Voilà déjà un an que Mova a débarqué sur le marché français et depuis, la marque chinoise issue de Dreame ne cesse d’innover. Dernière réalisation en date, le Z50 Ultra, un robot qui aspire à rendre les sols vraiment plus propres. Une réussite ? Réponse après deux semaines chargées en bonnes et mauvaises surprises.
Sommaire
- Mova Z50 Ultra : la fiche technique
- Design : classique d’un côté, original de l’autre
- Navigation : à l’aise dans presque toutes les circonstances
- Aspiration : un moteur puissant pour un très bon résultat
- Lavage : très efficace mais pas la peine de l’envoyer au coin
- Entretien : une grande autonomie mais des points à surveiller
Le Z50 Ultra n’est pas un aspirateur robot laveur ordinaire dans le catalogue du Chinois Mova. C’est en effet le seul à proposer un rouleau serpillère en lieu et place des traditionnels patins rotatifs ou d’une serpillère vibrante. Peu de concurrents ont d’ailleurs adopté ce dispositif. Et pourtant, il fait montre d’une belle efficacité. Notamment lorsqu’il s’agit de faire disparaître une tache fraîche comme du café ou de la sauce renversée au sol. Un véritable atout, surtout pour les maladroits comme moi. Cela ne veut pas dire que les autres robots n’y parviennent pas. C’est seulement qu’avec son rouleau rincé en permanence, le Z50 Ultra n'étale pas la saleté sur son passage au risque de maculer tout le sol. Il embarque un capteur qui détecte la propreté de sa serpillère. Et s’il estime qu’elle est trop sale pour continuer, il s’en retourne à sa station pour la laver et reprendre le boulot. Pas bête. Outre ce dispositif de lavage, Mova a conçu le Z50 Ultra comme un appareil haut de gamme avec une belle puissance d’aspiration, un système de navigation efficace et une station d’accueil autonome qui n’exige a priori que très peu de manipulations. De quoi lui confier l’entretien des sols au quotidien et le soin de réparer les catastrophes éventuelles les yeux fermés ? C’est ce que j’ai voulu vérifier en l’installant chez-moi pendant deux semaines. Et les résultats sont étonnants émaillés toutefois de petites déceptions.
Mova Z50 Ultra : la fiche technique
| Caractéristiques | Détails |
|---|---|
| Aspiration | 19 000 Pa |
| Lavage | Rouleau mop autonettoyant, eau à 36°C, pression au sol 18 N, patin rotatif pour les bords |
| Station tout-en-un | Sac à poussière de 4 L, bac d’eau propre de 4,5 L, bac d’eau sale de 4 L, autonettoyage, lavage serpillère à 75°C, séchage à air chaud à 45°C |
| Navigation | LiDAR + Caméra RVB binoculaire, capteur de proximité, IA anti-obstacle |
| Batterie | 6400 mAh – environ 140 mn aspiration standard / 256 Go / 512 Go |
| Batterie | 6400 mAh, charge 20W filaire, 7,5W sans fil (Qi) |
| Dimensions robot | 146,7 x 71,5 x 7,8 mm |
| Dimensions station | 39 x 54,5 x 46,3 cm |
| Prix au lacement | 1199 euros |
Design : classique d’un côté, original de l’autre
Au déballage de ce Mova Z50 Ultra, j’ai été plutôt surpris. Lorsque j’ai retiré la protection de plastique qui enveloppait la station, j’ai cru que l’on m’avait livré un distributeur de céréales. Vous savez, ceux que l’on trouve dans les supermarchés et qui délivrent des graines en vrac.

Les trois silos alignés à la verticale, tout de noir vêtus et rehaussés d’un petit liseré couleur cuivre dénotent de ce que l’on trouve chez la concurrence. L’effet est inattendu, mais pourquoi pas. Ses dimensions restent toutefois imposantes, surtout en hauteur avec ses 54,5 cm. Pas évident de la caser sous un meuble. Le robot de son côté joue une partition plus classique. Il revêt un boîtier de plastique noir mat assez élégant. Il ressemble à de nombreux autres modèles de la concurrence avec son LiDAR bien visible sur son capot et sa caméra frontale. Il affiche une hauteur de 11,1 cm pour un diamètre de 35 cm. Contrairement au X50 Ultra Complete de Dreame ou à la famille Saros de Roborock qui mesurent moins de 8 cm de haut, il ne peut pas se glisser sous les meubles bas. Tant pis.

