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INTERVIEW
Interview de Christophe Bouchet ( 2/2) 16/05/2004
Deuxième et dernière partie de notre entretien avec le Président de l’OM. Christophe Bouchet apporte un éclairage sur la non-venue de Laurent Blanc, livre son point de vue sur les récentes déclarations de Bernard Tapie, avant de dessiner les contours du recrutement 2004-05.
Il y a eu deux erreurs de communication et de gestion cette saison : les affaires Barthez et Blanc. Comment l’expliquez-vous ?
Christophe Bouchet : «Ce sont deux affaires très différentes. Pour Barthez, il y a eu des fuites, puis ensuite un article du Parisien affirmant qu’on mettait la pression sur la FIFA. On n’avait parlé à personne ! La leçon de cette affaire, c’est que nous avons été extrêmement naïfs, moi le premier, de faire confiance à des gens qui n’en étaient pas dignes. Il ne faut faire confiance à strictement personne».
Et pour Laurent Blanc ?
Ch. B. : «Cette affaire est beaucoup plus perverse. Notre relation avec Blanc était dans les journaux avant même qu’on ait pris contact avec lui. C’était de l’intox. Au service de qui ? Je ne veux même pas savoir. Moi j’ai vu Laurent Blanc, avec José Anigo et Philippe Piola, et nous lui avons proposé d’être directeur sportif. Après réflexion, il a jugé que ce n’était pas satisfaisant et qu’il lui fallait la responsabilité de l’équipe. C’était maladroit vis à vis de José et ce n’était pas ma volonté. Je lui ai dit non, vous ne serez pas entraîneur de l’OM».
Le modèle imaginé, c’était Deschamps ?
Ch. B. : «Oui, mais à l’OM, Deschamps cela n’aurait pas pu se faire. On ne lui aurait pas laissé trois saisons pour aboutir. Je ne voulais pas prendre la responsabilité que Laurent Blanc fasse ses gammes à Marseille. C’est déjà suffisamment compliqué pour des hommes aguerris… »
«Les anecdotes racontées par Tapie ne le grandissent pas»
Que vous inspire les récentes déclarations de Bernard Tapie sur ses méthodes de la «grande époque» ?
Ch. B. : «Bernard Tapie est toujours là à imposer aux gens de monter sur le ring pour se battre. C’est un peu pathétique. Il a rendu un bien mauvais service en parodiant de la sorte son apport à l’OM qui va quand même au-delà des anecdotes qu’il a pu raconter. Elles ne le grandissent pas. Elles ne grandissent pas le football. Il y a même des présidents de clubs, pas moi, qui se sont interrogés sur des recours à avoir vis à vis de ça. Ca noircit encore le tableau. Les footballeurs passent encore pour des analphabètes et des partouzeurs».
Dans la mesure où il a affirmé qu’en cas de victoire face au Crédit Lyonnais, il chercherait à racheter le club, allez-vous suivre avec attention le dénouement du procès ?
Ch. B. : «Non. C’est un sujet sans intérêt».
Que doit-on penser de cette lettre anonyme dénonçant le système des agents où votre nom et celui de Pape Diouf apparaîtraient ?
Ch. B. : «C’est une lettre de quatre pages dans laquelle mon nom apparaît une fois. Le Parisien s’est empressé de la publier. J’ai dit au rédacteur en chef de ce journal qu’il n’y avait que les systèmes totalitaires qui acceptaient de reproduire une lettre anonyme. Vous imaginez si tout le monde fait ça ? Ca veut dire que sous couvert d’anonymat tout est permis. Ce sont des méthodes de basse police. On va poursuivre tous ces gens-là.».
Comment gérer ces fausses informations ?
Ch. B. : «C’est un casse-tête. Si on dément, on donne de la consistance à l’info. Et si on ne dément pas, on nous dit qu’on l’accrédite totalement. Ce sont des épiphénomènes, mais qui constituent pour nous une perte de temps considérable».
«Les rapports n’ont jamais été aussi bons entre SASP et Association»
On a aussi pu lire que vous lorgnez sur l’Association OM ( la branche amateur du club, ndlr). Qu’en est-il ?
Ch. B. : «On n’a pas besoin de lorgner dessus. On y est majoritaires ! Et puis, les rapports n’ont jamais été aussi bons entre SASP et Association. Il y a une convergence de vues totale. Les gens de l’Association sont compétents, la preuve c’est que le centre de formation fonctionne bien. Tout cela s’apparente à une tentative de déstabilisation de plus».
Le centre de formation va-t-il avoir un nouveau responsable dans les semaines à venir ?
Ch. B. : «Aujourd’hui, il y a une sorte d’intérim assumé par Albert Emon et Eric Storai. Cela va changer, en accord avec eux. Il y aura une décision de prise en concertation avec Pape Diouf et José Anigo».
