Dans la famille des drones de moins de 250 g, DJI continue de jouer à déplacer les lignes. Avec le Mini 5 Pro, le constructeur promet une nouvelle fois de repousser les limites de ce format déjà très mûr. Capteur plus grand, détection nocturne, gimbal encore plus libre... autant d'annonces qui interrogent : après un Mini 4 Pro déjà redoutable, jusqu'où peut-on encore aller sans changer de catégorie ? Nous avons testé ce DJI Mini 5 Pro et voici notre verdict après plusieurs jours d'essais intensifs.
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Sommaire
- Spécifications techniques
- Design et ergonomie : comment DJI a-t-il encore optimisé un châssis sous 250 g ?
- Image et capteur 1 pouce : que change vraiment une surface 2,4 fois plus grande ?
- Vol et sécurité : un mini drone peut-il atteindre le niveau d'un Mavic en détection ?
- Fonctions intelligentes : la gimbal à 225° ouvre-t-elle de nouvelles possibilités créatives ?
- Autonomie et transmission : DJI tient-il vraiment les 36 minutes et une portée O4+ renforcée ?
- Mini 4 Pro ou Mini 5 Pro : quelles vraies avancées et faut-il vraiment changer ?
Depuis des années, DJI cultive une obsession : repousser les limites techniques tout en conservant un format toujours plus compact. Après un Mini 4 Pro déjà exceptionnel et largement adopté par les créateurs comme par les professionnels, on pouvait croire la marge de progression réduite. Pourtant, avec le Mini 5 Pro, la marque chinoise prouve qu'elle n'a pas fini de surprendre. Capteur 1 pouce, vidéo 4K/120 ips, gimbal capable d'une rotation à 225 °, détection d'obstacles renforcée par LiDAR... DJI parvient encore à repousser la frontière de ce qu'il est possible d'intégrer dans un drone de moins de 250 g.

Spécifications techniques
| Caractéristique | DJI Mini 4 Pro | DJI Mini 5 Pro |
| Capteur photo/vidéo | CMOS 1/1,3", 48 MP | CMOS 1", 50 MP |
| Plage dynamique vidéo | ≈ 12 stops (HDR 4K/60) | Jusqu'à 14 stops (HDR 4K/60) |
| Vidéo maximale | 4K/60 ips HDR - Slow-motion 4K/100 ips | 4K/60 ips HDR - Slow-motion 4K/120 ips |
| Modes couleur | D-Log M / HLG 10 bits | D-Log M / HLG 10 bits – ISO max 12 800 (10 bits), 3 200 en D-Log M/HLG |
| Nouvelle focale | Pas de Med-Télé dédié | Mode Med-Télé 48 mm avec zoom numérique optimisé |
| Gimbal | 3 axes, rotation 90° pour verticalité | 3 axes, rotation 225° et prise de vue verticale native sans recadrage |
| Détection d'obstacles | Omnidirectionnelle par vision (fisheye avant/arrière, binoculaire et capteur infrarouge) | Omnidirectionnelle renforcée avec LiDAR frontal et vision, fonctionnement jusqu'à 1 lux, RTH nocturne et RTH sans GNSS |
| ActiveTrack | ActiveTrack 360° | ActiveTrack 360° amélioré avec scénarios personnalisables |
| Transmission vidéo | DJI O4 - portée max 20 km (FCC) - nettement réduite en Europe en raison du bridage CE | DJI O4+ - même portée mais liaison plus robuste et plus stable |
| Autonomie (batterie standard) | ≈ 34 minutes | ≈ 36 minutes |
| Stockage interne | 32 Go | 42 Go |
| Poids | 249 g (batterie standard) | 250 g (batterie standard) |
Design et ergonomie : comment DJI a-t-il encore optimisé un châssis sous 250 g ?
À première vue, le Mini 5 Pro ressemble beaucoup à son prédécesseur mais chaque détail trahit une évolution pensée au millimètre. DJI a réussi à loger un capteur 1 pouce et un module LiDAR frontal dans un châssis qui reste sous la barre réglementaire des 250 g, sans rien perdre en compacité et avec un gabarit toujours très proche de celui du Mini 4 Pro.