Navigation : à l’aise dans presque toutes les circonstances
Sitôt branché et connecté au réseau Wi-Fi de la maison depuis l’appli MovaHome, le Z50 Ultra effectue son premier repérage pour sa familiariser avec les différentes pièces. Une opération rondement menée en moins d’un quart d’heure pour un appartement d’environ 75 m2. Pas mal. Il dresse ensuite la carte du logement avec une bonne fidélité. Les pièces sont bien délimitées, sans écart de distance avec les seuils. L’appareil reconnaît également les différentes surfaces rencontrées au sol et parvient à identifier les pièces qu’il visite sans trop se tromper.

Quant à l’évitement d’obstacles, il s’en sort plutôt bien. Il a correctement esquivé l’étui d’écouteurs placé sur son parcours, tout comme le câble USB ou encore la petite fiole. Et ce, tant sur parquet que sur moquette. Une petite pièce de jeux de construction l’a en revanche fait douter. Il en a une première fait le tour puis a fini par rouler dessus, la trainant sur quelques dizaines de centimètres derrière lui avant de la relâcher. Peu de robots toutefois réussissent ce test. Munie de sa caméra frontale et aidé par de l’intelligence artificielle, le Z50 Ultra parvient à identifier 160 objets et animaux domestiques pour mieux les éviter. Il peut même prendre en photo les obstacles qu’il rencontre et pointer sur la carte leur emplacement. Mes chats facétieux ne se privent d’ailleurs jamais d’un petit shooting lorsque le robot part travailler. Eux aussi, il les contourne correctement même s’ils le font parfois tourner en bourrique.



Aspiration : un moteur puissant pour un très bon résultat
Pas question pour Mova d’équiper son robot haut de gamme d’un moteur au rabais. Sous le capot, l’engin développe ainsi une puissance d’aspiration de 19 000 Pa. Plus que suffisant pour venir à bout des miettes, poussières, cheveux et autres poils d’animaux qui jonchent le parquet ou le carrelage. Sa brossette latérale montée sur un bras extensible lui permet de longer correctement les murs et de balayer les coins. Sa rotation variable est suffisamment bien maîtrisée pour ne pas éjecter au loin les débris qui se présentent. En présence de déchets plus gros comme des grains de litière pour chat agglomérés, il augmente sa puissance. Seuls les gros moutons ou amas de poils et de cheveux peuvent l’induire en erreur. Son IA peut les confondre avec un morceau de tissu ou un mouchoir. Il en fait alors le tour tout en les envoyant valser un peu plus loin par le souffle de son moteur. Quelque peu désagrégés, ils sont ensuite avalés sans problème.

Sur moquette aussi le Z50 Ultra sait lâcher les chevaux. Il extrait sans peine des fibres tous les petits déchets qui peuvent s’y nicher. Il lui faut parfois deux passages pour y parvenir totalement mais le résultat est impeccable. D’autant que sur ce type de surface, j’ai pu apprécier le recours à sa brossette latérale (ce qui n’est pas le cas chez Roborock par exemple) pour récupérer les petits débris le longs des murs et dans les coins. Pratique.
Tout irait pour le mieux s’il n’y avait pas un souci dans la réalisation du robot. Sous le châssis, juste devant la roue droite, Mova a placé ce qui ressemble à une petite raclette de silicone. J’ai eu beau me creuser les méninges, je ne lui ai pas trouvé d’utilité si ce n’est récupérer, par ricochet, les éventuels débris expédiés un peu trop fort par la balayette placée sur le flanc opposé.


