Grosse surprise de l’E3 2017, ce cross-over était un pari risqué. Placer la figure emblématique du jeu vidéo aux côté de ces rongeurs pas toujours adorés, le tout sur un fond de stratégie… Personne n’aurait pu le prévoir. « Et pourtant. »
Les Lapins Crétins ont envahi le Royaume Champignon et l’ont transfiguré à leur manière. Et le résultat est plutôt réussi ! Le jeu est très coloré, les textures sont particulièrement propres et les effets d’ombre et de lumière sont agréables à l’œil. Je ne pense même pas exagérer en disant qu’il s’agit du plus beau jeu Switch de l’année. Le petit bémol que j’ai à faire à ce sujet vient de la caméra (Quand sera-t-elle parfaite nom de Dieu ?) qu’il est possible de déplacer sur les côtés mais pas en hauteur ! Impossible donc d’admirer le paysage (et sa belle distance de rendu), c’est frustrant.
Un beau boulot a également été fait sur les animations, notamment sur les cinématiques qui sont plutôt jolies.
Au niveau des musiques, c’est du tout bon ! Entre airs posés lors des phases d’explorations, sonates épiques pour les combats de boss, remix des thèmes de Mario et même un air d’opéra (je vous laisse la surprise de cette scène qui, j’en suis persuadé, deviendra mythique !), l’aventure de nos héros est parfaitement accompagnée !
Inutile de parler des bruitages à base de « Yahoo », de « Oh Yeah » et de « BWAAAAAH », par contre certaines scènes sont doublées (en anglais uniquement, malheureusement) et, bien que ces scènes soient rares, c’est tout de même un fait remarquable pour un jeu Mario.
Passons au point le plus intriguant de ce titre, à savoir son gameplay. L’aventure de nos héros se déroule en deux phases qui alternent. La première est une phase d’ « exploration » (Je mets des guillemets car le jeu reste très linéaire) qui consiste à chercher des collectibles, résoudre des énigmes plus ou moins compliquées et simplement observer le paysage peuplé de lapins qui font… des trucs. La seconde est la phase de combat. Ici il ne suffira pas de sauter sur ses ennemis pour les vaincre (Mario doit avoir perdu ses chaussures), place à la stratégie !
Les combats se déroulent au tour par tour, tour dans lequel on peut : se déplacer, utiliser une arme et utiliser une capacité spéciale pour chaque personnage, dans l’ordre souhaité. Il va donc falloir réfléchir à : quels personnages choisir (3 par combats parmi les 8 disponibles, chacun avec des caractéristiques particulières), quelle arme utiliser (les armes ont des portées plus ou moins élevées, et peuvent également infliger des effets spéciaux), quel ennemi viser (il existe de nombreux types d’ennemis et chacun doit être battu avec une stratégie différente), où se placer (on peut se cacher derrière des blocs, mais les ennemis aussi en sont capables !) et bien plus encore. Difficile de faire le tour des possibilités de ce gameplay, mais pour résumer je dirais qu’il s’agit de celui du jeu XCOM, en plus simple. Mais attention, simplicité n’est pas synonyme de facilité ! Et pour terminer Kingdom Battle, il vous faudra faire usage de votre cerveau sous peine de devoir recommencer les combats encore et encore (un mode facile donnant un bonus de vie existe si vous avez du mal, mais j’en déconseille l’utilisation qui gâche l’aspect tactique). Bref contrairement à ce que le casting laisse entendre, Mario + The Lapins Crétins, ce n’est pas pour les bambins !
Parlons pour finir du scénario. Car la question qu’on se pose tous, c’est comment Mario et les Lapins Crétins en sont arrivés à se rencontrer et à collaborer ? Et la réponse… bah on sait pas trop. Et oui, le scénario est le point noir du titre d’Ubisoft. Certains penseront qu’un tel jeu n’a pas avoir à se soucier de cet aspect, à ceux-là je réponds qu’à partir du moment où jeu est considéré comme un RPG, il se doit d’avoir un scénario qui tient la route. Ici ce n’est pas le cas, et ça pose problème. À ceci s’ajoute l’inutilité des objets cachés dans les différents mondes : musiques, illustrations… c’est sympa mais on aurait espéré plus. Toutefois le jeu propose une durée de vie conséquente et on ne s’y ennuie jamais (C’est même à vrai dire plutôt addictif!).
Au final Mario et The Lapins Crétins sont deux univers qui se marient plutôt bien, l’association de l’univers riche de Mario et de celui loufoque des lapins. Le tout est sublimé par un gameplay tout simplement génial, que ce soit pour l’exploration et pour les combats. Si Mario + The Lapins Crétins n’est pas sans défaut, il reste un excellent titre, accessible mais qui demande tout de même de la réflexion. Je le conseille à tous, petits (mais pas trop) et grands, et surtout à ceux qui veulent découvrir le merveilleux monde trop méconnu du RPG tactique.