En main, le plastique mat légèrement texturé inspire confiance et limite les traces de doigts. Le système de pliage reste familier mais gagne en fermeté : les bras se verrouillent d'un geste franc, sans jeu, et l'ensemble trouve facilement sa place dans une petite sacoche photo. Comme sur le DJI Flip, l'allumage s'effectue automatiquement dès le déploiement des bras, un petit gain de temps bienvenu sur le terrain.



La protection de transport a elle aussi évolué. Ce dôme fumé amovible se fixe à l'avant pour protéger la caméra et le gimbal pendant le transport. Il intègre une sangle élastique qui maintient les hélices repliées, évitant qu'elles se déploient dans le sac et risquent de s'abîmer. DJI reprend ici un concept déjà présent sur le Mini 4 Pro et Mavic 4 Pro, simplement adapté au nouveau gimbal.

Devant, le regard est immédiatement attiré par la nouvelle optique : l'inscription E24 F1.8 1" rappelle la focale équivalente 24 mm, l'ouverture généreuse et la taille du capteur. À l'usage le drone reste parfaitement équilibré malgré l'ajout du LiDAR. Même plié, il conserve le gabarit du Mini 4 Pro, preuve que DJI a encore poussé l'optimisation de chaque gramme sans sacrifier la robustesse ni la facilité de déploiement.

Côté pilotage, pas de surprise : le Mini 5 Pro utilise la même télécommande DJI RC 2 que le Mini 4 Pro. Son écran 5,5 pouces lumineux reste parfaitement lisible en plein soleil et les antennes O4+ assurent une liaison stable. Ceux qui possèdent déjà une RC 2 peuvent donc l'utiliser directement, tous les accessoires étant compatibles.
Télécommande DJI RC 2

Image et capteur 1 pouce : que change vraiment une surface 2,4 fois plus grande ?
Le Mini 5 Pro ne se contente pas d'un simple gain de définition. Il embarque un capteur 1 pouce bien plus vaste que celui du Mini 4 Pro (1/1,3), 'soit une surface environ 2,4 fois plus grande. Plus de surface, c'est plus de lumière par photosite, donc moins de bruit, une meilleure dynamique et une marge de manœuvre accrue en post-production. Associé à un objectif équivalent 24 mm ouvrant à f/1.8, le drone capte un maximum de photons pour offrir des images plus propres et des couleurs plus riches''', même lorsque la lumière devient rare.

Et côté zoom ? Le Mini 5 Pro conserve le zoom numérique 2x qui, grâce au capteur 1 pouce, reste étonnamment propre. La définition plus élevée permet de recadrer sans trop de perte, ce qui offre une marge de manœuvre appréciable pour varier les cadrages en photo comme en vidéo, même sans objectif à focale variable.
Grâce au capteur 1 pouce, le zoom 2x reste étonnamment propre : les détails tiennent même sans objectif télé


Par faible luminosité, c'est là que le Mini 5 Pro montre ses dents. Avec son objectif équivalent 24 mm ouvrant à f/1.8 et son capteur 1 pouce, il capte bien plus de lumière que les générations précédentes. Même quand le jour décline et que l'éclairage se fait rare, l'image conserve un piqué étonnant et révèle des détails que l'on n'attend pas d'un drone de moins de 250 g. Lors de mes essais, à ISO 400 la scène reste parfaitement propre, sans lissage. À ISO 1 600, un léger grain apparaît mais les textures fines sont toujours présentes, et même à ISO 3 200, le bruit reste contenu et l'image exploitable pour un usage web ou vidéo. Cette endurance en basse lumière vient directement de la surface du capteur, environ 2,4 fois plus grande que celle du Mini 4 Pro, qui permet de capter davantage de photons et d'offrir une meilleure récupération des ombres.

