Avec un nom pareil, Ecovacs promet du lourd pour son nouvel aspirateur robot haut de gamme. On aurait envie de croire à une tempête qui balaye tout sur son passage pour un sol encore plus propre. Voyons si les prévisions sont justes.
Sommaire
- Ecovacs Deebot X11 OmniCyclone : la fiche technique
- Design : sobre et efficace
- Navigation : une reconnaissance d’obstacles perfectible
- Aspiration : une puissance bien dosée mais les coins ignorés
- Lavage : un expert des taches fraîches
- Entretien : facile mais salissant
À l’IFA, le salon grand public de l’électronique et de l’électroménager qui s’est tenu début septembre à Berlin, j’ai pu constater que les aspirateurs robots ont véritablement brillé par leur abondance. Une multitude de constructeurs, chinois dans leur très grande majorité, se sont évertués à démontrer leur savoir-faire dans l’ombre des grandes marques bien établies comme Dreame, Roborock, Narwal, Eufy (Anker) et bien sûr, Ecovacs. Signe que ces appareils séduisent un public de plus en plus large. Et la bataille fait rage. Quand certains parient sur des techniques spectaculaires avec des robots capables de grimper les escaliers, d’autres comme Ecovacs, plutôt que d’en mettre plein la vue, adoptent une autre stratégie.
Pour se distinguer, la marque s’est concentrée sur deux aspects souvent délaissés par les autres constructeurs : l’écologie (et l’économie qui l’accompagne) et l’autonomie. Avec son Deebot X11 OmniCyclone dévoilé pendant le salon et que j’ai pu tester en amont durant deux semaines, Ecovacs souhaite d’abord tirer un trait sur l’utilisation des sacs à poussière présents partout ailleurs chez la concurrence. À l’instar des aspirateurs traîneaux ou balais d’aujourd’hui, la station qui accompagne ce nouveau Deebot en est dépourvue. Une fois le bac plein, il suffit de le vider. Alors oui, du coup, la marque se prive du marché juteux des consommables… mais elle sait se rattraper ailleurs.
Néanmoins, ce parti pris est bon pour l’environnement et pour le portefeuille aussi. Ensuite, son robot se pare d’un dispositif qui lui permet de se recharger rapidement même pendant une session de ménage. Selon Ecovacs, il pourrait ainsi couvrir une surface de 1000 m2 soit trois fois plus que ses congénères. Plutôt utile si l’on dispose d’un logement très vaste à nettoyer en une fois. Alors, certes, ça n’arrive ni tous les jours ni à tout le monde. Mais je trouve rassurant de me dire que je peux enchaîner les sessions de nettoyage sans jeter un œil à la jauge de la batterie (oui j’aime que mon sol soit impeccable… tout le temps). Bref, sur le papier, ce nouveau Deebot X11 OmniCyclone a de quoi me séduire. Voyons si les promesses sont tenues et si elles en valent la peine.
Ecovacs Deebot X11 OmniCyclone : la fiche technique
| Caractéristiques | Détails |
|---|---|
| Aspiration | 19 500 Pa |
| Lavage | Rouleau mop autonettoyant, pression au sol 3800 Pa |
| Station tout-en-un | Bac à poussière de 1,6 L, bac d’eau propre de 3,2 L, bac d’eau sale de 2,7 L, autonettoyage, lavage serpillère à 75°C, séchage à air chaud à 63°C, deux compartiments pour détergent |
| Navigation | LiDAR + Caméra RVB, capteur de proximité, IA anti-obstacle |
| Batterie | 6400 mAh – environ 1000 m2 aspiration + lavage |
| Dimensions robot | 350 x 350 x 98 mm |
| Dimensions station | 38 x 49,3 x 46,5 cm |
| Prix au lancement | 1299 euros |
Design : sobre et efficace
L’une des principales nouveautés de ce Deebot X11 OmniCyclone, c’est l’absence de sac pour stocker les poussières dans la station. Du coup, Ecovacs a bien mis en avant cette spécificité. Le réceptacle, de forme cylindrique, occupe la place centrale sur la station. Il est constitué d’un plastique gris translucide afin que l’on puisse apprécier au premier coup d’œil son niveau de remplissage. Il permet aussi de surveiller l’opération de vidange du robot puisque tous les déchets aspirés y tournent à grande vitesse lorsque le dispositif se met en branle. C’est aussi satisfaisant que de regarder le tambour de la machine à laver tourner… mais plus bruyant.

