi motivé.

Phoenix Wright : Ace Attorney

Dans les faits, vous dirigez le peu légendaire et assez gauche Phoenix Wright, jeune avocat de la défense à peine formé, bien au chaud sous l'aile protectrice de Mia Fey, ténor du barreau et femme de principes. C'est donc empli de profondes convictions pour l'égalité et la justice que cet homme de 24 ans deviendra votre avatar aux cheveux pointus dans les tribunaux. Après une première enquête menée de main de maître et dont les rouages convenaient véritablement à un novice, Phoenix subira une cassure nette dans son parcours, suite à un meurtre traumatisant, perpétré pour des raisons démontrant la perversité futile de certaines réactions humaines. Mais ce qu'il ne sait pas encore, c'est qu'il met le pied dans un torrent qui l'entraînera au sein d'une affaire dépassant le seul cadre de la cour, et impliquant un grand nombre de ses connaissances. Le scénario extrêmement bien construit vous portera donc à bout de bras durant toute l'aventure, s'octroyant des phases de repos intelligemment placées, vous permettant d'oublier quelque peu votre implication et de ménager la tension. Conçu comme un enchaînement d'épisodes inclus dans un tout cohérent, Phoenix Wright fait preuve d'une science de la narration admirable, décantant subtilement les clés de compréhension afin de retenir l'attention sans aucun temps mort, ni chutes d'intérêt. On se retrouve totalement capturé par cette construction, patientant dans une excitation heureuse, attendant avec délice le retournement qui nous amènera au début d'une nouvelle scène. Honnêtement, vous croirez rapidement vous trouver devant une série animée, tant le schéma général s'avère similaire. De plus, pour parfaire cette immersion, le soft utilise une 2D très détaillée, laissant paraître de nombreuses attitudes et mimiques survenant à des moments particuliers lors de dialogues et de découvertes. Toutefois, n'espérez pas bénéficier d'une animation époustouflante, car le titre se cantonne à un enchaînement de postures sans transition. Un peu à l'image des visages accolés aux blocs de texte dans certains RPG, sublimes, mais ne bougeant quasiment pas. D'autre part, n'espérez pas effectuer de longues ballades au sein d'environnements ouverts.

Phoenix Wright : Ace Attorney
Alors ça, c'est une belle objection, nourrie au grain et élevé au grand air !
Non, le titre de Capcom préfère prendre le parti d'une succession de très beaux écrans fixes, ce qui ne gêne d'ailleurs en rien l'implication dans le jeu, mais qui pourra peut-être poser des difficultés aux amateurs d'interactivité imposante et non figée. Mais que devrions-nous aller faire à l'extérieur de toute façon, étant donné que les avocats plaident au tribunal ? Me direz-vous. Un raisonnement logique, mais qui ne tient pas compte de la construction du soft en deux parties bien différenciées. Dans un premier temps, vous devrez évidemment vous confronter aux codes de la procédure judiciaire dans un tribunal. C'est en ce lieu qu'il vous faudra adapter rapidement votre réflexion et apprendre à utiliser votre sens de la déduction. En effet, vous arrivez à chaque fois à un procès accompagné de diverses preuves et documents ajoutés au dossier. C'est dans cet amas souvent éclectique qu'il va falloir que vous puisiez afin de constituer un barrage sans faille pour votre client. Mais la défense ne tiendra qu'un temps. Le fondement même de votre métier est l'attaque. De fait, vous aurez à mener des contre-interrogatoires acides contre des témoins rarement de bonne foi, en les mettant face à leurs contradictions. Nécessitant une écoute attentive des dires de la personne à la barre, ces phases peuvent s'appréhender de deux manières différentes. Dans un premier mouvement, vous devrez presser le témoin en mettant le doigt sur les éléments obscurs de ses déclarations, aboutissant souvent à un éclaircissement des faits relatés. Il arrivera même parfois que votre "proie" ajoute des précisions, souvent discutables également. A vous ensuite de déduire vos propres vérités de ces passages intenses, où chaque détail compte, et où vous devrez impérativement faire des parallèles avec vos preuves.

