Avec le Z60 Ultra Roller, Mova a semble-t-il souhaité réunir toutes les technologies qu’il connaît et maîtrise dans un seul appareil. Quitte à rogner sur certains aspects pourtant pratiques et commettre quelque erreurs.
Sommaire
- Mova Z60 Ultra Roller Complete : la fiche technique
- Design : pas de révolution mais de l’efficacité
- Navigation : tous les moyens sont bons pour éviter les obstacles… ou pas
- Aspiration : un véritable vorace
- Lavage : un sol vraiment propre gâché par des fuites
- Entretien : tranquillité d’esprit assurée
Aux côtés du Zeus 60, le robot concept capable de monter les escaliers, la marque chinoise Mova a présenté lors de l’IFA début septembre, un robot plus « traditionnel » mais non moins intéressant. Le Z60 Ultra Roller ne manque pas en effet de prétention si l’on observe sa fiche technique. C’est simple, on dirait que Mova a dressé une liste de toutes les technologies employées sur les modèles précédents, en a expurgé les moins pertinentes et a amélioré le reste pour aboutir à un robot technologiquement avancé. Système de navigation intelligent, lavage au rouleau, dispositif de protection des tapis, châssis rehaussable, station multifonction, double réservoir pour le détergent, etc. Une débauche de moyens qui permet au Z60 Ultra Roller de ne se concentrer que sur deux tâches : l’aspiration avec une puissance phénoménale de 28 000 Pa et le lavage grâce à un rouleau serpillère, technique très tendance depuis le début de l’année sur les modèles haut de gamme. Aussi, comme tous les modèles concurrents, il aspire (sans jeu de mots) à devenir un expert pour aider à maintenir la maison propre sans avoir à lever le petit doigt (hormis pour donner les ordres depuis le smartphone). Je lui ai donc confié l’entretien des sols de mon appartement pendant trois semaines. Et le résultat est surprenant.
Mova Z60 Ultra Roller Complete : la fiche technique
| Caractéristiques | Détails |
|---|---|
| Aspiration | 28 000 Pa |
| Lavage | Rouleau mop autonettoyant, pression au sol 4100 Pa |
| Station tout-en-un | Bac à poussière de 3,2 L, bac d’eau propre de 4 L, bac d’eau sale de 3,5 L, autonettoyage, lavage serpillère à 80°C, séchage à air chaud, deux compartiments pour détergent |
| Navigation | LiDAR + Caméra binoculaire RVB, capteur de proximité, IA anti-obstacle |
| Batterie | 6400 mAh – environ 350 m2 aspiration + lavage |
| Dimensions robot | 350 x 350 x 96 mm |
| Dimensions station | 39 x 46,3 x 54,5 cm |
| Prix au lancement | 1399 euros |
Design : pas de révolution mais de l’efficacité
Le Z60 Ultra Roller ressemble presque comme deux gouttes d’eau au V50 Ultra sorti un peu plus tôt dans l’année. Mova ne réinvente donc pas la roue niveau design mais après tout, ce n’est pas forcément nécessaire. Sur le capot du robot, je retrouve donc la tourelle rétractable qui dissimule le LiDAR. Elle reste la plupart du temps en position haute pour guider le robot dans ses déplacements et ne s’abaisse qu’à l’approche de meubles bas. Sa hauteur passe ainsi de 11,5 cm à 9,6 cm. C’est encore un peu haut par rapport à ce que propose Roborock sur ses Saros et son nouveau Qrevo Curv 2 Pro (7,98 cm) mais c’est déjà pas mal pour se glisser sous une table basse et poursuivre son ménage. Petit détail qui plaira peut-être aux geeks amateurs de Leds multicolores : un anneau lumineux encercle la tourelle et s’illumine selon l’activité du robot.

Le capot aimanté retiré dévoile le collecteur de poussière d’une capacité de 210 ml ainsi que le bouton pour le connecter au réseau Wi-Fi de la maison.

En façade, le Z60 Ultra Roller arbore fièrement une caméra binoculaire dopée à l’IA. À elle de détecter les obstacles et de les identifier si possible pour éviter les accidents.

À l’arrière se niche le récupérateur d’eau sale amovible. Le robot le purge en revenant à sa station mais il est possible de le retirer pour le nettoyer soi-même si jamais des saletés venaient l’encombrer.

Les différences les plus marquantes avec le V50 Ultra se remarquent sur le ventre de l’appareil. Exit le petit patin rotatif pour laver le long des murs. Dommage il marchait plutôt bien. Cette opération est maintenant dévolue rouleau serpillère. Il n’est plus fixe mais se décale légèrement sur le flanc droit du robot pour longer les plinthes et autres meubles. Un choix technique discutable au regard de l’efficacité relative comme j’ai pu le constater un peu plus loin.