| ISO | Vitesse | Observation bruit/piqué |
| 400 | 1/60 s | Image propre, aucun lissage |
| 1600 | 1/60 s | Très léger grain, détails conservés |
| 3200 | 1/60 s | Bruit visible mais exploitable |
Vol et sécurité : un mini drone peut-il atteindre le niveau d'un Mavic en détection ?
Sur le terrain, le Mini 5 Pro impressionne par la qualité de sa détection. DJI a combiné la vision omnidirectionnelle déjà présente sur le Mini 4 Pro avec un module LiDAR frontal capable de fonctionner jusqu'à 1 lux. Concrètement, le drone détecte les obstacles même dans une lumière très faible, là où un système basé uniquement sur les caméras commencerait à perdre en efficacité.
Le drone est truffé de capteurs

En forêt, j'ai pu constater à quel point le suivi intelligent reste sûr. Le drone se faufile entre les branches, ralentit à l'approche d'un obstacle, contourne et reprend sa trajectoire, le tout sans hésitation. Même lors d'un retour-maison (RTH) déclenché automatiquement dans un environnement couvert, la trajectoire est restée fluide et rassurante.
Cette précision ne doit rien au hasard : le LiDAR mesure en permanence les distances, tandis que les caméras binoculaires complètent l'analyse pour identifier textures et contrastes. Le Mini 5 Pro ne devient pas un Skydio capable de foncer dans une forêt à pleine vitesse, mais pour un drone de moins de 250 g, il se rapproche clairement du niveau d'assistance qu'on attend d'un Mavic 4/5 Pro, tout en restant dans la catégorie ouverte A1.
Fonctions intelligentes : la gimbal à 225° ouvre-t-elle de nouvelles possibilités créatives ?
La gimbal du Mini 5 Pro n'est pas qu'une simple stabilisation à trois axes. DJI lui offre désormais une rotation jusqu'à 225°, bien au-delà du traditionnel basculement vertical. En pratique, cela permet d'enchaîner des mouvements impossibles sur le Mini 4 Pro : contre-plongées spectaculaires, panoramas en spirale, suivis latéraux avec bascule vers le ciel... le tout sans avoir à bricoler l'inclinaison en post-production. Les créateurs apprécieront aussi la prise de vue verticale native : l'orientation portrait se fait sans recadrage, exploitant toute la largeur du capteur 1 pouce. Si votre format est en vertical, par exemple pour Instagram, le Mini 5 Pro vous livre directement un fichier au bon format, prêt à être exploité sans la moindre retouche.

Combinée aux modes automatiques comme ActiveTrack 360° ou Point of Interest, cette amplitude supplémentaire ouvre de nouvelles perspectives pour les plans dynamiques. On peut par exemple tourner autour d'un sujet tout en inclinant la caméra vers le haut, ou passer d'un cadrage rasant à une vue plongeante en un seul travelling.
Autonomie et transmission : DJI tient-il vraiment les 36 minutes et une portée O4+ renforcée ?
DJI annonce une autonomie maximale de 36 minutes, mesurée dans des conditions idéales : vol quasi stationnaire, absence de vent et température modérée. En usage réel, le résultat est forcément plus court. Lors d'un vol mixte avec plusieurs phases de stationnaire, par météo calme (0 nœud de vent) et 15 °C, j'ai relevé 25 min 18 s avant l'alerte batterie et le déclenchement automatique du retour-maison (RTH). L'interface indiquait encore environ 14 minutes théoriques à l'atterrissage, mais ces chiffres ne sont atteignables qu'en stationnaire parfait jusqu'à 0% de batterie.

