Au premier abord, rien n’a changé entre le premier TR et cet opus. On y retrouve Lara Croft et ses mouvements toujours aussi rigides, mais qui possède désormais quelques possibilités supplémentaires, un arsenal enrichi ainsi que pleins de nouvelles tenues qui changent en fonction des environnements. Le gameplay ‘mathématique’ du premier jeu est (sensiblement) le même ici. Techniquement, le Tomb Raider Engine (le moteur graphique des cinq premiers volets) a été amélioré et apporte de chouettes effets de lumière supplémentaires. En apparence, donc tout va bien.
Mais en apparence seulement : déjà les premières fêlures apparaissent lors de la cinématique d’intro. Là où le premier jeu expliquait clairement et simplement les enjeux de la mission de Lara, ici… rien ou presque. On nous montre, dans une chine féodale, une armée lutter contre un dragon gigantesque, jusqu’à ce qu’un moine parvienne à retirer un mystérieux poignard du cœur du dragon qui meurt sur le coup. Puis, à notre époque, on voit Lara descendre d’un hélicoptère et c’est parti. Euh… les enjeux ? Les personnages ? La menace ? Rassurez-vous, des questions vous allez vous en poser tout au long des cinématiques qui balisent le jeu. Par exemple c’est quoi le plan du méchant ? Par quel curieux hasard se retrouve-t-elle à l’endroit où elle devait être après le niveau 10 (je n’en dis pas trop pour ne pas spoiler) ? Et ainsi de suite. Les personnages sont inconsistants, l’enchaînement des situations totalement incohérents, et les enjeux peu clairs.
Mais soit… le scénario, dans un Tomb Raider de cette époque, est visiblement juste prétexte. Parlons du reste.
Donc oui, c’est joli pour du 1997. En tout cas pour les environnements. Parce que pour les humains, c’est comment dire… moche. Hormis Lara, vos adversaires auront plus l’air de robots cubiques que d’êtres de chairs et d’os. Bon, c’est pas non plus un drame, c’est un jeu de 1997 et on ne pouvait pas trop s’attendre à mieux. Ce qui est plus embêtant en revanche, c’est leur omniprésence : parce que des ennemis humains, vous allez en voir à la pelle. Et c’est là, à mon sens, que le bât blesse…
Parce que, oui, Tomb Raider II a visiblement décidé de se donner une tournure beaucoup plus ‘action’. Gunfights en pagaille, des membres de la mafia absolument partout, des véhicules pour aller plus vite et dont la conduite s’avère aussi rigide que le personnage de Lara, et des combats dantesques… Bref, la recette d’un bon gros jeu AAA. Mais… mais et les tombes alors dans tout ça ?
Et c’est bien là, après le scénario, mon deuxième point de désaccord avec ce jeu : dans Tomb Raider II, sur 18 niveaux, vous en avez 6 dans des tombes. Dont 5 dans le dernier tiers du jeu ! Et le pire, c’est que les environnements urbains et industriels qui les ont remplacées n’ont pas grand-chose de remarquable. Je n’ai pas eu de moments marquants dans ces niveaux. Non, je passais d’un endroit à un autre en résolvant quelques énigmes sympas, certes, mais qui ne révolutionnent pas la recette du premier jeu, sans émotions particulières. Quand à l’ambiance confinée de T.R.1… avec tous ces ennemis, vous vous doutez bien que vous pouvez l’oublier.
Alors pourquoi cet ennui ? Sans doute parce que le scénario est inconsistant. Mais également parce que le level design, si efficace dans le premier épisode et si en accord avec le gameplay, est ici beaucoup plus quelconque. Ce que j’avais aimé dans le premier, c’était ce principe de level design en étoile : on avait constamment l’impression d’avoir une grande salle sur laquelle venait se greffer tout un tas de couloirs, de portes et d’autres plus petites salles. Ici, c’est beaucoup plus en ligne droite : de plus petites salles collées les unes aux autres, sans grand volume pour respirer, trop étroites pour explorer. On passe moins de temps dans chacune d’entre elles et elles sont moins marquantes. Moins de hauteur également : le gameplay de T.R. se marie très bien avec un environnement vertical et pourtant dans T.R. 2 les salles sont très basses et très ‘horizontales’. Ce qui enlève, à mon sens, l’intérêt de tout un pan du gameplay.
Et tout d’un coup, au dernier tiers du jeu, j’ai retrouvé les sensations du premier. Les tombes étaient de retour, et avec elles ce chouette sentiment de découvrir de nouveaux environnements vraiment novateurs ; et enfin un excellent passage, le 16ème niveau, tout en apesanteur, plein d’inventivité et de créativité.
Le jeu est très bien noté par toute la presse, par tous les joueurs, et est même cité comme 53ème meilleur jeu de tous les temps par JVC. Je m’attendais sans doute à un jeu d’aventure / exploration avec des énigmes retorses me faisant découvrir plein de tombes, je me retrouve avec un jeu d’action avec quelques éléments d’exploration insuffisants selon moi. Sans doute ai-je tort, mais j'ai pas aimé. Désolé.