Elle n’est pas assez large (7 cm) pour racler le sol après le lavage et elle semble également inamovible. Surtout, comme elle touche très souvent le sol, le Z50 Ultra peine à passer sur les tapis très fins et légers. Il préfère les emmener avec lui pour finir avec un amas infranchissable de tapis dans les roues. Et c’est sans parler du bruit. J’ai un tapis coco dans mon couloir et lorsque le Z50 Ultra passe dessus, cette mini raclette inutile fait un boucan d’enfer. Autre pépin : le robot ne peut pas laisser son rouleau serpillère à la station lorsqu’il part simplement aspirer une zone ou une pièce. Pour franchir les tapis ou les espaces moquettés, il se contente de le relever d’un centimètre seulement. Ce n’est pas assez. Si celui-ci a été trempé et non encore séché après une session de lavage, la moquette se trouve toute humide. Conseil si vous avez des tapis ou de la moquette : planifiez bien les phases de ménage. Aspiration d’abord et lavage des pièces concernées ensuite. Enfin, côté bruit, le Z50 Ultra peine à passer inaperçu. Avec le mode d’aspiration Standard, le son émis s’établi déjà à 61 dB à 1,5 m de distance. Si l’on pousse au mode Turbo, ça grimpe à 64 dB et même à 73 dB en mode Max.
Lavage : très efficace mais pas la peine de l’envoyer au coin
Comme certains modèles chez Ecovacs dont le Deebot X8 Pro Omni ou encore le S10 Ultra de 3i tous deux testés récemment, le Z50 ultra de Mova mise sur un rouleau serpillère pour s’attaquer au lavage des sols. Outre la pression exercée de l’ordre de 18 Newtons selon la marque (soit, environ 1,8 kg), ce système présente quelques avantages. Cachés au-dessus de la serpillère, une douzaine de buses aspergent celle-ci d’eau propre chauffée à 36°C. Un second rouleau doté de lames de caoutchouc placé à l’arrière de la serpillère vient la brosser pour récupérer les saletés. L’eau récupérée rejoint un bac amovible logé au dos du robot. Enfin, un petit tampon rotatif, niché sur le flanc droit, s’occupe de nettoyer le long des murs. Un véritable arsenal qui, sur le papier, devrait permettre au Z50 Ultra de ne laisser aucune trace après son passage. Pari réussi, en partie.

Avec les taches, fraîches, l’appareil s’en sort à merveille. Pour ce test, j’ai versé une petite quantité de ketchup sur mon carrelage. Avec le mode Clean Genius qui s’occupe de tout automatiquement, le Z50 Ultra l’a immédiatement repéré. Il a coupé son aspiration et relevé sa brosse principale. Il a ensuite passé son rouleau sur la tache. En un seul passage, tout était presque parti. Au second, il ne restait plus rien. Efficace. Et surtout, l’appareil se dote d’un autre atout. Placé au-dessus de la serpillère, un capteur analyse en permanence le niveau d’encrassement de celle-ci.

Du coup, avec mon ketchup, le Z50 Ultra s’est empressé de retourner à la station (en me laissant au passage une petite tache sur le tapis qu’il a traversé pour s’y rendre) pour laver sa serpillère avant de revenir terminer ce qu’il avait commencé. La même opération conduite avec un robot à patins rotatifs ou à serpillère vibrante non rincés en permanence aurait conduit à étaler la tache. C’est donc un sans-faute. Pour les tâches sèches et peu incrustées, le rouleau travaille là encore redoutablement bien. Un ou deux passages suffisent à en venir à bout. Aussi pour un travail quotidien ou presque ainsi que pour les petits incidents ponctuels (café ou sodas renversés), le Mova Z50 Ultra s’en sort haut la main… à un détail près. Son petit tampon latéral reste fixe. Entendez par là qu’il n’est pas monté sur un bras extensible comme la balayette. Du coup, ne comptez pas trop sur lui pour aller se faufiler dans les coins ou sous les portes comme le ferait un patin rotatif. Et c’est assez frustrant de voir comme l’appareil s’en sort vraiment bien sauf pour les coins et les angles. Un petit raté.