Petite nouveauté également, ce rouleau dégoulinant ne risque pas a priori de tremper les tapis. Mova a prévu un cache coulissant qui le recouvre automatiquement dès que le robot passe sur ce type de surface. On remarque aussi encore la présence de cette satanée petite raclette placée à l’opposé de la brossette latérale. Elle m’avait déjà bien agacé sur le V50 Ultra puisqu’elle conduisait le robot à emmener avec lui le tapis léger de mon couloir.

Quant à la station, elle ne présente aucune fantaisie. Habillée d’un plastique noir brillant (seul coloris proposé), elle joue la carte de la sobriété. Un capot dissimule les deux bacs d’eau propre et sale d’une capacité généreuse (respectivement 4 L et 3,5 L). Il est légèrement bombé, ce qui n’empêche pas de poser des trucs dessus (oui, j’aime bien). La station est assez imposante avec ses 54,5 cm de haut. Mais j’ai déjà vu pire.



Navigation : tous les moyens sont bons pour éviter les obstacles… ou pas
Avec sa caméra binoculaire assistée par de l’intelligence artificielle pour reconnaître les objets et les éviter (ou non) son LiDAR sur le dessus, son détecteur latéral et ses capteurs de vide et ultra son pour identifier la nature du sol, le Z60 Ultra Roller semble bien armé pour naviguer sereinement dans la maison. La première reconnaissance de mon appartement s’est déroulée sans accroc. Le robot a correctement délimité chaque pièce traversée. Il est même parvenu à marquer une séparation entre l’entrée et le couloir alors qu’il n’y a pas de porte. En revanche, il n’a pas fait la différence entre carrelage et parquet. Il a finalement dressé une carte précise de la maison qu’il a affiné au fil de ses pérégrinations.

Le Z60 Ultra Roller se montre aussi assez fortiche à l’épreuve du saut d’obstacle. L’appli propose même deux méthodes : franchissement d’obstacle de type haies ou synchronisé. Dans le premier cas, l’appareil relève son châssis et hisse une roue après l’autre assisté de petites pattes pour passer par-dessus une barre de seuil assez haute (il peut prendre quelques minutes pour y arriver mais le spectacle est amusant à voir). Dans le second cas, il se dresse pour passer de front l’obstacle non sans retomber lourdement sur le nez. Les deux méthodes fonctionnent bien et le robot peut ainsi franchir des hauteurs de 8 cm en deux fois (4,8 cm + 3,2 cm). Un vrai cascadeur.


Par la suite, il indique en vert sur la carte les barres de seuil franchissables et en rouge celles devant lesquelles il renonce. Bizarrement, il a identifié le pied de mon fauteuil traîneau (2 cm de haut) comme un obstacle trop haut pour lui. Quant à la détection des obstacles, l’appareil est censé reconnaître 200 objets grâce à son IA embarquée. Bon, ça ne marche pas à tous les coups mais ça reste efficace. Il a parfaitement identifié les chaussures et autres câbles laissés au sol. Il en a soigneusement fait le tour afin de ne pas s’emmêler. Le bouchon de liège l’a en revanche laissé totalement indifférent. Il a roulé dessus. La chaussette a, quant à elle, été identifiée comme un morceau de tissu qu’il a là aussi contourné. Enfin, la petite figurine couchée au sol (moins de 2 cm de long) a elle aussi été évitée là où d’autres robot de même catégorie ont tenté de l’engloutir.

À chaque obstacle rencontré, l’appareil prend une photo, y compris pour les animaux domestiques. Avec ces derniers, il est censé revenir à la charge une fois qu’ils ont changé de place pour terminer sa tâche. Ça ne fonctionne pas toujours. Conclusion : le Z60 reste bien attentif à son environnement. Pas besoin de faire un grand ménage avant de le laisser partir à l’aventure. C’est toujours du temps de gagné.

Aspiration : un véritable vorace
Modèle haut de gamme oblige, le Mova Z60 Ultra Roller embarque un moteur des plus performants du moment affichant 28 000 Pa au compteur. Une débauche de puissance épaulée par une double brosse centrale anti-enchevêtrement et une brossette latérale extensible pour longer les murs, passer sous les portes et les appareils électroménagers ainsi que dans les coins.

Sur sols durs comme mon parquet et mon carrelage, le Z60 réalise un quasi-sans-faute. Rien ne lui résiste. Les amas de poils des chats sont avalés goulument de même que les poussières et les grains de riz ou de litière. Le robot identifie automatiquement la présence de gosses particules (comme les grains de litière). Il adapte alors la vitesse de rotation de sa brossette latérale afin de ne pas tout éparpiller et augmente sa puissance d’aspiration. Il n’y a que dans les coins où il se montre moins à l’aise peinant parfois à bien récupérer les débris qui s’y cachent mais peu de robots réussissent un perfect dans cet exercice.

