S’il y a un aspect sur lequel brille peu les routeurs Wi-Fi, c’est bien leur physique. Huawei veut changer cette tendance avec son X3 Pro, un routeur qui n’en a pas l’air. Mais fait-il aussi du bon boulot ?
- Design atypique et réussi
- Mise en route simple
- Gestion facile du réseau
Sommaire
- Routeur Wi-Fi 7 Huawei Mesh X3 Pro : la fiche technique
- Design : une idée lumineuse
- Une connectique sommaire
- Installation simple et ergonomie exemplaire
- Performances : du Wi-Fi 7 oui, mais…
Lorsqu’un geek (comme moi) partage sa vie avec une personne qui apprécie les nouvelles technologies mais sans plus, vient inévitablement un moment où ça coince. Accumulation d’objets tech divers et variés et plus ou moins encombrants, câbles qui traînent, cartons d’emballage, produits branchés et connectés en permanence, Leds qui clignotent par-ci par-là un peu partout dans la maison… Et lorsque je teste un routeur Wi-Fi, c’est généralement la goutte d’eau qui fait déborder le vase. « Tu ne vas pas installer cette horreur dans le salon j’espère ? ». Il faut bien l’admettre, la plupart de ces appareils, en particulier ceux qui veulent satisfaire les amateurs de très haut débit, ne cherchent pas à faire d’effort sur leur look. Souvent hérissés d’antennes ou ressemblant à des monolithes tout droit sortis de 2001 : Odyssée de l’espace, ils détonnent dans un salon qui essaie tant bien que mal de conserver un bon goût en matière de déco. C’est dans ce contexte que Huawei a eu une idée lumineuse : proposer un routeur Wi-Fi qui ne ressemble pas à un routeur Wi-Fi ! Un appareil qui peut s’intégrer sans difficulté dans une déco moderne tout en déployant un réseau Wi-Fi dans toute la maison. Mais je vous entends d’ici : « c’est bien joli mais, est-ce que les performances sont là ? ». C’est ce que je vous propose de découvrir dans ce test.
Routeur Wi-Fi 7 Huawei Mesh X3 Pro : la fiche technique
| Caractéristiques | Détails |
|---|---|
| Wi-Fi 7 | Bi-bande 2,4 GHz / 5 GHz – 2x2 MIMO |
| Connectique | Routeur : 2x RJ45 2,5 Gb/s / Répéteur : 1xRJ45 1 Gb/s |
| Fonctions incluses | Pare-feu, contrôle parental, heat map, diagnostique réseau, réglages luminosité |
| Dimensions | Routeur : 12,3 x 25 cm / Répéteur : 11,5 x 7,3 cm |
| Poids | Routeur : 777 g / Répéteur : 416 g |
| Prix au lancement | 249 euros |
Design : une idée lumineuse
Le Mesh X3 Pro sort de l’ordinaire, c’est le moins que l’on puisse dire. Il ressemble à tout sauf à un routeur Wi-Fi. C’est exactement le but recherché par Huawei et c’est réussi. Sorti de sa boîte, l’appareil a des airs de lampe à lave. Il présente une forme conique avec une base de plastique noir de 12,3 cm de diamètre. Elle est surmontée d’un bloc de plastique transparent cette fois-ci qui laisse apparaître la reproduction d’un glacier translucide au centre. Le sommet de l’appareil est scellé par un bouchon circulaire noir. L’ensemble qui mesure 25 cm de haut, ne manque pas de style mais intrigue. Une question se pose : où sont donc cachées les antennes indispensables à tout bon routeur Wi-Fi qui se respecte ? À l’intérieur de la montagne pardi ! Huawei les y cachées en adoptant un alliage de métal pour qu’elles soient transparentes elles aussi et le plus discret possible.

C’est une fois branché au secteur que le routeur se mue en objet de déco. Le glacier niché à l’intérieur s’illumine grâce à des Leds placées en dessous. Il prend une teinte dorée ou blanche. Attention, ça ne clignote pas (ouf !). L’éclairage reste fixe mais son intensité et sa teinte peuvent varier selon le moment de la journée ou les réglages adoptés.


Dans la boîte, se trouve également un satellite afin de proposer du Wi-Fi Mesh, autrement dit un réseau Wi-Fi maillé, destiné à étendre la couverture du réseau. Ce disque de 11,5 cm de diamètre pour 7,3 cm d’épaisseur, adopte le même principe lumineux que le routeur principal mais dans de moindres proportions. Pas de glacier ici mais une simple couronne. Elle s’illumine elle aussi avec les mêmes teintes que le routeur.

L’effet est un peu moins spectaculaire et le résultat ressemble davantage un brûleur de gazinière. L’éclairage est, là encore, variable et peut même se désactiver en tapant légèrement sur le couvercle du boîtier.

