Le ClubSport Formula V3 remplace le V2.5 avec un écran plus grand, une plaque carbone et un diamètre revu. Sur le papier, une mise à jour logique de plus dans le catalogue Fanatec. Après un mois sur Le Mans Ultimate et F1 25, ce n'est pourtant pas la fiche technique qui a changé ma façon de piloter, mais deux molettes au pouce que je n'avais jamais eues sous la main en course.
Fanatec s'est fait un nom en démocratisant le Direct Drive, cette technologie où le moteur entraîne directement l'axe du volant sans courroie ni engrenage, longtemps réservée aux setups à cinq chiffres. La marque allemande, née d'Endor AG, est depuis passée sous pavillon Corsair, avec ce que ça implique de restructuration et de questions sur la suite. Son catalogue fonctionne par modules, la base motorisée d'un côté, le volant de l'autre, ce qui explique qu'un volant seul coûte le prix d'un périphérique complet chez la concurrence. Dans cet écosystème, le ClubSport Formula V2.5 commençait sérieusement à sentir son âge face aux volants formula de chez Simagic, Moza ou Asetek, qui empilent les écrans couleur et les commandes.

Le V3 arrive avec un cahier des charges lisible, écran OLED de 2,7 pouces, plaque avant en carbone de 5 mm, diamètre porté à 290 mm, deux FunkySwitch au lieu d'un et des molettes au pouce entièrement revues, le tout au tarif du modèle qu'il remplace. On pourrait croire que ce volant vise uniquement les pilotes de monoplace, ce serait passer à côté du sujet. Rien n'empêche de rouler en GT3 avec un volant formula, et les Hypercars du plateau WEC embarquent des volants qui ressemblent beaucoup plus à de la Formule 1 qu'à une GT des années 2000. La vraie question n'est pas de savoir quelle voiture vous conduisez, mais combien de réglages vous manipulez pendant un relais.
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Sommaire
- Spécifications techniques
- Un volant qui en impose avant même de l'avoir en main ?
- Enfin un volant où je ne lâche plus les grips
- Commandes et écran, le poste de pilotage tient-il ses promesses ?
- Ce que le V3 n'a pas fait évoluer, et ce qu'il a retiré
- Le logiciel Fanatec, toujours ce même caillou dans la chaussure ?
- Le Mans Ultimate et F1 25, ce que le V3 change une fois en piste
- À qui s'adresse ce ClubSport Formula V3 ?
Spécifications techniques
| Modèle | Fanatec ClubSport Steering Wheel Formula V3 |
| Type de produit | Volant sim racing type formula, sans base motorisée |
| Diamètre | 290 mm |
| Plaque avant | Carbone 5 mm |
| Grips | Cuir perforé, remplaçables |
| Poids | 1350 g annoncé avec QR2, 1375 g mesuré |
| Écran | OLED 2,7 pouces monochrome blanc |
| LED | 9 RevLED RGB, 6 FlagLED RGB |
| Boutons | 11 en façade |
| FunkySwitch | 2, sept directions chacun |
| Rotatifs | 3 encodeurs 12 positions |
| Molettes au pouce | 2, crantées avec fonction push |
| Switches | 2 momentanés deux positions |
| Palettes | Magnétiques, aluminium anodisé CNC |
| Palettes d'embrayage | Non intégrées, Podium Advanced Paddle Module compatible |
| Moteurs de vibration | Aucun |
| Quick Release | QR2 préinstallé, compatible QR1 |
| Bases compatibles | CSL DD, GT DD Pro, ClubSport DD et DD+, Podium DD1, DD1 PS4, DD2 et Podium DD |
| Plateformes | PC et PlayStation, version Xbox annoncée sans date |
| Logiciel | Fanatec App |
| Garantie | 3 ans |
| Référence | CRD-9020019-WW |
| Prix | 349,95 € |
Un volant qui en impose avant même de l'avoir en main ?
Sorti du carton, le V3 en jette. Plaque avant en carbone, palettes magnétiques qui accrochent la lumière, écran central, visuellement il pose son homme. Puis je l'ai pris en main, et le premier contact m'a un peu refroidi. Deux choses. Le poids d'abord, ou plutôt son manque. À 1375 grammes sur ma balance, on est loin des 1960 grammes de mon ancien volant custom, et la main s'attend à plus de matière. Le côté nu ensuite. Comme ce n'est pas une version PlayStation, il arrive sans aucun marquage sur les boutons, juste du noir vierge. Tant qu'on n'a pas posé les caches vendus à part, l'ensemble fait un peu inachevé.