À noter qu’après avoir désigné des zones pour animaux domestiques (là où se situent le bac à litière, les gamelles ou encore les paniers), le Z60 prendra un soin particulier dans le nettoyage en repassant une fois supplémentaire. Sur tapis et moquette, le Z60 Ultra Roller est également très à l’aise. Sa belle puissance d’aspiration associée à sa double brosse (dont le plateau s’abaisse pour minimiser la perte de pression) se montre diablement efficace pour récupérer les petits débris et autres cheveux coincés dans les fibres. J’apprécie que la brossette latérale demeure active même sur la moquette (après avoir coché l’option adéquate dans les réglages) pour bien nettoyer le long des murs. Reste la petite raclette placée sur le ventre de l’appareil. Elle semble un peu moins haute que sur le V50 Ultra. Elle ne frotte plus lors du passage du robot sur mon tapis coco. Mais elle continue en revanche d’accrocher le tapis léger de mon couloir. Je me demande toujours quelle peut être sa véritable utilité puisque la brossette latérale ajuste seule sa vitesse de rotation pour éviter les projections de débris. Mystère. Côté bruit enfin, ce n’est pas le plus discret du moment. En mode Max+, sur moquette, il peut envoyer jusqu’à 70 dB dans les oreilles. Mieux vaut le laisser travailler seul et aller faire une balade.
Lavage : un sol vraiment propre gâché par des fuites
Le lavage du sol s’opère donc au moyen d’un rouleau serpillère rotatif. Rincé en permanence à l’aide d’une douzaine de buses, il exerce une pression au sol de 4100 Pa. L’eau sale est immédiatement évacuée dans un collecteur séparé. Par ailleurs, la station contient deux réservoirs pour deux détergents différents qu’elle distille dans le bac du robot. L’un classique pour l’entretien quotidien, l’autre dédié au nettoyage des zones pour animaux afin d’éliminer les mauvaises odeurs.


Ainsi équipé, il ne devrait faire qu’une bouchée de la moindre trace et laisser un sol super clean. Sur un carrelage peu sale, pour un entretien quotidien par exemple, le Z60 fait des merveilles. Il laisse derrière lui une surface impeccable, sans traces. Nickel. Avec un sol un peu plus encrassé parsemé de tâches incrustées, il se sort là encore aisément de l’exercice. Il n’hésite pas à revenir sur ses pas après avoir laver sa serpillère pour fignoler le travail. Un bon élève. Tout n’est pas parfait toutefois. D’abord, le système de lavage au rouleau présente certaines limitations pour le nettoyage des bords et des coins. À plusieurs reprises le robot ne s’est pas approché suffisamment du bord durant son office. Résultat, il a laissé une bande d’un bon centimètre de large non lavée. Par ailleurs, même s’il se décale sur le côté, le rouleau ne peut atteindre les coins dans des angles qui ne sont pas à 90°. Enfin, il ne permet pas non plus de nettoyer sous les bas de porte ou sous les meubles en léger surplomb. Bref, le patin rotatif se montre bien plus efficace dans ces conditions.


Ensuite, j’ai éprouvé quelques difficultés avec le mode intelligent CleanGesnius. J’ai envoyé le robot nettoyer le carrelage blanc de la salle de bain ou j’avais renversé à son intention du liquide pour bain de bouche rouge. But de la manœuvre : analyser son comportement en présence de liquide répandu au sol. Dans un premier temps, le robot à commencé par aspirer les contours de la pièce tout en les lavant. Classique. Puis il a repéré le liquide. Il a alors coupé l’aspiration et relevé sa brossette latérale afin de ne pas la contaminer. Un bon point. Il a commencé à jouer du rouleau pour nettoyer la tache, s’est arrêté puis est rentré à sa station pour laver sa serpillère. Bonne idée. Mais lorsqu’il est revenu avec un plein d’eau propre et une serpillère comme neuve, il n’a même pas franchi le seuil de la salle de bain et s’en est retourné laver une seconde fois sa serpillère.

Signalons que cette opération est assez longue sans compter les temps de trajet aller-retour vers la station. Il s’est ensuite de nouveau remis à l’œuvre mais a cette fois-ci estimé que la tache qu’il a commencé à nettoyer auparavant n’était finalement pas nettoyable. Il l’a confondu avec du vomi ou une autre substance peu ragoutante avant de retourner, cette fois pour de bon à sa station. Une nouvelle mise en route m’a toutefois permis de retrouver un sol propre sans que le robot ne rechigne. Mais que de temps, d’eau et de détergent perdu.

