Kingdom Hearts : Chain of Memories... un jeu indispensable à tout fan de cette saga qui se respecte. Cependant, indispensable n'est pas synonyme de grande qualité. Cela peut paraître contradictoire ? Explications.
Tout d'abord, ce jeu joue en grande partie sur son potentiel "nostalgie". Qui n'a pas un de pincement au coeur en entendant sur le menu du jeu ce cher Dearly Beloved, synonyme de maintes heures de jeu passées sur le précédent opus? On se ravit aussi d'avoir Sora et ses amis en version portable et de pouvoir jouer à KH en voiture ou entre deux heures de cours. Et le plaisir atteint son paroxysme quand on découvre ces mondes plus ou moins déjà explorés, repensés dans de jolis sprites colorés. Pour un fan du jeu, cela suffit largement. Mais même si la forme donne envie, le fond nous la donne un peu moins...
Je connais très bien ce jeu pour l'avoir fini 2 fois ; 1 fois quand j'étais petite, 1 autre fois quand j'ai rallumé ma vieille GBA poussiéreuse. Du coup, en recommençant le jeu pour une 3e fois, et après seulement 20h de jeu, j'ai pu constater de toutes les faiblesses de cet épisode. On enchaîne des mondes trop courts avec des mondes beaucoup trop longs et manquant d'originalité. Heureusement que la 3e du jeu nous propose 2 mondes inédits, même si ça ne vaut pas 25h d'exploration.
Les rebondissements dans le scénario se font rares dans la seconde partie du jeu, là où justement on explore des mondes vastes et fastidieux. C'est dommage que CoM perde de son intérêt à ce moment-là, ne nous motivant pas forcément à aller jusqu'à la 3e partie du jeu, pourtant beaucoup plus riche. Si on veut vraiment pousser, on pourrait dire que ni la 1e ni la 2e partie du jeu ne présentent un réel intérêt ; ce sont des redites du premier volet (Agrabah, Le Colisée... au secours!), en ajoutant ici et là quelques combats trop rares contre les membres de l'Organisation.
Attaquons-nous maintenant au gameplay. Même si le jeu apporte l'intérêt du deck de cartes et qu'il faut quelques heures avant de maîtriser ce nouveau système, au final ça déborde de facilité. Et ça déborde un peu trop, car une fois qu'on peut s'équiper de cartes suffisamment puissantes, on oublierai presque que le deck existe. On se contente de spasmer la touche A, parfois dans le vide d'ailleurs, et de sauter. Alors oui il existe des combos, mais ils ne s'acquièrent que lors des montées de niveaux, or on a tendance à les délaisser au profit de bonus plus attrayants. Par ailleurs, les cartes coûtent chères et on se retrouve (trop) souvent à zigzaguer entre les pièces du gigantesque manoir pour récolter des munnies. Plus encore, il faudra attendre la 2e partie du jeu pour acquérir des cartes vraiment intéressantes avec des bonus particuliers, que ce soit pour remplir le deck ou pour ouvrir de nouvelles portes.
Les boss de fin de niveau ne présentent aucun challenge, sauf peut-être le Parasicotage de Monstro. Le boss de fin m'a incroyablement déçue, très facile à battre. A moins que j'avais atteint un level trop grand... Donc conseil ; ne dépassez pas le level 40 dans CoM. D'ailleurs, en parlant de level, on ne peut pas choisir son mode de difficulté ; du coup si on veut rejouer au jeu, celui-ci ne nous fera aucune résistance. Enfin, CoM est dépossédé de quêtes annexes, à part celles de compléter le Journal de Jimmy à 100% (et ça en devient lassant....). Un point faible de taille pour un RPG!
Heureusement que l'histoire de Riku peut être débloquée après avoir terminer le scénario de Sora. A part dans KH3D, c'est la seule fois où l'on peut incarner Riku, et on va pas s'en priver... même si au final ce mode Reverse est une redite version dark des heures de jeu précédentes. Le gameplay et les mondes restent les mêmes. Du coup, on en appréciera surtout le scénario très mélancolique, comme celui de Sora. Car il ne faut pas l'oublier, c'est dans CoM qu'apparaît l'Organisation et Naminé (et Néo-Riku aussi...), deux éléments centraux de toute la série par la suite. Manipulations et émotions sont au rendez-vous... même si, hélas, elles ne rythment pas suffisamment le jeu pour en faire oublier la pauvreté du gameplay et du temps de jeu.
Mention spéciale à la musique et au graphisme qui jouent un rôle important dans la qualité de CoM. Outre les musiques qu'on connaît déjà du I, ce volet nous offre de nouveaux thèmes, comme celui de Naminé, qui est à la fois très doux et poignant. Les graphismes sont eux très soignés, très colorés, et les sprites sont de véritables petits bijoux du pixel art (et quel régal pour les yeux de voir nos héros Disney en pixel art !).
Je conclurai donc par ceci ; Chain of Memories doit se jouer au moins une fois, que vous soyez fan de la série ou néophyte, pour apprécier l'atmosphère nostalgique du jeu. Cependant, il ne sert à rien de perdre son temps à terminer le jeu à 100% une fois les deux histoires complétées, au risque de transformer un sympathique souvenir en étonnante déception.