Mon premier réflexe a été de le clipser sur ma Podium DD. Et pendant un moment, je suis retourné vers mon custom, le V3 me paraissait trop léger et il fallait tout reparamétrer. Il m'a fallu un vrai temps d'adaptation avant de basculer. Aujourd'hui je ne roule plus qu'avec lui, mais cette bascule s'est faite avec les heures de piste, pas au premier coup d'œil.

Là où il n'y a rien à redire, c'est le Quick Release. Le QR2 en métal noir, le même que sur la version premium de mon custom, plein et lourd, sans le moindre jeu une fois clipsé. On est loin du QR2 en plastique du CSL GT3 testé récemment. Restent les grips en cuir perforé, corrects et agréables sur la durée, mais sans la densité d'un revêtement custom. J'aurais aimé un peu plus de matière sous les doigts. Ils sont heureusement remplaçables, avec des solutions en aftermarket pour qui veut pousser le sujet.
Enfin un volant où je ne lâche plus les grips
L'antipatinage et la répartition de freinage, c'est le quotidien du sport automobile. La piste est verte en début de session, les pneus n'ont pas encore leur température, l'adhérence bouge, et on corrige. Sur mon ancien volant, ces réglages passaient par un rotatif placé sur le côté. Pour l'atteindre, je devais lâcher la main droite du volant. En ligne droite ça passe, mais dès qu'il faut ajuster au mauvais moment, on renonce ou on prend un risque.



Sur le V3, les deux molettes tombent sous les pouces. La main ne bouge pas, les doigts restent sur les grips, le pouce roule la molette et le cran se sent nettement, sans avoir à regarder. C'est bête à décrire, mais ça change complètement le rapport au réglage. On ne se demande plus si le moment est bon pour le faire, on le fait.
Je ne vais pas prétendre les tripoter à chaque tour, ce n'est pas mon niveau. Les pilotes affûtés y touchent une ou deux fois par boucle, parfois plus. Moi j'ajuste quand la situation le demande, en début de relais quand la piste est encore froide, ou plus tard quand les gommes commencent à rendre les armes. Avant, j'y renonçais souvent parce que le geste coûtait trop cher. Maintenant je le fais sans y penser.
Commandes et écran, le poste de pilotage tient-il ses promesses ?
Le vrai sujet du V3, c'est ce qu'on a sous les doigts. Onze boutons en façade, trois rotatifs, deux switches et surtout deux FunkySwitch là où le modèle précédent se contentait d'un seul. Chez moi le droit gère les menus in game, ceux qui servent à piloter sa stratégie, le taux de récupération d'énergie ou le type de gommes à monter au prochain arrêt sur F1 25. Le gauche s'occupe de la navigation dans les menus. Sept directions chacun, ça paraît beaucoup sur le papier, mais l'espacement gagné avec les 290 mm fait que tout tombe naturellement sans avoir à chercher.


Le Tuning Menu accessible depuis le volant, ce n'est pas qu'une ligne sur la fiche produit. Pouvoir remonter la force du retour au fil d'une session sans quitter le siège ni aller fouiller dans l'application, c'est le genre de détail qu'on n'apprécie qu'une fois qu'on l'a.

L'écran, lui, se configure depuis l'application Fanatec. J'y ai réglé mon Intelligent Telemetry Mode avec les températures de pneus, la vitesse et le delta au tour. Ce grand OLED donne une vraie allure au volant là où le petit carré du modèle précédent se contentait du rapport engagé. J'aurais aimé de la couleur et un layout à composer soi-même plutôt que cinq pages figées.

Reste le sujet des caches boutons. Ils sont vendus à part, une quarantaine d'euros, et j'ai fini par prendre le pack pour identifier correctement mes commandes. Sauf que le Full Course Yellow n'y figure pas. Quand on roule en endurance, ne pas pouvoir étiqueter le bouton qui sert à respecter une neutralisation, c'est difficile à comprendre. Je voulais simplement que mon volant physique corresponde à celui de la voiture à l'écran. Il faudra passer par une impression maison.
Ce que le V3 n'a pas fait évoluer, et ce qu'il a retiré
Les palettes magnétiques n'ont pas bougé d'un millimètre, et pour cause, on retrouve le même système un peu partout dans le catalogue, y compris sur le ClubSport Universal Hub V2 qui équipe mon volant GT3 custom. Ce n'est pas un reproche. Aucun jeu latéral, du bloc quand on attrape la palette, une course très courte qui claque sec et un effort au doigt bien dosé. J'ai lu qu'on leur trouvait un actionnement un peu lourd, ce n'est pas ce que je constate après un mois de sessions.