Phoenix Wright : Ace Attorney
Voilà à quoi ressemble le tribunal. Plus classe que celui de Perry Mason.
S'ensuit alors le second mouvement, véritable exutoire et faisant partie des concepts vidéoludiques les plus passionnants inventés à ce jour. Une fois certain d'une erreur, volontaire ou non, dans la déposition du témoin, vous aurez la possibilité de lancer une objection, matérialisée à l'écran par une apparition brutale de ce même mot, immense et écrit de lettres rouges sang. Un choc visuel tonitruant, qui provoque immédiatement une montée d'adrénaline enivrante. Un moment fantastique où l'on sent enfin que l'on avance, que l'on est sur une piste, que l'on va surpasser les tentatives de confusion du témoin ou de l'assassin. Ce sentiment violent de puissance et de reconnaissance égoïste, donne lieu à une envie profonde de continuer cet enchaînement de vérités irréfutables. Mais il faut bien sûr posséder de quoi étayer sa thèse, à savoir un élément prouvant la culpabilité de l'homme assis en face de vous. Une fois cette preuve lâchée, les réactions peuvent être multiples. Soit votre opposant se tord de douleur comme s'il était littéralement transpercé par votre attaque, soit il continue sans broncher et remet en doute vos conclusions en modifiant son témoignage. L'intensité peut donc retomber soudainement en ménageant soigneusement ses effets, pour ressurgir plus tard dans une sorte d'apothéose. D'autant que ces "chutes" de tension vous font douter de vous et vous oblige à réfléchir plus posément à l'ensemble de vos certitudes. Un système de jeu stupéfiant d'intelligence, sachant exactement ce qu'attend le joueur. D'autant qu'il vous faut faire face un long moment aux attaques d'Edgeworth (Benjamin Hunter en français), parvenant souvent à retourner la situation à son avantage par son talent et ses éléments plus qu'intéressants. Mais où rechercher ces pièces à conviction ?

Phoenix Wright : Ace Attorney
Voici une des nouvelles fonctionnalités de cet opus DS, permettant de faire pivoter un objet.
Seconde partie du gameplay, les phases de recherche vous permettent de mener votre propre enquête en allant fouiner sur les divers lieux en rapport avec le crime. Vous pourrez alors interroger des personnes plus ou moins mêlées à l'affaire, tel un jeune et fringuant Columbo, ou bien remuer terres, buissons et bureaux trop bien rangés pour être honnêtes. Se déroulant sur l'écran tactile avec l'aide du stylet vous autorisant à pointer chaque endroit suspect afin d'y déceler un quelconque indice, les étapes d'"exploration" pures vous demanderont un grand sens de l'observation. Tandis que les dialogues avec la "populasse" mettront vos nerfs à rude épreuve tant la psychologie des divers intervenants s'avère complexe. Chaque personnage est une scène de comédie à part entière, prenant place facilement dans une ambiance habilement équilibrée entre un humour attachant et une noirceur parfois surprenante. Les rencontres sont donc toujours de grands moments de bonheur, mais également des débuts de pistes souvent dignes d'intérêt. Ces sorties sur le terrain restent donc le seul et unique moyen de se composer un stock convaincant avant de se lancer dans le procès. Il ne tiendra qu'à vous ensuite de revenir sur les lieux quand bon vous semble afin de vérifier sans relâche que vous n'avez rien omis. Une précaution de toute façon obligatoire, de par la linéarité assez dommageable du soft. En effet, vous n'aurez jamais l'occasion de vous rendre au tribunal sans l'ensemble des preuves prévues à l'avance et vous serez également souvent dirigé vers les lieux où elles se trouvent de manière très claire. Un aspect contraignant qui va de paire avec le côté limitatif des écrans fixes.

