Corsair arrive sur le marché des PC portables gamers ! Et surprise : son premier PC, le Voyager, montre déjà un gigantesque potentiel.
Il y a quelques années de cela, tout le monde considérait le marché des PC portables comme mort. De nombreux acteurs, notamment Sony, se sont enfuis face à des ventes en chute libre et la domination des tablettes auprès du grand public. Mais d’autres ont vite compris qu’il s’agissait d’une transformation : les PC devenaient tout simplement plus spécialisés, plus spécifiques. Et c’est pourquoi le marché des PC gamers n’a jamais cessé d’être prolifique. Cependant, l’intégrer tardivement reste un véritable défi. Corsair, l’accessoiriste qui n’a jamais cessé de grandir ces dernières années, a décidé de le relever : voici le Corsair Voyager, son premier PC gamer portable.
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Caractéristiques du Corsair Voyager
| Taille d'écran | 16 pouces |
| Type d'écran | IPS LCD |
| Définition d'écran | 2560 x 1600 pixels |
| Taux de rafraîchissement | 240 Hz |
| Processeur | AMD Ryzen 9 6900HS |
| Carte graphique | Radeon 6800M |
| Mémoire vive | 32 Go DDR5-4800 |
| Stockage | 2 To |
| Connectique | 1 Thunderbolt 3, 2 USB C 3.2 Gen 2, 1 USB A 3.2 Gen 1, 1 port carte SD, 1 combo jack |
| Dimensions | 356mm x 286.7mm x 19.9mm |
| Poids | 2,4 kg |
Design et ergonomie : au paradis des streameurs
Dès que l’on prend en main le Corsair Voyager, on comprend que la marque n’a pas voulu faire une première apparition timide. Bien au contraire : le PC portable se veut être le point culminant de toute l’expérience acquise par le constructeur au fil des ans. Un appareil premium. Et cela s’exprime derechef avec son châssis fait intégralement en aluminium, dont le revêtement récupère en un clin d’œil les traces de doigt, mais qui est incroyablement solide. Même dans ses parties les plus fines, notamment autour du clavier ou des grilles d’aération, le Corsair Voyager reste très solide.

S’il n’est pas le plus fin des PC gamers, il reste l’un des plus transportables relativement à sa configuration. On a là un PC de 2,4 kg au format 16 pouces, ce qui lui permet de rentrer dans la plupart des sacs (une sacoche de transport est même fournie avec le Corsair Voyager) sans peser lourd sur les épaules. Mais surtout, il se veut être le PC le plus optimisé pour le streaming, grâce notamment à l’intégration d’une barre de raccourci liée à Stream Deck (possédé par Corsair), qui vous permet de créer 10 actions en un clin d’œil.

Un petit écran central vous permet également de voir la charge CPU, le pourcentage de batterie restant ainsi que l’heure. Ce dernier est plus de l’ordre du détail, bien que la charge CPU en direct soit appréciable. C’est surtout ces touches de raccourcis qui sont une excellente idée pour optimiser l’usage de l’appareil pour les streameurs. Et puisque Corsair possède également Elgato, les interconnexions avec l’écosystème de stream le plus populaire sont nombreuses : vous pourrez gérer vos lumières comme vos scènes en un simple appui.

Ce que l’on regrette potentiellement est le fait que ces dernières ne soient pas vraiment personnalisables, à l’image d’un véritable Stream Deck. Vous pouvez certes en changer la couleur, mais c’est à peu près tout. A l’avenir, pour pousser le concept encore plus loin, l’intégration d’un véritable écran ou de touches e-ink pourrait maximiser le potentiel du concept. Mais dans les faits, il faut aussi reconnaître une chose : ce Stream Deck intégré rend le Corsair Voyager unique en son genre sur le marché. Rares sont les PC gamers à pouvoir véritablement se réclamer unique de nos jours.

En dessous de cette barre, on retrouve un clavier à switch Cherry MX mécaniques pleine taille. Là encore, aucune concession n’est véritablement faite : elles sont mi-hauteur, offrent une large course pour un PC de ce format, et ne sont pas si bruyantes. Reste que pour du Cherry, elles sont légèrement plus molles, au point que ma première impression n’était pas très positive. Une impression qui a vite disparu à mesure que j’ai utilisé l’ordinateur. Aujourd’hui, je peux dire que ce clavier et son large pavé tactile en verre font partie de mes favoris dans le cercle, tant ils sont agréables à l’usage. Notez que les touches Fn sont, elles, sur de simples membranes.