La station est entièrement constituée de plastique dans des tons assez sobres, gris et noir. Je m’attendais à un format plus imposant mais elle reste assez compacte avec ses xx cm de large pour xx cm de haut et xx cm de profondeur. L’ensemble demeure assez élégant et passe-partout. En revanche, si la possibilité d’observer le contenu du collecteur est utile, j’aurai apprécié que les bacs d’eau propre et sale soient dissimulés sous un capot. Je pose toujours des tas de trucs sur les stations des robots. Heureusement, le sommet est parfaitement plat hormis les encoches pour les poignées.

Quant au robot, il arbore un look assez classique. Son capot est entièrement amovible et non aimanté. Si bien qu’il m’est tombé sur les pieds à de nombreuses reprises en retournant l’appareil. Il dissimule le collecteur de poussière d’une capacité assez maigre de 220 ml, et les boutons de mise sous tension et de connexion Wi-Fi.

En façade, on retrouve la caméra RVB capable de reconnaître les obstacles. Le LiDAR est en revanche dissimulé juste au-dessous, derrière un masque de plastique semi-opaque. Une bonne idée qui fait économiser quelques centimètres en hauteur au robot qui ne mesure que 9,8 cm. Ce n’est pas le plus fin du moment mais ça reste appréciable.

Navigation : une reconnaissance d’obstacles perfectible
Avec sa caméra RVB et son LiDAR, le Deebot X11 se déplace plutôt aisément dans la maison. La carte qu’il a dressée à l'issue de sa première exploration était plutôt fidèle à la réalité. Il a correctement identifié chaque pièce et le revêtement au sol. L’appli présente cependant une carte simplifiée constituée de carrés et de rectangles pour symboliser chaque pièce. Si visuellement c’est très confortable, ce n’est pas toujours très pratique à manipuler, notamment pour placer des barrières virtuelles qui empêchent le robot d’atteindre certaines zones.

On est en 2025 et la caméra RVB nichée en façade est bien sûr épaulée par de l’IA. Elle est censée repérer, identifier et éviter les différents obstacles qui peuvent se dresser sur le chemin du robot. Le système nommé ici AIVI 3D 3.0 fonctionne plutôt bien dans l’ensemble, notamment sur sols durs. Le Deebot a évité tous les pièges que je lui ai tendu. Il a contourné l’étui d’écouteurs, s’est approché juste ce qu’il faut d’une pile AAA et a évité la petite figurine (3 cm). Quant au câble USB, il s’en est tenu à bonne distance tel un animal effrayé.

Sur tapis et moquette, la détection s’est révélée moins pertinente, notamment avec la petite figurine. Le Deebot lui a foncé dessus sans vergogne sans toutefois l’aspirer. Il a peiné à s’en débarrasser. Le câble USB ne lui a en revanche pas posé de pépin, il l’a fui comme la peste. Reste le franchissement d’obstacle. Ecovacs n’annonce pas des hauteurs hallucinantes. On parle ici de barres de seuil de 2,4 cm et d’un dénivelé de 4 cm par niveau. Néanmoins, le Deebot se montre plutôt bravache. À ses deux roues motrices s’ajoutent deux espèces de leviers qui lui permettent de se hisser (sans se cabrer) sur les petites marches.

Ça fonctionne plutôt bien et il est parvenu sans difficulté à passer le pied de mon fauteuil traîneau là où d’autres robots doivent s’y reprendre à maintes reprises avec plus ou moins de succès.
Aspiration : une puissance bien dosée mais les coins ignorés
Le Deebot X11 OmniCyclone entre dans la catégorie des robots haut de gamme. Pour autant, il n’embarque pas le moteur le plus puissant du moment. Il développe jusqu’à 19500 Pa quand chez Roborock, Dreame ou encore Narwal on atteint ou dépasse même les 22000 Pa. Cependant, un chiffre sur la fiche technique ne fait pas tout. À ma grande surprise, ce Deebot s’en est très bien sorti. Sur carrelage et parquet il a aspiré goulûment toutes les miettes, petites et grosses, les grains de litière des chats, les grains de riz ou encore les coquillettes (non cuites) que j’avais semé sur son passage. En un passage, et avec le mode d’aspiration standard, il n’a rien laissé traîner derrière lui… sauf dans les coins.