Phoenix Wright : Ace Attorney
Des phases du déroulement du crime vous seront souvent montrées pour vous aider dans votre progression.
Dans la famille des points négatifs, on regrette également la présence d'un seul niveau pensé totalement pour tirer partie des possibilités de la DS. Ce dernier vous propose en fait de tourner les preuves, modélisées en 3D pour l'occasion, afin de découvrir des détails masqués, de souffler sur le micro de la portable dans le but de découvrir des empreintes digitales, ou de se servir du stylet pour diffuser du Luminol. Des idées innovantes et intégrées avec brio qui font du coup regretter a posteriori l'aspect statique des quatre affaires précédentes, issues d'ailleurs d'un ancien opus GBA. Néanmoins, il reste difficile de ne pas couvrir d'éloges le titre de Capcom. Riche, construit avec talent, prenant, disposant d'un background pensé dans ses recoins les plus subtils et d'une galerie de personnages aussi hilarante qu'originale, Phoenix Wright montre que ce début d'année semble bien parti pour être le plus excitant depuis de nombreuses années. Entre Shadow Of The Colossus, Exit, Final Fantasy 12 (pour les amateurs d'import) et le dernier soft de Capcom, on note enfin une mise en lumière du risque et de l'innovation. Petite bouchée piquante pleine de saveur, ce dernier mérite d'être approché par tout un chacun ne serait-ce que pour apercevoir les possibilités du jeu vidéo lorsqu'il est au service d'une imagination fertile. Déclaré coupable d'addiction.

Les notes
  • Graphismes 16 /20

    Ne tentant pas le pari peu utile de tout miser sur la technologie et la 3D, Phoenix Wright se pare pour la peine d'une 2D de grande qualité, laissant penser à chaque minute que l'on est en train de regarder une série d'animation japonaise bien tassé dans un pouf. Les différentes mimiques des personnages retranscrivent à la perfection leur état d'esprit et apportent un rythme salvateur face au côté statique des mouvements. De plus, les décors se révèlent très réussis, n'atteignant tout de même pas un chara-design de grand standing.

  • Jouabilité 17 /20

    Le concept de base du soft est une merveille d'inventivité et en laissera beaucoup pantois d'admiration. Non seulement il demeure accessible, mais il propose un rapport à la réflexion que peu de softs tentent de développer aujourd'hui. Une véritable plongée dans la logique, la déduction et la recherche se révélant passionnante de bout en bout. A noter tout de même une certaine répétition des tâches à accomplir et une linéarité parfois désarmante.

  • Durée de vie 12 /20

    Petite zone d'ombre de Phoenix Wright, la durée de l'aventure principale n'excède quasiment pas dix heures et vous aurez sûrement du mal à refaire le jeu en son entier. Néanmoins, chaque minutes est un véritable plaisir et vous aurez énormément de mal à décrocher du soft. De plus, chaque affaire dure pratiquement une heure et demi, voire deux selon les cas, vous laissant le temps de profiter pleinement de l'immersion.

  • Bande son 14 /20

    Si la majorité des thèmes se révèle d'une grande qualité, notamment ceux apparaissant lorsque vous vous rapprochez de la vérité, faisant intervenir des montées épiques prenantes et des orgues tonitruants, il est vrai que la mélodie des témoignages énerve rapidement. Pourtant, les nombreux cris illustrant les objections et les pressions sur les témoins ou accusés dynamisent grandement les plaidoiries, amenant un côté surréaliste accrocheur.

  • Scénario 17 /20

    Grande force du titre, le travail sur le scénario global et les différents scenarii le composant s'avère d'une qualité imposante, brassant avec finesse des passages humoristiques délirants et des révélations tantôt morbides tantôt dramatiques. Un équilibre savant qui permet de brosser des psychologies complexes et originales, tirant plus vers la folie que vers une normalité conventionnelle. Enfin, les rebondissements demeurent habillement amenés et souvent difficilement décelables.

Effectivement, on pourra reprocher à Phoenix Wright sa linéarité, et ses successions de plans fixes, mais ce serait faire l'impasse sur ce qu'il véhicule vraiment, à savoir une ambiance unique, un gameplay terriblement innovant et fascinant, une construction indubitablement réussie ainsi qu'une narration de haute tenue. Petite révolution sur la portable de Nintendo, le titre de Capcom prouve une fois de plus que le jeu vidéo ne pourra évoluer qu'avec de telles démonstrations d'inventivité. Chapeau l'artiste comme dirait l'autre.

Profil de Killy
L'avis de Killy
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31 mars 2006 à 18:00:00
17/20
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Mis à jour le 31/03/2006
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