Côté transmission, la technologie O4+ offre une liaison solide, mais la portée dépend directement du relief et du cadre réglementaire. En catégorie ouverte A1 (classe C0, moins de 250 g), la hauteur de vol est limitée à 120 m au-dessus du sol. Lors d'un essai de longue distance, je n'ai pas pu dépasser 1 800 m avant perte complète du signal : à mesure que le drone s'éloigne, il passe sous la ligne de crête et sort de la ligne de vue, ce qui coupe la liaison radio. À noter que les normes CE brident considérablement la puissance de transmission par rapport aux normes FCC en vigueur aux États-Unis, qui permettent d'atteindre une distance théorique d'environ 20 km.
À titre de comparaison, un Mavic 4/5 Pro, relevant d'une autre catégorie et pouvant légalement voler plus haut (jusqu'à 500 m avec les autorisations spécifiques), conserve logiquement une portée pratique plus importante dans un environnement identique.
| Scénario | Conditions | Résultat mesuré | Remarques |
| Vol mixte (stationnaire + déplacements) | 0 vent - 15 °C - altitude max 120 m | 25 min 18 s avant alerte batterie - ~14 min estimées restantes à l'atterrissage | RTH déclenché mais interrompu |
| Essai de portée longue distance | 0 vent - 15 °C - altitude max 120 m | Perte de signal à ~1 800 m | Limitation liée à l'altitude réglementaire : le drone passait sous la ligne de crête, coupant la ligne de vue |
Mini 4 Pro ou Mini 5 Pro : quelles vraies avancées et faut-il vraiment changer ?
À première vue le Mini 5 Pro reprend le format du Mini 4 Pro, mais il embarque plusieurs évolutions majeures :
- Capteur 1 pouce 2,4 fois plus grand
- Vidéo 4K/120 ips, gimbal à 225°
- Détection LiDAR capable de fonctionner en très basse lumière
- Autonomie légèrement améliorée.
Sur le terrain, ces ajouts se traduisent par une meilleure dynamique en photo, une montée en ISO plus propre, et un suivi d'obstacles plus sûr, notamment en forêt ou au crépuscule.
Pour autant, la physique rappelle vite ses limites. Avec un poids toujours sous 250 g, la stabilité au vent reste inférieure à celle d'un Mavic 4/5 Pro plus lourd, et l'altitude maximale réglementaire en Europe (120 m en catégorie ouverte A1) limite naturellement la portée malgré la transmission O4+. Les performances brutes progressent, mais on reste dans le cadre d'un mini drone.

Alors, faut-il changer quand on possède déjà un Mini 4 Pro ? Oui si vous cherchez un vrai gain en basse lumière, en vidéo ralentie (4K/120) ou si la détection LiDAR peut sécuriser vos vols dans des environnements complexes. Non si votre usage est surtout diurne et que les vidéos 4K/60 actuelles suffisent : le Mini 4 Pro reste une référence qui couvre déjà la majorité des besoins. Le Mini 5 Pro ne remplace pas le 4 par simple effet de mode, il s'adresse à ceux qui veulent repousser les limites du format mini, notamment pour la photo de nuit, les suivis intelligents ou la création de contenus verticaux prêts pour les réseaux sociaux.
Le DJI DJI Mini 5 Pro est disponible dans les packs suivants :
- DJI Mini 5 Pro (drone seul avec RC-N3) : 799€
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- Bundle Fly More (DJI RC 2) : 1 129€

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Conclusion
Points forts
- Capteur 1 pouce 2,4x plus grand
- Vidéo 4K/120 ips en 10 bits
- Détection LiDAR efficace en basse lumière
- Gimbal 225° et prise verticale native
- Mode Med-Télé 48 mm pratique
- Autonomie un peu plus longue (~36 min)
- Transmission O4+ plus robuste
- RTH fiable même avec GPS limité
Points faibles
- Stabilité limitée par le poids mini (logique sous 250 g)
Note de la rédaction
Le Mini 5 Pro pousse le format mini dans ses retranchements : capteur 1 pouce, vidéo 4K/120 ips, gimbal à 225° et détection LiDAR en basse lumière. C'est une vraie avancée pour un drone de moins de 250 g, capable de produire des images dignes d'un modèle bien plus lourd tout en restant dans la catégorie ouverte A1. Pour autant, les lois de la physique ne changent pas : la stabilité au vent reste inférieure à celle d'un Mavic 4/5 Pro et la portée demeure limitée par la hauteur réglementaire de 120 m en Europe. DJI signe néanmoins un nouveau pas en avant et livre, à ce jour, le drone mini le plus abouti du marché.