Une connectique sommaire
Le look stylé, c’est bien, mais il ne faut pas non plus perdre de vue la fonction de l’appareil : gérer le réseau Wi-Fi de la maison. Et pour ça, Huawei a eu la main un peu légère sur la connectique. Sous la base du routeur se niche la prise d’alimentation ainsi que deux ports RJ45 2,5 Gb/s. Rien de plus. De quoi y connecter la box Internet et… pas grand-chose d’autre donc. À moins d’y brancher un switch Ethernet mais là, on retombe dans cette sombre histoire de câbles emmêlés à n’en plus finir. Pas de bouton de mise sous tension donc. Seul un orifice permet de réinitialiser le routeur avec la pointe d’un stylo.

Sur le répéteur à placer dans une autre pièce, l’histoire se… répète, en pire. Outre la prise d’alimentation, n’est présent qu’un port RJ45 cette fois-ci à la norme Gigabit Ethernet.

Reste le réseau Wi-Fi lui-même. Et là, surprise. Contrairement à nombre de routeurs Wi-Fi 7 concurrents, le X3 Pro est un routeur bi-bande. Autrement dit, il exploite les bandes de fréquence de 2,4 GHz et 5 GHz. Le 6 GHz ? Aux oubliettes ! Dommage car c’est en grande partie sur cette bande de fréquence que repose l’intérêt du Wi-Fi 7 avec un des canaux plus larges (165 ou 320 MHz), un encombrement moindre et des débits accrus. Dommage. Vu le nombre d’appareils Wi-Fi 7 tri-bande que j’utilise à la maison, j’aurai bien apprécié pouvoir profiter de cette bande de fréquence inexploitée par mes voisins alentours.
Installation simple et ergonomie exemplaire
Conscient qu’il s’adresse à un public pas forcément très technophile, Huawei a souhaité faciliter au maximum la mise en route de son routeur X3 Pro. Sitôt branché et connecté à la box, il déploie son propre réseau sans fil auquel il suffit de se connecter (sans mot de passe pour le moment) depuis smartphone ou un ordinateur. L’accès aux réglages du routeur s’effectue ensuite depuis un navigateur Web en se rendant à l’adresse indiquée sous la base de l’appareil ou depuis l’appli AI Life sur mobile. Attention, si celle-ci est bien accessible dans l’AppStore sur iPhone elle est absente du PlayStore Android (toujours cette histoire de sanction américaine). On l’obtient en scannant le QR code fourni par Huawei ou depuis AppGallery, la boutique d’applis du constructeur. L’appli convient parfaitement à tous ceux qui souhaitent effectuer des réglages simples. Pour des réglages plus approfondis, l’interface Web se montre plus complète.

La connexion du répéteur est encore plus simple. Il suffit juste de le brancher au secteur. Il établit alors automatiquement la relation avec le routeur. Je note qu’il n’utilise pas de backhaul, soit une connexion dédiée et exclusive. Son lien ponctionne donc de la bande passante. L’appli reste cependant indispensable pour ajuster les paramètres de l’éclairage de la montagne nichée dans le routeur (hors contexte, cette phrase n’a aucun sens, je l’admets). Il est possible de caler son intensité et sa teinte selon le moment de la journée et les conditions météo (en acceptant la localisation). Il fait beau : la lumière est dorée. Il fait moche : la montagne se drape de blanc. Il est aussi possible de choisir soi-même la température, de 2000 Kelvins (jaune) à 7000 Kelvins (blanc) et l’intensité ou encore de programmer allumage et extinction selon un calendrier précis. Autant de paramètres inaccessibles depuis l’interface Web. Toujours depuis l’appli, les réglages autorisent la gestion du pare-feu, des périphériques connectés, du réseau Wi-Fi (nom et mot de passe) du réseau invité, etc. Je peux accéder aussi à un contrôle parental. Il est assez sommaire et autorise simplement de planifier des heures de connexion pour certains appareil et de bloquer des URLs. Un onglet Zone couverte permet de dessiner le plan du logis. Les outils ne sont pas faciles à manipuler. On doit ensuite se promener dans la maison pour dresser une heat map qui permet de vérifier la qualité de couverture du réseau dans chaque pièce. Enfin, petit bonus, l’appli permet aussi de mener un diagnostic en cas de pépins pour rétablir la connexion. C’est plutôt bien fichu.



