De base, il ne faut pas se cacher que Nexomon ressemble à un plagiat de Pokémon. Cependant, et considérant les dernières générations (incluant les premières images écoeurantes des remakes Diamant/Perle), il y a des éléments sur lesquels Nexomon parvient à faire mieux que Pokémon.
-Le niveau de difficulté général et difficulté des combats. Ici, les erreurs stratégiques coûtent chères et la santé est précieuse. Vos Nexomon ne sont pas plus puissants que les autres et le niveau de difficulté scale au fur et à mesure de la progression. Gagner demande de comprendre les affinités de type, d'employer les bonnes capacités de soutien ou d'altération de statut. Taper comme un bourrin, à certaines étapes, ne servira à rien et la difficulté pourra même parfois s'avérer frustrante. Le système de combat, dans son ensemble, repose sur plus de maturité, d'exigeance et de maitrise que les trois dernières générations Pokémon, minimum.
-En parlant de maturité, les personnages et le scénario, s'ils sont construits sur des archétypes classiques, ont des réflexions et des attitudes qui dépassent de loin la simplicité enfantine des récents dialogues Pokémon. Le principal compagnon d'aventure, Coco, est un chat-humanoïde aussi lâche que spirituel. Parlant pour le héros, muet, ses réflexions concernent généralement la fuite, l'inquiétude de sa survie et un désintérêt typiquement félin pour celle des autres. Ironique et plein d'humour, il apporte beaucoup à l'ambiance, tout en interagissant avec une galerie de personnages assez vaste et de caractères tout aussi déjantés. Loin du classicisme bon-enfant de Pokémon, l'ambition de Nexomon est clairement la maturité et le rafraichissement d'un concept dans lequel Game Freak s'est englué depuis trop longtemps. La quête du héros, si elle n'est pas novatrice, a le mérite de donner du sens au périple entrepris. De même, les légendaires et les Titans rencontrés, aussi puissants qu'ils soient, ont un intérêt scénaristique, des faiblesses et une esthétique variée où chacun devrait pouvoir trouver son bonheur. Plus puissants que les autres Nexomon mais loin de l'invulnérabilité, ils ont véritablement un rôle et ne se contentent pas d’apparaître à la fin alors que le joueur a terminé le jeu. Cela dit, la résolution de la quête principale a un côté réellement WTF qui peut ne pas plaire. C'est mineur, en fin de compte, mais il faut le savoir.
-L'ambiance musicale se veut plutôt sobre et sans excès, elle dynamise les combats mais ne crée pas de grand moment de tension, c'est probablement le point le plus classique du jeu par rapport à ce qui se fait habituellement. Tout est construit sur un système de maps à travers lesquelles le personnages se déplace, arrêté par des combats réguliers ou des Nexomon sauvages. Visuellement, toutes les zones ne se valent pas tant du point de vue détails que de l'intérêt visuel. Personnellement, j'ai un faible pour la zone de la Citadelle Immortelle et son ambiance hantée. Toundra gelée, côte portuaire, désert archéologique, coeur d'un volcan sont quelques autres exemples des espaces à explorer. Sans être aussi abouti que les derniers Pokémon E/B (et avec le fonctionnement parfois agaçant des chargements de maps), Nexomon propose une map visuellement très satisfaisante et des environnements toujours dépaysants.
Dans l'ensemble, on sent que l'équipe de développement ne jouit pas des moyens de Game Freak. Mais ce constat n'en rend le travail accompli que plus satisfaisant, avec un esprit très proche des Pokémon Rouge, Bleu, Jaune mais une direction artistique d'un niveau semblable à X/Y ou Soleil/Lune selon les zones explorées. Nouveau joueur ou vétéran Pokémon et Pokémon-like, Nexomon vaut vraiment la peine d'être découvert et encouragé.