Univers crédible, personnages intéressants, intrigue captivante, les premières heures de jeu constitue un émerveillement total pour le joueur habitué à la trop grande médiocrité et vacuité des productions actuelles. En prenant en main Adam Jensen, le joueur retrouve ce sentiment étrange de jouer à un jeu inclassable : ni FPS, ni jeu de rôle, ni jeu d'aventure, ni même jeu d'infiltration, Human Revolution est, pour une bonne part, le jeu que l'on veut qu'il soit. Pourtant, si le Deus EX originel de Ion Storm impressionnait en 2000, on s'aperçoit, arrivé au milieu de cette nouvelle mouture, que jamais le jeu ne surpassera ni n'égalera son modèle en avance de plus de dix ans sur son époque et qui, aujourd'hui encore, reste un maître étalon en matière de liberté. Bridé par un système d'améliorations basé uniquement sur le biotechnologique, oubliant par là même toute idée de compétences acquises par l'expérience, fondé sur un système de couverture à la troisième personne qui ne fera pas que des heureux car modifiant en profondeur l'approche furtive originelle, le gameplay de ce nouvel opus montre rapidement ses limites. En dépit d'une grande variété de chemins possibles et de stratégies, Human Revolution ne parvient pas à procurer une expérience aussi puissante que celle de son modèle. Pour autant, il demeure l'une des valeurs sûres de l'année et de cette génération, parvenant à se hisser sans trop de mal au sommet d'un panthéon jusque là assez morne.