Après avoir amorcé sa transition vers le tout-électrique avec la #1, Smart revient sur le devant de la scène avec la #3, un SUV coupé qui ambitionne de redéfinir les standards de la marque. Et pour marquer les esprits, Smart propose d'emblée une version Brabus, synonyme de performances et de sportivité. L'attente est donc grande : cette #3 Brabus est-elle à la hauteur de son héritage et des promesses qu'elle affiche ? C'est ce que nous allons décortiquer ensemble, au-delà des chiffres et des fiches techniques, et avec mes impressions personnelles.
Sommaire
- Smart #3 Brabus : la fiche technique
- Design : un SUV coupé qui assume sa sportivité, haute en couleur
- Habitacle : Un cocon technologique, luxueux, et avec de bonnes finitions
- Sur la route : Des performances de supercar ?
- La performance coûte à la conso et à l’autonomie
Après une #1 qui a divisé, la marque sino-germanique (fruit de la joint-venture entre Mercedes-Benz et Geely) revient avec la #3, un SUV coupé qui affiche des ambitions bien plus affirmées. Et pour frapper fort, Smart dégaine d'emblée une version Brabus, label de sportivité et de qualité. Sur le papier, la promesse est alléchante : un SUV compact, 100% électrique, avec des performances de supercar (0 à 100 km/h en 3,7 secondes) et un design distinctif. Mais qu'en est-il dans la vraie vie ?

Pour le savoir, j'ai pris le volant de la Smart #3 Brabus pendant une semaine complète, et pas n'importe où : en plein cœur de Paris. Loin des circuits et des routes dégagées, c'est dans la jungle urbaine, avec ses embouteillages, ses rues étroites, ses cyclistes omniprésents et ses places de parking minuscules, que j'ai voulu mettre à l'épreuve ce SUV sportif. Une semaine pour décortiquer son comportement, son confort, son autonomie réelle en conditions urbaines, et surtout, pour voir si la promesse d'une "supercar" électrique compacte est tenable au quotidien, dans un environnement aussi exigeant que la capitale française. Bon, bien sûr je l’ai aussi amené sur des terrains plus familier pour elle : l’autoroute et les belles routes de campagnes dégagées.
Smart #3 Brabus : la fiche technique
| Smart #3 Brabus | |
|---|---|
| Type de véhicule | SUV Coupé |
| Alimentation | Électrique |
| Dimensions (L x l) | 4,44 m x 1,84 m |
| Poids à vide avec conducteur | Supérieur à 1780 kg |
| Puissance | 428 ch (315 kW) |
| Couple | 543 Nm |
| Capacité de la batterie | 66 kWh |
| Autonomie (WLTP) | 415 km |
| 0 à 100 km/h | 3,7 secondes |
Design : un SUV coupé qui assume sa sportivité, haute en couleur
La Smart #3, dans sa globalité, marque une rupture avec le passé de la marque, tout en conservant quelques clins d'œil subtils. Elle se positionne comme la déclinaison coupé de la #1, mais cette appellation est presque réductrice. La #3 est bien plus qu'une simple #1 avec un toit incliné. Ses dimensions, plus généreuses, lui confèrent une présence sur la route bien différente. L'allongement de 17 cm par rapport à la #1 n'est pas seulement esthétique ; il participe à une silhouette plus élancée, plus dynamique, et contribue également à une meilleure efficience aérodynamique. Le Cx de 0,27 (mesure de la résistance aérodynamique), excellent pour un SUV, témoigne de ce travail sur les flux d'air.

La version Brabus, quant à elle, joue la carte de la sportivité, mais avec une certaine retenue. Les modifications esthétiques par rapport aux versions "classiques" de la #3 sont discrètes, presque trop pour certains. On remarque l'ouverture au-dessus du logo Smart, les jupes latérales et arrière remodelées, soulignées d'un liseré rouge (un classique Brabus), et les jantes alliage "Synchro" de 20 pouces, au design spécifique. C'est propre, élégant, mais peut-être pas assez démonstratif pour ceux qui attendent un look radicalement différent.

C'est là qu'intervient le kit carrosserie Brabus, proposé en option. Ce kit est une véritable déclaration d'intention. Il transforme la #3 Brabus en une machine bien plus agressive visuellement. Le séparateur avant, les extensions de prises d'air, l'aileron arrière proéminent et l'insert de carénage imitation diffuseur ne sont pas là que pour le spectacle. Ils ont été conçus pour améliorer l'appui aérodynamique à haute vitesse. Les jantes disponibles en 20 ou 21 pouces, ajoutent une touche d'exclusivité. Et pour parfaire l'ensemble, les ressorts courts, qui abaissent la caisse de 35 mm, confèrent à la #3 Brabus une allure de berline sportive surbaissée, une posture qui ne laisse aucun doute sur ses prétentions. Ce kit est presque indispensable pour ceux qui veulent une Brabus qui se démarque vraiment.