Je me demande ici pourquoi Ecovacs l’a privé d’une brossette latérale extensible. Ce dispositif n’est absolument pas gadget pour accéder aux petits débris qui se logent dans les angles et les coins. Avec ce Deebot X11, l’unique brossette à deux bris reste fixe. Elle fait ce qu’elle peut mais manque d’efficacité. Dommage.

Sur tapis et moquette, le résultat est également satisfaisant. Le Deebot X11 parvient à déloger les cheveux longs et autres poils des chats pris au piège des fibres sans trop de difficulté. Deux passages lui sont parfois nécessaires mais ça reste convaincant. Sauf dans les coins une fois de plus. Cependant, j’ai noté que la brossette restait en mouvement aussi lorsque le robot se déplace sur moquette. Ce n’est pas le cas chez tout le monde et c’est appréciable. Enfin, sur ce type de surface, le bruit du moteur grimpe en flèche. J’ai mesuré jusqu’à 63 dB contre 53 ou 56 dB en mode Standard et Max. Ce n’est certainement pas le plus discret du moment.
Lavage : un expert des taches fraîches
Ecovacs maîtrise le lavage au rouleau. La marque utilise cette technique, très tendance cette année chez la concurrence, depuis un moment déjà. Et c’est elle qui est à la manœuvre sur ce nouveau X11 OmniCyclone. A la clé, une serpillère toujours propre puisque rincée en permanence avec un débit d’eau régulier et une raclette pour éliminer les saletés.

À cela s’ajoute une dose de détergent piochée directement dans la station. Petite subtilité : deux types de détergents sont utilisables, répartis dans deux bacs différents. L’un pour l’entretien classique, l'autre pour les surfaces régulièrement très sales comme la cuisine ou les zones pour animaux domestiques. Le robot choisit automatiquement d’utiliser l’un ou l’autre selon la pièce qu’il doit nettoyer. Pas bête. Mais là, je trouve Ecovacs un peu radin. Aucun flacon de détergent n’est livré avec le robot. Et sur le site de la marque, on le déniche au prix exorbitant de 39 euros le litre. Alors, OK, il n’y a plus de sac à poussière mais Ecovacs a trouvé la solution pour se rattraper ailleurs. Ça pique.

Côté qualité du lavage en revanche, c’est un quasi sans-faute avec le mode intelligent Agent Hosting. Avec les traces fraîches comme de la sauce renversée, le robot interrompt sa tâche d’aspiration, range sa brossette latérale, remonte sa brosse centrale et lave et relave le sol. Il ne laisse derrière lui aucune trace. C’est très efficace, même s’il prend du temps. Il a mis 20 minutes à nettoyer ma salle de bain ou la surface accessible au sol n’excède pas 2 m2. Il a effectué deux allers-retours à la station pour laver ses serpillères. Alors, oui, c’est impeccable, mais c’est long. Renverser des liquides au sol n’arrive pas tous les jours. Pour l’entretien plus classique, le Deebot X11 s’en sort aussi très bien. Les traces sèches sont éliminées sans problème et le robot officie assez rapidement. Mais je recommande de ne pas trop se reposer sur le mode intelligent. D’une part parce qu’il a tendance à un peu bâcler le boulot en allant trop vite à mon goût. La reconnaissance des zones sales ne fonctionne pas toujours. D’autre part parce que, s’il ne s’agit que d’aspirer, le robot va quand même faire le plein d’eau à la station avant de démarrer. Ça ne lui sert à rien lorsque je lui demande d’aller nettoyer une pièce recouverte de moquette (il le sait) et pourtant, il va passer 5 minutes à nettoyer la serpillère et à embarquer de l’eau et du détergent. À son retour, il rince sa serpillère qui n’a pas servie et vidange son eau. Un vrai gâchis.

Par ailleurs, si le Deebot réussit plutôt bien à longer les murs durant le lavage grâce au déport de 1,5 cm de son rouleau serpillère, les coins lui sont malheureusement inaccessibles. C’est peut-être tant mieux de toute façon puisqu’il n’a pas réussi non plus à les aspirer précédemment. Enfin, j’ai pu remarquer que le Deebot laissait parfois derrière lui quelques gouttes d’eau sur son trajet. Ce n’est pas très gênant sur du carrelage mais ça le devient sur du parquet ou de la moquette.
Entretien : facile mais salissant
Pour se distinguer de la concurrence, Ecovacs mise donc sur un dispositif sans sac pour la poussière. C’est plus économique, plus écologique aussi mais peut-être pas aussi hygiénique. Le collecteur embarque une turbine qui tourne à très grande vitesse (d’où la mention cyclonique figurant dans le nom de l’appareil) pour aspirer le petit bac de l’aspirateur. Elle se montre très efficace. Lorsque le collecteur est plein, il suffit de le décrocher puis de le vider dans la poubelle à l’aide de la trappe située à sa base.

