Sorti quelques mois après le lancement de la Dreamcast en France, Crazy Taxi premier du nom avait séduit par la grande qualité de sa réalisation plus que par sa profondeur ou sa durée de vie. Petit rappel : il s'agissait, dans la peau d'un chauffeur de taxi d'une ville très largement inspirée par San Francisco (dénivellations sauvages obligent) d'amasser un maximum d'argent en emmenant ses clients à destination en un temps donné. Comme on ne change pas un concept qui gagne, les développeurs de Hitmaker placés sous l'égide bienveillante de Sega signent avec Crazy Taxi 2 un remake au principe très inspiré de l'original. Toutefois, une différence saute aux yeux dès les premiers tours de roues : on a quitté l'horizontalité de la pseudo San Francisco pour la côte Est et la très verticale "Apple", comme dans "Big Apple", le surnom de New York.
Autre innovation : désormais votre voiture est équipée d'un bouton lui permettant de bondir comme un cabris. Pratique pour éviter les autres véhicules alimentant le trafic, surtout quand vous empruntez une voie d'autoroute à contre-sens pour gagner du temps, cette nouvelle fonction vous permettra également d'atteindre certains raccourcis situés, par exemple, sur des toits d'immeubles. Mis à part ces éléments qui influent effectivement sur la jouabilité en rendant le jeu un peu plus fou et survolté, Crazy Taxi 2 reprend donc le but de son prédécesseur et de tous les chauffeurs de taxi du monde : amasser un maximum d'argent en multipliant la rentabilité des courses. Il faut donc aller vite et couper au plus court, quitte à se livrer en route à des acrobaties et des manques de civilités automobiles qui vaudraient au commun des mortels un retrait de permis sans appel.
Le choix se fait toujours entre quatre personnages : Slash, Iceman, la blonde Cinnamon et Hot-D. Mis à part le look de leur véhicule, aucune vraie différence ne les caractérise les uns par rapport aux autres. Pour les nostalgiques ou ceux qui avaient raté le premier Crazy Taxi, il est possible d'en déverrouiller les quatre chauffeurs à condition de triompher du mode Crazy Pyramide. Cette série d'épreuves vous fera goûter aux joies du triple saut motorisé, de la chasse aux ballons de baudruche à éclater d'un revers de l'aile ou encore de l'ascension d'une série de plates-formes jusqu'au sommet d'un building. Dans ce mode, la difficulté croissante est extrêmement bien gérée et en venir à bout exigera une grande précision dans le maniement du joystick de la manette Dreamcast. Sinon, armez-vous de patience…
Graphiquement, Crazy Taxi 2 présente certaines améliorations par rapport au premier. D'abord, les textures sont indéniablement plus précises. Et, gros effort, le clipping a reculé. Maintenant on voit apparaître bien plus loin le poids-lourd fatal qui arrive en sens inverse. Cela permet de mieux gérer la faculté de saut. L'impression de vitesse est toujours aussi prenante, même si on a encore le sentiment de diriger une planche de skateboard plutôt qu'une voiture. Enfin, l'ambiance musicale bien dans l'esprit de ce jeu rapide contient toujours des petits bonheurs de punk rock interprétés notamment par les agités d'Offspring.
Globalement, cette deuxième mouture n'apporte donc que peu de choses au premier Crazy Taxi. Toutefois, si vous étiez passé à côté de cet excellent jeu d'arcade signé par des maîtres du genre, vous pourriez trouver de l'intérêt à cette suite très fraîche et correctement réalisée. Deux critères qui viennent à point nommé pour égayer la fin de carrière un peu morne de la Dreamcast