«La capacité de résistance à la pression marseillaise sera un paramètre important dans nos choix»
En matière de recrutement, quels sont les dossiers les plus avancés ?
Ch. B. : «Nos propres dossiers. Nous nous sommes attachés à revaloriser le contrat de Didier Drogba, ce qui était logique. Nous sommes tombés d’accord avec Fabien Barthez et Demetrius Ferreira ( prêté par Bastia) et nous sommes en instance de signature avec Abdoulaye Méïté ( libre en juin). Cela va nous permettre de conserver un groupe de valeur. Ensuite, il s’agira de le renforcer».
L’idée, c’est d’enrôler un grand joueur par ligne ?
Ch. B. : «Oui. Quand on parle de joueurs de haut niveau, on entend des joueurs confirmés. Ce sont des joueurs qui ont montré leur apport personnel dans des clubs de haut niveau depuis plusieurs années. Benoît Pedretti en fait partie, parmi d’autres. La capacité de résistance à la pression marseillaise sera un paramètre important dans nos choix».
L’OM peut-il se positionner sur des joueurs français qui évoluent à l’étranger ?
Ch. B. : «Oui, Barthez et Marlet en sont la preuve. Mais ce n’est pas forcément le but du jeu. Le championnat de France est au moins un des cinq premiers d’Europe. Il y a des joueurs adaptés aux terrains français, au climat,… On a besoin de renforts immédiats. Le reproche qu’on peut se faire c’est d’avoir tenté un peu trop de choses à la fois par le passé».
«Kaka n’aurait peut-être pas explosé chez nous»
C’est à dire ?
Ch. B. : «Alain Perrin l’a dit, nous étions par exemple sur Kaka. Sauf que ce joueur a explosé dans une équipe dont il était un des seuls renforts. Il avait donc la place pour se réaliser. Et dans le cas contraire, le groupe milanais ne se serait pas effondré. S’il était venu à Marseille, on aurait misé tellement d’espoirs sur lui immédiatement qu’il ne serait peut-être pas révélé comme à Milan. Nous devons d’abord avoir un onze majeur indestructible et puis, au fil des années, le bonifier par petites touches».
Comment allez-vous gérer le retour massif des prêtés ?
Ch. B. : «Je n’emploierais pas le mot massif. Il y a des joueurs qui reviennent, mais nous avons aussi des joueurs en prêt chez nous qui peuvent repartir. Il y a des cas malheureusement simple comme celui de Lamine Sakho, blessé pour six mois. Il va réintégrer notre infirmerie. Après, on va regarder ce que les autres veulent faire».
Un parcours européen héroïque
Mido ou Christanval seront-ils des dossiers épineux ?
Ch. B. : «Non. Nous ne sommes pas comme il y a deux ans en arrière. Il n’y a plus des Gentile ou des Skoro qui avaient été recrutés et qui n’avaient pas fait un match. Je reste persuadé que Mido peut avoir la même réussite, à quelques détails près, que Drogba. Et Philippe Christanval, c’est un peu pareil. On tire aussi à boulets rouges sur un joueur comme Vachousek, mais il ne faut vraiment tirer aucune conclusion».
Idem pour Van Buyten ?
Ch. B. : «Ses qualités propres restent inchangées. Il fallait simplement relancer la machine. Là, je l’ai revu, il avait le sourire jusqu’aux oreilles. Il a fait de bons matches avec Manchester, malheureusement il a eu une blessure. Soit il réintégrera le groupe, soit on discutera s’il estime qu’il a les moyens de mieux s’épanouir ailleurs. Mais pour le coup, s’il y en a bien un pour qui je n’ai aucun souci, c’est bien lui».
Au final, l’OM aura une équipe pour…
Ch. B. : «…être européen. Après, chaque saison à son histoire. On le voit avec la saison 2002-03, où l’équipe n’était pas meilleure. Mais elle a eu la chance de ne pas subir tous les coups de massue de cette année, et elle a terminé 3e en embuscade. Après, tout n’est que bavardage. Ce que je retiens c’est que l’OM de José Anigo est allé chercher de belles victoires. Des matches contre Liverpool ou l’Inter avaient un sel particulier. Grâce à ce parcours européen héroïque, cette saison restera gravée dans les mémoires, plus encore que celle de 1999».
Propos recueillis par Laurent Oreggia
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j´aime bien cette interwiew ( comme tout ce que dis Bouchet en faite à quelque chose près)...et d´après bouchet, il voudrait garder mido; vachousek
et christanval
Enfin, c´est juste des paroles comme ça mais si ça se trouve mido part ainsi que Vachousek et perso je serais déçu...