Entretien : une grande autonomie mais des points à surveiller
Mova a conçu la station d’accueil de ce Z50 Ultra pour qu’elle nécessite le moins de manipulations possibles ou, en tout cas, à en réduire la fréquence. Elle embarque un généreux sac à poussière de 4 L, un bac d’eau propre de 4,5 L et un bac d’eau sale de 4 L. De quoi tenir au moins deux semaines en lavant le sol un jour sur deux. Pas mal.

Ce que je regrette en revanche, c’est le choix retenu pour le détergent. Mova livre dans le carton un flacon de 500 ml. Cool. Mais ne comptez pas le recharger lorsqu’il est vide. Il s’agit d’une cartouche propriétaire, sans bouchon amovible. Il faudra donc repasser à la caisse pour refaire le plein. Coût de l’opération : 24,90 euros tout de même. Ce qui nous met le litre à 49,80 euros… Je vous laisse méditer sur ce sujet.

Comme pour la grande majorité des robots aspirateurs-laveurs, la station s’occupe de tout. Les serpillères son lavées à l’eau chauffée à 75°C puis séchées à l’air chaud. Elle vidange également le réservoir d’eau sale du robot mais je recommande de vous en charger vous-même si vous venez de nettoyer des taches fraiches.

Bonne surprise aussi, la station embarque un dispositif d’autonettoyage. Il permet de laver la planche de lavage. Et c’est tant mieux car j’ai pu constater qu’après quelques jours d’utilisation, celle-ci était encombrée de pas mal de débris (poils, cheveux, miettes). L’autonettoyage ne vient pas à bout de toutes les saletés et mieux vaut laver la planche à la main de temps en temps.


Du côté du robot, le système anti-enchevêtrement de la brosse fonctionne plutôt bien. Il évite aux poils d’animaux et cheveux longs de s’y entortiller.

Reste enfin la serpillère pour laquelle j’émets quelques réserves. Elle semble s’user assez rapidement. Elle peut passer en machine pour un nettoyage plus approfondi. Las, Mova n’en fourni qu’une avec le robot. Et si vous en voulez une seconde, il faudra dépenser cette fois-ci 54,99 euros. Un tarif vraiment abusé.

Conclusion
Points forts
- Bonne puissance d’aspiration
- Lavage au rouleau très efficace
- Autonomie de la station d’accueil
- Entretien facile
Points faibles
- Lavage des coins inexistant
- Gestion de la serpillère sur les tapis
- Une raclette ? mais pour quoi faire ?
- Cartouche de détergent propriétaire
- Coût exorbitant des consommables
Note de la rédaction
Le Z50 Ultra ne manque certainement pas d’atouts pour séduire. Outre l’aspiration de mes sols qu’il effectue comme un pro, j’ai bien évidemment apprécié sa façon de laver mes carrelages et mon parquet. Son rouleau serpillère est une vraie réussite et il me sera difficile de repasser à une autre technique pour retrouver un sol dans cet état. Il travaille vite, se montre opiniâtre et attentionné pour ne rien renverser sur son passage. Le robot aspirateur-laveur parfait ? Pas vraiment. Mova a commis quelques erreurs qui donnent à réfléchir selon ce que l’on recherche précisément. D’abord, je ne m’explique pas l’utilité de cette raclette sous le châssis. Si elle est là pour faire du bruit ou empêcher le robot de se déplacer convenablement dès qu’il rencontre un tapis, alors, l’objectif est atteint. Sinon, je ne vois pas. Ensuite, l’absence de tampon extensible pour laver les coins peut s’avérer problématique si le logis regorge de coins et de recoins justement. Un robot doté de patins rotatifs se montrera bien plus efficace dans ces situations. Enfin, le prix des consommables, des éléments qui ne demandent pas une haute technologie pour être élaborés, est un vrai scandale qui refroidit l’enthousiasme que j’ai pu ressentir. Si le coût initial de l’appareil n’est pas très élevé face à la concurrence, son entretien quant à lui risque par finir de peser lourd sur la facture.
