Contrat pas vraiment rempli pour Contrast (sic). Comme nombre de jeux indépendants, il part sur de bonnes bases et de bonnes intentions, mais rien ne semble avoir été vraiment développé. Le background est intéressant, une sorte de Paris fantastique des années 20, mais on sent qu'il manque quelque chose, tout est trop calme, l'univers proposé est trop petit et on ne voit notre ombre qu'à des endroits précis. Le jeu souffre sans aucun doute de ses limitations techniques, mais ça n'explique pas tout, je dirai qu'il y a aussi un manque d'ambition. La musique, sensée être superbe, est bien trop timide in-game, ce qui n'aide pas à se mettre dans l'ambiance.
On incarne l'amie imaginaire d'une petite fille, mais en fait d'amie j'ai eu surtout l'impression d’incarner une boniche, car les seules interactions entre Dawn et Didi se résument à "aide-moi, fais-ci, fais-ça, démerde-toi pour aller là-bas". C'est à ça que servent les amis j'imagine. Voilà qui nous coupe un peu plus d'une histoire déjà bien peu intéressante, mal racontée avec des cinématiques trop fréquentes hachant le jeu, même si le bon doublage français nous la fait suivre sans déplaisir.
Le postulat de base, pouvoir devenir une ombre, amène à quelques bonnes idées de game-design, où il faut alterner ombre/réel pour avancer. Je ne peux pas ne pas citer le théâtre d'ombres chinoises, le meilleur moment du jeu. Globalement le level design est très simpliste, très convenu, on ne reste pas bloqué longtemps, et les mécaniques de jeu évoluent peu.
Bon, maintenant arrivent les 2 défauts majeurs qui vont justifier ma note. Bienheureux ceux qui ne se sont pas retrouvés coincés dans le décor, car moi je ne peux pas en dire autant, par deux 2 fois je me suis retrouvé bloqué à mort dans cet espèce d'attraction pirate, obligeant à reprendre le checkpoint et à tout me retaper, puisqu'il n'y a aucun checkpoint tant qu'on en a pas fini avec cette épreuve. La gestion des collisions laisse vraiment à désirer par moment, ce qui laisse à croire parfois que ce qu'on fait n'est pas la bonne solution, alors qu'en fait si. J'aurai pu parler aussi de la légère imprécision des commandes, mais ça ne m'a pas vraiment dérangé outre-mesure.
Autre gros problème, le jeu est très court, si je retire les errements dû aux bugs et la reprise d'un checkpoint, on tombe à 2 heures tout compris, sachant que la rejouabilité est nulle: le rapport prix/durée de vie n'est pas bon.
Le jeu a de bonne idées, le potentiel est là, mais il s'enferme d'emblée dans l'histoire peu intéressante de Didi qu'on est forcément obligé de suivre, et semble ne pas oser aller au-delà de son postulat de base en proposant bien souvent un level design simpliste et convenu, sauf à de rares moments où les dévs ont quand même osé apporter un truc, (les projos à la fin du jeu où il faut amener une caisse), ce qui est bien mais pas top.