D’habitude plutôt pragmatique en matière de barre de son, Sony a créé la surprise tout début avril en ajoutant à ses modèles stars, les Theatre Bar 8 et Theatre Bar 9, une version plus abordable. Prénommée, Theatre System 6, cette barre de son inaugure une première chez le constructeur nippon, puisqu’elle s’accompagne d’enceintes arrière sans-fil.
Sommaire
- Fiche technique Sony Theatre System 6
- Prix et disponibilité
- Design et qualité de construction, du sérieux !
- Connectique, un gamer exigeant restera légérement sur sa faim
- Architecture sonore : un caisson qui envoie du lourd
- Rendu sonore : une bonne spatialisation sonore, mais…
Samsung (31%), Sony (24%) et LG (18%) Selon une récente étude du cabinet FutureSource Consulting, ces trois marques comptabilisent à elles-seules près de 73% des ventes mondiales de barre de son. Cependant, dans ce trio de tête, Sony fait bande à part. Alors que les constructeurs sud-coréen renouvellent leur catalogue pratiquement chaque année, quitte à avoir des évolutions mineures entre chaque itération, le nippon est sur un rythme de croisière plus long.
Ainsi, les Theatre Bar 9 et Theatre Bar 8, sorties à l’été 2024, représentent le haut de gamme du catalogue. Elles sont venues remplacer les modèles HT-A7000 et HT-A5000, commercialisées respectivement fin 2021 et fin 2022. Pour 2025, Sony arrive avec une surprise dans son chapeau en créant une nouvelle référence plus abordable, soit notre produit du jour, la Theatre System 6. Double surprise, ce système d’écoute est livré avec deux enceintes arrière. Bien que LG et Samsung proposent déjà plusieurs modèle de la sorte, c’est une grande première chez le japonais. En effet, Sony a, certes, déjà proposer des enceintes arrières, mais auparavant elles étaient souvent vendues en option séparée et jamais inclut dans une seule proposition de produit.
Est-ce que Sony réussit à proposer avec ce format inédit une expérience home-cinéma digne de ce nom pour les budgets plus restreints ? Après trois semaines de cinéma, de match de foot et de tennis et de jeux-vidéo, voici notre réponse complète.
Fiche technique Sony Theatre System 6
| Dimensions | 90,7 x 6,4 x 9 cm (barre), 27,5 x 38,8 x 38,8 cm (caisson), 10,6 x 21 x 9,8 cm (enceintes) |
| Poids | 2,6 kg (barre), 11,6 kg (caisson), 0,89 kg pour chaque enceinte ( |
| Connectique | HDMI eARC (1 entrée/1 sortie), 1 entrée audio optique (Toslink), 1 USB-A, 1 mini-jack. |
| Formats audio | Dolby Atmos, DTS:X, Dolby TrueHD, Hi-Res |
| Codecs audio | Bluetooth 5.3 (FLAC/ALAC, AIFF, AAC...) |
| Nombre canaux | 10 haut-parleurs (5.1.2 canaux) |
| Puissance totale | 1000 W |
| Type de barre de son | Pack avec barre + 2 enceintes surround passives + 1 boitier + 1 caisson de basse |
| Prix de lancement | 599€ |
Prix et disponibilité
Point très important, il ne faut pas confondre dans le catalogue de Sony la Theatre System 6 et la Theatre Bar 6. Notre produit de test, la Theatre System 6 inclut deux enceintes surround arrière, pour une véritable configuration 5.1.2. De plus, son caisson de basse est plus volumineux, mais également plus puissant. Enfin, la connectique est présente ici non pas sur la barre, mais derrière le caisson. Le tout pour un prix de 599 euros.
De son côté, la Theatre Bar 6 est un système 3.1.2 canaux plus classique avec une barre et un caisson pour un prix de 499 euros.
Design et qualité de construction, du sérieux !
Logiquement plus compact que la Theatre Bar 9, la Theatre System 6 n’est pas pour autant à ranger dans l’équipe des « petites » bars aux côtés de modèles comme la Bose Smart Soundbar (2024), la Sennheiser Ambeo Soundbar Mini (2023) ou encore la Yamaha SR-C30A. Sorte de modèle intermédiaire, elle adopte un format idéal pour ceux qui veulent profiter d’une expérience cinéma, sans forcément avoir une place monstre devant ou sous son téléviseur. Ses dimensions sont de 95 cm de long, 6,4 cm de haut et 11 cm de profondeur, pour 3,1 kg.

