Kenmei se trouvait bien loin du sommeil agité dans lequel était entré Kiboo. Il se trouvait devant un immense château. Le vent soulevait sa longue cape aux couleurs estompées par le temps.
Derrière lui, une plaine s’étendait à perte de vue et on voyait de part et d’autres les traces de brûlure provoquaient par le voyage du vieux sorcier à travers les mondes.
Car oui, jadis il fut un puissant sorcier, précepteur d’un grand nombre de monarque. C’était un homme érudit sachant manier le glaive comme la lance et faisant pâlir de jalousie les plus grands philosophes.
Et il se tenait grand et fier comme autrefois, seul devant le palais de son meilleur élève Bwerani.
L’électricité statique de l’air se renforça, Kenmei plissa le front, ses yeux visualisant le tour de sa personne.
Il porta doucement la main à la garde de sa grande rapière.
En un instant, le temps se figea, la vieille épée fut brandie et découpa le feu projetait par une immense lance en fer forgée. Kenmei eut le temps de faire un demi-tour sur lui-même et de sa main gauche saisit le manche de l’arme ennemie.
Son front se colla alors à celui de son ancien élève.
- J’avais senti votre aura, dit celui-ci, mais le doute oblige à écouter l’instinct plutôt que la pensée.
Rengainant les armes, les deux hommes se donnèrent alors à une chaleureuse accolade de retrouvailles.
Bwerani était un grand homme à la peau noir, au crâne chauve et aux yeux cernés de paillettes d’or. Un grand tissu blanc couvrait son corps, laissant deviné ses muscles saillants.
- En bon apprenti tu agira toujours, répondit Kenmei tout souriant, mais nous devons parler affaires. Les éclairs renaissent, le monde va devoir éclore à nouveau, mais le mal gouverne en Babylone et empêchera la résurrection si nous n’intervenons pas assez tôt.
Sur ces paroles les deux hommes franchirent les portes du château et n’aperçurent pas l’enfant au sourire narquois et aux pupilles flamboyantes qui les observait, caché derrière les quelques rochers à proximité.
Les deux vieux amis se posèrent alors dans les appartements de Bwerani, une immense salle qui arborait les couleurs jaunes sur tous ses murs.
Kenmei expliqua la situation à son ancien apprenti et celui-ci l’écouta attentivement, levant par période les sourcils pour ponctuait les phrases du vieil homme.
- Empyréa a pris sous son aile le nouvel éclair bleu, dit ce dernier, et je ne m’inquiète pas de sa sécurité. Ce qui me déconcerte en revanche, c’est la jeune fille qu’il a pris avec lui, sa lame d’argent et ses yeux rouges ne devrait pas se trouvait en sa possession, Babel n’attend pas d’héritier.
- Au contraire, le contrôle lui échappe, affirma Bwerani, du haut de sa tour il n’a cessé de te rechercher à travers plusieurs mondes, et a oublié de renfermer l’Argent qui avait fait de lui le maître du Centre des Mondes.
Il est venu me voir plusieurs fois mais il ne peut rien ici, car c’est toi qui a créé cet espace temps dans lequel je vis depuis plusieurs siècles maintenant, certes si j’en sors je meurs, mais à l’intérieur, seul les possesseurs de l’éclair jaune dont tu reste le maître peuvent me tuer.
Or Babel n’est, à ma connaissance, que le précepteur de l’éclair rouge.
L’Argent laissé a sans doute fait naître quelques jeunes fils de Babylone. Le fait qu’ils ne soient corrompus et qu’Empyréa les gardent est un bien pour nous.
- Seulement, Babel risque de les trouver et de les tuer. Ou de les corrompre…
A cet instant des flammes noires firent voler en éclat les portes du cabinet privé de Bwerani.
Ce dernier lança sa lance à travers le nuage de fumée qui s’élevait, mais elle revint se planter dans le mur à la droite du maître des lieux. Le sang coula le long du coup de l’apprenti, mais aussitôt l’oreille coupée se matérialisa pour laisser la place à une toute neuve.
Kenmei se leva doucement, lança un bref regard à son apprenti, prit sa rapière et disparut dans un portail du même acabit que celui qu’il avait utilisé pour se rendre chez son élève.
Bwerani vit son maître disparaître et aperçut un filet rouge dans la pièce, juste avant que le portail ne se referme.
Une petite suite, comme ça de nuit pour les lecteurs qui ne seraient pas fatigués.... en sachant évidemment qu'il ne la liront qu'au lever du soleil

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Bonne nuit à tous