Habitacle : Un cocon technologique, luxueux, et avec de bonnes finitions
L'intérieur de la Smart #3 Brabus est une réussite en termes de design et d'ambiance. L'inspiration Mercedes est indéniable, et c'est un compliment. La console centrale courbée, les aérations circulaires (au nombre de trois, un clin d'œil à la sportivité), et l'écran central tactile de 12,8 pouces, positionné en hauteur, créent un environnement à la fois moderne et ergonomique. L'écran est réactif et agréable à utiliser, même si, et je l'ai constaté personnellement, l'interface utilisateur demande un certain temps d'adaptation pour maîtriser toutes les fonctions et les menus. J'ai également rencontré quelques bugs d'interface et, surtout, des déconnexions intempestives avec Android Auto, ce qui est assez frustrant par moment.
Bug d'interface qui se superpose

L'affichage tête haute de 10 pouces est un plus indéniable pour la sécurité et le confort de conduite. Il projette les informations essentielles (vitesse, navigation, aides à la conduite) directement dans le champ de vision du conducteur, évitant ainsi de quitter la route des yeux. Surtout que l’on retrouve aussi les infos d'AndroidAuto et CarPlay. Le volant sport à trois branches est agréable en main et renforce l'impression de se trouver dans un cockpit sportif.

L'habitacle est baigné de lumière grâce au toit panoramique, de série sur la version Brabus. L'éclairage d'ambiance, personnalisable, ajoute une touche de raffinement supplémentaire. L'espace à bord est généreux, notamment aux places arrière, grâce à l'empattement allongé. Les passagers de grande taille se sentiront à l'aise, avec suffisamment d'espace pour les jambes.


La sellerie spécifique Brabus, en microfibre noire avec surpiqûres rouges et logos brodés, est du plus bel effet. Et je dois dire que les sièges baquets sont incroyablement confortables. Ils sont non seulement ventilés et chauffants (un vrai bonheur en hiver, comme j'ai pu le tester !), mais le volant est également chauffant. C'est un détail qui fait toute la différence lors des matins froids.

Ce qui m'a particulièrement impressionné, c'est la qualité des finitions. On trouve du cuir jusque sur le côté de la cuisse, tant pour le conducteur que pour le passager, au niveau du tunnel central. Les aérations, qui semblent être en métal, sont en réalité en plastique, mais l'illusion est parfaite. D'une manière générale, les plastiques utilisés sont de très bonne facture, ce qui confère à l'ensemble une ambiance vraiment premium.


Autre point fort : les possibilités de réglage sont quasi infinies. Que ce soit le volant, l'affichage tête haute, l'écran, ou le siège (qui s'avance et se recule automatiquement lorsqu'on entre et sort de la voiture), tout est ajustable pour trouver la position de conduite idéale.


Cependant, quelques points viennent ternir ce tableau idyllique. Le coffre, avec ses 370 litres, est un peu juste pour un véhicule de cette catégorie. Il se situe dans la moyenne basse des SUV compacts, et certains concurrents font mieux. On garde en revanche un petit "frunk" (petit coffre avant) sur la version Brabus, mais fortement réduit due à l'ajout du moteur avant. Cela limite les possibilités de rangement, surtout pour les câbles de recharge.


Le système audio Beats, avec ses 13 haut-parleurs, offre une excellente qualité sonore, surtout lorsqu'on active le mode Beats spécifique. Sans ce mode, le son est assez plat, manquant de relief et de profondeur.
Sur la route : Des performances de supercar ?
La Smart #3 Brabus est une voiture qui se déguste avant tout sur la route. Sa fiche technique est impressionnante : 428 ch, 543 Nm de couple, un 0 à 100 km/h abattu en 3,7 secondes. Des chiffres qui la placent dans la catégorie des supercars, rien de moins.
Et sur le terrain, ces chiffres se confirment. Les accélérations sont fulgurantes, littéralement scotchantes. Le couple, disponible instantanément grâce à la motorisation électrique, propulse la #3 Brabus avec une véritable violence. J'ai particulièrement apprécié le confort de conduite lorsque l'on appuie sur la pédale d'accélérateur : on sent vraiment la puissance se libérer de manière progressive et maîtrisée.
Le mode Brabus, accessible via un bouton dédié, libère tout le potentiel de la voiture. La réponse à l'accélérateur devient encore plus franche, la direction se raffermit, et l'amortissement se durcit. C'est dans ce mode que la #3 Brabus révèle son vrai caractère, celui d'une sportive pure et dure. Cependant, ce mode Brabus n'est pas adapté à toutes les situations. Sur routes sinueuses, à rythme très élevé, l'amortissement peut devenir trop ferme, engendrant des rebonds et une perte de confort. La voiture devient plus exigeante à piloter, et il faut avoir un certain niveau de maîtrise pour exploiter pleinement son potentiel. Sur de mauvais revêtements, le mode Brabus peut même devenir inconfortable. Mais en même temps en activant ce mode c’est aussi ce que l’on cherche : à ressentir chaque aspérité de la route.
Le mode Sport offre un excellent compromis. La direction reste précise, le comportement dynamique, mais l'amortissement est plus prévenant, absorbant mieux les irrégularités de la route. C'est dans ce mode que la #3 Brabus se montre la plus polyvalente, capable de passer d'une conduite coulée à une attaque plus franche en un clin d'œil.