Contrairement à ses grandes sœurs plus huppées, qui regroupent tous les haut-parleur de graves en elles, la Theatre System 6 s’accompagne d’un caisson de basse. D’ailleurs, ce dernier est assez imposant et se situe dans une fourchette haute d’encombrement. Avec sa taille de 27,5 x 38,8 x 38,8 cm, pour un poids de 11,6 kg.


Pour comparer avec un produit du même prix, le caisson de la barre LG SC9S est moins large de 5,5 cm, moins profond de 7,5 cm et moins lourd de 3,8 Kg. Il faudra donc bien anticiper l’espace où le positionner près de votre téléviseur. Et surtout, le déplacer avec soin pour ne pas vous faire un mal de dos.

En ce qui concerne les enceintes, elles adoptent une forme longiligne (10,6 x 21,6 x 9,8 cm pour 0,9 Kg), assez agréable à l'œil. Chose importante à savoir, elles auront besoin d’un boîtier pour fonctionner. En effet, contrairement à LG et Samsung qui proposent des enceintes actives et sans-fil, celles de Sony sont passives. Ainsi, le boîtier reçoit à distance le signal de la barre et le distribue aux enceintes. Un détail non négligeable, puisque cette disposition est bien à prendre en compte en fonction de votre espace.

Sans surprise, et comme c’est le cas dans ce secteur, le design de ces produits fait dans la sobriété. Avec sa fiction en plastique mat et ses discrètes grilles en aluminium qui laisse entrevoir les haut-parleurs, la Theatre System 6 est élégante à souhait. Même son de cloche pour le caisson et les deux enceintes, la qualité de fabrication respire la solidité et la discrétion.
Connectique, un gamer exigeant restera légérement sur sa faim
Contrairement à sa petite sœur sans enceinte arrière, la Theatre Bar 6, notre modèle du jour intègre l’ensemble de la connectique à l’arrière du caisson de basse. Ce choix de conception est assez rare et fait du caisson de basses le « hub » central du système. Un parti pris osé qui veut éviter toute distraction visuelle, puisque les câbles pourront être plus facilement dissemblables derrière le meuble TV. Il faudra tout de même relier la barre au caisson, car c’est ce dernier qui centralise toutes les informations.

Au programme derrière ce caisson, nous retrouvons une entrée HDMI eARC/ARC, 1 entrée optique numérique, 1 entrée analogique mini jack 3,5 mm et un port USB-A pour la lecture de fichier audio. Les formats Dolby Atmos, DTS:X et signaux audio HD sont bien évidemment bien pris en compte.

Et c’est à peu près tout. Il est regrettable que Sony fasse l’impasse sur une sortie et une entrée HDMI supplémentaires. Il est par exemple impossible de brancher à la fois une console de jeu et un lecteur Blu-ray. L’absence de passthrough vidéo (4K/120 Hz) limite également la barre à du 60 Hz, tandis que les supports VRR et ALLM ne sont pas pris en charges. Loin d’être des détails, ces absences risquent de décevoir les gamers les plus exigeants voulant profiter au maximum des possibilités de leurs consoles next-gen.

Et pour ne rien arranger à l’affaire, le Wi-Fi manque également à l’appel, ce qui empêche ce produit de bénéficier de Spotify Connect, d’Airplay 2 ou encore de Chromecast. Pour du streaming audio, il faut nécessairement se rabattre sur le Bluetooth 5.3.
Architecture sonore : un caisson qui envoie du lourd
En son sein, la barre contient 5 haut-parleurs distincts. Trois sont frontaux, placés en façade et dédiés à chaque canal (centre, droit et gauche). Ils sont tous d’un diamètre d’environ 5 cm et d’une puissance de 152 W. Les deux autres sont des tweeters situés près de ces trois premiers haut-parleurs afin de conserver une certaine cohérence directionnelle. De manière assez étonnante, Sony n’intègrent pas de haut-parleurs verticaux physiques, ce qui risque de limiter certains effets Atmos…

De son côté, le caisson contient logiquement un haut-parleur dédié au basses de 16 cm de diamètre et dispose d’un évent frontal afin d’optimiser le rendu des plus basses fréquences. À lui seul, il comptabilise une puissance de 240 W, tandis que chaque enceinte surround propose une puissance de 152 W. En tout et pour tout, la puissance totale de la Sony Bravia Theatre System 6 est de 1000 watts.

