Vous trouvez les animatroniques et autres pantins un peu glauques ? Ne faites pas la même erreur que moi, alors. N'achetez pas ce truc.
Amnesia, Outlast, Slender et compagnie, même pas peur. Mais Five Nights at Freddy's me terrifie.
La faute à ces saloperies d'animatroniques imprévisibles ? Ben pas que au fait.
Scott Cawthon qui jusque là se contentait d'univers poétiques enchanteurs au style unique (l'original The Desolate Hope), prouve qu'il sait aussi faire peur.
FNAF va jouer sur votre paranoïa.
Vous êtes embauchés comme veilleur de nuit pour cinq nuits, chaque nuit étant une mini-aventure de quelques minutes. Quelques minutes qui finissent par paraître des heures tant on a hâte que le cauchemar finisse...
Vous êtes seul avec des monstres dangereux, vous savez deux choses : qu'ils n'ont qu'une envie, vous sauter dessus et... qu'ils ne bougent que si vous ne les regardez pas.
Comment décrire la chose ?
Une nuit commence par un briefing du patron, et vous voyez trois animatroniques sagement désactivés au fond de leur salle.
Vous êtes dans une pièce ouverte, vous ne pouvez pas vous déplacer mais vous avez des caméras à disposition. Vous avez une réserve d'électricité à gérer, qui descend lentement avec le temps. Toutes vos actions tirent BEAUCOUP dessus : utiliser les caméras pour regarder à se trouvent les monstres, allumer la lumière pour les voir arriver, et surtout fermer les portes pour les empêcher d'entrer.
Arriver à court d'électricité vous laissera démuni, sans lumière ni caméras, portes ouvertes, à la merci des bestioles. Il faudra être sur tous les fronts à la fois.
Alors oui, vous allez flipper. Flipper parce que vous ne retrouvez ce foutu canard sur aucune caméra, flipper parce qu'ils sont tous à proximité des portes mais que vous n'avez pas assez de puissance pour refermer les deux...
Des jumpscares, il y en a, mais ils ne sont présents que comme "game over", comme punition pour n'avoir pas été assez attentif. Ils sont presque une délivrance, tant ils signent la fin d'une longue période à épier, surveiller caméras, interrupteurs, portes, consommation d'électricité...
La difficulté va progressive, passant de "pff, les doigts dans le nez" à "ARGH ILS SONT PARTOUT".
Le jeu est assez lent, mais éprouvant et exténuant. Parce qu'il oblige à être sur tous les fronts à la fois. Attendez-vous à sortir des dernières nuits en nage...
Baisser votre garde sera fatal, tant ces gentils animaux mécaniques peuvent aussi bien être statiques (à-demi planqués dans une pièce sombre depuis des heures ingame à vous fixer de leurs yeux vides et luisants -brrrr), qu'en mouvement constant (chaque fois que vous ne les regardez pas, bien sûr -P*TAIN B*RDEL OU IL EST PARTI CE C*N), profitant du fait que vous regardez ailleurs pour vous sauter au visage à grands cris. Ils sont IM-PRE-VI-SIBLES, en plus d'avoir chacun des conditions spécifiques pour apparaître ou non - à vous de les découvrir à vos dépends.
La moindre erreur, inattention, ne pardonne pas et attendez-vous à des surprises.
C'est pourquoi chaque fin de nuit donne une vraie sensation d'accomplissement, l'impression qu'on revient de loin.
Mais les interludes entre les nuits sont courtes et ont est assuré que la suivante sera plus difficile encore...
Sinon, OK ça fait vraiment flipper, mais c'est tout ? Non. Il y a bien une vraie histoire ainsi qu'un background, tous deux aussi glauques qu'intéressants, mais qui sont un peu planqués dans le jeu.
Le jeu n'est pas exempt non plus d'un semblant de "profondeur" scénaristique, semblant être un genre de troll par l'absurde de la situation des "petits boulots" en Amérique.
Bref. Je l'ai fini une fois, j'y retournerai pas. Trop crevant, trop flippant.
Simplement dommage qu'avec le temps on finit par reconnaître certains patterns des ennemis, et qu'il soit presque cher étant donné la durée de vie effective très courte (bon, il m'a quand même fallu pas mal de temps pour y arriver) et le côté franchement cheap -ce ne sont que quelques diapos au final.
Concluons. Vous en avez marre du milliard de copies d'Amnesia ? FNAF propose une autre approche du survival-horror. Un genre de simulateur de weeping angel. Très simple, sans aucune surenchère, diablement efficace. Gageons que la recette sera copiée. Brrrr.