Tant d´optimisme ça me fait peur. En général c´est mauvais signe pour nous quand la presse commence à nous jeter des fleurs.
La nouvelle équipe marseillaise tient la route
Pendant la trêve, l´OM a animé l´actualité et le marché des transferts. L´équipe version 2004-2005 n´a rien à voir avec le cru de l´an passé. Avec sept nouveaux joueurs, la cohésion pouvait ne pas se faire, tant sur le terrain que dans les vestiaires. Pour l´instant, le pari est plutôt réussi, même si toutes les recrues n´ont pas encore complètement trouvé leurs marques.
par Claire Trouvé
Panoramic
Sept points et cinq buts en trois matches, l´OM a bien démarré son championnat 2004-2005 et a notamment réussi à faire carton plein lors de ses deux matches consécutifs à domicile, un challenge jamais évident. Les Olympiens ont trébuché pour la première fois samedi à Nice ( 1-1), mais José Anigo relativise : «On n´a pas été brillant mais on a quand même 7 points… Je préfère être à cette place aujourd´hui.» D´ailleurs, aucune équipe n´a fait mieux.
Dans l´ensemble, l´entraîneur marseillais est satisfait de l´entame de championnat de ses hommes, ceux qu´il a lui-même choisis, contrairement à la saison passée où il avait pris l´équipe en cours de route. Ce groupe, il en a eu envie, il l´a souhaité, il l´a eu et il a réussi à créer une atmosphère propice à leur intégration.
Lizarazu toujours solide
La meilleure arme de l´OM actuellement, c´est la défense. Un but pris en trois matches, sur penalty, le bilan est très bon. Lors des rencontres contre Bordeaux et Lille, les adversaires ne se sont même quasiment pas approchés des cages de Fabien Barthez. D´entrée de jeu, Frédéric Déhu a même conquis le public marseillais et rassuré ses coéquipiers par son aisance et sa solidité. Blessé peu après, absent pour encore au moins un match, il devrait revenir en véritable patron derrière, un peu à l´image d´un Laurent Blanc.
Autre homme d´expérience, autre pilier dans la défense, Bixente Lizarazu s´est lui aussi rapidement imposé. En retard sur la préparation, il a assisté au premier match des tribunes et a été très impressionné par l´ambiance du Vélodrome. Peut-être cela a-t-il un peu accéléré son entrée dans l´arène, dès la rencontre suivante. Il a surpris tout le monde, à commencer par lui-même, en étant déjà très à l´aise dans le jeu ; le système à cinq défenseurs n´est pourtant pas celui qu´il préfère. Il devrait faire très mal dès qu´il sera au top physiquement grâce à ses débordements, autant d´opportunités pour les attaquants de se créer des occasions.
Pédretti, le relais
En milieu de terrain, le meilleur élève est Benoît Pédretti. Peu loquace mais très efficace, l´ancien Sochalien s´annonce comme la pierre angulaire du système Anigo. Dès le deuxième match, il a plusieurs fois frappé de loin, preuve de confiance. Relais entre la défense et l´attaque, il organise le jeu, tout passe entre ses pieds, même s´il doit encore trouver des automatismes avec les attaquants. Son but en demi-volée contre Nice n´est que l´aboutissement d´un gros travail en amont. Habib Bamogo dit d´ailleurs que «Benoît a une grande qualité de passe. C´est un milieu défensif à l´espagnol, il aime prendre le ballon, alterner jeu long et jeu court... C´est un atout». A ses côtés, Eduardo Costa n´a pas encore tout à fait trouvé ses marques, mais il est arrivé plus tard et n´a pas suivi la préparation avec le groupe. Sa gentillesse est appréciée de ses coéquipiers et son sérieux sur le terrain en font un camarade de jeu idéal pour Pédretti. «Costa joue toujours très juste», résume Steve Marlet. «Techniquement, il y a très peu de déchets dans son jeu». Quant à Bruno Cheyrou, Anigo ne l´a pas trop utilisé. «C´est un choix tactique et en plus il n´est pas encore tout à fait prêt», indique l´entraîneur olympien. L´intéressé confirme avec le sourire : «Je fonctionne comme un diesel, il me faut plus de temps pour trouver le rythme.»
Une défense plus que solide, un milieu de terrain bien en jambes avec un gros potentiel, l´équation serait parfaite si l´attaque ne laissait pas à désirer. Les Phocéens ont encore du mal à se trouver. Il faut dire que devant, tout a changé, départ de Drogba oblige. Des deux petits nouveaux, Bamogo est celui qui semble avoir le mieux trouver ses repères. Sur le front de l´attaque, il bouge beaucoup, tente et mouille le maillot. Il a fait parler la poudre contre Lille, un but qui lui a permis de «remettre les pendules à l´heure», selon son entraîneur. «Quand il a signé, on l´a comparé à Bakayoko, pour se moquer de lui. Avec ce but, il a répondu de la meilleure des manières. C´est un vrai bon joueur, capable d´intégrer le groupe France dans les mois à venir, j´en suis persuadé.»
Mido en renfort
La grande inconnue vient de Luyindula. Toujours chambreur à l´entraînement, très zen, il a été très en vue, notamment lors des deux premières journées ( ce week-end, il a plus ou moins «payé» son match avec l´équipe de France). Personne ne semble inquiet, en raison notamment de son influence sur le jeu et du travail de sape qu´il réalise. Son rôle est pourtant de marquer. Ce premier but très attendu sera important pour les supporters, qui cherchent toujours un successeur à Drogba, et évidemment pour lui, buteur dans l´âme. S´il tarde à faire trembler les filets, il risque de commencer à gamberger.
Pour lui offrir plus de possibilités, la clé pourrait bien venir d´un joueur déjà là l´an passé mais qu´Anigo considère déjà comme une recrue à part entière: Mido. De retour aujourd´hui, d´un stage particulier de remise en forme, le coach compte sur lui pour servir de point d´appui aux attaquants de pointe. «Il avait réalisé un bon début de saison l´an dernier. Au départ, il était même annoncé comme la star par rapport à Drogba. Seulement, Didier a fait une saison tellement exceptionnelle qu´il l´a éclipsé. Si Mido est motivé, sérieux, je pense qu´il peut nous apporter beaucoup», espère José Anigo.
L´Egyptien ne serait pas de trop pour recevoir Metz samedi prochain. Un véritable test, contre une équipe très en forme actuellement Si l´attaque marseillaise arrive à être aussi efficace que la défense, l´OM risque de passer à la vitesse supérieure et de faire très mal dans les semaines à venir.