C’était sympa. Mais hélas beaucoup trop court… !
Il n’y a pas eu tromperie sur la marchandise : j’ai eu avec ce Marsupilami : Le Secret du Sarcophage exactement ce que je cherchais, à savoir un platformer dans la veine des Donkey Kong Country. Mais je dois tout de même bien avouer avoir été surpris à deux titres : d’abord que le jeu ressemble autant à Donkey Kong Country Returns (sorti sur Wii il y a douze ans), ensuite qu’il soit aussi court.
Qu’il n’y ait pas d’ambiguïté : si je m’étonne, devant ce Marsupilami, de sa ressemblance avec Country Returns – ceci alors même que c’est justement sa vibe Donkey Kong qui m’a poussé à me l’offrir –, c’est bien parce que cette ressemblance s’avère en réalité flagrante sur absolument tous les aspects du jeu :
Sur son gameplay, naturellement : l’essentiel des règles et l’éventail des capacités (avancer, sauter, atterrir violemment, frapper, rouler, bondir avec élan) sont sensiblement les mêmes – ce qui jusque-là n’est pas choquant, j’en conviens. Les pélicans remplaçant ici les tonneaux propulseurs de la franchise simienne, les perroquets assurant quant à eux les appuis statiques, en lieu et place de leurs homologues hiboux. Mais la dynamique (dont on ne se lasse pas au demeurant) est bien la même.
Même constat concernant la poignée de niveaux « à concept » : qu’il s’agisse de celui à dos de tortue marine, de celui dans le noir ou bien des trois poursuites par des grosses boules (je ne sais pas si je vous l’ai déjà dit, mais j’adore les grosses boules – une phrase que je vous remercie d’avance de ne pas sortir de son contexte), tous ont déjà été testés et approuvés chez Donkey Kong. Zéro concept inédit ici.
Tous ces niveaux abritant chacun un niveau bonus – à dénicher puis réaliser – ainsi que cinq items (ici des plumes) à récupérer. Rien de nouveau sous le soleil de Palombie, donc… A noter au passage que les niveaux bonus sont rejouables immédiatement (pas besoin de crever une fois pour retenter sa chance) et que les plumes font l’objet d’un mécanisme intéressant, à savoir qu’elles prennent quelques secondes à être pleinement validées… ce qui invalide de facto les actions désespérées voire suicidaires, telles que le traditionnel saut dans le vide où se trouve la plume, sur le mode « tant pis je meurs, mais bats les couilles frère, je l’ai attrapée ». Eh bien non ! elle ne sera pas enregistrée, et le faquin condamné à s’y reprendre un peu plus dignement.
Les ressemblances se poursuivent jusque dans le pitch (ou devrais-je dire : le fil rouge) : une divinité vaguement précolombienne déboule sans être invitée dans le paisible pré carré de notre héros poilu puis ensorcelle les animaux du coin, provoquant un zbeul pas possible dans le canton. Obligeant par là même ledit héros poilu à lâcher sa grille de bingo et sa canette de bière pour aller botter le cul de l’archaïque désobligeant. Et prouver – une fois de plus – à toute la jungle qui est le patron…
Un pitch similaire qui débouche – vous l’aurez deviné – sur des niveaux aux décors similaires : des plages (sans burkini), des docks (à noter que les Marsus ne savent eux pas nager, contrairement aux gorilles – faut l’savoir, hein, c’est contre-intuitif mais vérifiable), des jungles plus ou moins luxuriantes, des temples et ruines mayas/aztèques (j’y connais rien mais tu m’as compris) et enfin un petit peu de lave en fusion à la fin du jeu, histoire de marquer le coup (c’est de bon ton).
Seul les décors/niveaux de ville côtière me semblent à peu près inédits (à confirmer).
Le tout avec une direction artistique que l’on devine très influencée par Country Returns (sans que ce Marsupilami soit plus joli, d’ailleurs). Notamment en ce qui concerne les niveaux bonus, en ombres chinoises (argument, s’il en fallait encore un, que l’unique source d’inspiration de ce jeu fut bel et bien le superbe Donkey Kong sur Wii) ou bien les musiques (dont les sonorités convoquent parfois les partitions légendaires de David Wise).
(Ironiquement, le jeu ne fait rien de son seul atout vis-à-vis de Country Returns – la possibilité qu’il offre de jouer trois personnages distincts – puisque les trois sont parfaitement interchangeables… il aurait été bon de s’inspirer de Tropical Freeze sur ce coup !)
Ce constat étant posé : ce recyclage de Donkey Kong Country Returns est-il désagréable ? Non ! Loin s’en faut, même. Le jeu est plaisant. Je n’ai jamais vraiment eu l’impression de jouer à un jeu se déroulant dans l’univers du Marsupilami mais qu’importe. Le voyage était agréable.
Limite de caractères JVC atteinte, donc suite de mon avis ici : https://www.senscritique.com/jeuvideo/marsupilami_le_secret_du_sarcophage/critique/272081872