En trois rencontres de championnat, Péguy Luyindula n’a pas encore été invité au banquet des buteurs olympiens. Armé d’une confiance inébranlable, il se dit persuadé que le déclic est proche.
«Je pense avoir d’autres qualités à faire valoir mais je n´ai pas encore su les montrer», confie Péguy Luyindula. Trois matchs sans but, une prestation en demi-teinte à Nice et l’on voudrait remettre en cause les qualités d’un joueur fréquemment titulaire dans l’attaque des Bleus ?
Difficile d’être buteur dans un club comme l’OM qui a connu de fines gâchettes comme Papin ou Skoblar. Les années ont passé, la pression est retombée «grâce» aux attaquants malheureux de ces dix dernières années. Le flambeau, passé entre les mains de Didier Drogba, s’est soudainement rallumé et les projecteurs sont désormais braqués vers ses successeurs désignés. Bamogo et Marlet ayant passé le cap contre Lille, les attentes se font alors pressantes autour du cas Luyindula.
De cette impatience qui l’entoure, l’intéressé n’en a cure : «je ne fais pas attention à la pression, je suis exigeant avec moi-même. Je me mets la pression tout seul mais dans le bon sens». Péguy est comme ça, il est sûr de son fait et c’est sur un plan plus personnel que l’ivresse du but commence à se faire sentir. «Je sais que suis capable de mieux, confesse-t-il, c’est certain que ça ne fait jamais super plaisir de ne pas marquer quand on est attaquant mais je ne gamberge pas, ça ne sert à rien».
« Je ne gamberge pas, ça ne sert à rien »
Dans une attaque où il se déclare «être toujours en phase de connaissance», l’ex-Lyonnais cherche encore sa place. Replacé dans une position un cran en dessous des deux autres attaquants contre Lille, ses appels successifs avaient dérouté la défense des Dogues. Mais un marquage à la culotte contre Nice a paralysé ce système. «Je savais que Nice allait faire ça, souligne-t-il, j’ai essayé de les embêter mais ça a été très dur. Mon positionnement veut que je sois plus passeur et en reculant sur le terrain je me retrouve dans la masse du milieu de terrain, ce qui est difficile».
Ce que veut Péguy, c’est «trouver des espaces» et dans cette quête, sa préférence serait d’évoluer dans une attaque à deux éléments. «Je jouerai où l´entraîneur me dira. Mais c’est dans cette configuration que je me sens le mieux», avoue-t-il. Dans un secteur offensif où «à un moment donné, il y aura peut-être une réflexion» selon José Anigo, cette solution pourrait être la bonne pour un joueur auteur de 16 buts l’an passé sous le maillot lyonnais.
L’heure est donc loin d’être à l’inquiétude au sein de l’effectif marseillais. «De toute façon, Péguy ne doute pas, confirme Benoît Pedretti, il a une énorme confiance en lui. Il travaille pour cela et il a envie de bien faire». Steve Marlet n’est lui aussi guère soucieux sur la future réussite de son compère en attaque : «Il n’a pas besoin d’être rassuré, assure-t-il, il a marqué avec les Bleus et dans le jeu il est souvent à l’origine de nos actions chaudes. Il suffira d’une fois et elle ne va pas tarder».
En attendant, l’OM reçoit Metz samedi au Vélodrome. Avec un public qui lui «donne des ailes», Péguy se veut rassurant : «Je suis persuadé que ce fameux premier but va arriver très bientôt, n’ayez aucun souci».