Côté connectiques, on retrouve du très classique. Le côté gauche du Corsair Voyager vous donne accès au port d’alimentation, deux ports USB-C 3.2 Gen 1 et un combo jack. Sur la droite, on retrouve le port carte SD plein format (un bon point !), un port USB-C 4 (Thunderbolt 3) et un port USB A 3.2 Gen 1. Considérant que le PC se veut être une station de stream portable, il aurait peut-être été intéressant d’intégrer un port HDMI, un port Ethernet ou un second port USB A. Cette connectique n’est pas décevante pour autant, mais il faudra forcément s'affubler d’un ou deux hub pour la plupart des setup de stream. Considérant le format du Corsair Voyager, ce n’est cependant pas un grand sacrifice.

Au dessus de l’écran, vous pouvez retrouver une webcam 1080p avec un cache physique pour éviter la moindre fuite. C’est peut-être l’élément le plus décevant de la configuration, puisque cette webcam n’est pas de bonne qualité. Le capteur en lui-même a peut-être du potentiel, mais il semble dénué du moindre traitement algorithmique. Les réglages fins offerts par l’univers logiciel de Corsair n'arrivent pas à compenser ce manque de qualité. Pour un PC visant clairement les streameurs, que la webcam soit d’aussi basse qualité est étonnant.

Reste qu’au bout, le Corsair Voyager est un PC gamer original et cohérent. Il a un but clair, et s’y tient de bout en bout. L’écosystème développé ces dernières années par Corsair se retrouve dans cette machine et magnifie son potentiel. Avoir une telle vision pour son tout premier PC est remarquable.
Écran : une dalle vorace
Dans notre modèle de test, le Corsair Voyager A1600 s’équipe d’une dalle IPS LCD de 16 pouces en définition 2560 x 1600 pixels, soit un ratio de 16:10. Surtout, cet écran compatible FreeSync Premium supporte un taux de rafraîchissement maximal de 240Hz, ce qui est excellent pour cette définition. Il est également traité anti-reflet, et avance une luminosité typique de 425 cd/m² pour un pic à 625 cd/m².

Corsair promet une couverture de l’espace sRGB à 100%... Et c’est exactement ce que l’on retrouve sous notre sonde. 104,6% même, pour être précis. La dalle est clairement optimisée pour cet espace de couleurs, et le fait merveilleusement bien puisqu’elle avance un Delta E00 moyen de 1,26. C’est tout simplement excellent, particulièrement pour un écran gamer à 240Hz. Le constructeur a clairement voulu offrir une expérience premium sur ce produit.

Reste une petite déception : la dalle 6 bits ne peut pas vraiment aller au-delà du sRGB. Elle ne couvre que 74,1% de l’espace DCI P3, et n’est pas non plus compatible avec le HDR. Pour un produit aussi premium, on pouvait s’attendre à un peu mieux. Mais du même temps, les choix faits ici sont cohérents pour les joueurs. On préférera toujours voir un concept tenu de bout en bout qu’un PC portable cherchant à répondre à toutes les demandes et n’en satisfaire vraiment aucune. Le Corsair Voyager appartient à la première catégorie.
Logiciel : un véritable écosystème
Je vous en parlais çà et là plus haut, mais Corsair se distingue dans le monde des PC portables par le fait qu’il est un accessoiriste à succès dans le monde gaming en prime de posséder Elgato. Une marque qui s’est aussi fait sa place dans cet univers particulier, et est parmi les plus plébiscitées aujourd’hui. Et cela se ressent.

La webcam (si mauvaise soit-elle, hélas) peut être réglée finement par le biais des outils Elgato, tandis que les raccourcis intégrés à la machine sont gérés par le logiciel Stream Deck. Le tout confère à ce Corsair Voyager plein d’astuces un côté familier et “clef-en-main” plus qu’appréciable pour quiconque veut se créer un setup mobile sans devoir configurer des tonnes et des tonnes pour que tout fonctionne.

Le logiciel iCue, qui gère habituellement les claviers, souris et autres accessoires de la marque, vient ici naturellement prendre le contrôle du clavier et des éléments lumineux de l’ordinateur. Là encore, il s’agit d’un logiciel particulièrement intuitif, bien que je lui reprocherai une interface manquant parfois de légèreté et de lisibilité.

Reste que là encore, Corsair a sa longue vue fermement plantée sur son objectif et ne dérive pas une seule seconde. On apprécie aussi particulièrement le fait qu’il n’a préinstallé aucun logiciel publicitaire, comme les sempiternels McAfee ou Norton que l’on retrouve bien trop souvent sur d’autres configurations. Il n’y a pas même d’injonction à s’inscrire à une newsletter quelconque au premier démarrage de Windows, c’est dire.
Performances : l’avantage AMD, vraiment ?
Le Corsair Voyager A1600 s’équipe dans notre configuration de test de l’AMD Ryzen 9 6900HS ainsi que du GPU Radeon 6800M à 12 Go de GDDR6, couplé à 32 Go de RAM DDR5-4800. Une configuration résolument véloce pour ce format portable en 16 pouces, et qui a tout à fait le potentiel de faire tourner cet écran 240 Hz au maximum de ses capacités sur les jeux compétitifs.

