Version PC. Un jeu atypique, thriller surnaturel à la Stephen King blindé de références au genre tous azimuts. Alan Wake est un écrivain, décrivant tout le long de l'aventure ce qui lui arrive ou ce qu'il ressent (en voix off). Au début on ne comprend pas grand chose à l’histoire qui parait décousue, et c'est voulu, on n'est jamais sûr si ce qu'on vit est réel ou pas. Mais petit à petit les pièces du puzzle se mettent en place, on comprend où le scénar veut en venir, c'est plutôt intéressant si vous adhérez au genre. Hélas les persos sont bien mal écrits, creux et peu attachants, surtout les protagonistes.
Le jeu est divisé en 6 chapitres extrêmement inégaux (le 5ème est de loin le plus long), comptez 10h grand max pour en voir la fin...carton rouge d'ailleurs pour cette dernière, l'épilogue est aussi clair que de la vase, comprenne qui pourra.
Le lifting graphique est propre mais sans plus. Les effets de lumière sont réussis et devaient faire leur petit effet en 2010. Ce soft offre un visuel agréable, on a un petit moteur physique, de beaux décors instituant une atmosphère immersive variant entre le jour (sentiment de sécurité, du moins au début) et la nuit (souvent nappée dans la brume, où ça va forcément être la merde). Par contre la modélisation des visages laisse à désirer, parfois complétement loupée (Barry, le pote d'Alan). Les effets sonores sont bons, la vf également.
En plus d'être assez antipathique, Alan Wake est aux antipodes du héros badass, c'est un perso vulnérable et très peu réactif, mettant 3 secondes à changer d'arme, recharger ou tirer. Il crache ses poumons au bout de 15 secondes de course et refuse de courir plus quand bien même il a la mort aux trousses, oh mon dieu cette animation quand il trottine, on dirait un ptit vieux qui va acheter son pain le dimanche matin, ça peut être irritant lors des scènes d'actions (inévitables) face à des ennemis largement plus vifs.
Unique subtilité des gunfights, il faut éclairer l'ennemi à la lampe torche plus ou moins longtemps suivant son endurance pour le rendre vulnérable et pouvoir le fumer. Mis à part de rares exceptions offrant un minimum de mise en scène, les phases d'action se répètent toujours à l'identique, le chapitre 6 est une abomination puisque ce n'est que ça jusqu'à la fin. Il arrive que les ennemis nous pop dessus à moins de 3 mètres, et de préférence dans le dos, généralement on crève dans ces moments-là, l'esquive étant peu efficace.
C'est tellement répétitif que les dévs devaient croire qu'ils avaient mis en place une super mécanique de jeu, alors que même pour 2010 c'est très archaïque. Mis à part le fait qu'on ne pouvait pas straffer, Resident Evil 4, sorti 5 ans avant, était 100 fois meilleur. Ici le gameplay n'évolue pas d'un iota du début à la fin, aucune montée en puissance, aucun upgrade, pire, Alan paume régulièrement ses armes durant son périple, obligeant constamment à en retrouver d'autres, fatiguant à la longue...et encore un aspect du jeu qui se répète trop.
Mettre des références à des œuvres connues ne suffit pas à faire un bon jeu, il faut le faire intelligemment. Un exemple, avec les attaques des nuées d'oiseaux, référence au film d’Hitchcock, tout le monde l'a compris. Il aurait mieux valu ne le faire qu'une fois, dans une séquence spécifiquement dédiée et mise en scène autour de cet ennemi, ce qui l'aurait rendu mémorable. Au lieu de ça les dévs en ont foutu des dizaines dans le jeu de façon random (nous rappelant à quel point le bestiaire est honteux d'ailleurs), dans les derniers niveaux on peut en affronter jusqu'à 5 ou 6 salves d'affilée alors que ces piafs ne sont même pas dangereux, vous ne crèverez jamais à cause d'eux, ils sont juste chiants. Nullissime.
Le jeu planque pas mal de collectibles sur ses maps, outres les munitions on a les pages du récit en cours, relatant passé, présent ou parfois même l'avenir, plutôt une bonne idée. Aucune énigme dans le jeu alors que l'univers s'y prêtait parfaitement. Le level design est globalement décevant, trop dirigiste, trop de couloirs. De temps en temps on peut conduire une voiture sur des portions très courtes, c'est anecdotique, faisant penser à un open-world avorté.
Ce gameplay bancal où rien n'est abouti (le même schéma se répétant à chaque level, les phases en ville où on a le minimum syndical d’interactions et de liberté) laisse à penser que les dévs se sont fourvoyés ou ont fait une multitude de concessions (le développement s'est étalé sur 5 ans). Et ludiquement c'est pareil, c'est foiré: mis à part l'ambiance ce n'est pas fun, et l’excès de combats est incohérent avec le propos du jeu et au final dessert la narration. Alan Wake est un titre surfait.