Comparé à LG et Samsung, c’est monstrueux. La concurrence dépasse rarement les 600 W sur ce segment de prix. Clairement, la Theatre System 6 a les épaules suffisantes pour sonoriser de grands salons de 40 m2. Voir même des endroits plus grands, en fonction de l’agencement de la pièce et du niveau sonore souhaité. Inversement, Sony n’intègre pas à son produit de tweeters dédiés spécifiquement aux aigus, là où la concurrence le fait.
Rendu sonore : une bonne spatialisation sonore, mais…
Sans surprise, vu sa proposition 5.1.2, la Theatre System 6 délivre un son enveloppant et dynamique. Sur des films d'action ou d’aventure, le sentiment d’immersion est bien réel. Que ce soit les bruits d’hélicoptères, les rafales de mitraillettes ou lors de courses poursuites de voitures, la dimension d’écoute jouit d’une certaine ampleur. L’apport des deux enceintes arrière est d’ailleurs essentiel à ce sentiment. Cependant, si les sons d’ambiances sont parfaitement retranscrit, certains objets 3D peinent parfois à traverser toute la pièce. Ils sont audibles, mais ils manquent parfois de caractères et de précisions. L’absence de haut-parleurs verticaux étant responsable de cet état de fait.

Mention spéciale au caisson de basse qui décoiffe littéralement. Il n’y aura pas besoin de pousser le volume à plus de 40% pour sentir ses effets. Les basses sont rondes à souhait et les infra-graves ne sont en aucun cas noyés. De leur côté, les médiums ont également une belle profondeur. La technologie propriétaire de Sony, Voice Zoom 3, joue ici parfaitement son rôle. La clarté des voix est plaisante, et surtout l’ajustement de leurs dynamiques est idéal. Dans la scène d’introduction du film « The Social Network », l’ambiance du restaurant se calque à merveille sur le dialogue des deux protagonistes. Les voix sont à la fois bien projetées en avant et suffisamment détachées du reste de l’ambiance sonore.

Au niveau des aigus, ils sont finement ciselés, mais lorsque le volume dépasse les 50%, ils manquent légèrement de précisions. Ils deviennent un brin pinçants. Lors de quelques sessions de jeux-vidéo, nous pouvions nous en rendre compte, notamment lorsque nous lancions des bouteilles de verre dans « The Last Of Us 2 ».


Pour une utilisation musicale, nous vous conseillons de désactiver l’ensemble des modes sonores. Ces derniers ont tendance à déséquilibrer l’équilibre tonale. Pour cela, il faudra passer par « Bravia Connect ». L’application dédiée de Sony est d’ailleurs très facile à utiliser, même pour un novice. Sans faire étalage de trop nombreux réglages, elle propose l’essentiel. Mention spéciale à la technologie 360 Spatial Sound Mapping qui optimise la dynamique du champ sonore en fonction de la configuration de la pièce et de l’emplacement des enceintes. Veillez à ne pas bâcler cette configuration, c’est une étape essentielle pour pouvoir profiter au maximum des qualités de la Theatre System 6.
Conclusion
Points forts
- Spatialisation appréciable grâce aux satellites arrière.
- Dialogues clairs même dans les scènes intenses.
- Une application dédiée limpide et complète
- Un caisson de basse très puissant
- Rendu équilibré en écoute musicale
- Design sobre, mais premium
Points faibles
- Pas de compatibilité HDMI 4K/120 Hz et VRR pour les gamers
- Une seule entrée HDMI et pas de Wifi...
- L'absence de haut-parleurs verticaux qui pénalise certains objets 3D
- Des enceintes arrières qui doivent être brancher à un boîtier
Note de la rédaction
Avec son design compact et élégant, son expérience utilisateur intuitive et son prix « abordable », la Theatre System 6 possède de nombreux arguments pour séduire les néophytes du home cinéma. Et ce n’est pas tout, grâce à sa puissance, notamment du caisson de basse, ses deux enceintes arrières et ses tweeters, elle dispose d’une belle polyvalence et d’une réelle maîtrise technique en matière d’immersion.
Pour autant, le tableau n’est pas totalement idyllique. L’absence de haut-parleurs verticaux empêche à certains objets 3D d’être totalement précis. Si les effets aériens sont bien là, timides mais présents, un certain manque de liant entre l’avant et l’arrière de la scène sonore peut parfois se faire ressentir sur les contenus Atmos.
De plus, l’absence de passthrough vidéo (4K/120 Hz), qui limite la barre à du 60 Hz, pourra frustrer certains gamers très exigeants. Enfin, et c’est loin d’être un détail, il faudra bien penser en amont à la disposition de son salon avant de craquer pour ce système. En effet, s’il est appréciable de voir Sony proposer des enceintes arrières, il sera nécessaire de les relier en filaire à un boîtier.
