le discours que j'ai écris et lu pour l'occasion:
Merci d'abord à toutes et tous d'être venus ce soir pour voir Guillaume Wagner et tous les autres artistes invités; merci aussi de démontrer votre appui à nos actions militantes en nous aidant à payer nos frais d'avocats.
J'suis devant vous, dans cette situation aujourd'hui parce que j'ai des convictions qui, je crois, valent la peine d'être défendues ardemment...surtout ces temps-ci. Faire de la mobilisation, des manifestations; j'ai déjà fait, ça marche, mais c'est pas suffisant, des fois il faut être plus direct pour se faire entendre. C'est pour ça qu'on y est allé et je crois que ça a fonctionné. La tendance l'automne passé était à l'occupation, Occupons Québec, Occupons Montréal, Occupons le Saguenay-Lac-St-Jean..Vous aurez compris; alors on a occupé aussi!
Pour moi, occuper les bureaux d'SNC-Lavalin était quelque chose de naturel; ça allait de soi parce qu'il a été démontré, et ce encore même après notre action, que cette compagnie-là finance allègrement le parti libéral du Québec, participe à l'oeuvre de déconstruction de l'État québécois et participe à la sape des gouvernements nationaux au profit du grand capital partout sur la planète; par exemple en Libye.
Michel Chartrand a dit, dans un congrès de la CSN en mai 1982 : «Pour moi l'essence même du capitalisme, sa raison d'être, sa motivation, c'est la maximisation des profits, la loi du plus fort, la loi de la jungle sans considération humaine, sociale, nationale ou patriotique.[...] Il n'y a que le capitalisme amoral, inhumain, asocial, a-national et apatride.»
Dans un contexte où le gouvernement du Québec collabore avec des entreprises impérialistes comme SNC-Lavalin, Québécor, Pétrolia, RioTinto-Alcan, Power Corporation, etc. et œuvre, selon l'idéologie néo-libérale, à l'industrialisation, la marchandisation et la privatisation des biens et services québécois, pensons à l'éducation post-secondaire et à nos ressources, il est important pour chacune et chacun d'entre nous de réfléchir à notre avenir collectif.
Pour moi, la solution passe par l'émancipation complète de notre peuple. Le Québec doit s'arracher à ses chaînes capitalistes qui le maintiennent sous le joug néo-libéral et néo-colonial depuis si longtemps. Nous participons aujourd'hui au renouveau d'une lutte pluricentenaire, pensons au combat patriote et la déclaration d'indépendance de 1838, à la lutte contre l'impérialisme et contre la conscription durant la guerre des boers et la première guerre mondiale, aux années 1960 où les RIN, FLQ et PQ ont pris tant d'importance, aux référendums de 1980 et 1995, des premières, où nous nous sommes faits battre par une nouvelle arme:l'argent. Aujourd'hui, nous nous souvenons de ces combats, nous les comprenons et les acceptons; C'est maintenant à nous de rendre le Québec à son peuple. En luttant d'abord pour nos droits démocratiques bafoués, contre la hausse des frais de scolarité et la corruption du gouvernement du Québec par le grand capital; puis en luttant contre le capitalisme incarné par les politiques néo-libérales et en faisant l'indépendance du Québec.
Je cite à nouveau Chartrand; parce que ses mots sont une profession de foi que je veux faire aujourd'hui :
«Je suis socialiste, nationaliste et indépendantiste parce que je crois dans la démocratie : le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple.
Je suis socialiste parce que je crois à l'égalité de toutes les femmes et de tous les hommes, parce que je crois en la justice, parce que je crois en la liberté à conquérir quotidiennement.
Je suis socialiste parce que je crois que chacune et chacun doit être en mesure de participer aux décisions et d'assumer des responsabilités à son niveau.»
Je tiens finalement à préciser qu'un Québec indépendant, républicain et socialiste n'est que le début d'une lutte à plus grande échelle; combattre pour aider les peuples du monde entier à s'émanciper à leur tour, pour la paix mondiale, le bien-être commun et une planète saine et en vie.
Y'en a qui disent qu'on réussira pas à changer quoi que ce soit; à ceux-ci je répondrai ces quelques mots de Che Guevara : «Soyons réalistes, exigeons l'impossible.»
Nous Vaincrons!