Marseille en quête d’attaque
La solidité défensive de l’OM semble acquise, mais José Anigo cherche encore
la bonne formule offensive.
MARSEILLE –
de notre correspondante
UNE FORMULE A FAIT LONG FEU. – José Anigo, l’entraîneur de l’OM, ne s’en cache pas : il ne tire pas le meilleur parti de son équipe aujourd’hui. Pour au moins deux raisons : l’absence de Déhu, qui empêche d’employer un système à quatre défenseurs, et les difficultés à trouver la bonne formule offensive. « Derrière et au milieu, on a réglé, même si je souhaite évoluer à quatre pour être plus équilibré. Mais devant, nous devons articuler notre équipe pour que tout le monde soit dans les meilleures dispositions possibles. » Depuis le début du Championnat, José Anigo fait confiance à un trio : Bamogo, Luyindula et Marlet dans diverses configurations. La formule a déjà fait long feu à l’extérieur. « C’est une certitude, je ne jouerai plus à trois. On gardera peut-être une pointe avec des formules différentes. Contre Lille ( 3-0), ils ont bien travaillé mais contre Nice, ils ont joué constamment sur la même ligne. C’est un problème de discipline. » À domicile, les données sont un peu différentes. « Je peux modifier le système en faisant rentrer un milieu plus organisateur, un Batlles, ou un Cheyrou derrière deux attaquants, qui partirait entre deux lignes comme Camel ( Meriem) l’an dernier. Peut-être l’animation sera-t-elle meilleure. »
EN MANQUE DE NUMÉRO 9. – Ce n’est pas tant le nombre de buts marqués ( cinq en trois matches) ou d’occasions créées qui posent problème, mais plutôt l’animation offensive globale. Les attaquants, qui pour certains ont manqué une partie de la préparation, sont encore au stade de l’expérimentation. Surtout, leur complémentarité est encore à démontrer. D’autant que Bamogo et Luyindula aiment tous deux tourner autour d’un attaquant de pointe, puissant, calé dans la surface. « À la base, confie Bamogo, j’aime bien jouer autour d’un attaquant, quelqu’un qui n’a pas forcément les mêmes qualités que moi, qui est un peu costaud, qui travaille beaucoup dans l’axe. Et moi qui tourne autour, fait des appels à droite à gauche. » Cette absence d’un numéro 9, comme point d’appui, se fait cruellement sentir. « Ce qui nous manque, c’est le pivot, confirme José Anigo. C’est en effet ce qu’on voulait en tout début de saison : le bon pilier sur lequel tu t’appuies, Koller par exemple, et autour duquel tu tournes. Il faut qu’il y ait un joueur de surface. Mido devrait nous faire du bien. »
JOUER À LA LYONNAISE ? – La rentrée de l’Égyptien est programmée mi-septembre. « On pourrait être amené à l’utiliser plus souvent que ce qu’il pense lui-même », confiait hier José Anigo. Mais c’est sur le positionnement de ces attaquants actuels que travaille surtout l’entraîneur. Il a déjà proposé à Luyindula de reculer d’un cran, derrière deux attaquants. « Si on avait voulu prendre un milieu créateur, on l’aurait fait, précise t-il. Je ne demande pas à Peguy d’être no 10, je lui demande d’évoluer sur toute une largeur. Dans un système à cinq, on laisse beaucoup d’espaces sur les côtés. Je demande aux trois attaquants d’offrir des solutions sur une balle longue. Aujourd’hui, on essaie de trouver la bonne formule, mais c’est aussi un problème personnel d’adaptation. À Marseille, c’est plus exigeant pour tout le monde. »
Peguy Luyindula, souvent présenté comme le successeur de Drogba, essaye de rester serein. « Le fait de ne pas avoir encore marqué en Championnat me gêne un peu, avoue l’ancien Lyonnais. Mais si je me mettais à gamberger, ça me ferait déjouer. Il y a du bon, du moins bon mais je sais de quoi je suis capable et je suis capable de mieux. Il faut être patient, nous cherchons nos marques ensemble. » Pour y parvenir, José Anigo envisage même de se référer au système lyonnais avec « une pointe Bamogo à la façon d’Elber, Luyindula derrière lui, Marlet dans un couloir à droite comme Govou, voire Cheyrou ou Hemdani à gauche. » Avec la même efficacité ?
HÉLÈNE FOXONET