Stalker CoP, c'est un FPS avant tout. Les combats sont plutôt axé "réalistes" qu'arcade pure, pour la balistique et le feeling global des armes. Les ennemis font pas mal de dégâts, les armes de départ sont imprécises et inefficaces, les munitions et objets de soin sont rares au début... mieux vaut fuir et se planquer quand on n'a pas trois-quatre heures de jeu dans les pattes. Ou exploiter les quelques errances de l'IA.
L'IA des ennemis, justement, est particulière. Le système A-life est particulièrement performant lorsqu'il s'agit de faire vivre et interagir entre eux des groupes de personnages, indépendamment des actions du joueur. Mais en combat, leur comportement paraît totalement aléatoire, et on sera tour à tour consterné par leur bêtise et impressionné par leur intelligence.
Niveau baston beaucoup de jeux du genre font aussi bien et même franchement mieux. Mais Stalker, c'est bien plus que ça.
C'est un FPS au rythme tranquille. Il ajoute à ça un peu de survival-horror, pour son aspect survie et gestion de ressources, et ses grands moments de flipette. Quelques aspects de RPG, aussi - mais ceux-ci sont très limités. Dialogues génériques à sens unique, quêtes basiques -mais plus travaillées que précédemment.
En dehors de ces petites particularités bienvenues qui apportent un vent de fraîcheur, Stalker, c'est avant tout une ambiance unique et une immersion sans pareil - déjà, plus que ses prédécesseurs, c'est un monde ouvert, une invitation à la balade.
Stalker, ça se vit. On est seul dans la Zone, fichtrement seul et quasi sans aide, dans un environnement hostile et qui paraît gigantesque. Agressé par des saletés mutantes qui ne sont plus que le reflet des animaux ou des humains qu'elles étaient un jour.
Les environnements sont magnifiques et fichtrement désolés. Rencontrer des stalkers en balade fait toujours du bien, mais cette sensation de solitude ne nous quitte pas. Au fil de nos balades ou de séances de chasse aux artefacts, on peut se retrouver dans l'enfer d'un souterrain sombre et oppressant, l’occasion de sacrées séances de flippette. On est bien content d'en sortir, de s'arrêter dans un refuge de stalkers faire monter une lunette sur son fusil, acheter un bout de saucisson, une bouteille de vodka et quelques munitions. On cause un peu avec les divers pnj, savoir s'ils ont entendu parler de La Pie, écouter des histoires sur l'Oasis. Ecouter un stalker jouer deux-trois accords sur une guitare autour d'un feu de camp. En entendre d'autres papoter en russe.
Je l'ai dit, CoP est réellement SUBLIME et met la pâtée visuellement à la plupart des FPS actuels. Techniquement, c'est pas top, mais les décors dégagent tellement d'ambiance que les paysages vous couperont le souffle à coup sûr.
Et la bande-son est à l'unisson. Peu de musique, mais l'ambiance sonore est assurée d'une main de maître par une accumulation de petits détails : grincements de métal, chiens qui aboient au loin, coups de feu lointains, bips, voix...
Tout est fait pour une immersion totale. Ce que le jeu emprunte à un RPG sert uniquement à ajouter à l'immersion, la cohérence et au réalisme de l'ensemble. Pas d'évolution du personnage (L'évolution se fait -judicieusement- en fonction de l'équipement que l'on peut acheter avec l'argent que l'on gagne), mais la gestion d'inventaire en particulier a parfaitement sa place ici. Oui, on ne peut pas trimballer quinze tonnes de matériel, surtout s'il est encombrant. Ça amène à faire des choix compliqués.
Tout contribue pour que Stalker se "vive" plutôt que se "joue". Tout, jusqu'au moteur graphique vieillissant, pourri de défauts et qui a toujours des soucis de stabilité, mais tellement dans le ton avec son fort parfum d'Europe de l'est, et qui fait tellement partie du feeling général d'un Stalker qu'on ne l'échangerait pour rien au monde.
Dans un Stalker, c'est pas les combats qui font qu'on prendra vraiment notre pied, c'est le plaisir de l'exploration. Même pas forcément pour trouver des artefacts - ceux-ci sont mieux intégrés que dans les précédents et surtout généralement plus utiles, mais une grosse galère a fouiller dans une anomalie se conclut un peu trop souvent par une mini déception "rhâ il était pas si bien que ça finalement, je vais le vendre pour acheter du saucisson, de la vodka et des munitions plutôt". L'exploration, la découverte de nouveaux environnements se suffit à elle-même. En faisant la chasse aux artefacts et en fouillant tout de fond en comble, il m'a fallu une trentaine d'heures pour tout plier.
Ca sera 19. Impossible de mettre en avant les (gros ?) défauts du jeu, quand la seule ambiance qu'il dégage suffit à tout faire oublier... C'est ça, un grand jeu. Pas d'innovation dans ce CoP par rapport à ses grands frères, mais une vraie maitrise de la recette des précédents et plein de minis-améliorations qui rendent le gameplay moins "raide" et finalement tellement plus sympa.
Ah oui, et y'a un multi, aussi. Mais on s'en fout.