Malheureusement, difficile d’échapper au nuage de poussière que l’opération occasionne. Sans compter que parfois, des amas de poils et de cheveux restent coincés entre la turbine et la paroi et qu’il faut les déloger à la main. Un petit inconvénient que je souhaitais signaler si vous êtes allergique ou sensible à la poussière.


Le reste de la station demeure assez simple à entretenir. Elle embarque un bac d’eau propre de 3,2 litres et un bac de récupération de l’eau salle de 2,7 litres. C’est assez peu face à la concurrence qui équipe en général ses stations de bacs d’eau d’une capacité de 4 litres. Néanmoins, ce choix joue également sur la taille de la station qui reste assez compacte. À la base, la planche de lavage amovible simplifie le nettoyage. Un petit coup de chiffon de temps en temps permet d’éliminer les quelques débris qui peuvent s’y accumuler. Néanmoins, après 15 jours d’usage intensif, je n’ai pu constater la présence que de quelques cheveux. Un bon point.

L’entretien du robot est lui aussi plutôt simple. Il vient laver son rouleau serpillère dans la station à l’aide d’eau chauffée à 75°C puis le sèche à l’air chaud à 63°C. La conception de la brosse principale évite qu’aucun cheveux long ne s’y enroule sans système de découpe. Et ça fonctionne diablement bien.

Reste l’autonomie, second gros argument d’Ecovacs pour vanter les mérites de son Deebot X11 OmniCyclone. Sur ce point je peux difficilement confirmer que l’appareil peut couvrir les 1000 m2 annoncés en aspiration et lavage en une seule session. J’aime que mon appartement soit propre, certes, mais avec 75 m2 au sol, atteindre 1000 m2 n’est pas envisageable. En revanche, j’ai pu constater qu’à chaque fois que le robot revenait à sa station pour vider son bac à poussière ou laver sa serpillière avant de repartir, il en profitait effectivement pour effectuer une recharge rapide. Il a ainsi achevé le nettoyage complet du salon et de la cuisine avec encore 88 % de batterie au compteur. Pour la même tâche, les autres robots tombent aux alentours des 70 % de batterie. C’est donc plutôt rassurant.
Conclusion
Points forts
- Aspiration efficace sur toute surface
- Nettoyage des taches fraîches performant
- Pas de sac à poussière à racheter
- Lavage au rouleau optimal
Points faibles
- Nettoyage des coins très approximatif
- Détection d’obstacles perfectible
- Prix des consommables
- Vidage du bac à poussière peu pratique
- Mode Agent Hosting à affiner
- Coût exorbitant des consommables
Note de la rédaction
Avec le Deebot X11 OmniCyclone, Ecovacs signe un bon aspirateur robot laveur. La marque parvient à se distinguer de la concurrence non pas grâce au lavage au rouleau – ils s’y sont presque tous mis depuis le début de l’année avec plus ou moins de réussite – mais plutôt grâce à une approche différente de l’entretien. Ecovacs applique à l’aspirateur robot un concept en vogue et bien établi depuis plusieurs années : l’aspiration sans sac. Et, à bien y réfléchir, on peut trouver assez aberrant qu’aucune autre marque ne propose ce système pour ce type d’appareil. D’autant que cela fonctionne plutôt bien même s’il reste quelques détails à régler pour que la vidange du bac soit moins salissante. Outre cet aspect écologique et économique, le Deebot marque des points avec sa bonne qualité d’aspiration et la maîtrise du lavage au rouleau. Là où il se laisse distancer en revanche, c’est sur le nettoyage des coins. L’absence de brossette extensible le pénalise fortement dans cette opération. Enfin, son mode intelligent mériterait, tout comme chez Roborock, que ses ingénieurs revoient leur copie pour que le robot cesse de gâcher inutilement de l’eau, de l’énergie et du détergent. Quelques petits points à améliorer donc qui empêche le Deebot X11 OmniCyclone de clouer le bec aux autres robots de sa catégorie.