Ce qui manque, en revanche, se voit tout de suite. Pas la moindre palette d'embrayage à l'arrière, alors qu'on parle d'un volant formula vendu 349,95 euros. J'en aurais aimé une de chaque côté, et je ne suis visiblement pas le seul au vu des retours d'acheteurs. Le Podium Advanced Paddle Module comble le trou, mais c'est une dépense de plus sur un produit qui aurait pu les intégrer.

Le V3 abandonne aussi les moteurs de vibration de la génération précédente, et la raison est assumée par Fanatec. FullForce fait le travail en mieux, directement depuis la base, en injectant les effets dans le signal du retour de force. La technologie couvre désormais les CSL DD, Gran Turismo DD Pro, ClubSport DD et DD+ ainsi que le Podium DD. Seules les anciennes Podium DD1 et DD2 restent à l'écart alors qu'elles accueillent le V3 sans problème, ce qui donne une situation cocasse où un possesseur de CSL DD d'entrée de gamme profite de la technologie quand celui qui avait investi dans l'ancien haut de gamme maison s'en trouve privé.
Le logiciel Fanatec, toujours ce même caillou dans la chaussure ?
À la réception du volant, la base refusait de se réveiller correctement à chaque allumage et l'application réclamait un correctif via PowerShell qui n'aboutissait jamais. Un cycle extinction rallumage réglait le problème, et les mises à jour l'ont fait disparaître depuis. Reste que la détection du volant demeure capricieuse, au point qu'il faut parfois débrancher, basculer en mode console puis revenir sur PC pour que tout rentre dans l'ordre. Ce n'est pas propre au V3, mes autres volants connaissent la même chose, donc le problème se situe du côté de la base et de l'application.

L'ITM, lui, ne tient pas ses promesses. La page que j'ai configurée finit par repasser en affichage simple, sans que j'aie identifié de règle. Ni un branchement particulier, ni un événement en piste, ça arrive et c'est tout. Je précise honnêtement que je suis mal placé pour en faire un drame, je roule en réalité virtuelle, casque sur la tête, donc l'écran je ne le vois jamais en course.

Mais en parcourant les retours d'acheteurs, le constat revient trop souvent pour être anecdotique, avec la page qui se réinitialise, les réglages de RevLED personnalisés écrasés par les profils maison ou les FlagLED qui restent bloquées sur un drapeau déjà levé. Sur un volant dont l'écran est l'argument de vente numéro un, ça pique.
Retour à la case départ, l'ITM repasse en affichage simple sans prévenir

Ajoutez une application dont la navigation reste pénible dès qu'on sort des sentiers battus. Le matériel, lui, ne mérite aucun de ces reproches.
Le Mans Ultimate et F1 25, ce que le V3 change une fois en piste
Sur Le Mans Ultimate, je tourne un peu partout, Hypercar, LMP2, LMP3, GT3, sur l'ensemble des tracés. Et après un mois, le constat est honnête. Ce volant ne m'a pas rendu plus rapide par magie. Le diamètre de 290 millimètres ne bouleverse pas ma conduite par rapport à mon ancien volant, l'accroche des poignées est même un cran en dessous, un détail que je gomme en roulant de plus en plus avec des gants.
Là où je pilote réellement mieux, c'est ailleurs. C'est le nombre de commandes. Entre les molettes, les deux FunkySwitch et les onze boutons, tout ce que la voiture propose de régler reste accessible sans quitter les grips. Sur F1 25, je navigue dans mes menus de stratégie en pleine ligne droite. Mon ancien volant en avait bien moins, et je mesure aujourd'hui à quel point ça bridait ma gestion de course.