Sur nos tests Cinebench R23, nous sommes heureux de constater que le Ryzen 9 envoie très exactement les performances que l’on attend de cette configuration. Corsair n’a donc pas eu à faire de sacrifice pour que sa machine garde la tête haute.

Il en va de même du côté du GPU, même si la proposition d’AMD n’est tout simplement pas encore à la hauteur sur le ray-tracing par rapport à Nvidia. On le constate facilement sur Shadow of the Tomb Raider, où pousser le ray-tracing à fond en prime des autres réglages ne nous offre que 47 FPS en moyenne. Sans lui, le jeu remonte aisément à 80 FPS en moyenne. Sur Cyberpunk 2077, la configuration Ray-tracing Ultra nous envoie un 43 FPS en moyenne. Viser le 60 FPS et au-delà se fera sans encombre en oubliant le ray-tracing, ou en utilisant le mod FSR 2.0.

Ces performances brutes sont excellentes et dignes de ce que le Corsair Voyager cherche à proposer. Cependant, puisqu’il s’agit d’une machine pensée en priorité pour le stream, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi les cartes graphiques Nvidia n’ont pas été priorisées. Et ce faute d’un détail qui a toute son importance : l’encodeur Nvidia NVENC, de loin le plus utilisé dans le milieu pour ses performances et sa qualité. La puissance brute ne fait pas tout pour une carte graphique, et l’univers de services liés au streaming de Nvidia semble coïncider bien plus avec la vision de Corsair pour ce Voyager que le lien CPU/GPU fort d’AMD.

Le bilan thermique du Corsair Voyager est lui aussi très bon, ce qui est une surprise agréable considérant qu’il s’agit souvent du point sur lequel les premiers produits des constructeurs se prennent les pieds dans le tapis. La chambre à vapeur joue bien son rôle et fait en sorte que le PC ne dépasse jamais les 54°C au châssis. On a cependant rien sans rien, et les ventilateurs peuvent vite souffler bruyamment pour offrir les meilleures performances. Reste que les trois profils types de Corsair sont bien étudiés pour permettre de jongler entre confort et performance.

Petit ajout bien senti sur la fiche technique de l'appareil : le Corsair Voyager intègre sur sa carte mère une puce Slipstream Wireless. Cela veut dire que les appareils de la marque n'ont pas besoin que vous connectiez un dongle USB pour fonctionner sans fil : ils sont directement compatibles.
Notez que notre PC de test, que nous avons eu en avance, était propulsé par des drivers encore en développement. Ainsi, la machine a rencontré quelques rares instabilités lors de notre utilisation. Cependant, nous ne nous attendons pas à ce que le Corsair Voyager ait le moindre souci à sa sortie.
Autonomie : ce qu’il faut
Le Corsair Voyager A1600 réclame une alimentation de 230W pour fonctionner à plein régime. Il s’équipe d’une très large batterie de 99Wh pour permettre de propulser cet écran 240W et cette configuration musclée en mobilité.

S’il n’y a pas de miracle possible, on apprécie le fait que le constructeur mette en avant 1,75 heure d’autonomie dans sa communication. Il s’agit-là d’une estimation honnête du PC lorsque celui-ci est utilisé pour jouer sur batterie, là où d’autres mettront en avant une utilisation bureautique. Sur ce dernier point, nos tests montrent un PC capable de tenir 6 heures sur un usage plus modeste comme de la vidéo YouTube, ce qui est plutôt bon pour un PC de cette envergure.
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Conclusion
Points forts
- Un concept unique et réussi
- La puissance brute est là
- Excellent écran
- Clavier mécanique Cherry MX
- Parfait pour les streameurs mobiles
Points faibles
- Très mauvaise webcam
- Haut-parleurs bof
- Prix premium
Note de la rédaction
Pour son tout premier PC, Corsair impressionne avec ce Voyager a1600. Il réussit à être l’une des propositions les plus originales et les mieux réfléchies sur le marché depuis bien longtemps. Reste qu’un tel concept force nécessairement un regard plus focalisé, qui ne peut donc pardonner une mauvaise webcam à titre d’exemple ou pousse à imaginer un véritable Stream Deck intégré. Mais qu’on se le dise : le Voyager a1600 est une franche réussite, qui laisse rêveur sur l’avenir de Corsair sur ce nouveau marché.
