Obtenu avec le Xbox Game Pass Ultimate.
Config : CPU AMD Ryzen 5 3600, GPU Nvidia RTX 2060 Super, RAM 16Go DDR4 3200CL16, SSD NVMe.
Vous incarnez un niño pequeño qui se réveille sur une plage abandonnée. Au fil de votre périple, vous découvrirez ce qui vous a amené ici, aurez des réminiscences de votre passé sous formes d'indices, de métaphores et de flashbacks. Et enfin votre destinée. L'histoire est beaucoup moins abstraite que le laisse supposer le début, et se révèle en fin de compte bien construite, intéressante, et d'une grande sensibilité. Autant de lumière que de noirceur habitent ces gigantesques paysages, vous êtes prévenus.
Exploration, puzzle, plate-forme. Du classique, même si on peut mettre un peu de temps à comprendre certaines mécaniques, faute d'indications. Mais c'est voulu. En effet, il n'y a pas de HUD, pas de carte, et l'interface est réduite au minimum. Aucun dialogue écrit ou parlé non plus. La plupart du temps, on doit suivre un renardeau pour se diriger au sein d'un level design qui semble parfois brouillon, alambiqué, avec aussi quelques allers-retours fastidieux. Bref, en un sens c'est à la fois épuré et tortueux.
Les animations de notre avatar sont un peu lentes et rigides, avec des sauts aimantés à la Uncharted, qui n'en sont pas toujours très précis pour autant. Les puzzles sont plutôt bien calibrés, mention spéciale pour ceux avec un cadran solaire permettant de modifier l'heure du jour, qui sont ingénieux, bien qu'un peu sous-exploités à mon goût. Les nombreux passages sous-marins, avec des bulles d'air pour ne pas se noyer, apportent un autre type de gameplay, simple et efficace. Malgré de légers accrocs, l'ensemble se joue très bien.
La direction artistique est réussie, avec un aspect pastel et de belles couleurs : turquoise, bleu topaze, beige sable, doré, etc. Cependant, elle est sous perfusion totale d'autres titres tels que Journey (le mystérieux personnage à la cape rouge, notamment), Abzû, les production de la Team Ico, et même les films d'Hayao Miyazaki. D'excellentes sources d'inspiration, bien sûr, mais omniprésentes au point d'en devenir envahissantes, même si on y ajoute cette touche méditerranéenne propre aux Espagnols de Tequila Works.
Techniquement moyen, on note un peu de clipping et pop-in de textures. Sans afficher quoi que ce soit d'excessivement détaillé à l'écran, le jeu est pourtant assez gourmand. Impossible de maintenir les 60fps en 1080p avec tout à fond (SSAA, etc.). D'ailleurs, il y a trop peu d'options graphiques pour affiner ses réglages. Au pire, on peut bloquer le frame-rate à 30fps, la réactivité n'étant pas primordiale. Les temps de chargement entre les chapitre sont de 20 secondes environ, ce qui est acceptable, mais l'optimisation n'est vraiment pas idéale.
Les musiques sont agréables. David García Díaz s'inspire largement d'Austin Wintory et de Joe Hisaishi, tant dans le choix des instruments qu'au niveau des compositions. Sans jamais être flamboyant, il s'en sort très bien dans cet exercice, avec même une chanson en Espagnol en guise de générique de fin. Toute l'ambiance sonore est du même acabit, avec des bruitages minimalistes, immaculés, raffinés. À un son de chute d'eau mal mixé près. Les cris, et les petites mélopées murmurées par notre avatar sont parfaitement dans le ton.
Comptez environ 6 h pour arriver au terme de l'aventure, sans chercher activement tous les secrets et trésors bonus. C'est une bonne durée de vie pour une expérience de ce type. Faire plus long aurait mis en évidence la répétitivité du gameplay, ainsi qu'atténuer la fraîcheur se dégageant de l'ensemble. Une fois terminé, on pourra s'y replonger par petites touches, en choisissant son chapitre.
Au final, il s'agit d'un très bon petit jeu. Ses références sont flagrantes, beaucoup trop appuyées, et il souffre forcément de la comparaison avec ses glorieux aînés. Mais il bénéficie d'un capital sympathie indéniable, de mécaniques imparfaites mais globalement bien rodées, d'une bonne narration et mise en scène, d'un rythme maîtrisé, et d'un univers que l'on prend plaisir à traverser. Dépaysant, effrayant et émouvant, il ne peut laisser indifférent.