Les réglages de châssis spécifiques à la version Brabus (garde au sol abaissée, voies élargies, barres antiroulis rigidifiées) contribuent à une tenue de route irréprochable. La voiture vire à plat, sans roulis excessif, et la transmission intégrale assure une motricité optimale, même sur sol humide.
Le freinage présente une particularité intéressante. Lorsqu'on appuie légèrement sur la pédale, on ressent deux sensations distinctes. D'abord, une phase de freinage régénératif, où la voiture ralentit sans utiliser les freins mécaniques, puis, si on continue d'appuyer, les freins classiques entrent en action, bloquant la voiture plus fermement, un peu comme un frein à main. C'est un système qui demande un peu d'habitude, mais qui permet de doser finement le freinage.
Il est important de noter, et c'est une source de frustration, qu'à chaque redémarrage complet de la voiture, il faut de nouveau sélectionner le mode de conduite souhaité et le niveau de récupération d'énergie désiré. C'est un détail, mais cela devient vite agaçant. De même, le volant chauffant a tendance à se désactiver tout seul au bout de quelques minutes, sans raison apparente, ce qui est assez déroutant.
La performance coûte à la conso et à l’autonomie
La Smart #3 Brabus est équipée d'une batterie de 66 kWh, une capacité qui se situe dans la moyenne de la catégorie. L'autonomie WLTP annoncée est de 415 km, ce qui est correct, mais pas exceptionnel. Il faut garder à l'esprit que cette autonomie est obtenue dans des conditions optimales, et qu'elle peut varier considérablement en fonction du style de conduite, du type de parcours, et des conditions météorologiques.
En conduite sportive, en mode Brabus, l'autonomie fond comme neige au soleil. Il n'est pas rare de descendre en dessous de 300 km, voire moins. Il faut donc être conscient que la performance a un prix, et que la #3 Brabus n'est pas la voiture idéale pour les longs trajets autoroutiers, à moins d'adopter une conduite très souple et de planifier soigneusement ses arrêts recharge.

La recharge rapide à 150 kW est un atout indéniable. Elle permet de récupérer de 10 à 80% de batterie en 30 minutes sur une borne adaptée. C'est un gain de temps appréciable, qui permet de limiter l'impact des arrêts recharge sur les longs trajets. Cependant, il faut trouver une borne compatible, ce qui n'est pas toujours évident selon les régions.
Conclusion : Le SUV coupé électrique pour passionnés
Points forts
- Performances exceptionnelles (0 à 100 km/h en 3,7 s)
- Intérieur luxueux et bien équipé
- Comportement dynamique
- Kit carrosserie Brabus qui a de la gueule
- Design sportif et distinctif
- Recharge rapide (150 kW)
Points faibles
- Autonomie inférieure à la version propulsion
- Coffre un peu juste pour la catégorie
- Quelques bugs logiciel
Note de la rédaction
La Smart #3 Brabus est un véhicule qui ne laisse pas indifférent. Son design sportif, son intérieur luxueux et technologique, et ses performances de supercar en font un objet de désir pour les amateurs de sensations fortes. C'est une voiture qui s'adresse à une clientèle qui recherche avant tout la performance et le plaisir de conduite, et qui est prête à faire quelques concessions en termes d'autonomie, de confort (en mode Brabus), et de polyvalence. La Smart #3 Brabus n'est donc pas une voiture parfaite. Elle a ses défauts, ses limites, et quelques problèmes irritants au quotidien (bugs, déconnexions, réglages à refaire). Mais elle a aussi une personnalité forte, un caractère affirmé, qui la rendent attachante. C'est une voiture qui procure des émotions, qui donne le sourire, et c'est peut-être là l'essentiel. La Smart #3 Brabus est, avant tout, une voiture passion, et c'est comme ça qu'il faut la prendre.