L’interface Web accessible depuis un ordinateur reprend tous ces réglages (éclairage mis à part) mais va un peu plus loin. Je peux choisir le canal pour les bandes de fréquence 2,4 et 5 GHz, activer le MLO, modifier le mode de chiffrement, mettre en route le DMZ, procéder à un filtrage par adresses MAC, etc. Bref, toutes les fonctions plus avancées que l’on retrouve sur la plupart des routeurs. Tout est en français et nourri d’explications pour ne pas faire n’importe quoi.
Performances : du Wi-Fi 7 oui, mais…
Pour Huawei, les équipements réseau, c’est la base. C’est même son métier principal. Et pourtant, à l’inverse de nombre de ses concurrents, tous les routeurs Wi-Fi présents à son catalogue (Wi-Fi 6E et Wi-Fi 7) font l’impasse sur la bande des 6 GHz. Une intention louable qui conduit à des prix finaux peu élevés mais qui prive aussi de belles performances. En Chine, patrie de Huawei, la bande des 6 GHz est réservée à la téléphonie mobile. Une spécificité qui explique probablement l’absence de cette bande de fréquence même sur les routeurs vendus en Europe. En conséquence, ce Mesh X3 Pro exploite les bandes 2,4 GHz et 5 GHz dopées toutefois à la modulation 4K-QAM pour amplifier le signal avec une augmentation théorique des débits de l’ordre 20 % par rapport au Wi-Fi 6. Pas de 6 GHz, est-ce si grave ? Eh bien ça dépend de l’usage. J’ai testé le X3 Pro en connectant un PC (5 Gb/s) sur son port Ethernet. Il fait office de serveur avec l’appli OpenSpeed Test. Je me suis ensuite connecté au routeur depuis plusieurs points de l’appartement avec un smartphone Samsung Galaxy Z Fold7 (compatible Wi-Fi 7 tri-bande). J’ai pris soin d’activer plusieurs réglages du routeur (le MLO, la priorité au 5 GHz qui réunit les deux bandes 2,4 et 5 GHz et chiffrement WPA2 PSK/WPA3 SAE) pour optimiser les performances. À un mètre du routeur, le débit grimpe à 1,37 Gb/s en download et à 1,45 Gb/s en upload. Pas mal.

En m’éloignant de quelques mètres, les débits s’établissent respectivement à 752,5 Mb/s et 719,3 Mb/s. Ça reste très correct. Encore plus loin, connecté cette-fois-ci au répéteur, la chute est plus sévère avec des débits de 267,3 Mb/s et 301,9 Mb/s puis 252,3 Mb/s et 228 Mb/s à quelques mètres du répéteur. Ces résultats montrent cependant des débits suffisants pour profiter par exemple de contenus 4K en streaming sans connaître de coupure ou de temps de latence. Pour jouer dans de très bonnes conditions, il faudra toutefois se méfier du répéteur qui m’a affiché un Ping souvent supérieur, voire très supérieur à 10 dans la zone la plus éloignée.
La couverture réseau selon l'appli Huawei

La couverture réseau selon NetSpot

Quant à la couverture du réseau, l’appli Huawei enjolive un peu la réalité. Confrontée à l’appli NetSpot sur mon PC, la heat map présentée affiche bien quelques zones en souffrance. Rien de dramatique toutefois. Les performances sont donc plutôt honorables pour un usage classique du Wi-Fi à la maison. Les débits sont corrects et la stabilité au rendez-vous. Ce n’est pas le routeur le plus performant du moment mais il convient pour la plupart des foyers.
- Design atypique et réussi
- Mise en route simple
- Gestion facile du réseau
Conclusion
Points forts
- Design atypique et réussi
- Mise en route simple
- Gestion facile du réseau
- Performances correctes pour un usage classique
Points faibles
- Pas de bande 6 GHz
- Connectique filaire très limitée
- Performances du répéteur
Note de la rédaction
La proposition de Huawei se révèle assez séduisante. Je ne boude pas mon plaisir. Pour une fois qu’un routeur Wi-Fi ne ressemble pas à ce qu’il est, c’est plutôt agréable. Son esthétique lui a donné le droit de séjourner dans le salon à la vue de tous. Il a même suscité curiosité et même parfois admiration auprès des amis de passage. Sur ce point, Huawei se place largement devant la concurrence. Quant aux performances, je ne me plaints pas non plus. Il colle très bien à mes usages et à ceux des autres membres du foyer. Il délivre une connexion stable et performante pour permettre à tout un chacun de profiter de son côté, du streaming dans de bonnes conditions, de travailler, de télécharger des fichiers et de jouer sans latence. J’émets toutefois quelques doutes sur le répéteur qui manque un peu de pêche. Un deuxième satellite ne serait pas de trop pour couvrir convenablement tout un appartement (la surface du mien tourne autour de 75 m2). Mais pour le prix, et pour la paix dans les chaumières, le X3 Pro est un bon candidat.