Il y a un autre atout que je n'avais pas vu venir, et il tient à la forme du volant. Le V3 n'est pas parfaitement rond, et sa partie basse se laisse attraper par en dessous. Dans un virage très serré, la montée du Loews à Monaco par exemple, je saisis le volant par le bas pour mettre plus de force dans la rotation. Sur un volant rond, ce geste est bien plus délicat. Et quand le couple grimpe, pouvoir faire pivoter le volant vite et fort change vraiment la donne. Ce que je prenais pour une contrainte de position est en réalité une liberté de plus.
Un mot enfin sur l'écran, même si je suis le premier à reconnaître que je le vois rarement, casque de réalité virtuelle oblige. Sur une ou deux sessions menées sur mon support écran, j'ai retrouvé le plaisir d'avoir la télémétrie directement sous les yeux, sur le volant, sans aller la chercher dans l'interface du jeu. Températures, delta, tout est là, au bon endroit. Un vrai confort, à condition de fermer les yeux sur le bug d'affichage évoqué plus haut, où l'écran retombe parfois tout seul sur la seule vitesse.
À qui s'adresse ce ClubSport Formula V3 ?
Je posais la question en ouverture, celle de la voiture. Après un mois, la réponse est claire, elle n'a aucune importance. Ce volant n'est pas réservé aux monoplaces, il est fait pour ceux qui manipulent des réglages en roulant. Antipatinage, balance de freins, récupération d'énergie, stratégie de pneus, si votre catégorie vous demande de toucher à tout ça en pleine course, le V3 est dans son élément, quelle que soit la carrosserie. Si vous roulez en historique ou en rallye, sur des voitures qui n'offrent rien à ajuster, vous payez une interface que vous n'utiliserez jamais.

Reste la question du budget. Sur une CSL DD à 5 Nm, le retour manque un peu de corps vu le diamètre, sans que ce soit rédhibitoire, et le volant suivra toutes vos montées en gamme puisqu'il couvre l'ensemble de la ligne Fanatec. Pour le simracer déjà installé, tout dépend de ce qu'il a sous les mains. Sans molettes au pouce sur son volant actuel, le V3 changera sa façon de gérer un relais, c'est mon cas et je ne reviens pas en arrière. Avec un volant déjà bien pourvu en commandes, l'écran et la plaque carbone ne justifient pas la dépense à eux seuls. Deux exclusions pour finir, les pilotes sur Xbox restent à la porte et les palettes d'embrayage se paient en supplément.
Découvrez le ClubSport Formula V3 chez Fanatec
Conclusion : Fanatec n'a pas révolutionné son volant formula, il l'a rendu vraiment utilisable
Points forts
- Molettes au pouce crantées avec push, on ajuste TC et balance de freins sans lâcher les grips
- Deux FunkySwitch et onze boutons bien espacés, tout tombe sous les doigts en aveugle
- Accès au Tuning Menu directement depuis le volant, sans passer par le PC
- Construction rigide, plaque carbone et QR2 métal sans le moindre flex
- Palettes magnétiques sans jeu, course courte et effort au doigt bien dosé
- Une partie basse qu'on attrape par en dessous, très utile dans les virages lents
- Compatible avec toute la ligne Fanatec, du CSL DD au Podium DD
- Même tarif que le V2.5 qu'il remplace, grips en cuir remplaçables
Points faibles
- Couche logicielle en retrait, page ITM qui retombe seule et application pénible à naviguer
- Écran monochrome et layout ITM figé, aucune personnalisation possible
- Button Caps peu nombreux et trop limités pour couvrir toutes les fonctions en course
- Palettes d'embrayage toujours pas intégrées
Note de la rédaction
Le ClubSport Formula V3 ne bouleverse pas la formule, et il ne cherche pas à le faire. Fanatec a repris ce qui existait et corrigé ce qui coinçait. Sur le papier, je m'attendais à payer surtout pour un écran plus grand et des LED. En piste, c'est autre chose qui m'a cueilli, deux molettes au pouce que je n'avais jamais eues sous la main sur mon ancien volant, et qui changent vraiment ma façon de gérer un relais. Le reste suit, la construction est sérieuse, les commandes tombent bien. Le matériel est sérieux, c'est la couche logicielle qui traîne derrière, avec une page de télémétrie qui se réinitialise seule et une application qu'on ouvre en soupirant. Sur une base modeste, à 5 Nm, le volant fonctionne mais manque un peu de corps vu son diamètre. Sur ma config habituelle, il prend toute sa mesure. Ce volant ne m'a pas rendu plus rapide, il m'a rendu ma course pilotable sans jamais lâcher les grips. Et pour un périphérique de course, c'est sans doute ce qui compte le plus.