Plus inquiétant, le Z60 s’est aussi pris pour le Petit Poucet. Après le lavage de mon parquet, j’ai pu constater qu’il avant semé un peu partout de belles grosses gouttes d’eau (propre ou sale, difficile de le savoir). Si ce n’est pas bien gênant sur un carrelage, sur un parquet en bois brut, c’est plus ennuyeux avec un risque de trace qui s’incruste si l’on n’essuie pas rapidement la surface.

Entretien : tranquillité d’esprit assurée
Je dois bien le reconnaître, le Z60 est très facile à vivre. La station d’accueil s’occupe de tout ou presque. Elle lave les serpillères à l’eau chauffée jusqu’à 80°C si on le souhaite, les sèche ensuite à l’air chaud et applique un traitement UV pour éliminer le maximum de bactéries. Le sac à poussière offre une capacité confortable de 3,2 L soit de quoi ne pas le remplacer pendant plusieurs longues semaines.

Enfin, la station peut également s’occuper du nettoyage de la planche de lavage. Pratique. Et si cela ne suffit pas, comme elle peut se retirer, un simple coup d’éponge peut la débarrasser d’éventuels débris qui aurait pu s’y accumuler. Le seul souci de cette station, c’est le bruit qu’elle émet. Bizarrement, le plus gênant n’est pas la vidange des poussières mais le nettoyage des serpillères. Un ronronnement permanent qui agace.


Côté robot, même constat. Le rouleau serpillère se retire aisément pour un petit passage en machine. Quant à la double brosse principale, elle s’est systématiquement débarrassée des cheveux longs pour rester propre comme au premier jour. J’ai du simplement surveiller l’encrassement du filtre du collecteur de poussière et nettoyer de temps en temps sous l’eau du robinet, le collecteur d’eau sale que le robot ne parvient pas toujours à correctement purger.


Un petit mot aussi sur les accessoires. Vous l’aurez remarqué, le nom de cet aspirateur robot est pourvu de la mention « Complete ». Cela signifie que la marque fournit tout le nécessaire pour assurer son fonctionnement sur une longue durée.

J’ai donc trouvé dans le carton trois sacs à poussière supplémentaires (un sac est déjà installé dans la station), deux brossettes de remplacement, trois rouleaux serpillère, un jeu de deux brosses principales, deux filtres pour le collecteur de poussière, un bidon de 1 litre de détergent classique et un flacon de détergent pour le nettoyage des zones pour animaux domestiques de 200 ml. Bref, de quoi être tranquille pendant au moins un an. Une belle idée que la concurrence, parfois très pingre de ce côté-là avec même pas un flacon de détergent fourni (Roborock, si tu nous lis…), devrait suivre.
Conclusion
Points forts
- Aspiration exceptionnelle
- Lavage des sols très efficace
- Entretien facile et peu fréquent
- Quantité de consommables fournis
Points faibles
- Lavage des coins et des bords approximatif
- Bruit en fonctionnement
- Mode CleanGenius perfectible
- Gouttes d’eau au sol après le lavage
- Bruit de la station
Note de la rédaction
Le Mova Z60 Ultra Roller Complete signe presque un sans-faute. La marque maîtrise l’aspiration, aussi bien sur sols durs que sur tapis et moquettes. La puissance revendiquée du moteur s’allie parfaitement aux performances de la brosse principale pour tout engloutir sans broncher. Quant au lavage, j’ai également apprécié l’efficacité de la technique du rouleau qui se révèle toujours pertinente et, de mon point de vue, supérieure face aux patins ou aux serpillères vibrantes. Les sols restent propres, les tâches incrustées disparaissent et la surface ne colle pas sous les semelles après séchage. Néanmoins, Mova doit encore améliorer la technique. La disparition du petit patin rotatif sur le flanc représente une lourde perte pour le nettoyage des bords des murs, sous les bas de porte et des appareils électroménagers. Le rouleau fait ce qu’il peut en se décalant mais la technique présente des limites physiques qui l’empêchent de faire mieux. Quant au mode intelligent CleanGenius, il mérite lui aussi quelques ajustements. Le comportement du robot dans des situations complexes, devant une tache fraîche, m’a fait sourire mais perdre aussi beaucoup de temps. Enfin, les ingénieurs vont devoir aussi se pencher sur la dispersion de gouttes d’eau sur le sol. Un détail gênant, notamment pour ceux qui disposent d’un parquet en bois brut. Le Mova Z60 Ultra Roller Complete mérite toutefois sa place dans la catégorie haut de gamme et figure parmi les modèles les plus performants du moment. Sans oublier le petit plus qui fait plaisir : l’abondance de consommables fournis. De quoi garder l’esprit tranquille pendant un long moment.



